Politique Internationale - La Revue n°98 - HIVER - 2003

sommaire du n° 98
HONGRIE : LE BON ÉLÈVE DE L'EUROPE CENTRALE
Entretien avec Péter Medgyessy
Premier ministre de la République de Hongrie depuis avril 2002
conduit par
Thomas Schreiber
Journaliste diplomatique, professeur associé à l'École spéciale militaire de Saint-Cyr-Coëtquidan
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Thomas Schreiber - Monsieur le Premier ministre, la dernière fois que nous nous sommes rencontrés, c'était ici même, à Budapest, le 10 octobre 1989. À l'époque, vous étiez membre du Comité central et N° 2 du gouvernement. Treize ans plus tard, alors que la dictature communiste s'est muée pacifiquement en démocratie parlementaire, vous voilà de nouveau sur le devant de la scène politique hongroise. D'où ma première question : quel est le poste qui vous a semblé le plus difficile à assumer, vice-premier ministre du dernier gouvernement communiste de la République populaire ou chef d'un gouvernement issu d'élections libres ?
Péter Medgyessy - On a toujours tendance à enjoliver le passé et à considérer que tout était plus facile autrefois. À tort, bien entendu : il est évident qu'en 1989 les choses étaient bien plus compliquées qu'elles n'en ont l'air rétrospectivement... Il n'en reste pas moins vrai que, depuis mon élection en mai dernier, les difficultés n'ont cessé de s'accumuler. Chaque jour apporte son lot de nouveaux problèmes. Je me rends compte que, pour enraciner la démocratie dans un pays comme la Hongrie, il faut du temps, de la patience et un sens du compromis à toute épreuve. Ne serait-ce que parce que, en tant que gouvernement démocratiquement élu, nous devons tenir compte du comportement de l'opposition - une opposition qui se livre à une critique systématique de notre action, y compris lorsque celle-ci est accueillie favorablement par la majorité de l'opinion publique.
T. S. - Voulez-vous dire que l'opposition - menée par l'ancien premier ministre Viktor Orban - ne joue pas le jeu démocratique ?
P. M. - Contrairement à ce qui se passe dans tous les pays démocratiques, l'opposition hongroise est incapable de se résigner à sa défaite. Partout ailleurs, on respecte le verdict des urnes même s'il s'agit d'une victoire obtenue à l'arraché. Une fois les résultats proclamés et le nouveau gouvernement entré en fonctions, la tâche naturelle de l'opposition consiste à faire entendre sa voix, à multiplier les initiatives sur le terrain parlementaire et à préparer les prochaines élections dans l'espoir d'améliorer son score. Or, chez nous, elle cherche à entretenir un climat de tension permanent en organisant des manifestations de rue spectaculaires ! Cet été, la FIDESZ est allée jusqu'à réclamer le recomptage des bulletins de vote alors même que les élections avaient été supervisées par le gouvernement précédent...
T. S. - Comment avez-vous réagi à la publication en juin dernier, par le quotidien Magyar Nemzet, d'un document révélant votre passé d'agent du contre-espionnage sous le régime communiste ?
P. M. - Je me suis déjà expliqué sur cette affaire. Je répète que j'ai toujours été un patriote convaincu : la Hongrie des années 1960 et 1970 était également ma patrie ! En ma qualité de fonctionnaire au ministère des Finances et, parallèlement, en tant qu'officier des services de contre-espionnage, je défendais les intérêts de mon pays, notamment dans le domaine financier - ce qui n'avait rien de répréhensible. J'ai suivi, par exemple, les négociations en vue de l'adhésion de la Hongrie au Fonds monétaire international à laquelle les Soviétiques étaient opposés. J'étais chargé de réaliser des analyses, de préparer des rapports mais aussi de détourner l'attention de Moscou des véritables objectifs de Budapest ; et cela, afin de sauvegarder, dans la mesure du possible, nos intérêts nationaux.
T. S. - Si je comprends bien, vous étiez un agent secret plutôt atypique...
P. M. - Je n'étais pas un " agent "... Je tiens à souligner que, contrairement aux nombreux " informateurs " qui alimentaient les services de renseignement, je n'ai jamais rédigé de fiches sur mes compatriotes. Mon travail n'avait rien à voir avec la délation. Mes activités étaient certes clandestines, mais pas criminelles.
T. S. - Pourquoi avoir attendu que la presse lève le voile sur votre passé pour en parler ?
P. M. - Certains de mes amis m'ont reproché mon silence. En fait, j'avais évoqué mon activité dans un grand quotidien de Budapest, mais sans préciser que j'étais un officier en titre des services de contre-espionnage. À cette époque, tout ce pan de mon existence relevait encore du secret d'État. Il n'empêche : les lecteurs avertis ont su lire entre les lignes ! Pour parler ouvertement de ces questions, il aurait fallu que tout le monde se mît d'accord sur le principe d'un grand déballage au moment du changement de régime en 1990. Pour des raisons diverses, les responsables d'alors ont laissé passer cette occasion. Aujourd'hui, le Parlement s'est saisi du dossier et je compte sur lui pour faire jaillir la vérité. Une chose est sûre : la situation actuelle n'est profitable pour personne. Ces enquêtes sur le passé des hommes politiques concernent la gauche comme la droite. Quand on voit le scandale qu'ont provoqué les révélations de cet été, sans doute aurait-il été plus sage de ne pas ouvrir la boîte de Pandore. Mais, maintenant que le processus est engagé, chacun se doit de regarder en arrière. Répondre sincèrement et honnêtement aux questions posées est encore le meilleur moyen d'éviter que le passé des uns ou des autres ne soit utilisé par leurs adversaires pour exercer des pressions ou les faire chanter. Je ferai une dernière remarque : d'après les sondages, l'opinion publique manifeste peu d'intérêt pour les " affaires ". Les Hongrois pensent surtout au présent et à l'avenir.
T. S. - Vous qualifiez le gouvernement hongrois, composé de socialistes et de libéraux, autrement dit de personnalités de " gauche ", de " gouvernement du centre national ". Seriez-vous un centriste clandestin ?
P. M. - J'accepte volontiers cette étiquette de " centriste " qui me semble être plutôt bien portée dans les démocraties modernes. Quant au terme " national ", il faut le replacer dans le contexte politique hongrois : pendant très longtemps, le thème de la " nation " a été monopolisé par les partis de droite, alors que les traditions nationales appartiennent, c'est l'évidence, à tous les citoyens de notre pays.
T. S. - Les dernières élections législatives ont confirmé l'existence d'un décalage entre Budapest, qui a voté massivement à gauche, et la province, majoritairement favorable à la droite (4). Vous avez souvent exprimé votre volonté de mettre fin à cette " guerre de tranchées " entre la capitale et les régions. Est-ce possible ?
P. M. - Les causes de ce décalage sont multiples. Il y a d'abord le rôle de la presse écrite et audiovisuelle. Contrairement à Budapest, où les habitants disposent d'un large éventail de journaux et de chaînes de télévision, en province - et surtout dans les villages les plus reculés -, l'unique source d'information reste la télévision d'État. Or, sous la dernière législature, celle-ci s'est comportée en véritable instrument de propagande au service du gouvernement. C'est, en tout cas, ce qu'ont constaté plusieurs organisations internationales spécialisées dans l'étude des médias. Il y a ensuite les effets négatifs de l'engagement des Églises - je pense en premier lieu à l'Église catholique - en faveur de la droite. Certes, depuis les dernières élections, la situation s'est améliorée et tout porte à croire qu'à l'avenir notre politique sera mieux comprise et mieux appréciée, notamment par les jeunes. Mais le problème de l'écart - dans le domaine aussi bien social qu'économique - entre Budapest et la province n'en reste pas moins entier. Mon gouvernement, vous le savez, attache une importance particulière à la correction des inégalités entre les différentes régions, ainsi qu'entre les différentes zones au sein d'une même région. Pour une raison simple : il est particulièrement injuste que les chances de réussite, dans la vie professionnelle, d'un jeune né dans un quartier défavorisé soient très inférieures à celles d'un autre jeune né quelques kilomètres plus loin. Si l'on veut empêcher que les campagnes se vident, il faut créer de bonnes conditions de vie sur l'ensemble du territoire. C'est pourquoi le gouvernement envisage de réformer le système des subventions accordées aux départements et de mettre en place de grands ensembles régionaux, sur le modèle européen (5).
T. S. - Quelles sont les autres priorités du gouvernement ?
P. M. - En septembre, cent jours après mon arrivée au pouvoir, j'ai dressé un premier bilan de l'action de mon équipe. Près de trois millions de retraités ont touché une aide exceptionnelle de l'État, nette d'impôts, d'un montant de 19 000 forints (6). Les allocations familiales ont été augmentées de 20 % et seront désormais versées sur treize mois. Les traitements de la fonction publique - en particulier dans l'enseignement et le secteur de la santé - ont été majorés de 50 % ; cette mesure concerne plus de 600 000 personnes. Le salaire minimum des jeunes diplômés a également été revalorisé. Je ne vous surprendrai pas en vous disant que ces décisions ont grandement contribué à la popularité du gouvernement !
T. S. - En quoi votre politique économique et sociale est-elle différente de celle de vos prédécesseurs ?
P. M. - Vous savez, de nos jours - et je ne parle pas seulement de la Hongrie -, les différences d'orientation en matière économique et sociale tiennent plus de la nuance que du clivage de fond. Il n'y a pas de politique économique de gauche ou de droite : il y a une bonne ou une mauvaise politique économique, indépendamment de la couleur du gouvernement. Tout ce que je peux vous dire, c'est que nous n'avons pas l'intention d'infléchir le cours normal du marché. La politique économique ne doit pas être utilisée comme un outil d'intervention ; elle doit se contenter de fixer un cadre. En revanche, l'État doit jouer son rôle en matière sociale. Je le répète : nous voulons moderniser l'enseignement et le système de santé, offrir aux jeunes une véritable égalité des chances. Nous souhaitons également améliorer les conditions d'existence des personnes âgées.
T. S. - Certains qualifient la prochaine entrée de la Hongrie dans l'Union européenne de " refondation de l'État ". Partagez-vous cette opinion ?
P. M. - Absolument. Il s'agit d'un événement historique qui est l'aboutissement d'une tradition millénaire. Au début du XIe siècle, notre premier roi, Saint Étienne, avait déjà résolument amarré la Hongrie à l'Occident. Pour moi, l'Europe, ce sont des valeurs communes, une économie de marché qui fonctionne, une concurrence démocratique, le pluralisme. C'est une communauté bigarrée de nations parfois très éloignées les unes des autres sur le plan culturel et qui, au-delà de leurs différences, ont appris à vivre ensemble dans un esprit de tolérance. C'est à cette Europe-là que nous voulons appartenir.
T. S. - La classe politique hongroise est-elle unanime ?
P. M. - La grande majorité de l'opinion publique hongroise est favorable à l'intégration. Jusqu'aux dernières élections, il existait sur ce point un large consensus entre le gouvernement de droite alors au pouvoir et l'opposition de gauche. Malheureusement, la situation est en train de changer en raison de l'attitude de mon prédécesseur et de celle de ses amis. En cette période cruciale, au moment où nous abordons la dernière ligne droite, une curieuse division de travail s'est instaurée : la FIDESZ ne parle que des inconvénients, et nous que des avantages de l'adhésion ! Il faudrait que chacun s'engage dans un travail de pédagogie et explique clairement quelles seront les retombées de l'entrée dans l'UE, en bien et en mal. Les citoyens doivent comprendre en quoi cette adhésion est dans l'intérêt du pays. Je regrette que la FIDESZ ait choisi de mettre exclusivement l'accent sur les points négatifs.
T. S. - Le consensus national dont vous parliez à l'instant est-il menacé ?
P. M. - Je ferai tout pour éviter que les escarmouches de politique intérieure ne viennent saboter le projet d'adhésion. Pour le moment, il est clair que M. Orban et les autres dirigeants de droite jouent la montre. Dans la perspective du référendum (7), leur tactique consiste à critiquer jusqu'à la dernière minute la politique du gouvernement et à faire durer le suspense quant à leur décision finale. Vous savez sans doute que pour pouvoir rejoindre l'UE, la Hongrie doit au préalable réviser sa Constitution. L'opposition a annoncé que, avant de donner son accord, elle poserait ses conditions (8). Je sais donc à quoi m'attendre. J'observe simplement que les positions de M. Orban varient d'un jour sur l'autre. Il ne cesse d'exiger des gages supplémentaires en échange de son soutien. Mais je n'ai pas d'inquiétudes : il arrivera un moment où M. Orban ne pourra plus reculer et où il sera contraint d'officialiser son choix. Et ce choix sera celui de l'Europe. Dès que la situation sera clarifiée, nous serons bien entendu prêts à œuvrer, avec lui, au succès de l'intégration.
T. S. - La Hongrie est membre de l'Otan depuis 1999. Et pourtant, depuis cette date, rien n'a été fait pour mettre à niveau votre outil de défense...
P. M. - Ma réponse sera simple : le gouvernement est conscient de la nécessité de moderniser l'armée et il s'est, d'ores et déjà, attelé à cette tâche (9). D'ici à 2006, nous nous doterons d'une armée de métier qui sera la première de la région. Sa configuration correspondra aux impératifs de sécurité actuels, à la fois pour la Hongrie et pour l'ensemble de la communauté nord-atlantique.
T. S. - La politique extérieure de Budapest est essentiellement consacrée à la défense des minorités hongroises vivant dans les pays limitrophes. Ces minorités ne sont-elles pas un obstacle à l'établissement de relations de bon voisinage ?
P. M. - Je suis le premier ministre des 10 millions de Hongrois de Hongrie, mais je ne suis pas indifférent au sort des autres. Ils sont, en effet, plusieurs millions à vivre en dehors de nos frontières. La loi du statut des Magyars, adoptée en 2001 par l'immense majorité des députés, leur accorde des facilités particulières (en matière d'emploi, de scolarisation, de santé, etc.) lorsqu'ils séjournent temporairement sur notre sol. Nous sommes actuellement engagés avec plusieurs de nos partenaires, notamment les Roumains, dans des négociations visant à modifier certaines dispositions de cette loi (10). L'objectif est de concilier au mieux les intérêts de la Hongrie et ceux des pays voisins. Les perspectives sont très encourageantes et, de part et d'autre, nous souhaitons renforcer notre coopération. J'ajoute que la Hongrie soutient les efforts de la Slovaquie et de la Roumanie pour intégrer l'Otan et, en ce qui concerne la première, pour rejoindre l'Union européenne dès 2004.
T. S. - S'agissant des minorités hongroises, le choc de " Trianon " est dans toutes les mémoires. Quatre-vingt-deux ans plus tard, ce traité est-il encore ressenti comme un " traumatisme national " ?
P. M. - Aucun Hongrois n'aime le mot " Trianon ". Signé à Versailles en juin 1920, ce traité a amputé le pays des deux tiers de son territoire et repoussé plus de trois millions de Hongrois à l'extérieur des nouvelles frontières. Mais les choses évoluent et je crois que parler de " traumatisme " serait une erreur. Ceux qui continuent de rendre Trianon responsable de tous les maux de la Hongrie se recrutent dans une frange très minoritaire d'ultra-nationalistes. Curieusement, ces ultra-nationalistes ne sont pas tous âgés. Il y a aussi parmi les jeunes quelques " nostalgiques " de la Grande Hongrie, qui réclament une révision des frontières issues de la Première Guerre mondiale.
T. S. - Cette " nostalgie " pèse-t-elle sur l'état des relations avec la France, dont on sait qu'elle a joué un rôle déterminant dans la rédaction du traité de Trianon ?
P. M. - Pas du tout. Les relations franco-hongroises sont au beau fixe (11). Elles se renforcent dans tous les domaines et pas seulement en raison des nombreuses visites qu'effectuent, dans les deux sens, dirigeants politiques et hommes d'affaires. Dernièrement, nous avons inauguré, en présence du président du Sénat Christian Poncelet venu spécialement à Budapest pour cette occasion, le nouveau lycée français. Ce lycée accueille 500 élèves de la 6e à la Terminale, pour la plupart des enfants d'expatriés français, belges, suisses et canadiens, mais aussi de jeunes Hongrois francophones (12).
T. S. - La Hongrie envisage-t-elle d'adhérer, un jour, à l'Organisation internationale de la francophonie ?
P. M. - C'est une hypothèse que je n'exclus pas (13). D'autant que, comparée à certains pays membres de l'Organisation, la Hongrie ne se trouve pas dans une si mauvaise posture. Vous connaissez mon attachement à la France. Mais, indépendamment de mes sentiments personnels, une telle adhésion aurait le mérite de diversifier nos points d'ancrage à la culture européenne. Tout le monde sait que nous avons longtemps fait partie de la zone d'influence allemande ; quant à l'élite intellectuelle, elle n'a jamais caché ses sympathies pour l'Angleterre. Dans un souci d'équilibre, il ne serait pas inutile de renforcer la présence française.
T. S. - Monsieur le Premier ministre, au cours d'une longue carrière souvent mouvementée, vous avez connu un certain nombre de succès et d'échecs. Quels ont été les plus marquants ?
P. M. - Ma vie a été fertile en événements aussi bien heureux que malheureux ; mais, jusqu'à présent, je n'en ai privilégié aucun. Comme je vous le disais au début de cet entretien, je suis littéralement accaparé par la gestion du quotidien : chaque jour, je dois faire face aux défis les plus variés et parfois les plus inattendus. Il n'est donc pas impossible que mon plus grand échec - que je compte bien éviter - ou mon plus grand succès - qui pourrait être, je l'espère, ma réussite à la tête du gouvernement - soit encore devant moi...

Notes :

(1) Viktor Orban est né en 1965. À la différence du gouvernement de centre droit de Jozsef Antall issu du Forum démocratique hongrois (MDF), le gouvernement présidé par Viktor Orban (1998-2002) était essentiellement composé de représentants des jeunes démocrates (FIDESZ). Certains ministres venaient du MDF et du Parti des petits propriétaires de Jozsef Torgyan, personnage emblématique du régime. Après avoir été un partenaire indispensable de Viktor Orban, ce dernier, impliqué dans diverses " affaires ", sera progressivement marginalisé par le chef du gouvernement ainsi que plusieurs de ses ministres et secrétaires d'État devenus " infréquentables ".
Voir l'entretien avec Viktor Orban, Politique Internationale, no 89, automne 2000.
(2) Voir l'entretien avec Jozsef Torgyan, Politique Internationale, no 72, été 1996.
(3) Voir, à ce sujet, le reportage de Françoise Pons dans Le Figaro du 2 septembre 2002, " Les pays de l'Est dans le psychodrame de la souveraineté économique ".
(4) Lors des élections municipales du 20 octobre 2002, l'ampleur de la victoire remportée par la coalition socialiste-libérale a surpris tout le monde. Elle a obtenu un score très élevé à Budapest, mais aussi dans la plupart des villes de province longtemps " contrôlées " par la FIDESZ. On note un recul sensible de la droite dans beaucoup de villages.
(5) Dans un proche avenir, les 19 départements seront dotés de ressources propres. Une réforme visant à accroître l'autonomie des collectivités locales est également en préparation.
(6) 1 euro = environ 237 forints en décembre 2002.
(7) Le référendum aura lieu le 12 avril 2003.
(8) Toute modification de la Constitution doit être votée à la majorité qualifiée des deux tiers des députés. À l'heure actuelle, les tractations continuent entre le gouvernement et l'opposition...
(9) Depuis un certain temps, la Hongrie est considérée comme un " mauvais élève " au sein de l'Otan. Ses performances, et notamment son absence en Afghanistan, ont déçu pas mal de monde. Les effectifs de l'armée ont été réduits, passant de 160 000 hommes en 1990 à 45 000 hommes actuellement. Le nouveau gouvernement a promis d'augmenter progressivement les dépenses militaires (de 1,61 % à 2 % du PIB). Cf. le reportage de Stéphane Kovacs dans Le Figaro du 20 novembre 2000.
(10) Le " statut préférentiel " accorde des avantages économiques et sociaux aux trois millions de Hongrois, citoyens des pays voisins du territoire national. Le statut, élaboré par le gouvernement précédent dans la perspective des élections législatives d'avril 2002, concerne aussi bien des pays qui entreront en même temps que la Hongrie dans l'Union européenne (la Slovénie, la Slovaquie et, en 2007, la Roumanie) que d'autres pays voisins : la Serbie, la Croatie et l'Ukraine.
Il s'agit de rendre compatibles certaines dispositions de cette loi avec les normes européennes. À la fin de l'année 2002, les négociations engagées avec la Roumanie, nouveau " partenaire stratégique " de la Hongrie (depuis la visite du premier ministre roumain Adrian Nastase le 1er décembre 2002), semblaient progresser favorablement, alors que des problèmes persistent avec la Slovaquie. Voir le reportage de Christophe Châtelot dans Le Monde du 12 décembre 2002.
(11) Au cours d'une visite de travail à Paris, Péter Medgyessy s'est entretenu avec le président Jacques Chirac et le premier ministre Jean-Pierre Raffarin.
(12) Il est sérieusement envisagé de créer une Université française à Budapest.
(13) Très prochainement, la Hongrie demandera un statut d'observateur pour participer dès cette année aux travaux de l'Organisation.