Politique Internationale - La Revue n°114 - HIVER - 2007

sommaire du n° 114
LE POPULISME SE LEVE A L'EST
Article de Alain GUILLEMOLES
Journaliste à La Croix, spécialiste de l'ex-URSS.
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Au cours de ces dernières années, un phénomène inquiétant se fait jour en Europe de l'Est, dans les pays nouvellement membres de l'UE : la montée en puissance de formations populistes et d'extrême droite qui manient des thématiques anti-européennes et n'hésitent pas à tenir des propos ouvertement xénophobes. Certaines de ces formations ont acquis dans le jeu politique une telle importance qu'elles parviennent à déstabiliser les pouvoirs en place… quand elles ne sont pas invitées à participer au gouvernement !


    L'explication tient aux bouleversements que les pays en question ont connus depuis la chute du bloc communiste. Les classes les moins éduquées, qui ont éprouvé de grandes difficultés à s'adapter à la nouvelle donne, se montrent aujourd'hui particulièrement sensibles aux arguments populistes. Il appartient aux élites politiques de formuler un projet susceptible de rallier toute la population. Une tâche qui s'avère plus difficile que celle qui consistait à guider leur pays vers l'UE…

Notes :
(1) Le 15 février 1991, le président polonais Lech Walesa, le président tchécoslovaque Vaclav Havel et le premier ministre hongrois Jozsef Antall se retrouvaient à Visegrad pour ce premier sommet centre-européen. Le choix de Visegrad ne devait rien au hasard. En 1335, une rencontre historique avait déjà eu lieu ici. Jean du Luxembourg, roi de Bohême, Charles Robert, roi de Hongrie, et Kasimir III, roi de Pologne, s'étaient retrouvés pour organiser leur coopération. En 1991, les trois dirigeants se sont explicitement inspirés de cet ancien sommet pour créer le « groupe de Visegrad », destiné à renforcer les liens entre les pays d'Europe centrale et à leur permettre de dépasser les contentieux historiques, de tourner le dos à l'époque communiste et d'avancer ensemble vers l'Otan et l'UE. Ils ont créé un fonds de coopération qui existe toujours. Pour en savoir plus, consulter le site : www.visegradgroup.eu
(2) Il a ensuite été battu au second tour. Le président sortant, Guéorgui Parvanov, a remporté 76 % des suffrages tandis que Volen Siderov atteignait tout de même les 24 % lors de ce second tour de la présidentielle, le 29 octobre 2006.
(3) Prévisions de la Commission européenne pour l'année 2007, publiées en novembre 2006 : la croissance devrait être de 9,5 % en Estonie ; 8,9 % en Lettonie ; 7,2 % en Slovaquie ; 7 % en Lituanie ; 6 % en Bulgarie ; 5,8 % en Roumanie ; 5,1 % en République tchèque ; 4,7 % en Pologne ; 4,2 % en Slovénie ; et 2,4 % en Hongrie.
(4) L'Humanité, 28 novembre 2000.
(5) Dans un entretien paru le 15 avril 2004 dans le quotidien polonais Zycie Warszawy.
(6) Siméon de Saxe-Cobourg Gotha est monté sur le trône à l'age de quatre ans, en 1944. Deux ans plus tard, il en a été chassé par les communistes et a dû fuir le pays.