" Je veux servir l'Allemagne " : c'est par ces mots que, le 30 mai dernier, Angela Merkel, la présidente de l'Union chrétienne-démocrate (CDU), a résumé son projet de gouvernement. Une formule modeste mais claire, à l'image de la candidate. Elle a fait cette déclaration dès son intronisation par ses pairs comme candidate de l'opposition aux législatives anticipées du 18 septembre prochain. Après l'historien Kohl et le juriste Schröder, cette physicienne, ancienne ministre de l'Environnement, a l'étoffe d'une modernisatrice.
Celle que Helmut Kohl appelait " la gamine " aura pour tâche de rendre tonus et compétitivité à un pays anémié par six ans de gouvernement socialiste et vert. Cette Allemande de l'Est devra, en particulier, redonner confiance à une ex-RDA qui ne parvient pas à se relever de quarante ans de planification communiste. Il ne s'agit pas tant de hisser les Länder de l'Est au niveau de ceux de l'Ouest, mais de ramener le chômage est-allemand, actuellement autour de 17 % (avec çà et là des pointes à 40 %), à un taux plus décent.
La mission sera également politique car, en ex-RDA, les néo-nazis du NPD et les communistes du PDS ne cessent de grignoter des parts de marché aux dépens des forces démocratiques. Il lui faudra stopper cette dérive sans heurter l'" autre Allemagne ".