Dix ans après l'implosion de l'Union soviétique et 23 ans après le "virage commercial" pris par la République populaire de Chine, Jean-François Revel s'étonne que d'aucuns s'obstinent encore à dénoncer le libéralisme. Contrairement à l'idée marxiste selon laquelle le "sens de l'Histoire" aboutirait un jour à une société parfaite, le XXe siècle a démontré que les hommes sont maîtres de leur destin, ce que révèle le triomphe des démocraties libérales. L'après-guerre froide se traduit donc par le retour à des politiques "normales", c'est-à -dire façonnées par de classiques conflits ou convergences d'intérêts entre les Etats, mais aussi par des fanatismes religieux tel l'intégrisme musulman. Selon Revel, les mouvements de contestation de la mondialisation sont animés par des "idéologues brouillons" et incohérents, car le libre-échange est, depuis des lustres, la principale revendication des pays en développement. L'ouverture à la concurrence internationale constitue, en effet, le meilleur atout pour les économies du Sud. Quant à la croissance "bien réelle" des inégalités planétaires, elle n'empêche que le niveau de vie des populations augmente sur presque tous les continents. Jean-François Revel, enfin, prône une politique plus audacieuse face aux régimes autoritaires et dénonce la Realpolitik lorsque celle-ci se résume à une forme de lâcheté.