Colette Braeckman - Monsieur le Président, avant de parler de l'élection qui aura lieu à la fin du mois de novembre, j'aimerais revenir avec vous sur votre action au sommet de l'État. C'est en 2001, dans des circonstances dramatiques, que vous avez succédé à votre père, Laurent-Désiré Kabila. Quel bilan tirez-vous de cette décennie ?

Joseph Kabila - Il est toujours difficile de parler d'un bilan... J'ai cependant coutume de dire : « Si vous ne croyez pas en mes paroles, croyez au moins en mes actes ! » Permettez-moi de faire un bref rappel historique. Quand je suis devenu président, en 2001, la RDC était un pays en guerre, géographiquement divisé. L'assassinat de Mzee (1) fut indéniablement un coup dur pour toute notre famille ; mais ce fut surtout un coup dur pour le pays tout entier, qui représentait la véritable famille de cet homme dont le moins qu'on puisse dire est qu'il avait consacré sa vie à lutter pour libérer son pays. De 2001 à 2003, nous avons connu les négociations de paix. Ensuite, de 2003 à 2006, le pays est passé par une phase de transition qui a précédé les élections générales de l'automne 2006. En 2007, nous avons enfin pu planifier la reconstruction du pays et négocier sur ce dossier avec nos partenaires, anciens et nouveaux, principalement la Chine. La reconstruction proprement dite n'a commencé qu'à partir de 2008. Ce qui ne fait, finalement, que trois années... Les huit années précédentes avaient été consacrées aux négociations politiques et à l'effort de guerre mené dans les provinces de l'Est (2). À mon sens, l'un des points positifs de la reconstruction, c'est qu'elle n'a pas commencé uniquement par Kinshasa. Ceux qui arrivent dans notre capitale oublient souvent que Kinshasa, siège des institutions, ce n'est pas tout le pays. Or les travaux de reconstruction des infrastructures ont commencé partout, sur toute l'étendue du territoire national. N'oubliez pas que la RDC, ce sont 2 345 000 km2 ! Nous avons déjà réalisé près de dix mille kilomètres de routes en terre et quelques centaines de kilomètres de routes asphaltées, mais ce n'est rien par rapport à tout ce qui reste à faire...

C. B. - Vous n'avez pas attendu le début de la campagne électorale pour énormément voyager à travers le pays. On vous voit partout, un casque sur la tête ; vous semblez aimer inaugurer des chantiers...

J. K. - Mais c'est cela, mon travail ! Un chef d'État qui ne prendrait pas le temps de circuler ne pourrait pas se faire une idée précise des véritables défis à relever. J'ai déjà fait le tour du pays à deux reprises : je commence à le connaître jusque dans ses coins les plus reculés ! Je suis frappé par l'indigence qui demeure le lot de la majorité de la population. J'ai découvert des situations que je ne soupçonnais même pas : la misère, l'enclavement de certains territoires. Mais j'ai aussi découvert l'espoir qui anime notre peuple, la confiance que les Congolais ont dans l'avenir. Ils sont certains que les choses vont aller de mieux en mieux. En tout cas, il est indispensable que je voyage : ces déplacements me permettent de connaître la réalité des situations et d'y chercher des solutions appropriées.

C. B. - Il n'en demeure pas moins que, lorsqu'on s'entretient avec la population, les gens expliquent que le « social » n'est pas au rendez-vous, que la faim est toujours là, que la rentrée scolaire (où les parents doivent payer des droits d'inscription et rétribuer les enseignants) demeure une véritable épreuve (3)...

J. K. - Avant de juger, il faut décortiquer ce qu'est exactement le « social ». Faire du social, c'est mettre à la disposition de la population des soins de santé convenables, ce qui implique de réhabiliter les dispensaires et les hôpitaux. Nous avons prévu de construire ou de réhabiliter, avec l'aide des Chinois, 145 centres de santé. Un très grand hôpital, le plus vaste d'Afrique centrale, est actuellement en construction à Kinshasa. Le social, ce sont aussi les écoles. Si nous voulons assurer l'avenir de la RDC, il faut que nos enfants puissent étudier dans des conditions optimales - et sur ce plan-là aussi, la tâche reste immense... Il faut également que le pays devienne vraiment auto-suffisant en matière alimentaire. L'agriculture est donc la priorité des priorités, je vais y revenir. Last but not least : nous devons veiller à payer les salaires de nos fonctionnaires, des enseignants, des militaires... Nous y travaillons. Un exemple : les militaires sont désormais dotés de fiches biométriques nominatives (4) afin d'éviter la fraude. C'est, à coup sûr, un grand pas en avant pour une armée que les ennemis de la paix dans notre pays rêvaient de voir disparaître.

C. B. - Vous estimez donc que votre présidence marque une vraie rupture...

J. K. - C'est indiscutable. Je dirai même qu'il n'y a pas de comparaison possible : le Congo est réunifié, la paix règne sur la quasi-totalité du territoire, à l'exception de quelques poches de violence résiduelle dans l'Est. Il y a quinze ans, le pays connaissait un taux d'inflation à quatre chiffres, l'argent circulait dans des valises et des camionnettes... Nous avons remis bon ordre dans ce secteur sensible et renoué avec les institutions financières internationales. Ce qui nous a permis d'atteindre le « point d'achèvement » (5) et de bénéficier de l'effacement (6) de 90 % de la dette du pays. Aujourd'hui, il y a une vraie stabilité monétaire. Cela aussi, c'est le « social »... Le FMI évalue notre taux de croissance à 6,5 % par an. Les chiffres parlent d'eux-mêmes !

C. B. - Revenons à l'agriculture. Vous avez dit qu'il s'agissait d'une priorité. Pour quelles raisons ?

J. K. - J'ai même dit que l'agriculture constituait la « priorité des priorités ». Pourquoi ? Tout simplement parce que plus de 65 % des Congolais vivent en milieu rural. Nous voulons aller au-delà de l'agriculture de subsistance et apporter un vrai « plus ». C'est pourquoi nous avons entamé un programme accéléré de mécanisation. Chaque année, depuis 2010, nous faisons distribuer un millier de tracteurs. Via les autorités provinciales, ces engins sont mis à la disposition des paysans et des coopératives agricoles. En outre, nous avons l'intention de remettre en exploitation la plupart des plantations qui existaient naguère dans les régions de l'Équateur, du Maniéma et du Bas-Congo. À l'époque coloniale, le Congo était exportateur d'huile de palme, de café, de cacao ; or, aujourd'hui, nous devons importer des denrées alimentaires ! Notre pays dispose pourtant du potentiel nécessaire pour redevenir producteur de cultures de rente et demain, peut-être, exportateur...

C. B. - La RDC, qui a adhéré à l'OHADA (7) - une organisation qui défend le droit des affaires -, assure qu'elle met en oeuvre la bonne gouvernance. Cependant, plusieurs contrats conclus avec des sociétés étrangères ont été remis en question, voire annulés, au grand dam des sociétés concernées, canadiennes entre autres...

J. K. - Je vous rappelle que la Commission pour la révision des contrats miniers a passé au peigne fin une soixantaine de ces contrats qui avaient été conclus durant les années de transition, avant les élections de 2006. Le centre Carter (8) nous a apporté une expertise appréciable dans ce travail. Sur une soixantaine de dossiers examinés - tous sujets à caution d'une manière ou d'une autre -, seules deux sociétés, Tenke Fungurume (9) et la canadienne First Quantum Minerals, ont refusé de renégocier avec l'État congolais des contrats que nous avions jugés léonins. Nous sommes finalement parvenus à un arrangement avec Tenke Fungurume. En revanche, First Quantum s'est conduit de façon arrogante et a refusé de discuter. De mon point de vue, une telle attitude est inacceptable (10). On ne peut pas nous imposer des exigences unilatérales de cette façon ! À la suite du litige, la société s'est pourvue en justice. Elle a fait beaucoup de bruit, ce qui a pu donner l'impression que la RDC avait du mal à s'entendre avec les entreprises étrangères... alors que, en réalité, il ne s'agissait que d'un conflit isolé ! Autre cas litigieux : celui de la société écossaise Tullow Oil qui s'est proposée d'exploiter le pétrole du lac Albert. Cette société, déjà implantée en Ouganda, voudrait également opérer à partir de notre territoire, sur la rive congolaise. Mais l'État congolais a trouvé une meilleure offre. Lorsque nous avons demandé aux dirigeants de Tullow de s'aligner sur cette nouvelle offre et de nous proposer des conditions plus favorables, ils ont refusé. C'est donc à l'autre société (11) que nous avons accordé la licence d'exploitation. Pour une raison élémentaire : ce contrat-là correspondait davantage à nos intérêts nationaux...

C. B. - La RDC est souvent présentée comme un pays qui souffre d'un haut niveau de corruption. Vous êtes le chantre de la « tolérance zéro » face à ce fléau. Concrètement, que signifie cette formule ?

J. K. - Lorsque je parle de tolérance zéro, on croit toujours que le président doit être à la fois le policier qui arrête les gens et le procureur qui les poursuit, voire le tribunal qui les juge... Ce n'est évidemment pas le cas. J'ai seulement énoncé un principe élémentaire : dans ce pays, personne ne peut être au-dessus de la loi. Mais c'est à nos institutions, à nos organes compétents qu'il appartient de punir les corrupteurs et les corrompus. Et c'est là que nous rencontrons beaucoup de difficultés. Par deux fois déjà, des hauts responsables de la justice ont été changés, dont le ministre de la Justice lui-même ; des magistrats ont été remplacés... On les adjure de faire correctement leur travail. Je ne vous le cache pas : la lutte contre la corruption est un effort de longue haleine.

C. B. - Plusieurs mois durant, en 2010 et 2011, vous avez suspendu la commercialisation des produits miniers dans les provinces de l'est du pays, ce qui a interrompu la production minière et bloqué les stocks. Depuis, l'économie tourne au ralenti et la population vous en veut - d'autant plus que, entre-temps, a été publiée la loi américaine dite « loi Dodd Frank » qui oblige les entreprises à garantir la traçabilité des produits miniers. Cette loi a entraîné une sorte de boycott international - et, surtout, américain - à l'égard des minerais en provenance de votre pays...

J. K. - On dit souvent que notre pays possède un sous-sol très riche ; c'est vrai, mais pour que nous puissions en profiter, nous devons contrôler nos ressources à 100 %. Or ce contrôle nous a longtemps échappé. Nous avons donc décidé de suspendre durant plusieurs mois l'exploitation et l'exportation de produits miniers afin de voir comment la RDC et sa population pourraient bénéficier au mieux de ces ressources (12). Je ne pense pas que c'est en exportant les matières premières à l'état brut que l'on crée de la richesse. Voyez la situation à Walikale, la plus grande zone de production minière du Nord-Kivu : là-bas, malgré tout ce que l'on extrait, entre autres de la cassitérite et du colombo tantalite (13), il n'y a ni écoles ni hôpitaux. Rien, zéro ! Mais, chaque jour, une vingtaine d'avions atterrissaient pour évacuer les minerais ! Il y a donc un problème... La situation est similaire dans les zones où l'on exploite l'or ou le diamant. Je me suis rendu au Kasaï à deux reprises. J'ai constaté qu'à Tshikapa et à Mbuji Mai on exporte beaucoup de diamants sans que cela favorise le développement de la province.

C. B. - Les creuseurs (14) qui perdent l'accès aux mines au bénéfice des grandes sociétés pensent que vous leur êtes hostile. Or, au Kivu, ils faisaient partie de votre électorat...

J. K. - Il est vrai qu'en principe je ne souhaite pas que les mines soient exploitées par des creuseurs artisanaux. Je vous rappelle que dans les années 1980, du temps du président Mobutu, on a libéralisé l'exploitation des mines (15). Aujourd'hui, il est temps de se demander si cette exploitation ouverte à tous a été bénéfique pour la population ou si, au contraire, elle a été contre-productive. Nous allons examiner la situation et apporter les infléchissements nécessaires. De mon point de vue, ce type de libéralisation sauvage de l'exploitation minière n'a rien apporté, ni en termes d'infrastructures ni en termes de développement...

C. B. - Alors que les civils ne pouvaient plus exploiter librement les minerais, les militaires, eux, ont continué de le faire. Ils exportaient ces minerais vers les pays voisins...

J. K. - Chaque fois qu'on les prend sur le fait, ils sont lourdement sanctionnés. Mais, en règle générale, ceux qui accusent les militaires de faire du business nous aideraient beaucoup en nous fournissant des preuves exactes de leurs accusations. Nous avons une armée de plus de 100 000 hommes, déployés sur toute l'étendue du territoire national. Nos militaires sont notamment présents au Katanga, au Bas-Congo et au Kasaï : dans ces régions, je n'ai jamais eu connaissance d'accusations de ce genre les visant. Ce qui est exact, c'est que, durant la transition, nous avons été forcés d'intégrer dans nos forces armées des éléments qui n'auraient jamais dû l'être car ils ne remplissaient pas les critères requis, en particulier sur le plan de la discipline. Mais comme la priorité était d'obtenir la paix, nous les avons incorporés dans la nouvelle armée. À présent, nous essayons de normaliser la situation (16).

C. B. - Vous entretenez-vous de la situation sécuritaire avec les pays voisins et, en particulier, avec le Rwanda ?

J. K. - Avec le Rwanda, la collaboration est bonne. Il en va de même pour ce qui concerne nos autres voisins - qu'il s'agisse de l'Angola, de la Centrafrique ou de l'Ouganda. Tous nos voisins, y compris les belligérants d'hier, ont compris que maintenir la stabilité dans la région était dans l'intérêt de tous. Quant à la situation au Sud-Soudan, qui vient d'accéder à l'indépendance, nous la suivons de très près. Tout ce qui peut arriver là-bas aura nécessairement des répercussions chez nous (17)... Autre souci : les menées de la LRA (l'Armée de libération du Seigneur). Ce mouvement d'origine ougandaise s'est invité chez nous. Nous gérons ce problème avec notre voisin ougandais.

C. B. - En juin 2010, Floribert Chebeya, le plus célèbre des activistes des droits de l'homme, était assassiné (18). En cette veille d'élection, les militants assurent qu'ils ont peur. Certains estiment que leur vie est en danger...

J. K. - À la veille du cinquantième anniversaire de l'indépendance, l'assassinat de Chebeya a représenté un grand choc pour moi. Ce n'était pas du tout le moment de perdre quelqu'un comme lui. Certes, Chebeya se montrait souvent critique à l'égard du gouvernement, mais il ne faisait que son travail. Quant aux autres défenseurs des droits de l'homme, j'ai toujours dit que j'étais leur premier allié et que mon rôle était de les défendre. Les journalistes ne devraient pas avoir peur, eux non plus : nous avons besoin d'eux pour dénoncer ce qui ne va pas, ce qu'on nous cache. Il faut saluer le fait que, dans cette triste affaire, la justice a joué son rôle en condamnant très sévèrement les membres de nos forces de police responsables de cet ignoble assassinat.

 C. B. - Passons, si vous le voulez bien, à la présidentielle qui aura lieu à la fin du mois de novembre. Un scénario à l'ivoirienne, avec une victoire revendiquée par deux candidats et un risque de guerre civile, peut-il être envisagé au Congo (19) ?

J. K. - Je ne crois pas en un tel risque. La culture politique et les traditions de la République démocratique du Congo ne sont pas celles de la Côte d'Ivoire. N'oubliez pas qu'au Congo il y a une réelle volonté de démocratiser le pays, qui est partagée par tous. Dans le processus de démocratisation de nos institutions et de notre société, nous sommes allés loin, très loin, presque jusqu'au point de non-retour. Il sera vraiment difficile dans un futur prévisible de ramener le peuple congolais à la case départ - celle de la guerre ou de la partition du pays. Ce qui nous lie est plus fort que ce qui pourrait nous diviser. Il n'y aura pas de scénario à l'ivoirienne. Tout au long de ces vingt dernières années, le peuple congolais a démontré qu'il était impossible de diviser ce pays. La prochaine élection présidentielle va nous aider à renforcer cette unité. Ce scrutin représentera un nouveau pas en avant pour notre pays. Je crois fermement que, d'ici une quinzaine d'années, le Congo occupera l'une des premières places en Afrique. C'est tout à fait envisageable. Mais, pour cela, le pays a besoin de stabilité. Seule la stabilité nous permettra de mieux contrôler nos ressources économiques et d'utiliser rationnellement nos ressources humaines. C. B. - Vous dites ne pas redouter un scénario à l'ivoirienne. En ce cas, pourquoi la Constitution a-t-elle été modifiée de façon que la présidentielle soit un scrutin à un seul tour et non plus deux, comme en 2006 ? J. K. - Avant tout pour des raisons d'économie. Deux tours coûtent plus cher qu'un seul ! Mais je ne vous cache pas qu'il y a eu, aussi, de sérieuses appréhensions au sein de notre Parlement face aux débordements qui se sont souvent manifestés dans l'entre-deux tours, tant dans notre pays que dans notre environnement immédiat (20).

C. B. - Les accords économiques conclus avec les Chinois, qui ont accepté de reconstruire des infrastructures en échange de l'accès aux réserves de cuivre de la RDC (21), ont fait couler beaucoup d'encre. Estimez-vous que ces contrats ont eu un effet positif et vous réjouissez-vous de les avoir conclus ?

J. K. - Malgré la résistance de bon nombre de nos partenaires, due sans doute à un déficit communicationnel, nous sommes allés de l'avant. Aujourd'hui, au vu de ce qui a été fait, comment pourrait-on convaincre les Congolais que nous aurions eu tort ? Les contrats avec les Chinois étaient la bonne décision. C'est en partie grâce à ces accords que Kinshasa change à toute vitesse. Le secteur privé contribue à la reconstruction de la ville à hauteur de plus de 40 %. Notre capitale se transforme, mais nous devons veiller à demeurer rigoureux, en matière de planification et d'urbanisme. Kinshasa compte déjà plus de 8 millions d'habitants - un chiffre qui pourrait doubler d'ici cinq ou dix ans. D'autres villes explosent aussi, comme Bukavu ou Goma. C'est pourquoi nous allons constituer une « réserve stratégique » de l'État (22), afin de planifier au mieux l'extension de la plupart de nos villes.

C. B. - Tout au long de cet entretien, vous avez évoqué les innombrables dossiers sur lesquels vous travaillez. Disposez-vous parfois de temps libre ?

J. K. - Ces derniers temps, absolument pas. D'ailleurs, cela se voit : je vieillis plus vite que la plupart des gens de mon âge ! Comment voudriez-vous que je m'offre le luxe de prendre des vacances, d'aller en Espagne ou ailleurs, comme vous, les Européens, pouvez le faire ? Tant que le Congo a encore besoin de moi, que j'ai encore de l'énergie et de la santé, je dois travailler à 110 % pour mon pays.

C. B. - En 2012, Kinshasa accueillera le sommet de la Francophonie. Les réunions internationales se succèdent. En 2010 par exemple, la capitale a accueilli un sommet de la Communauté des États d'Afrique australe, ainsi qu'une réunion parlementaire des pays ACP (Afrique, Caraïbes et Pacifique) et de l'Union européenne. Elle a, aussi, célébré avec faste le 50e anniversaire de l'indépendance. Est-ce le grand retour de la RDC sur la scène internationale ?

J. K. - Il faut rester modeste... Petit à petit, la RDC reprend sa place sur la scène internationale. Il s'agit d'une place stratégique. Notre pays a pour vocation d'être un pont entre l'Est et l'Ouest, entre le Nord et le Sud. Il doit, aussi, devenir le vrai moteur du développement du continent africain. Après tant de sacrifices et d'efforts, je pense pouvoir affirmer que nous sommes sur la bonne voie.