Politique Internationale - La Revue n°119 - PRINTEMPS - 2008

sommaire du n° 119
TAIWAN AU MIROIR DE SON CINEMA
Article de Elise DOMENACH
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Taiwan's cinema is very much a reflection of the island's identity, and was for a long time closely linked to the ruling power. Its golden age was the "new wave" of the 1970s, when filmmakers played a role in reviving people's memories, far from the clichés of official history. Films from this era won awards at major festivals, as well as plaudits from across the globe. Today, young filmmakers want to see renewal, but their efforts at breaking the mold of auteur cinema have yet to bear fruit. The muted response in both Taiwan and China to Ang Lee's latest film, Lust, Caution, which nonetheless won the Golden Lion at the Mostra Venice film festival, is symptomatic of the malaise. It is through other genres - comedies and documentaries - that Taiwanese cinema is showing signs of renewal. This is a type of cinema that addresses a generation in thrall to freedom and individualism, capable of shaking the moral values of their elders.
Notes :
(1) www.taiwancinema.com. Remerciements à Danielle Chou pour son aide documentaire. (2) Dans un communiqué, le bureau d'information du gouvernement a annoncé un soutien financier à sa famille pour les obsèques du cinéaste à Los Angeles. Et le 27 novembre, le Musée Shin Kong de Taipei inaugurait une exposition dédiée à trois maîtres du cinéma taiwanais : Li Han Hsiang, King Hu et Edward Yang. www.taiwancinema.com (3) Le Festival de Berlin révéla Tsai Ming-liang dès son premier film, Les Rebelles du dieu néon (1993). Le Festival des Trois continents de Nantes révéla Edward Yang et Hou Hsiao-hsien. (4) John A. Lent, The Asian Film Industry, Austin, University of Texas Press, 1990, p. 63. (5) « C'était un idéaliste pour lequel j'éprouve toujours beaucoup de respect. Sa décision de donner sa chance à une nouvelle génération de réalisateurs était très peu orthodoxe. » (Edward Yang, entretien avec Michel Ciment, Positif, n° 375-376, p. 74). Voir aussi l'entretien de Wu Nien-chen avec Olivier Assayas dans le documentaire HHH : Portrait de Hou Hsiao-hsien. Voir les analyses de June Yip (Envisioning Taiwan. Fiction, Cinema and the Nation in the Cultural Imaginary, Durham, Duke University Press, 2004, p. 53 sq) et de Jean-Michel Frodon (Hou Hsiao-hsien, Éd. Cahiers du Cinéma, 2005 et Le Cinéma chinois, Éd. Cahiers du Cinéma, 2006). (6) Lee Teng-hui, The Road to Democracy : Taiwan's Pursuit of Identity, Tokyo, PHP Institute, 1999. (7) Entretien avec Michel Ciment, Positif, n° 358, p. 6, repris in Petite planète cinématographique : 50 réalisateurs, 40 ans de cinéma, 30 pays, Stock, 2003. (8) D'après le 1979 Year Book of Motion Pictures in the Republic of China, les films d'arts martiaux et les romances sentimentales représentaient à eux seuls 70 % des films produits en 1978. (9) June Yip, op. cit., p. 50 sq. (10) Olivier Assayas, « Du nouveau dans le cinéma de Taiwan. Notre reporter en République de Chine », Cahiers du Cinéma, n° 366, décembre 1984. (11) Voir sur ce film l'analyse de Jean-Michel Frodon dans Hou Hsiao-hsien, op. cit., p. 117 sq. (12) Voir Peggy Chiao, Taiwanese New Cinema, Taipei, Jean-chien Books, p. 81-88, cité in June Yip, p. 269. (13) Béatrice Reynaud, op. cit., p. 237. (14) Ibid. (15) Béatrice Reynaud, op. cit., p. 238. (16) Voir Yvette Biro, Le Temps au cinéma, Aléas, 2007. (17) Hou Hsiao-hsien « Le Visage le moins doux », Positif, n° 358, p. 12. (18) Adrien Gombeaud, « Taches et fourmis : mémoire et sensualité dans l'oeuvre de Hou Hsiao-hsien », Cinémaction. Le corps filmé, novembre 2006, n° 121. (19) Chu Tien-wen, Positif, n° 526, p. 10. (20) Hou Hsiao-hsien, entretien avec Michel Ciment, Positif, n° 358, p. 6. (21) Déclaration de Hou Hsiao-hsien, Colloque sur Ozu, décembre 1998, Tokyo, cité in Shiguéhiko Hasumi, op. cit., p. 48. (22) Voir Jean-Michel Frodon (ed.), Hou Hsiao-hsien, op. cit., p. 22 sq. (23) Hou Hsiao-hsien, entretien avec Michel Egger, Positif, n° 334, p. 37. (24) Shiguéhiko Hasumi, « Nostalgie du présent » in Hou Hsiao-hsien, dirigé par J.-M. Frodon, Ed. Cahiers du cinéma, 1999. (25) « La génération de mes parents n'a jamais eu l'occasion de vraiment comprendre ma génération. J'ai donc voulu rétablir les chaînons manquants entre mes aînés et mes contemporains et entre mes contemporains et nos cadets. Et cela revient au problème de l'identité de Taiwan » (Edward Yang, entretien avec Michel Ciment, Positif, n° 375-376, p. 68). (26) Plusieurs documentaires ont fait des scores d'audience impressionnants en salle, inspirant à Lee Daw-ming le constat d'un « essor documentaire » à Taiwan (in Atlas du Cinéma. Cahiers du Cinéma. Hors-série avril 2005, p. 93-94). En 2005 un documentaire figurait en tête du box-office des films nationaux : Gift of Life de Wu Yii-feng. Ce document sur les survivants du tremblement de terre meurtrier de Taiwan en 1999 a été loué publiquement par le premier ministre et le président de la République qui ont encouragé les enseignants à emmener les écoliers du pays voir le film. (27) Interview Cinémasie, avril 2007. http://www.cinemasie.com/fr/fiche/dossier/297/ (28) Tsai Ming-liang, entretien avec Michel Ciment, Positif, n° 439, p. 17. Voir aussi le long entretien accordé à Michaël Berry, Speaking in Images, New York, Cambridge University Press, 2005.