Politique Internationale - La Revue n°119 - PRINTEMPS - 2008

sommaire du n° 119
LES ERREURS DU GENERAL MUSHARRAF
Article de Thérèse Delpech
Chercheur associé au CERI.
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Pakistani voters delivered a crushing defeat to the country's head of state Pervez Musharraf in legislative elections last February. Musharraf's party, the PML-Q, was soundly beaten by its fiercest opponents, the late Benazir Bhutto's PPP and Nawaz Sharif's PML-N. This defeat owes less to the persuasiveness of the opposition's arguments than to the president's many mistakes over the past few years. The assassination of the Baluchi leader Nawab Bugti provoked the indignation of the inhabitants of Baluchistan; the 2006 agreement with representatives from Waziristan, an area where the Taliban operate unhindered, was regarded as an admission of weakness; the assault on Islamabad's Red Mosque where Islamists had taken refuge turned out to be a carnage; and the removal of the Chief Justice of the Supreme Court shook the country. Not to mention the declaration of the state of emergency and the authorities' inability to stop the assassination of Benazir Bhutto. In short, Musharraf is the chief guilty party of this string of unfortunate events.
Notes :
(1) Plusieurs ingénieurs chinois ont été victimes d'attentats pour cette raison.
(2) Il est intéressant de noter que le Balouchistan a été la région du Pakistan où l'armée a manifestement truqué les élections de février 2008 en faveur du parti de Pervez Musharraf, le PML-Q.
(3) Il obtient 98 % des suffrages du collège électoral, un résultat évidemment aisé à contester après les élections législatives de février.
(4) Voir, par exemple : « A desperate Power Grab in Pakistan », Financial Times, 4 novembre 2007 ; « L'état d'urgence peut se retourner contre Musharraf », Associated Press, 4 novembre 2007.
(5) Ces provinces comptent sept « Agences » et quatre aires tribales qui jouissent d'une semi-autonomie à l'égard d'Islamabad et qui ont une longue tradition de rébellion à l'égard du pouvoir central.
(6) En échange de son soutien à l'opération « Enduring Freedom », Musharraf a négocié l'évacuation de l'Afghanistan de soldats pakistanais, de membres du renseignement militaire, de jihadistes et de Talibans.
(7) FATA : Federally Administered Tribal Areas.
(8) Elle était de 41 % en 2002. La différence n'est donc pas significative.
(9) Le coup le plus dur est venu du Penjab, la province la plus peuplée, qui a voté pour Nawaz Sharif. L'autre grand vaincu de ces élections est le MMA (Muttahida Majlis-e-Amal), alliance de partis soutenant les Talibans et Al-Qaïda. Ils avaient obtenu plus d'une trentaine de sièges en 2002 (avec 12% des voix) et n'en retrouvent que 7 (avec 1,3% des voix) en 2008. Les résultats ont donc condamné la politique extrémiste de ces partis.
(10) Nawaz Sharif a été renversé en octobre 1999 par le coup d'État de Pervez Musharraf.
(11) Sur ce point, Nawaz Sharif a toujours été plus déterminé qu'Ali Azif Zardari (le mari de Benazir Bhutto), mais après l'accord intervenu entre eux comprenant le retour des juges démis par Pervez Musharraf, la légalité de l'élection sera probablement mise en cause.
(12) Dès le lendemain des élections, on apprenait que le leader du PML-Q, le président du Parlement et six ministres avaient perdu leurs sièges.
(13) Le jour du scrutin, il avait cependant déclaré : « Quels que soient les vainqueurs des élections, je travaillerai avec eux de façon harmonieuse. »
(14) Un accord est intervenu entre les deux partis le 21 février.
(15) Cependant, Musharraf avait accepté en janvier que des drones (avions sans pilotes) participent à des frappes ciblées contre les terroristes. Cet accord pourrait être remis en question par le nouveau gouvernement.
(16) Les islamistes qualifient Pervez Musharraf de « chien de Bush », et la grande majorité de la population pakistanaise est hostile à l'alliance avec les États-Unis. Le nouveau gouvernement sera un interlocuteur plus difficile pour Washington.
(17) Il y a eu environ 1 000 morts à la suite d'attentats-suicides au Pakistan depuis janvier 2007.
(18) Peu après leur victoire, les partis d'opposition ont déclaré qu'ils rechercheraient un « dialogue » avec les militants, plutôt qu'une solution militaire. C'est une formule trop générale pour permettre une interprétation, mais si l'idée est d'abandonner la lutte armée, le gouvernement risque de connaître de gros revers.