Politique Internationale - La Revue n°133 - AUTOMNE - 2011

sommaire du n° 133
UN JUGE CONTRE LE TERRORISME
Entretien avec Marc TREVIDIC
Juge d'instruction au Pôle terrorisme du Tribunal de grande instance de Paris.
conduit par
Isabelle Lasserre
Chef adjointe du service Étranger du Figaro
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In this exclusive interview with Isabelle Lasserre, the anti-terrorist judge Marc Trévidic talks openly about the daily work involved in the major international cases he has handled, spanning Palestinian terrorism in the 1980s, opponents of the Iranian regime, Lebanese cases involving Hezbollah and Rwanda. Trévidic addresses the full range of issues in his work, including political pressures, administrative problems, red tape and the difficulties of collaboration with foreign organizations. And yet after all these years, he maintains his enthusiasm. In the past two decades he has seen a fundamental change in terrorism, as the rise of the Internet has revolutionized recruitment and propaganda. Today, the Net has become essential for investigators and police, as well as the terrorists. As for the actual terror methods and the manner in which the attacks are carried out, they remain the same, although they have become increasingly sophisticated.
Notes :
(1) Deux juges français spécialisés dans la lutte antiterroriste. (2) Notamment le groupe terroriste du Palestinien Abou Nidal, de son vrai nom Sabri Al Banna, impliqué dans de nombreux attentats, dont celui de la rue des Rosiers à Paris, en 1982. (3) Les Moudjahidine du Peuple ont été un temps soupçonnés de vouloir faire de la France leur base arrière. Ils sont inscrits sur la liste des organisations terroristes du Département d'État américain. (4) Le Hezbollah est un mouvement chiite libanais possédant une branche armée, créé en 1982 en réaction à l'invasion israélienne du Liban et s'appuyant sur des financements iraniens. (5) Le juge Marc Trévidic a repris à zéro l'enquête de Jean-Louis Bruguière, parti en retraite en 2007. Il souhaite faire toute la lumière sur l'attentat contre l'ancien président rwandais Habyarimana en 1994, qui fut l'événement déclencheur du génocide. (6) La « common law » est un système, d'origine anglaise, basé sur le droit jurisprudentiel, c'est-à-dire qu'il donne la prééminence aux décisions des tribunaux. Dans les pays de tradition romaine, comme la France, c'est le principe législatif qui domine. (7) Le PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan) est une organisation séparatiste armée fondée en 1978 par Abdullah Ocalan, impliquée dans de nombreux attentats contre des intérêts turcs. En 2007, plusieurs de ses membres ont été interpellés en France. (8) Une vingtaine de personnes ont été arrêtées en 2007 dans la communauté tamoule de Paris. Elles étaient soupçonnées de racket pour le compte des Tigres de libération de l'Eelam tamoul (LTTE), une organisation classée terroriste par l'Union européenne en mai 2006. (9) Dans les années 1980, notamment en 1985 et 1986, la France a été la cible d'un terrorisme international lié à la situation au Proche et au Moyen-Orient. (10) Abou Nidal fut le symbole du terrorisme international des années 1970 et 1980. Ayant participé à des attentats dans une vingtaine de pays arabes et occidentaux, qui ont fait environ 900 victimes, il a longtemps été considéré comme le « terroriste le plus recherché du monde ». Il est mort en 2002. (11) En 1995, la France fut touchée par huit attentats à la bombe, dont l'un dans la station Saint-Michel du RER B, attribués au groupe islamique armé (GIA) basé en Algérie. (12) Direction centrale du ministère de l'Intérieur, née de la fusion, en 2008, de la DST (Direction de la surveillance du territoire) et des RG, les Renseignements généraux. (13) Sous-direction antiterroriste. (14) Direction générale de la sécurité extérieure. (15) Direction du renseignement militaire. (16) Federal bureau of investigation, le principal service de renseignement intérieur américain. (17) Le 3 décembre 1996, une bombe a explosé dans la station Port-Royal du RER B, à Paris. L'attentat a fait 4 morts et 170 blessés. (18) Abou Moussad al-Zarkaoui était le chef d'Al-Qaïda en Irak. Il a été tué par un raid aérien américain en 2006. (19) Ce Français d'origine algérienne a fondé le groupe Ansar Al-Fath, qui a projeté des attentats en France. Safé Bourada avait auparavant joué un rôle de premier plan dans l'organisation du réseau chargé de commettre les attentats de 1995 en France. (20) Le 3 octobre 1980, un attentat antisémite est perpétré contre la synagogue de la rue Copernic à Paris. (21) La mosquée de Finsbury Park était devenue le principal fief islamiste de Londres. Après les attentats du 7 juillet 2005 dans le métro londonien, les réseaux de Finsbury liés à Al-Qaïda ont été nettoyés par la police britannique. (22) Al-Qaïda au Maghreb islamique, organisation islamiste armée, a succédé en 2007 au GSPC algérien (Groupe salafiste pour la prédication et le combat). Elle a depuis étendu ses ramifications dans toute la région du Sahel. (23) Bastion d'Al-Qaïda et des islamistes situé dans les zones frontalières avec l'Afghanistan, au nord-ouest du Pakistan. (24) Groupe salafiste pour la prédication et le combat, d'origine algérienne. (25) Les responsables d'Aqmi appellent régulièrement leurs militants à s'en prendre à la France et à ses intérêts dans le Sahel. En septembre 2010, cinq collaborateurs français des groupes Areva et Vinci ont été kidnappés au Niger. (26) Ayman al-Zawahiri est devenu le nouveau patron d'Al-Qaïda depuis la mort de Ben Laden. (27) Groupe islamique armé, d'origine algérienne, qui a fomenté plusieurs attentats contre la France. (28) Groupe islamique combattant marocain. (29) En mai 2003, des terroristes islamistes organisent cinq attentats suicides dans la ville marocaine de Casablanca. En avril 2011, un attentat à la bombe fait une quinzaine de morts à Marrakech, dont six Français. (30) Le 16 septembre 2010, sept personnes, dont cinq Français, sont enlevées par Aqmi à Arlit, un site d'extraction d'uranium au Niger. Le 24 février, trois d'entre eux ont été relâchés. Les quatre autres sont toujours détenus. (31) En novembre 2010, Aqmi a sommé les autorités françaises de s'adresser directement à Ben Laden concernant le sort de ses cinq ressortissants enlevés au Niger. (32) Le mollah Omar fut le chef des talibans en Afghanistan jusqu'en 2001.