Politique Internationale - La Revue n° - AUTOMNE -


La force tranquille
Entretien avec Peter ALTERMAIER
Ministre de l'Économie, le 14 mars 2018, dans le gouvernement de « grande coalition » (conservateur
conduit par
Thomas WIEDER
Correspondant du Monde ŕ Berlin.
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Entretien avec Peter Altmaier*



* Fidèle parmi les fidèles d'Angela Merkel, Peter Altmaier a été nommé ministre de l'Économie, le 14 mars 2018, dans le gouvernement de « grande coalition » (conservateurs/sociaux-démocrates) issu des élections législatives de septembre 2017. Membre de l'Union chrétienne-démocrate (CDU) depuis ses 18 ans, il est l'une des personnalités les plus influentes de ce parti où il est considéré comme centriste, modéré, pragmatique et résolument pro-européen.



la force tranquille 



Cet entretien a été conduitpar Thomas Wieder**



** Correspondant du Monde à Berlin.



Thomas Wieder - Le 7 décembre 2018, après dix-huit années à la tête de l'Union chrétienne-démocrate (CDU), Angela Merkel a passé la main à Annegret Kramp-Karrenbauer, l'ancienne ministre-présidente de la Sarre (2011-2018), qu'elle avait nommée quelques mois auparavant secrétaire générale du parti. Son élection a toutefois été serrée, Mme Kramp-Karrenbauer n'ayant obtenu que 51,7 % des suffrages (35 voix d'avance) face à Friedrich Merz, un ancien président du groupe CDU-CSU au Bundestag (2000-2002) qui s'était retiré de la vie politique depuis une dizaine d'années. Comment analysez-vous la victoire de Mme Kramp-Karrenbauer ?



 



Peter Altmaier - Je dois dire que cette victoire a été un soulagement pour moi. Je pense que c'est une bonne chose à la fois pour la CDU et pour Angela Merkel. Pour la CDU, les premiers sondages réalisés après l'élection d'Annegret Kramp-Karrenbauer sont positifs : ils montrent déjà un rebond de quelques points dans les intentions de vote. Il faudra, bien sûr, que cette tendance se confirme, mais c'est très encourageant. Pour la chancelière, cette victoire est également un signe important : le soutien de la CDU à Angela Merkel pour qu'elle puisse terminer son mandat est clarifié. Mme Merkel dispose de l'autorité indispensable pour gérer la politique de l'Allemagne.



 



T. W. - Même si elle a légèrement remonté dans les sondages récemment, la CDU n'est toutefois créditée que d'environ 30 % des intentions de vote. C'est à peu près le score qu'elle a obtenu aux législatives de 2017 (32,6 %). On est loin du score de 2013 (41,5 %), pour ne pas parler de l'époque plus lointaine, celle des années 1960-1990, où la CDU-CSU dépassait toujours les 40 %...



 



P. A. - Vous avez raison. Mais, de ce point de vue, ce qui se passe en Allemagne est à l'image de ce qui se passe partout ailleurs en Europe où le système partisan traditionnel traverse une phase de profonde transition. La géographie politique des années 1960-1970, dominée dans de nombreux pays par une forme de bipartition droite/gauche, a éclaté. De grands partis qui ont dominé la vie politique de leur pays se sont effondrés. C'est le cas, par exemple, en Belgique, aux Pays-Bas ou en France. La crise est particulièrement sévère pour les partis sociaux-démocrates, comme le PS en France ou le SPD en Allemagne, qui a perdu la moitié de son électorat en vingt ans.



Or je reste convaincu que le système des grands partis - ce que nous appelons les Volksparteien en Allemagne - est le meilleur des systèmes car il contribue à la stabilité politique de nos démocraties. C'est pourquoi je pense que l'avenir de la CDU est un enjeu capital. Il nous faut donc tout faire pour que le parti se renforce dans les prochains mois et les prochaines années. Nous pouvons à nouveau obtenir entre 35 % et 40 % des voix aux élections législatives.



J'ajouterai que je souhaite une situation similaire pour la France où le PS s'est écroulé, où Les Républicains traversent une période difficile et où l'on ne voit pas très bien quel est l'avenir de La République en Marche : ce mouvement tout neuf va-t-il se structurer et devenir un parti durable ou va-t-il s'effondrer ? Dans un tel contexte, ce serait une bonne chose que Les Républicains trouvent la force nécessaire pour se reconstruire.



 



T. W. - Revenons sur Annegret Kramp-Karrenbauer, une personnalité que vous connaissez bien ne serait-ce que parce que, comme elle, vous êtes élu dans la Sarre. La nouvelle présidente de la CDU a souvent été présentée comme une « mini-Merkel » ou une « Merkel bis »... Êtes-vous d'accord ? Qu'est-ce qui différencie les deux femmes ?



 



P. A. - La différence, c'est d'abord le style. Le comportement d'Angela Merkel a été très souvent décrit comme protestant ; celui d'Annegret Kramp-Karrenbauer est, disons, plus catholique...



 



T. W. - Quelle est la différence ?



 



P. A. - Annegret Kramp-Karrenbauer est particulièrement douée pour nouer le contact avec les gens ; c'est une personne extrêmement accessible. Et puis il lui arrive de surprendre son monde : lors des derniers carnavals, elle n'a pas hésité à se déguiser en femme de ménage pour faire rire l'assistance. Ce n'est pas tout à fait le style d'Angela Merkel...



Par ailleurs, il y a des différences d'expérience. De par ses responsabilités dans la Sarre, à la fois comme ministre-présidente et, auparavant, comme simple ministre (elle a été chargée de différents portefeuilles), « AKK », ces dernières années, s'est concentrée sur les problèmes intérieurs. Ce sera  l'un des enjeux des prochains mois pour Mme Kramp-Karrenbauer : elle devra réussir à se faire connaître sur la scène européenne et internationale.



Je suis en tout cas convaincu qu'elle pourra être, le temps venu, une très bonne candidate de la CDU. En particulier parce qu'elle a déjà remporté des campagnes électorales difficiles comme lors des élections régionales dans la Sarre, en mars 2017, où elle a obtenu 40,7 % des suffrages alors que les sondages, quelques semaines avant le vote, lui promettaient un score nettement inférieur.



 



T. W. - Est-elle plus à droite ou plus à gauche qu'Angela Merkel ?



 



P. A. - Je ne pense pas que la question se pose en ces termes. Ce qui est sûr, c'est qu'il n'est pas possible d'y répondre de façon tranchée. Sur certaines questions, les convictions de Mme Kramp-Karrenbauer sont assurément plus conservatrices que celles de la chancelière : je pense aux questions de sécurité ou aux questions sociétales en général. Sur d'autres, par exemple sur les droits à accorder aux salariés, elle a un positionnement plus social.



Mais, d'une façon générale, les deux femmes ont un profil politique assez proche. Elles sont d'accord sur l'essentiel. Toutes les deux sont convaincues que les élections se gagnent au centre et qu'il est essentiel de résister au populisme.



 



T. W. - Abordons justement cette question du populisme. La montée de ce courant politique a marqué l'Europe entière au cours de ces dernières années. L'Allemagne, qui semblait plus épargnée que d'autres pays, a été à son tour touchée par le phénomène, avec la création du parti Alternative pour l'Allemagne (AfD) qui a obtenu 12,6 % des voix aux élections législatives de 2017 et compte désormais 92 députés (sur 730) au Bundestag. N'aviez-vous pas péché par excès d'optimisme en déclarant, en février 2017, que l'AfD retomberait bientôt « comme un soufflé » ?



 



P. A. - Peut-être ai-je eu tort, en effet, d'utiliser cette expression, mais je continue de penser que la montée de l'AfD n'est pas irrésistible. Je m'explique : je suis convaincu que si l'AfD a atteint ce niveau, c'est avant tout parce que les partis traditionnels n'ont pas été à la hauteur. Ils se sont trop concentrés sur leurs querelles internes et ont donné le sentiment aux électeurs de ne pas assez s'intéresser à leurs problèmes à eux. Tout cela a laissé à l'AfD une marge de manoeuvre considérable. À nous, maintenant, de tirer les leçons de nos erreurs. À cet égard, je suis assez confiant. J'ai l'impression que nous commençons à avoir une stratégie commune pour faire face à l'AfD, comme l'a montré le récent débat que le Bundestag a consacré au Pacte des Nations unies sur les migrations. Les autres partis ont réussi, à cette occasion, à démontrer l'inanité des arguments de l'AfD (1).



 



T. W. - L'élection d'Annegret Kramp-Karrenbauer à la présidence de la CDU consolide la position d'Angela Merkel, avez-vous dit au début de cet entretien. Pourtant, bon nombre d'observateurs éminents estiment qu'il sera difficile à la chancelière d'aller jusqu'au terme de son mandat, prévu à l'automne 2021...



 



P. A. - Pour ma part, je suis certain que le gouvernement actuel ira au terme de son mandat. Organiser des élections générales anticipées serait une très mauvaise chose pour le pays. En particulier parce que, dans un tel cas de figure, il est très probable que s'ensuive, une fois de plus, une interminable période de formation du nouveau cabinet des ministres. Or nous ne pouvons pas nous permettre une telle perte de temps compte tenu de la situation internationale, qui est extrêmement compliquée en ce moment.



 



T. W. - Au SPD, tout le monde ne partage pas cet avis. Un bilan de mi-mandat sera dressé fin 2019, comme le prévoit le « contrat de coalition ». Ne craignez-vous pas que, à cette occasion, les sociaux-démocrates décident de quitter le gouvernement ?



 



P. A. - Quel serait l'intérêt, pour le SPD, de quitter la coalition ? À l'heure actuelle, le SPD a beaucoup à craindre de la tenue d'éventuelles élections anticipées. Je crois sincèrement que la majorité des membres de ce parti estime qu'il est préférable de continuer à participer à la « grande coalition ».



 



T. W. - La montée des Verts a été l'un des phénomènes politiques marquants de l'année 2018 en Allemagne. En Bavière, le 14 octobre, ils ont obtenu 17,6 % des voix. Le 28 octobre, dans la Hesse, ils ont fait jeu égal avec le SPD (19,8 % pour les deux formations). Dans chacune de ces régions, ils ont quasiment doublé leur score par rapport aux élections précédentes. Que pensez-vous de ce succès des écologistes, vous qui avez été brièvement ministre de l'Environnement (2012-2013) et qui êtes de longue date un partisan du rapprochement entre les conservateurs et les Verts ?



 



P. A. - À mon sens, le succès des Verts fait partie des nouvelles plutôt positives de ces dernières années, tout comme la renaissance du Parti libéral-démocrate qui a fait son retour au Bundestag en 2017 après quatre ans d'absence (2). La réussite des Verts tient principalement à deux facteurs. Le premier est le fait qu'ils ont résisté à la tentation de ce qu'on peut appeler le « fondamentalisme vert ». Le second est la faiblesse du SPD, dont ils ont incontestablement profité.



 



T. W. - Pensez-vous, pour autant, que les Verts pourraient, aux prochaines élections législatives, arriver en deuxième position derrière la CDU, comme le laissent penser les derniers sondages ?



 



P. A. - Ce qui s'est passé en Bavière ou en Hesse n'est pas nécessairement transposable à l'échelle de toute l'Allemagne. C'est possible, mais on n'en est pas là. Les Verts n'ont pas encore une implantation très forte. Pour réaliser une telle performance aux législatives, il faut disposer d'un parti très structuré, notamment au niveau local, et doté de très nombreux militants. Or cette formation n'a pas l'histoire du SPD qui, dans les années 1990, comptait encore 1 million d'adhérents et était représenté dans chaque conseil municipal. Le succès des Verts sera-t-il durable ou passager ? Ce sera, à coup sûr, l'une des questions très importantes des prochains mois et des prochaines années en Allemagne. 



 



T. W. - Au sein de la CDU et du gouvernement allemand, vous êtes considéré comme une personnalité particulièrement francophile. Comprenez-vous l'impatience, voire la déception qui peut exister en France, en particulier chez les plus pro-européens, quant à l'attitude de l'Allemagne qui a répondu si tardivement et si prudemment aux propositions sur l'avenir de l'Europe énoncées par le président français Emmanuel Macron dans son discours de la Sorbonne, le 26 septembre 2017 ?



 



P. A. - Je reconnais que le dialogue entre les deux pays manque de vigueur et que dernièrement, côté allemand, le discours politique n'a pas été, disons, très dynamique. Mais il y a des explications à cet état de fait. Le président français a prononcé son discours deux jours après les élections législatives allemandes, c'est-à-dire à un moment où nous n'étions pas en mesure de lui répondre rapidement : nous entrions, en effet, dans la période de formation d'un nouveau gouvernement et on ignorait encore, à ce stade, quels partis allaient former la coalition. Ce n'est qu'une fois le gouvernement constitué que nous avons pu répondre et les choses se sont concrétisées au sommet de Meseberg, en juin 2018, où nous nous sommes mis d'accord sur des positions communes.



Bref, il y a effectivement, en France, le sentiment que l'Allemagne a attendu plusieurs mois avant de réagir ; mais il y a aussi, en Allemagne, le sentiment que la France a avancé ses propositions avant que l'Allemagne puisse effectivement lui répondre. La leçon que nous devons en tirer, c'est qu'il faut non seulement présenter des propositions de qualité, mais aussi se mettre d'accord sur le calendrier et le processus de débat entre les deux pays.



Sur le fond, je pense qu'il convient de distinguer deux catégories parmi les propositions d'Emmanuel Macron. La première, c'est tout ce que l'on peut appeler la « politique moderne », à savoir ce qui concerne les domaines liés à la responsabilité internationale, à la protection du climat, à la lutte contre les maladies, à l'Europe qui protège. La seconde, ce sont toutes les idées - qui existent d'ailleurs depuis longtemps dans le débat politique français - relatives à la création d'un budget de la zone euro et à l'établissement d'une espèce de Chambre destinée à le contrôler. Sur ce deuxième point, les idées sont plus difficiles à faire progresser car une bonne partie des pays européens ne partagent pas le même point de vue que la France.



 



T. W. - Un mot sur la situation française : avez-vous été surpris par l'éclosion des « gilets jaunes » ? Ce mouvement vous inquiète-t-il ?



 



P. A. - Nous avons tous été surpris ! Pour l'instant, on ne sait pas si le mouvement va se structurer ou non. Mais une chose est sûre : le consensus social, en France mais aussi dans d'autres pays et, en particulier, en Allemagne, n'est pas aussi stable que ce que nous avions cru ces dernières années. Par surcroît, on constate que la question environnementale occupe désormais une place prépondérante dans nos sociétés. D'un côté, les jeunes générations sont très conscientes de l'enjeu et pressent les gouvernements de contribuer davantage à la protection de la planète ; de l'autre, une partie croissante des gens qui se considèrent comme défavorisés résistent aux mesures adoptées par les équipes en place, ce qui complique énormément le travail des décideurs politiques.



 



T. W. - L'Allemagne n'est pas épargnée par la montée de la pauvreté et de la précarité. Un mouvement comparable à celui des « gilets jaunes » français pourrait-il, un jour, franchir le Rhin ?



 



P. A. - En Allemagne, les relations entre les partenaires sociaux sont beaucoup plus pacifiques et plus fluides qu'en France. C'est un élément qui contribue grandement à réduire le nombre de grèves et à apaiser les conflits sociaux. De ce point de vue, c'est un bon signal, me semble-t-il, que le président Macron, avant son intervention télévisée du 10 décembre 2018, ait reçu les partenaires sociaux à l'Élysée.



Cela dit, il ne faut pas nier le fait que, chez nous aussi, une partie croissante de la population ne veut plus s'identifier aux partis politiques. Il y a une forme de rejet des structures traditionnelles qui existe également en Allemagne. Nous devons rester vigilants. Je pense, par exemple, à tout ce qui se passe dans le secteur de l'énergie, avec les évolutions concernant le charbon et la fermeture programmée de nos centrales nucléaires (3). Cette transition doit être gérée intelligemment car elle est de nature à provoquer la disparition d'un certain nombre d'emplois - ce qui, à son tour, pourrait entraîner des protestations...



 



(1) Adopté en juillet 2018, le « Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières » a été ratifié, le 19 décembre, par l'Assemblée générale des Nations unies. Non contraignant, ce texte recense des principes (défense des droits humains, des enfants, reconnaissance de la souveraineté nationale...), liste des options de coopération (échanges d'informations et d'expertises, intégration des migrants...) et prône l'interdiction des détentions arbitraires, n'autorisant les arrestations qu'en dernier recours. Il a suscité de vifs débats dans plusieurs États européens, allant jusqu'à provoquer la rupture de la coalition gouvernementale en Belgique, le 20 décembre 2018. En Allemagne, comme ailleurs, l'extrême droite l'a combattu avec virulence, estimant qu'il était un encouragement à l'immigration. Défendu par le gouvernement d'Angela Merkel, le texte a été approuvé par une majorité de députés au Bundestag (372 oui, 153 non, 141 abstentions) le 29 novembre 2018.



(2) Le Parti libéral-démocrate (FDP) a longtemps été indispensable à la constitution d'une majorité, représentant une force d'appoint sans laquelle aucun des deux grands partis (CDU-CSU et SPD) ne peut gouverner à lui tout seul. Numériquement marginal mais politiquement central, il a ainsi participé à 18 des 24 coalitions qui se sont succédé à la tête de l'Allemagne fédérale depuis 1949, que ces gouvernements soient dirigés par des chanceliers conservateurs (Adenauer, Erhard, Kohl, Merkel) ou sociaux-démocrates (Brandt, Schmidt). Aux élections de 2013, pour la première fois, le FDP n'a pas franchi la barre des 5 % des voix nécessaires pour être représenté au Bundestag, n'obtenant que 4,8 % des suffrages. Depuis, il y a effectué son retour, recueillant 10,2 % des voix aux législatives du 24 septembre 2017 (80 députés sur 730). Après ce scrutin, il a entamé des pourparlers avec la CDU-CSU et les Verts en vue de former une coalition dite « jamaïcaine » (jaune, noir, vert, les couleurs associées à chacun des trois partis). Des pourparlers que le président du parti, Christian Lindner, a rompus le 20 novembre 2017, estimant que les concessions faites aux libéraux étaient insuffisantes.



(3) La fin programmée des centrales à charbon, à l'horizon 2040, pose un redoutable défi à l'Allemagne. L'enjeu est à la fois économique (40 % du mix énergétique du pays est couvert par le minerai noir) et social, le secteur du charbon étant un grand pourvoyeur d'emplois dans certaines régions d'ex-Allemagne de l'Est où l'extrême droite s'est fortement implantée ces dernières années (le Brandebourg et la Saxe, en particulier) et en Rhénanie-du-Nord-Westphalie, la principale région industrielle du pays, bastion de la social-démocratie allemande. Concernant le nucléaire, l'Allemagne doit fermer sa dernière centrale d'ici à 2022.


Notes :