Depuis plus de trente ans, Bernard Kouchner s'est fait le héraut du droit d'ingérence. Cohérent dans sa démarche, il fut l'un des rares, en France, à soutenir l'intervention alliée en Irak. A une légalité internationale douteuse défendue par des hommes politiques démagogiques et une opinion publique viscéralement anti-américaine, Kouchner oppose la valeur qui devrait, selon lui, toujours nous servir de boussole : la défense des droits de l'homme. Et il regrette amèrement que ce ne soit pas dans cette optique que le débat sur l'Irak ait été mené. Si l'opération du Kosovo était légitimée par la défense des droits de l'homme, nous dit Bernard Kouchner, alors celle d'Irak l'était bien davantage ! Pour l'illustrer, il livre ici - outre un plaidoyer enflammé en faveur de l'ingérence humanitaire - un passionnant récit de son voyage au Kurdistan en novembre 2002. Cette chronique fait ce que ni l'administration Bush ni ses opposants n'ont jugé utile : elle donne la parole aux victimes de Saddam.