Très proche des Etats-Unis dont elle partage les valeurs politiques et économiques, fidèle partenaire dans la lutte antiterroriste, l’Australie n’est pas, pour autant une alliée inconditionnelle de Washington. Sous la houlette de son très libéral premier ministre, John Howard, elle est en train de s’émanciper. Elle n’est plus seulement une petite puissance attachée à son pré carré océanien. En réalité, Canberra affiche de plus en plus ouvertement sa volonté de devenir une grande puissance régionale, soucieuse avant tout de défendre ses intérêts nationaux. Avec un budget militaire en hausse de 3 % par an pour les dix années à venir, l’Australie se donne les moyens de ses ambitions. Elle souhaite mettre sur pied une armée de projection souple et puissante capable d’intervenir dans le Pacifique et le Sud-Est asiatique, voire au-delà. Tout en évitant que ces manifestations d’autonomie ne se transforment en vaines gesticulations diplomatiques…