Les pays issus du démantèlement de la Yougoslavie titiste ont connu des sorts bien différents. Si les anciennes républiques situées au nord - la Slovénie, la Croatie et la Serbie - ont plus ou moins réussi leur transition politique et économique, il n'en va pas de même pour celles du sud - la Bosnie, la Macédoine, le Kosovo et le Monténégro. Pour désigner ces quatre entités, Paul Garde forge ici la notion de " quasi-Etats ". Ils ont en commun la fragilité de leurs institutions, la faiblesse de leurs ressources et leur dépendance vis-à-vis de la communauté internationale. Celle-ci se bat pour préserver les Etats bosnien et macédonien - et Paul Garde s'en félicite ; mais elle a, sans doute, tort de ne pas reconnaître l'indépendance du Kosovo et du Monténégro : dans les faits, ces " provinces serbes " sont parfaitement autonomes vis-à-vis de Belgrade. Une chose est sûre : les acteurs internationaux devront, longtemps encore, assister ces quasi-Etats : la stabilité des Balkans est à ce prix