Politique Internationale - La Revue n°114 - HIVER - 2007

sommaire du n° 114
LE MOYEN-ORIENT DE MAHMOUD AHMADINEJAD
Article de Thérèse Delpech
Chercheur associé au CERI.
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Le nationalisme perse et le messianisme chiite
Après avoir consacré beaucoup d'encre à critiquer le projet américain de « Grand Moyen-Orient » - un exercice qui ne coûte pas cher tant il fait l'unanimité -, il serait prudent de se pencher sur le seul véritable plan concurrent, celui de l'Iran qui, contrairement au précédent, progresse, même si les résultats des élections de décembre n'ont pas été favorables au président iranien. Au moment où Téhéran continue d'afficher une politique de confrontation avec la communauté internationale, où l'Europe est ouvertement menacée par les autorités iraniennes, où les manoeuvres dans le Golfe et en mer d'Oman se multiplient (1) et où l'armement des milices chiites se perfectionne (2), on pourrait ainsi percevoir les vrais risques de bouleversement pour la région - voire pour le reste du monde. Plutôt que de répéter ad nauseam des formules toutes faites sur les naïvetés de l'« exportation de la démocratie » (3), il serait préférable de concentrer les esprits sur les dangers plus réels d'un autre type d'exportation : celle du nationalisme perse et du messianisme chiite, où l'on retrouve l'alliance des militaires, des Pasdaran et du président iranien.
Non que la population iranienne ou le monde chiite partage l'interprétation religieuse de Mahmoud Ahmadinejad (4). Celle-ci est au contraire très minoritaire, y compris au sein de la communauté chiite iranienne. Mais les radicaux, soutenus par l'armée et les organisations paramilitaires, détiennent à présent un pouvoir bien réel et occupent des postes clefs. Surtout sur les sujets les plus controversés, qu'il s'agisse du nucléaire, des menaces à l'égard d'Israël ou du soutien au terrorisme, les différences semblent plus rhétoriques que réelles entre les conservateurs (5). La politique de Téhéran est donc le fait des durs, non des pragmatiques, même si ces derniers refont surface à l'occasion. Leur ambition est toujours d'exporter la révolution islamique dans l'ensemble du Moyen-Orient et, contrairement à leurs adversaires, dans la région ou au-delà, ils ont une authentique pensée stratégique qui porte déjà ses fruits. L'extrémisme fait suffisamment d'adeptes hors des frontières de l'Iran pour que l'on reconnaisse qu'une analyse purement nationale est trop limitée : la popularité d'Hassan Nasrallah auprès des populations musulmanes à l'été 2006 ou celle de Mahmoud Ahmadinejad lui-même, plus fêté à l'extérieur que dans son propre pays, en sont un signe évident. En fait, l'Iran est présent dans toutes les zones de crises régionales : le Caucase, l'Asie centrale, l'Afghanistan, le Liban, l'Irak, la Syrie, les territoires palestiniens, le Golfe, et même l'Égypte, où Téhéran accorde son soutien aux Frères musulmans.
La fermeture de la parenthèse Khatami en juin 2005 n'a pas été un simple retour à la situation de 1997 : le pouvoir est passé des mains des clercs à celles d'un laïc fanatique soutenu par le complexe militaro-industriel et par des technocrates ayant fait leurs classes chez les Pasdaran. L'esprit de 1979 est constamment invoqué, avec des accents que même le Guide suprême Ali Khamenei n'utilisait pas - ou n'utilisait plus. Depuis un an et demi, les événements se succèdent très vite. Les menaces à l'égard d'Israël ou des Occidentaux se multiplient ; l'ONU exprime une « profonde inquiétude » sur la situation des droits de l'homme (6); et les pays du Golfe font part de leurs craintes dans des enceintes publiques (7). Quant à Mahmoud Ahmadinejad, il se sert de la « primauté » de l'Imam caché sur les institutions politiques pour mener à bien son projet, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur du pays. Pour cette raison, il y a fort à parier qu'il tentera de faire en sorte que les élections de décembre, qui lui ont été défavorables, soient traitées comme un non-événement par rapport à la lutte principale qu'il a engagée : celle des peuples. Face à ces développements qui se produisent au grand jour, le monde occidental semble paralysé, sans stratégie ni volonté. Il le paiera tôt ou tard.
Le retour aux sources révolutionnaires
Dans le préambule de la Constitution de 1979, il est écrit que les forces armées de la République islamique « seront responsables non seulement de la préservation du territoire national, mais aussi de l'accomplissement d'une mission idéologique, le djihad pour le compte de Dieu, ainsi que de la lutte pour ouvrir la voie à la souveraineté de la parole de Dieu dans le monde ». Ce projet, qu'on crut un temps abandonné, et qui n'a pas la faveur du peuple iranien, est de nouveau à l'ordre du jour. Les autorités iraniennes ou leurs représentants à l'étranger n'hésitent pas à s'y référer ouvertement. Un an et demi après son accession au pouvoir, les intentions du nouveau président apparaissent clairement. Qu'il s'agisse de ses déclarations fracassantes sur Israël (8), le retour du Mahdi (9) ou l'ordre mondial (10), de l'organisation de manoeuvres militaires d'intimidation dans le détroit d'Ormuz et la mer d'Oman (11), de l'accélération du programme nucléaire (12), du resserrement des liens avec Damas (13) et avec Pyongyang (14), voire du conflit de l'été 2006 entre le Hezbollah et Israël (15), voilà un pouvoir qui dit tout haut ce que les plus radicaux à Téhéran pensent depuis des années : il est temps de reprendre le flambeau révolutionnaire des origines, avec un zèle que les mollahs, corrompus par le pouvoir et les affaires, ont perdu depuis longtemps. Et c'est aux civils, soutenus par le pouvoir militaire, que cette mission incombe. Si nous ne comprenons pas ces propos en Europe, et plus largement dans le monde occidental, c'est que nous ne prenons pas au sérieux un fanatisme religieux qui trouble notre confort (16).
Certes, le pouvoir se trouve toujours entre les mains de l'ayatollah Khamenei, mais c'est une piètre consolation. Car, outre que le Guide suprême a toujours été présenté comme l'incarnation du clan des conservateurs (17), il a désormais un concurrent plus radical en la personne de l'ayatollah Yazdi qui, malgré le revers électoral de décembre, n'a pas dit nécessairement son dernier mot (18). Parmi les dernières nominations de Mahmoud Ahmadinejad, il faut noter celle de Mojtaba Hashemi Samareh, l'émissaire que le président iranien avait choisi pour rencontrer Jacques Chirac en septembre 2006, au poste de vice-ministre politique de l'Intérieur. Un titre qui est, à lui seul, tout un programme. Dans le cadre de ses nouvelles fonctions, ce personnage sinistre, connu pour avoir longtemps organisé les interrogatoires des diplomates iraniens avant leur envoi à l'étranger, est appelé à superviser les élections (19). C'est à lui que l'on doit probablement le retard de près d'une semaine avec lequel les résultats ont été rendus publics en décembre. Ce n'est pas le genre d'individu qui reconnaît aisément un échec.
Au Moyen-Orient, les discours politiques et les manoeuvres militaires de Téhéran sont suivis avec crainte ; les pays du Golfe parlent même désormais ouvertement de modifier leur politique de défense si personne ne parvient à arrêter l'Iran. De même, la découverte à l'été 2006 de la puissance de feu du Hezbollah a mis en évidence la capacité de nuisance iranienne. L'arsenal des milices chiites s'est révélé beaucoup plus important que ce qui était soupçonné ou connu - notamment en matière de drones, de missiles de croisière et d'armes antichars. Mais la surprise principale est venue de l'entraînement (20) et de la détermination des combattants du Hezbollah dans la phase terrestre, où ils ont souvent pris des risques inouïs pour détruire les chars israéliens. Il y a là un avertissement pour ceux qui auraient l'audace de s'opposer à l'Iran - un Iran dont la gestion de réseaux terroristes de plus en plus performants sur le plan militaire ne saurait échapper aux observateurs (21). D'autant que les dirigeants iraniens, qui rêvaient, dans les premières années de la révolution, de prendre le pouvoir à Beyrouth, s'interrogent publiquement sur la pérennité du gouvernement de Fouad Siniora - surtout depuis la démission des ministres chiites en novembre dernier. Israël est donc loin d'être le seul pays à avoir pris bonne note de ces développements. L'Arabie saoudite, qui dénonce à présent l'instauration d'un État chiite en Irak, s'est lancée dans une politique active de soutien à Walid Joumblatt et à l'opposition syrienne à Bachar el-Assad, tenu à Riyad pour un dangereux aventurier (22). Le royaume aimerait réduire l'influence chiite en Irak, conforter l'opposition au Hezbollah et tenter de séparer la Syrie de l'Iran. A-t-il les moyens d'y parvenir? C'est là une autre histoire, et la réponse est probablement négative. Mais cette volonté, comme d'ailleurs la décision saoudienne d'acquérir le système de défense antimissile Aegis, en dit long sur l'inquiétude du pays. Naturellement, Washington est conscient de cette situation, et c'est une des raisons pour lesquelles l'administration Bush durcit le ton à l'égard de l'Iran, contrairement aux attentes des autorités iraniennes après le rapport Baker.
Le projet de Téhéran
Que cherche, au juste, la République islamique ? Aspire-t-elle à trouver une place au sein du système international ou à le bouleverser ? À cette question, plusieurs réponses ont été successivement données. La prise du pouvoir par l'ayatollah Khomeiny en 1979 - alors que le shah avait déjà quitté le pays - marquait une volonté de rupture, non seulement avec les alliances antérieures, tout particulièrement avec les États-Unis, mais avec un système international dont l'expérience de la guerre avec l'Irak allait confirmer l'iniquité pour Téhéran. Comment respecter un système qui refusait de condamner l'agresseur - Saddam Hussein de façon incontestable - et qui ne condamnait pas davantage l'utilisation d'armes chimiques, pourtant interdites depuis 1925, contre les troupes iraniennes ? Cette période est d'une importance capitale pour comprendre les motivations des dirigeants de Téhéran car, depuis août 2005, ce sont les vétérans de la guerre avec l'Irak qui détiennent les rênes du pouvoir (23). Il y avait aussi dans la révolution islamique un défi lancé à l'État-nation, au nom d'une solidarité du monde musulman que les gouvernements en place avaient trahie. Ce dernier message était le plus redoutable pour les capitales arabes. Et c'est lui qui revient en force aujourd'hui, à un moment où le chiisme accomplit des progrès remarquables au Moyen-Orient, principalement en raison de l'irruption des chiites sur la scène irakienne après le renversement de Saddam Hussein en 2003. Même s'il est déraisonnable de parler de pan-chiisme - celui-ci n'existe pas - la réalité du pouvoir chiite est une nouveauté menaçante pour beaucoup de régimes en place.
Dans un second temps, surtout à partir de 1997, on a cru pouvoir répondre de façon plus rassurante grâce à l'élection surprise du président Mohammad Khatami. Cette élection ouvrait une ère de réformes économiques, sociales et politiques qui donnait le sentiment que l'Iran, fatigué de la révolution, allait enfin se ranger. Les différents appareils du régime, notamment les services de sécurité, continuaient à exercer le même pouvoir, mais les postes principaux étaient occupés par des individus plus présentables. Très vite, cependant, il a fallu remiser les propos hâtifs tenus sur le « Thermidor iranien » : dès l'été 1999, on vit une répression féroce de manifestations étudiantes. L'année suivante, la fermeture de nombreux journaux et la chasse lancée contre les dissidents témoignaient d'une reprise en main des conservateurs. En assistant sans broncher à ces événements, le président Khatami a trahi sa base et perdu le soutien populaire dont il bénéficiait deux ans plus tôt. La désillusion des Iraniens à l'égard des réformateurs commence à ce moment-là, et n'a fait que se confirmer par la suite. Mais le pouvoir iranien semblait conserver une certaine sensibilité aux conséquences de ses initiatives les plus périlleuses dans les années 1990 : après les attentats du Mikonos (restaurant berlinois où furent assassinés quatre Kurdes, dont le secrétaire général du Parti démocratique du Kurdistan d'Iran) en 1993 et des tours de Khobar (qui abritaient des militaires américains en Arabie saoudite), en 1996, de nombreuses voix se sont élevées pour que soit mis fin à ces aventures extérieures.
À partir du tournant du siècle, le terrain perdu par les réformateurs est aussitôt regagné par les conservateurs. Il suffira, dès lors, de quelques années supplémentaires pour que la victoire de ces derniers soit complète : ils remportent les élections municipales en 2003 ; s'assurent le contrôle de l'Assemblée (le Majlis) en 2004 ; et, en 2005, la présidence tombe dans leur escarcelle. La biographie de leur candidat ne laisse aucun doute sur son appartenance au coeur le plus dur du régime. Ancien membre des Pasdaran, Mahmoud Ahmadinejad est fortement soupçonné d'avoir participé, en 1989, à Vienne, à l'assassinat du leader kurde Ghassemlou (24). Sur le plan religieux, sa fidélité va, plus encore qu'à l'ayatollah Khomeiny, à son disciple l'ayatollah Yazdi, auprès duquel le Guide suprême Ali Khamenei fait presque figure de social-démocrate (25). À l'heure où les mollahs abandonnent la ferveur religieuse, ce retour de flamme n'a rien d'anodin.
Les déclarations du nouveau président indiquent, d'emblée, une volonté de retour aux sources de la révolution islamique. C'est sur le thème de la redistribution sociale qu'il a fait campagne, contre la corruption des mollahs.  Mais son propos est de portée mondiale. Élu sur un programme de politique intérieure, Mahmoud Ahmadinejad, incapable de tenir ses promesses économiques (26), se fait connaître sur la scène internationale dont il est devenu - signe des temps - une star. Ses discours de politique étrangère révèlent une ambition évidente de bouleversement. Quand il évoque le Moyen-Orient, il s'adresse surtout aux populations de la région, par-delà les divisions entre Arabes et Perses, ou entre chiites et sunnites (27). Mais lorsqu'il prend la parole devant les représentants des pays non alignés, c'est l'injustice de l'ordre international hérité de la Seconde Guerre mondiale qu'il dénonce, dans un style flamboyant qui n'est pas sans rappeler celui d'Hugo Chavez (28). Ce thème, dont la simplicité a pour corrélat une universalité potentielle, lui assure une large popularité. Il souligne aussi l'absence de légitimité des institutions multilatérales et le caractère obsolète des traités internationaux (29). Le Guide suprême lui-même est-il encore en mesure de se défaire de lui s'il le désire? Ce n'est pas certain et il est plus probable qu'il joue sur les différents clans en fonction des événements. Mahmoud Ahmadinejad incarne un messianisme politique professé par l'ayatollah Misbah Yazdi, dont les élèves, quel que soit le désaveu des élections de décembre, occupent toujours des postes clefs à Téhéran (30). Leur idéologie est la marque la plus inquiétante de ce pouvoir. Aux yeux de cette équipe, c'est aux pays « épris de valeurs spirituelles », au premier plan desquels se trouve naturellement l'Iran, qu'il appartient d'instaurer l'ordre nouveau.
Outre les déclarations, il y a les faits, et ceux-ci méritent réflexion. Pour la république islamique d'Iran, le Liban a toujours constitué une priorité. Au-delà de la lutte avec Israël, cette porte ouverte sur la Méditerranée lui offre la promesse de plus vastes aventures. Lors des attentats de 1983 à Beyrouth, personne n'avait la moindre illusion, à Washington ou à Paris, sur le rôle de l'Iran. Le Liban demeure un front majeur, comme l'a confirmé le conflit de l'été 2006 - un conflit qui n'a pu être déclenché sans un feu vert de Téhéran. Dans les territoires palestiniens, l'Iran a aussi contribué de façon significative à la modernisation de l'armement de l'OLP et de différentes organisations palestiniennes depuis le début de la seconde Intifada en septembre 2000. Les interceptions, en janvier 2002, du Karine-A puis, en mai 2002, du Santorini en ont donné deux illustrations éloquentes. À l'automne 2006, des armes antichars ultra-modernes à destination du Hamas (31) ont été saisies par Israël, et le gouvernement palestinien a reçu en décembre dernier 30 millions de dollars de Téhéran. Depuis 2003, l'Iran, prenant la suite de Saddam Hussein, offre aussi 50 000 dollars aux familles des auteurs d'attentats suicides dans les territoires. Les menées de Téhéran dans la région ne s'arrêtent pas là. Dès le début des années 1980, des coups de force ont été organisés à Bahreïn (dont la population est majoritairement chiite) et dans les Émirats arabes unis, et des attentats ont été commis au Koweït; des groupes militants ont été soutenus en Arabie saoudite, en Jordanie et en Égypte. Tous ces pays redoutent à présent une reprise de l'offensive iranienne. Hosni Moubarak a ainsi déclaré - avec quelque exagération - que l'allégeance des chiites « va d'abord à Téhéran », tandis que le roi de Jordanie s'est ému de la construction d'un « arc chiite » et qu'en décembre l'Arabie saoudite a regretté publiquement Saddam Hussein en raison de sa capacité à contenir l'Iran.
Il faut, en effet, compter avec la nouvelle situation créée en Irak, où des centaines d'agents iraniens ont été infiltrés dès 2003, et où ils ont mis en place d'importants réseaux de soutien. On leur attribue l'élimination, en 2003, de chefs religieux qui auraient pu s'opposer à Téhéran, comme l'ayatollah Mohammed Bakr al-Hakim ou l'ayatollah Majid al-Khoei. L'armée Al Mahdi de Moqtada al-Sadr, l'une des milices les plus radicales présentes en Irak, a reçu une aide financière substantielle de la part de Téhéran. En théorie, l'Iran a donc les moyens d'orchestrer une augmentation spectaculaire des attaques contre les forces américaines et irakiennes. D'où les déclarations, en juillet 2004, du ministre de la Défense irakien, Hazim al-Shalaam, selon lesquelles « l'intrusion iranienne [était] sans précédent depuis la création de l'État irakien ». Pour nombre d'observateurs, la première puissance étrangère en Irak n'est pas l'Amérique, mais l'Iran. De même, les efforts de l'Iran pour développer son influence en Asie centrale et dans le bassin de la mer Caspienne (32) ont été intensifiés, avec le double objectif de contrer les projets énergétiques occidentaux et de financer des mouvements séparatistes (en Azerbaïdjan notamment, où l'ambassade d'Iran est, de toutes les ambassades présentes, celle qui a le plus d'ampleur). Ceci est si vrai que les pays d'Asie centrale pourraient être des alliés potentiels des Occidentaux pour s'opposer aux ambitions de l'Iran.
L'Europe, et en particulier la France qui a déjà subi plusieurs attentats du Hezbollah en 1986, a toutes les raisons de craindre de nouvelles agressions de l'Iran sur son sol, dans les Balkans ou contre ses soldats déployés au Liban (33). Elle ne peut pas se désintéresser de l'activisme iranien en Afrique du Nord (en Algérie, mais aussi au Soudan et en Égypte (34)) ou en Afrique noire (en Tanzanie, en Ouganda, au Kenya, en Afrique du Sud et au Zimbabwe). De la même façon que les États-Unis ne peuvent ignorer la présence de milices chiites en Amérique du Sud (35). Une analyse systématique de l'influence iranienne dans le monde donnerait probablement des résultats surprenants, même si l'on considère que tous les mouvements dont il est ici question sont loin d'obéir au doigt et à l'oeil à Téhéran.
Conséquences pour les ambitions nucléaires de l'Iran
À la lumière de ce projet révolutionnaire, les enjeux du programme nucléaire iranien prennent une autre dimension. C'est même l'une des grandes différences avec la situation des débuts de la révolution islamique dont se réclame le pouvoir : en 1979, l'ayatollah Khomeiny avait arrêté le programme nucléaire et ne l'a repris qu'à contrecoeur en pleine guerre avec l'Irak. L'homme qui joua un rôle clef dans l'accélération du programme nucléaire à la mort de Khomeiny n'est autre que Hashemi Rafsandjani, que l'on présente volontiers aujourd'hui comme un « pragmatique ». Au début de l'année 2007, ceux qui se réjouissent de sa remontée en puissance seraient bien avisés de s'en souvenir. L'arme nucléaire sera en tout premier lieu une garantie de survie non pour le pays - qu'il met plutôt inutilement en danger - mais pour le régime, que personne ne pourra déloger aisément après un tel succès. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle il n'est pas raisonnable d'opposer une action en faveur des droits de l'homme à une pression sur le dossier nucléaire : si l'Iran a la bombe, la victoire nucléaire servira la répression politique.
Le mérite des armes nucléaires est plus clair dans des contextes où il s'agit de préserver le statu quo que dans ceux où l'intention est de le modifier. C'est l'une des leçons les moins contestables de la guerre froide. En d'autres termes, un Iran nucléaire poserait, en tout état de cause, de graves problèmes de stabilité régionale et internationale, mais les risques seraient fortement accrus par un régime dont l'ambition serait de dominer le Moyen-Orient, d'étendre ses réseaux terroristes en Europe, en Afrique et en Amérique du Sud, et de nouer avec de grandes puissances comme la Chine des relations ambiguës, voire une alliance déguisée. Ce serait là une version peu plaisante du monde multipolaire cher à tant d'hommes politiques. Les craintes ou les résistances que rencontrerait cette ambition pourraient conduire les voisins de l'Iran à entrer dans une course aux armements tandis que d'autres choisiraient, faute d'une meilleure option, de s'aligner sur Téhéran. D'ores et déjà, l'Égypte et l'Arabie saoudite pourraient bien s'engager dans la première voie. Quant aux petits États du Golfe, auront-ils vraiment le choix ? Après les manoeuvres militaires de novembre, les uns comme les autres ont confié aux Européens que la pression exercée sur Téhéran était décidément trop faible.
Dans une région où le risque de conflit n'est jamais très éloigné, et où les frontières et les États ne sont pas reconnus par tous, la dissuasion deviendrait un exercice délicat. Combien d'acteurs seraient en cause ? Résisterait-on à la tentation d'éradiquer de petits arsenaux nucléaires ? Comment empêcher des conflits conventionnels de dégénérer en conflits nucléaires ? Toutes ces questions lourdes de conséquences n'ont jusqu'ici trouvé aucune réponse. La nature révolutionnaire du régime, son caractère messianique, le soutien qu'il apporte au terrorisme contribuent à exaspérer les tensions et à accroître les incertitudes. Les règles du jeu nucléaire pour le siècle ne sont pas encore écrites ; il est préférable pour tout le monde qu'elles ne le soient ni par Kim Jong Il ni par Mahmoud Ahmadinejad.
À quelles aventures serait prêt un Iran doté de l'arme nucléaire ? Personne n'en sait rien, mais chacun peut à bon droit se poser la question. Les ambitions et les rêves de grandeur de Téhéran sont connus. Que se passera-t-il le jour où le territoire iranien sera sanctuarisé ? Même si rien ne permet d'affirmer que l'Iran privilégierait une doctrine d'emploi, l'acquisition de l'arme nucléaire lui conférerait une puissance de coercition sans commune mesure avec les menaces qu'il exerce actuellement, qu'il s'agisse du prix du pétrole, de la fermeture du détroit d'Ormuz ou des attentats terroristes. On a parfois tendance à l'oublier.
Le vrai visage du régime iranien
Mahmoud Ahmadinejad n'était rien il y a un an et demi. Il est à présent connu du monde entier et il y voit un signe du destin. Il ne devait traiter que des problèmes intérieurs. Or, comme viennent encore de le montrer les élections de décembre, il n'existe aujourd'hui que par ses performances internationales. Ce président n'a eu aucun prix sérieux à payer pour ses provocations et doit beaucoup à notre inaction (y compris après le vote de la résolution 1737 qui impose des sanctions symboliques à Téhéran). Il est, en partie, notre créature. En ce début d'année 2007, les autorités iraniennes sont grisées par la série de succès inespérés qu'elles enregistrent depuis août 2005, grâce aux reculades successives des pays occidentaux avec la complicité de tous les autres. Malgré quelques mesures symboliques, la complaisance est encore grande à l'égard de Téhéran. On oublie que, depuis 1983, la « vieille civilisation » dont il est souvent question dans les discours de nos hommes politiques a tué un grand nombre de Français, au Liban et sur notre sol. C'est cette « vieille civilisation » qui retient en otage un malheureux skipper (36) dont le tort consiste à avoir franchi les eaux territoriales iraniennes, et que tout État civilisé aurait immédiatement relâché ; qui forme et qui arme des réseaux terroristes ; qui exalte les attentats suicides ; et qui prétend refaire la carte de la région. Nos deux mille soldats présents au Sud-Liban pourraient apprendre à leurs dépens ce qu'il en coûte de résister à Téhéran. Ceux qui croient faire plaisir aux Iraniens avec des propos sur la « vieille civilisation » les embarrassent parfois plus qu'ils ne les flattent car, outre leur côté paternaliste, ils rappellent ainsi que l'Iran existait avant la révolution islamique et la Perse avant l'Iran. Un peu comme si l'on vantait les mérites de l'Ancien Régime à Saint-Just ! Même si les Iraniens méprisent les Arabes - ce que ces derniers n'oublient jamais - la religion musulmane est l'un des instruments principaux du pouvoir, qu'il soit détenu par des mollahs ou par des civils.
Enfin, il est un sujet qui mériterait qu'on y songe plus sérieusement : les négociations ratées conduites avec ce régime depuis 2003 auront des conséquences sur la dissuasion que l'on pourra être conduit à exercer envers lui en cas de crise grave, comparable par exemple, dans une version post-guerre froide, à celle des missiles de Cuba en 1962 entre les États-Unis et l'URSS. Pourquoi Téhéran, instruit par l'expérience diplomatique des années 2003-2006, devrait-il alors se sentir intimidé par des gesticulations dissuasives ? On ne le voit guère...
Notes :

(1) Les manoeuvres de novembre 2006 se sont déroulées dans quatorze provinces situées principalement le long du Golfe et de la mer d'Oman. Dès le premier jour, les Pasdaran ont tiré plusieurs dizaines de missiles, notamment des Shehab 2 et 3 dotés pour la première fois de têtes à sous-munitions pouvant lancer 1 400 petites bombes sur leur cible. Une nouvelle génération de canons automatiques ainsi que des armes anti-blindés et anti-hélicoptères ont été testées.
(2) Le Hezbollah, qui bénéficie d'un réseau international de financement, est à présent considéré comme une menace terroriste globale croissante. Il opère aussi hors du Moyen-Orient, notamment en Europe, en Afrique et en Amérique du Sud.
(3) Les autorités américaines ont elles-mêmes précisé - en pure perte, semble-t-il - qu'il ne s'agissait nullement de cela, mais de fournir un espace public au débat politique, de faire une place aux partis d'opposition, de développer la diversité des media, de respecter les minorités et de reconnaître les droits des femmes. Toutes choses qui font partie des objectifs des Européens dans le cadre du processus de Barcelone.
(4) Sans aller jusqu'à parler de pan-chiisme, il est vrai que, par sa taille, la communauté chiite (plus de 140 millions d'individus répartis entre l'Iran, le golfe Persique, le Liban, l'Inde et le Pakistan) représente un groupe potentiellement très puissant. Les chiites partagent au moins deux choses importantes : la croyance religieuse selon laquelle ils détiennent la vraie légitimité dans l'ordre de descendance du Prophète ; et la conviction qu'ils ont été marginalisés de façon injuste dans de nombreux pays.
(5) Les élections de décembre, qui constituent un désaveu populaire pour le président, peuvent entraîner un changement tactique, moins probablement sur le fond des choses.
(6) Il s'agit d'un rapport de novembre 2006.
(7) À l'occasion, par exemple, de la conférence organisée par l'Institut international d'études stratégiques à Bahreïn en décembre 2006.
(8) Les déclarations sur Israël, loin d'être des « maladresses », sont programmées à des fins politiques bien précises par le nouveau pouvoir iranien : obtenir un soutien très au-delà du monde iranien. Il est léger de soutenir qu'il ne s'agit là que de « rhétorique ». Celle-ci est d'ailleurs partagée par l'agent de Téhéran au Liban, c'est-à-dire le Hezbollah, pour lequel la « stratégie d'élimination d'Israël » a toujours été une constante.
(9) La première réunion du gouvernement de Mahmoud Ahmadinejad aurait été l'occasion de ratifier une charte jurant fidélité à l'imam caché. Cette charte aurait ensuite été jetée dans le puits de la mosquée Djamkaran, d'où l'imam caché doit revenir sur terre.
(10) Voir, par exemple, les déclarations de Mahmoud Ahmadinejad à Cuba, en septembre 2006, lors du sommet des pays non alignés, et sa complicité - dans tous les sens du terme - avec Hugo Chavez.
(11) Voir note (1). Les manoeuvres de novembre 2006, qui représentent un pas supplémentaire dans la politique d'intimidation, font suite à toute une série de préparatifs militaires. Du 31 mars au 5 avril 2006, l'Iran a lancé des manoeuvres militaires baptisées « Grand Prophète » dans le détroit d'Ormuz, par lequel transitent près de 20 % de la production mondiale de pétrole. Au cours de ces exercices, plusieurs missiles ont été testés, dont des Fajr 5, qui se trouvaient également au Liban dans les dépôts de missiles de moyenne portée du Hezbollah et dont une grande partie a été détruite par l'aviation israélienne. D'autres manoeuvres ont été organisées dans la province méridionale du Sistan Balouchistan, à la fin du mois d'août, après l'adoption de la résolution 1696 par le Conseil de sécurité.
(12) Lors de l'annonce du 11 avril 2006 au cours de laquelle il a indiqué que l'Iran avait réussi à enrichir de l'uranium à 3,5 %, Ahmadinejad a appelé à une accélération du programme, alors même que le Conseil de sécurité demandait, en mars, la suspension des activités du cycle du combustible.
(13) En 2004, les deux ministres de la Défense ont conclu un mémorandum qui ouvre la voie à une coopération dans le domaine des industries de défense et des ventes d'armes. Deux ans plus tard, à l'issue de sa visite à Damas, les 19 et 20 janvier 2006, le président Ahmadinejad a déclaré : « La Syrie et l'Iran forment un nouveau front contre l'arrogance et la domination. »
(14) La coopération entre les deux pays est établie dans le domaine balistique et elle est soupçonnée (sans preuve suffisante pour le moment) dans le domaine nucléaire. À noter toutefois qu'un excellent connaisseur du régime de Pyongyang, Joseph Bermudez, n'exclut pas la présence d'experts iraniens en Corée du Nord au moment de l'essai nord-coréen du 9 octobre 2006. D'une façon plus générale, les provocations iraniennes ressemblent de plus en plus à celles de la Corée du Nord. L'offre du commandant des Pasdaran (Yahia Rahim Safavi), en novembre 2006, de vendre des missiles balistiques iraniens « aux amis et aux voisins » de l'Iran en est un bon exemple.
(15) Personne ne croit que Téhéran n'a pas, au minimum, donné son feu vert à l'action du Hezbollah.
(16) Il faudrait lire Qu'est-ce qu'une révolution religieuse ? du philosophe iranien Daryush Shayegan, publié en 1982.
(17) Pour ce qui est de l'exportation de la révolution islamique, l'ayatollah Khamenei a été clair dès son arrivée au pouvoir. C'est lui qui a déclaré en 1989 : « La révolution islamique d'Iran ne peut pas rester confinée à l'intérieur de frontières, de nations ou de groupes ethniques. »
(18) Ce point ne fait pas l'unanimité car, pour beaucoup de spécialistes de l'Iran, l'ayatollah Khamenei peut toujours, quand il le souhaite, se débarrasser de Mahmoud Ahmadinejad, qui a des ennemis aussi dans le camp des conservateurs. Mais la capacité du président, qui bénéficie d'une forte popularité dans le monde arabe et du soutien, en Iran, de puissants réseaux, de conquérir son indépendance, est malgré tout évoquée de plus en plus souvent.
(19) Il faut lire les analyses que lui consacre Roozonline, un site qui publie en France après avoir été interdit en Iran. L'article d'Arash Mahdavi, écrit le 6 novembre 2005, montre à quel point le nouveau vice-ministre est respecté par Mahmoud Ahmadinejad, et comment il exerce ses fonctions de commissaire politique. Avec un tel profil, on peut à bon droit s'interroger sur la nature du message dont il était porteur en France ! Voir aussi l'article d'Alain Frachon paru dans Le Monde 2 du 7 octobre 2006 : « L'éminence grise d'Ahmadinejad. »
(20) Un des aspects les plus remarquables de cet entraînement est l'extrême mobilité et la grande discrétion des combattants de la « résistance islamique », que même les habitants du Sud-Liban identifient difficilement. Il est vrai qu'ils se déplacent le plus souvent la nuit, et jamais en grand nombre.
(21) Le 19 octobre 2006, le principal négociateur iranien, Ali Larijani, a déclaré à l'agence Mehr qu'il pourrait y avoir des « conséquences régionales » si des sanctions étaient adoptées au Conseil de sécurité. Au lieu de préparer des ripostes à ces menaces, on semble plutôt choisir de les intérioriser d'emblée.
(22) Surtout depuis le meurtre du premier ministre libanais Rafic Hariri, qui était un ami de la famille royale saoudienne.
(23) En 2006, la commémoration de l'agression irakienne contre l'Iran (le 22 septembre) a été l'occasion d'un défilé des blessés de guerre, d'une multitude de miliciens islamiques ceints du bandeau vert des martyrs et d'une démonstration de force - blindés, lance-roquettes, missiles (dont le Shehab 3 d'une portée de 1 300 km) - assortie d'un avertissement lancé par le vice-président Parviz Daoudi : « Nous sommes la plus puissante armée de la région. »
(24) Parmi les témoignages les plus accablants se trouve celui de l'ex-président Bani Sadr, en exil en France.
(25) En fait, l'ayatollah Khomeiny en personne soupçonnait l'ayatollah Yazdi de « radicalisme irréductible et dangereux ». C'est un témoignage qui devrait être tenu pour suffisamment convaincant. L'association Hojjatieh, que dirigeait l'ayatollah Yazdi, a même été interdite.
(26) La politique économique de Mahmoud Ahmadinejad, qui fait une place plus grande aux subventions qu'aux investissements, témoigne d'une grande incompétence. La situation dans ce domaine, au lieu de s'améliorer, s'est plutôt détériorée depuis son arrivée au pouvoir.
(27) Au Moyen-Orient, la politique est souvent moins une relation d'individus avec un État qu'un équilibre des pouvoirs entre des communautés. D'où l'importance de la montée en puissance des chiites, surtout si leur influence déborde leur propre communauté.
(28) C'est aussi le thème que ne cessent de développer des individus proches de Mahmoud Ahmadinejad comme Mojtaba Samareh ou Ali Larijani. Pour ce dernier, les longs développements politiques remplacent depuis quelques mois toute discussion sérieuse avec ses interlocuteurs européens. Ce fut vrai, en particulier, avec Javier Solana, dont Ali Larijani a parfaitement perçu les faiblesses.
(29) Une des déclarations les plus révélatrices, à cet égard, est celle du ministre des Affaires étrangères iranien, Manoucher Mottaki, le 10 août 2006 : « Nous poursuivrons nos activités nucléaires et nous n'accepterons pas d'obligations internationales illégales. » Le président Ahmadinejad, de son côté, s'est souvent exprimé sur le thème du contrôle du Conseil de sécurité par les États-Unis et leurs alliés, malgré le vote unanime de la résolution 1696, à la seule exception du Qatar. Et pour ce qui est du TNP, il a déclaré : « Si nous constatons que l'on utilise les règles du TNP pour nous priver de nos droits, le peuple changera de politique à cet égard. »
(30) L'ayatollah Yazdi a défendu la candidature de Mahmoud Ahmadinejad à la mairie de Téhéran, puis à la présidence de la république islamique. Selon l'historien Hussein Hayder Qazwini, l'ayatollah Yazdi soutient que Mahmoud Ahmadinejad a été choisi par l'Imam caché en personne.
(31) Lors de l'enlèvement du caporal Guilad Shalit le 25 juin 2006 à la frontière de la bande de Gaza, l'Arabie saoudite et l'Égypte ont tenté une médiation que le Hamas a d'abord acceptée, avant que le secrétaire général de l'organisation disparaisse plusieurs jours pour faire ensuite connaître son refus. Est-ce Damas ou Téhéran qui a obtenu ce changement de position ? On peut se poser la question.
(32) L'Iran a déployé près du tiers de sa capacité maritime dans la mer Caspienne et envisage d'y ajouter des sous-marins russes de type Kilo.
(33) Les autorités iraniennes auraient conseillé à Paris de ne pas être trop regardant sur le réarmement du Hezbollah au Liban si la France voulait éviter des attentats contre ses soldats.
(34) En 1993, Hosni Moubarak a déclaré dans une interview à Time Magazine que « les Iraniens ont dit qu'ils contrôleraient toute la région s'ils pouvaient changer le régime égyptien ».
(35) L'Iran est présent - via le Hezbollah - en Argentine, au Paraguay, au Brésil et au Venezuela. En mars 1992, le Hezbollah a attaqué l'ambassade d'Israël en Argentine, tuant 29 personnes et en blessant 242. En juillet 1994, une nouvelle attaque à Buenos Aires contre l'association Argentine-Israël a fait 100 morts et 200 blessés.
(36) Il s'agit de Stéphane Lherbier. Chaque fois que son cas est évoqué avec les autorités iraniennes, Téhéran invoque l'« indépendance du pouvoir judiciaire en Iran ». À l'automne 2006, Téhéran n'a pas hésité à mentionner publiquement une incrimination d'espionnage, alors que celle-ci avait été exclue auparavant par la cour d'appel de Bandar Abbas. Ce dossier est clairement un instrument de pression pour les autorités iraniennes, qui traitent Stéphane Lherbier comme un otage.