On connaît la thèse du Kremlin : la guerre de Tchétchénie ne serait que l'un des volets de la croisade mondiale contre le terrorisme islamiste. Mais ces stéréotypes, qui trouvent en Occident des relais complaisants, ne correspondent pas aux réalités du terrain. Certes, les Tchétchènes ne sont pas des anges. De là à les assimiler à des suppôts d'Al-Qaida, il y a un pas qu'il est difficile de franchir. D'autant que les services russes sont passés maîtres dans l'art de la manipulation et de la provocation. Les attentats de 1999 et la pseudo incursion au Daghestan qui servirent de prétexte au déclenchement de la deuxième guerre: un montage du FSB. La prise d'otages du théâtre de Moscou en octobre dernier: probablement l'oeuvre des services. Les enlèvements d'étrangers: un commerce lucratif où chacun - combattants tchétchènes et services de sécurité russes - trouve son compte. La situation a atteint un tel degré de pourrissement qu'il ne reste plus qu'une solution : une intervention des Occidentaux, seuls capables de remettre de l'ordre dans l'immense chaos tchétchène.