En janvier 2005, dans la foulée de la « révolution orange » qui avait vu des centaines de milliers de citoyens descendre dans la rue pour protester contre la fraude massive de la présidentielle de novembre 2004, le libéral Viktor Iouchtchenko est devenu président de l'Ukraine. Les démocrates triomphaient : avec son alliée Ioulia Timochenko, nommée premier ministre, le nouveau président allait extraire son pays de l'orbite russe et le diriger avec assurance vers l'Otan et l'Union européenne.


    Deux ans plus tard, l'euphorie est retombée. Brouillé avec Timochenko, Iouchtchenko a vu son adversaire malheureux de la présidentielle, le pro-russe Viktor Ianoukovitch, remporter les législatives de mars 2006 et prendre la tête du gouvernement. Mais le héros de l'hiver 2004 n'a rien perdu de sa superbe. Malgré une cohabitation chaotique, il est persuadé que le pays ne peut plus dévier de la voie qu'il a tracée : celle de l'adhésion aux institutions euro-atlantiques. À ces dernières de faire un effort pour accueillir l'Ukraine en leur sein…