Politique Internationale - La Revue n°135 - PRINTEMPS - 2012

sommaire du n° 135
DAVID CAMERON A LA PEINE
Article de Sonia DELESALLE-STOLPER
Journaliste à Libération. Correspondante du journal pour le Royaume-Uni et l'Irlande
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Casi dos años después de su llegada al 10 Downing Street, David Cameron sigue teniendo dificultades para imponer su estilo y definir una estrategia. Su concepto de "Gran Sociedad", basado en la reducción de la intervención del Estado, ha fracasado. Los resultados de sus reformas emblemáticas (el cuestionamiento de las ayudas sociales, el aumento de las matrículas universitarias o la reforma del sistema de salud) han sido mediocres. La defensa del medio ambiente se ha relegado al segundo plano. Por su parte, el enfoque "blando" de la delincuencia juvenil no sobrevivió a la ola de violencia del verano de 2010. Estos disturbios mostraron a un David Cameron incapaz de hacerle frente a los acontecimientos, lento en reaccionar. La incapacidad del primer ministro para hacerle frente a las dificultades es tanto más flagrante que, exceptuando al omnipresente canciller del Exchequer George Osborne, nadie a su alrededor tiene el peso necesario para prodigarle buenos consejos. El único consuelo del equipo en el poder es la debilidad del partido laborista que, por el momento, no es capaz de encarnar la alternancia.
Notes :
(1) La lettre, supposée rester privée, a d'abord été « transmise » au Financial Times le 12 février, lequel n'en a utilisé que quelques extraits. Le 6 mars, la BBC a révélé l'intégralité de la lettre, dont ses éléments les plus polémiques et, notamment, la proposition de scission de la Royal Bank of Scotland.
(2) Nick Clegg est le chef du parti libéral-démocrate et c'est à ce titre qu'il est devenu vice-premier ministre au sein du gouvernement de coalition formé au lendemain des élections de mai 2010.
(3) Vince Cable est, à 68 ans, l'un des hommes politiques les plus populaires du Royaume-Uni. Économiste de profession - il a notamment été chef économiste chez Shell entre 1997 et 1999 -, il est perçu comme compétent mais également comme un adepte du franc-parler. Il avait notamment avoué candidement à un journaliste du Daily Telegraph être « en guerre contre le magnat des médias Rupert Murdoch », s'attirant les foudres du gouvernement... avant d'être conforté par l'explosion du scandale des écoutes téléphoniques illégales du journal News of the World.
(4) Les prochaines élections sont prévues pour le 7 mai 2015.
(5) En 2003, le travailliste Tony Blair avait pris la décision d'accompagner les Américains dans leur intervention en Irak, sans résolution de l'ONU et alors que le pays avait connu des manifestations sans précédent d'opposants à la guerre (2 millions de personnes dans les rues de Londres). L'opinion publique était alors très largement hostile à cette décision. Tony Blair était passé outre et ce choix lui a coûté très cher en termes de popularité.
(6) Article du Daily Telegraph daté du 22 février 2012 : « David Cameron and No10 are losing their grip on the reins of power. »
(7) Article du Financial Times daté du 13 mars 2012 : « The sorry state of the coalition. »
(8) Le terme de « Nasty Party », le « méchant parti », a été lancé pour la première fois par Theresa May (aujourd'hui ministre de l'Intérieur) en 2002, alors que les conservateurs étaient encore dans l'opposition. Lors d'un discours appelant à une remise en question des fondements du parti conservateur, elle avait affirmé : « Notre base est trop étroite, de même que, parfois, nos sympathies. Nous savons bien comment certaines personnes nous surnomment : le Nasty Party. »
(9) Le bleu est traditionnellement la couleur du parti conservateur britannique, alors que le rouge est celle des travaillistes et le jaune celle des libéraux-démocrates.
(10) Le 10 juillet 2006, dans un discours sur la justice sociale, David Cameron, alors tout juste élu leader de l'opposition (en 2005), déclare : « Nous, les gens en costume, voyons souvent les jeunes à capuche comme agressifs, l'uniforme d'une armée rebelle de jeunes gangsters. Mais les capuches sont plus une défense qu'un signe offensif. Elles sont un moyen de rester invisibles dans la rue. Dans un environnement dangereux, le mieux à faire est de garder la tête baissée et de vous fondre dans la masse. »
(11) Si le parti conservateur ne compte que 11 députés issus de minorités ethniques, le parti travailliste fait à peine mieux avec 16 députés sur 253. Quant au parti libéral-démocrate, il n'en compte aucun. Les députés issus de minorités ethniques représentent 4,2 % des 650 députés élus. À titre de comparaison, 7,2 % de la population totale au Royaume-Uni sont issus de ces minorités, selon le dernier recensement datant de 2001.
(12) Étude publiée à l'automne 2011 par le Runnymede Trust.
(13) Lors du congrès annuel du parti conservateur en octobre 2011, George Osborne avait déclaré que sauver la planète « risquait d'enrayer la reprise économique britannique ». Avant d'insister encore sur le coût des énergies renouvelables lors de la présentation de son budget d'automne fin novembre. « Je suis inquiet de l'effet combiné des politiques vertes adoptées non seulement au Royaume-Uni mais également par l'Union européenne. (...) Si nous alourdissons (le monde des affaires britannique) avec des objectifs sociaux et environnementaux infinis, quelle que soit leur valeur par ailleurs, eh bien, non seulement nous n'atteindrons pas ces objectifs, mais les entreprises fermeront, des emplois seront perdus et notre pays s'appauvrira. »
(14) « Reading the riots », étude réalisée par The Guardian et la London School of Economics, avec notamment des interviews de centaines d'émeutiers.
(15) Chiffres officiels de l'Office for National Statistics (ONS) publiés le 14 mars 2012. Le secteur public compte désormais 5,94 millions de salariés. Dave Prentis, secrétaire général du plus gros syndicat de la fonction publique, Unison, a déclaré au moment de la publication de ces chiffres : « Il est clair que nous ne sommes pas tous dans le même bain. Depuis que la coalition est arrivée au pouvoir, un emploi dans le secteur public a été supprimé toutes les 2 minutes et 18 secondes (...). Ce gouvernement a besoin de manière urgente d'un plan crédible de croissance et de reprise. »
(16) L'âge du départ légal à la retraite sera de 68 ans pour les hommes et les femmes d'ici à 2042. Il est actuellement de 60 ans pour les femmes et de 65 ans pour les hommes.
(17) Chiffres publiés par l'ONS (Office for National Statistics) le 14 mars 2012.
(18) Gordon Brown a été chancelier de l'Échiquier alors que Tony Blair était premier ministre de 1997 à 2007. Il a ensuite remplacé Tony Blair au 10, Downing Street et Alastair Darling est devenu son ministre des Finances jusqu'aux élections de 2010.
(19) Tribune publiée le 16 janvier 2012 dans le Daily Telegraph sous le titre : «  Isn't it just as likely that Britain will hit the rocks and break up? »
(20) Peter Mandelson, l'un des artisans du « New Labour » et grand stratège de Tony Blair, a été ministre à plusieurs reprises sous Tony Blair et Gordon Brown, ainsi que commissaire européen au Commerce de 2004 à 2008.
(21) Ed et son aîné de deux ans David Miliband se sont affrontés en septembre 2010 pour la direction du parti travailliste. À la surprise générale, Ed Miliband l'a emporté et David Miliband s'est retiré de l'avant-garde de la politique, tout en restant député. Depuis quelques semaines, il multiplie les interventions dans les médias en tant qu'expert en relations internationales. Il fut ministre des Affaires étrangères sous Gordon Brown, de 2007 à 2010.
(22) Le baron Andrew Adonis fut ministre des Transports de 2009 à 2010. Il avait auparavant enseigné à Oxford University et été journaliste au Financial Times et à l'Observer. Il est l'auteur de plusieurs livres sur la société britannique.
(23) Figure incontournable auprès de Tony Blair de 1997 à 2003, Alastair Campbell a été couronné roi du « spin », la diffusion discrète d'informations visant à influencer l'opinion, et s'est rendu célèbre en répondant à une question sur les convictions religieuses de Tony Blair par un « we don't do God ».
(24) News International compte le Times, le Sunday Times, le Sun et, depuis le 6 mars, le Sun on Sunday, qui remplace News of the World. Une quarantaine de personnes, dont à deux reprises Rebekah Brooks, ont été arrêtées depuis le début de l'enquête sur les écoutes téléphoniques illégales pratiquées par les journaux du groupe Murdoch. Aucune inculpation n'a encore été prononcée.
(25) L'enquête publique Leveson a été annoncée par David Cameron le 6 juillet 2011 après l'explosion du scandale des écoutes téléphoniques illégales de News of the World. L'enquête, ouverte le 14 novembre 2011, est présidée par le juge Leveson et se penche sur « la culture, les pratiques et l'éthique de la presse britannique ». Le juge a toute latitude pour convoquer autant de témoins qu'il le souhaite, plus de 230 ont déjà été entendus. L'enquête a été divisée en quatre volets : les relations entre le public et la presse (novembre 2011 à février 2012), puis les relations entre la presse et la police (février 2012 à avril 2012), ce qui sera suivi par un volet sur les relations entre le monde politique et la presse, au cours duquel il n'est pas exclu que David Cameron soit appelé à témoigner. Le dernier volet sera consacré à des recommandations sur l'avenir de la presse et de son comportement. L'enquête n'est pas habilitée à demander des poursuites judiciaires, elle ne peut que formuler des recommandations. Une enquête judiciaire baptisée « operation Weeting » est en cours parallèlement.
(26) Downing Street a publié un communiqué le 2 mars après l'annonce du départ de Steve Hilton : « Steve reviendra à coup sûr. Il s'agit d'une année sabbatique, pas d'un départ. Les gens ont tort de penser qu'il va simplement rester en Californie. Il reviendra au 10, Downing Street. ». Il est à noter que sa famille vit déjà en Californie, sa femme occupant un poste élevé chez Google.
(27) Cf. note 10. Dans son discours de 2006, David Cameron n'a jamais prononcé les mots de « prenons dans nos bras un jeune à capuche » (hug a hoodie), mais le Labour s'était empressé de railler les propos du chef du parti conservateur en utilisant dans un communiqué de presse cette expression, restée fameuse depuis et reprise régulièrement dans la presse.
(28) Même Margaret Thatcher n'a jamais utilisé son veto ni quitté la table des négociations européennes, même si elle a menacé de le faire à plusieurs reprises. Dans une tribune publiée dans le Guardian le 11 décembre 2011, Peter Mandelson, ancien ministre travailliste écrit : « Depuis que le Royaume-Uni est devenu membre (de l'Union européenne), il a toujours été entendu que nous ne devions jamais nous dispenser de l'exercice de notre influence sur la politique européenne et que nous ne devions jamais quitter une table où une décision pouvant affecter les intérêts britanniques était prise. Edward Heath a défini ce principe, Margaret Thatcher l'a cimenté et John Major l'a adopté avec Maastricht. David Cameron l'a abandonné, non parce qu'il le voulait mais parce qu'il lui manquait l'autorité politique au sein de son parti pour l'imposer. »
(29) Douglas Alexander a ajouté : « Malheureusement, il lui est difficile de faire preuve du leadership politique dont l'Europe a besoin en termes d'emplois et de croissance quand sa propre politique au Royaume-Uni est critiquée. »
(30) Dana Milbank, éditorialiste au Washington Post, le 14 mars 2012. « British Prime Minister Tony Blair famously became President George W. Bush's "poodle" after he followed the United States into Iraq. Now it's the opposite relationship - an American politician from the left and a British prime minister from the right - but a similar dynamic is developing. This time, Cameron seems to be serving as Obama's guard dog, defending his American master against the Mitt Romneys and the Rick Santora. »