Depuis la chute du régime de Saddam Hussein, les chiites d'Irak ont enfin traduit leur prédominance numérique en représentation politique : ils sont, en effet, majoritaires au sein du Conseil de gouvernement transitoire mis en place par la coalition. Cette nouvelle donne inquiète de nombreux observateurs. L'entrée en force de la religion sur la scène politique irakienne ne risque-t-elle pas de précipiter le pays, à peine libéré de la dictature baasiste, dans les bras d'un islamisme à l'iranienne ? La revendication identitaire et la ferveur retrouvée des chiites ne seront-elles pas des entraves à la démocratisation ? Loulouwa Al-Rachid répond ici à toutes ces inquiétudes. En s'appuyant sur une véritable radioscopie de la très hétérogène société chiite, elle conclut que l'essentiel, c'est de rétablir l'ordre et de transmettre le pouvoir aux Irakiens. Ceux-ci ne sont, pour la plupart, guère tentés par le modèle iranien ; mais plus le chaos durera, plus les radicaux gagneront du terrain.