Le fait est suffisamment rare en Afrique pour être souligné : la République démocratique du Congo a réussi à mener à bien des élections générales qui se sont conclues par la victoire du président sortant, Joseph Kabila, contre son rival Jean-Pierre Bemba. Le scrutin s’est déroulé dans le calme et tous les observateurs s’accordent à reconnaître sa régularité. Il est vrai que la communauté internationale s’était largement investie dans le processus de transition. Reste que la tâche des nouveaux dirigeants ne sera pas facile : la corruption gangrène tous les échelons du pouvoir et la situation économique demeure fragile. Plus grave : les groupes armés qui ont ravagé le pays pendant des années n’ont pas été totalement neutralisés. Un retour de la violence n’est donc pas à exclure, d’autant que le pays n’est pas à l’abri des contagions extérieures. La crise soudanaise pourrait, en effet, déborder vers le Congo dont les frontières ne résisteraient pas à un nouvel afflux de réfugiés.