Dans un entretien inédit accordé à la rédaction de Politique Internationale, Daniel Yergin, président du CERA (Cambridge energy research associates) et spécialiste mondial de l'énergie, analyse les conséquences d'une éventuelle intervention militaire en Irak sur le marché des hydrocarbures. Il estime que la " prime à la peur " ajoute actuellement entre 3 et 5 dollars au prix du baril, qui a déjà augmenté de 50 % depuis le début de l'année 2002. L'auteur du best-seller " Les hommes du pétrole " se veut, néanmoins, rassurant : en cas de guerre, l'Arabie saoudite augmentera sa production pour pousser les cours à la baisse et les Etats-Unis n'hésiteront pas à recourir à leurs réserves stratégiques. Mais il met en garde contre les risques d'un enlisement du conflit : au-delà de deux ou trois semaines, prévient-il, le marché deviendra très nerveux. Il faudra, également, rassurer les pays qui ne disposent pas de réserves stratégiques, comme l'Inde et la Chine, que la crainte d'une pénurie pourrait pousser à la panique.