En septembre dernier, la Thaïlande a été le théâtre d'un énième coup d'État militaire. Il n'y a là rien de nouveau : depuis le renversement de la monarchie absolue, en 1932, le pouvoir fait l'enjeu d'une lutte permanente opposant l'armée, qui défend un système autoritaire, aux milieux d'affaires, plutôt attachés à la démocratie. Ceux-ci semblaient avoir remporté la partie : en 1997, ils firent adopter une Constitution très libérale ; et, en 2001, le plus flamboyant des businessmen thaïlandais, Thaksin Shinawatra, a été élu premier ministre. Mais, empêtré dans des affaires de corruption et de fraude électorale, le « Berlusconi de Bangkok » n'a pas vu venir la réaction de l'armée. La junte qui a pris le pouvoir a abrogé la Constitution et entrepris d'en rédiger une nouvelle. De son contenu dépendra l'avenir du pays : la Thaïlande se dirige-t-elle, comme le promettent les putschistes, vers une démocratie débarrassée des excès de l'ère Thaksin ? Ou bien est-elle sur le point de renouer avec un régime rétrograde ? Les prochains mois seront cruciaux…