Sur le visage de Sharon, on lit la tristesse d'un homme qui a détruit ce qu'il avait contribué à bâtir. Mais aussi la détermination d'un leader qui sait que l'essentiel de la tâche reste encore à accomplir : tenter de fixer des frontières garantissant à l'État juif une protection maximale contre le terrorisme palestinien qui, malgré ces concessions sans précédent, ne désarme pas.
Réaliste et pragmatique, le chef du gouvernement est convaincu que sa stratégie permettra à Israël de se défendre plus efficacement sur le terrain militaire et sur la scène internationale. Sur le plan intérieur, il est également certain d'avoir marqué des points face à la gauche - un camp, estime-t-il, qui est prêt à accorder aux Palestiniens de dangereux avantages au nom d'une paix qui n'en serait pas vraiment une.
Parce qu'il ne veut pas laisser son œuvre inachevée, Ariel Sharon, 77 ans, a décidé de briguer, le moment venu, un troisième mandat de premier ministre.