La guerre déclarée au terrorisme mondial au lendemain du 11 septembre 2001 avait relégué au second plan le " grand jeu " qui voyait s'affronter autour des ressources de la mer Caspienne les deux anciens adversaires de la guerre froide : les Etats-Unis et la Russie. Mais les tensions nées des divergences de vues entre Moscou et Washington au sujet de la guerre d'Irak, ainsi que la lutte qui oppose les compagnies occidentales, russes et chinoises pour imposer des tracés concurrents aux oléoducs d'exportation du pétrole de la mer enclavée, ont signé le retour des manœuvres géostratégiques dans la région - d'autant qu'au sud, la Caspienne est bordée par l' " Etat-voyou " iranien. Même si les estimations ont été revues à la baisse, les réserves en hydrocarbures du bassin caspien semblent immenses. Reste que les populations locales n'en bénéficient pas : comme le montre Marie Jégo, les multiples alliances passées par les puissances avec les potentats locaux ont conforté les autocraties corrompues en place depuis le début des années 1990.