Politique Internationale - La Revue n°139 - PRINTEMPS -

sommaire du n° 139
L'AUTRE OBAMA
Article de Guy Millière
Économiste, géopolitologue, ancien président de l'Institut Turgot, Senior Advisor au Gatestone Insti
in english
en español
en français
On ne s'en est pas souvent rendu compte. Et pourtant, depuis l'arrivée au pouvoir de Barack Obama, la politique étrangère des États-Unis a connu un infléchissement profond. Dès la campagne électorale de 2008, le candidat-président avait une conception précise de ce qu'il entendait faire et était porteur d'une vision du monde aux contours bien définis. Sans doute ne disposait-il pas d'une connaissance détaillée de chaque dossier, mais il n'était pas l'« amateur » décrit ici ou là, et présenté comme tel dans un livre à succès (1).
Les conseillers dont il s'est entouré à l'époque occupent aujourd'hui des fonctions élevées au sein de l'administration : Samantha Power, l'actuelle directrice des Affaires multilatérales au sein du Conseil national de sécurité ; Susan Rice, ambassadrice des États-Unis aux Nations unies ; John Brennan, ancien « conseiller spécial pour les affaires de terrorisme », récemment nommé directeur de la CIA ; Valerie Jarrett, « conseiller spécial du président » (2). Mais depuis toujours - et tous ceux qui ont été les témoins directs de la vie quotidienne à la Maison-Blanche en attestent -, c'est lui qui décide et qui fixe le cap.
Pour tenter de définir ce cap, il importe de se pencher sur les idées qui imprègnent l'homme. Là encore, elles ne sont pas ce que l'on croit. Ces idées s'inscrivent très tôt dans une trajectoire personnelle. Pendant ses études à l'Occidental College (1979-1981), puis à l'Université Columbia (1981-1983), Barack Obama lit Frantz Fanon et divers auteurs révolutionnaires (3), au premier rang desquels Saul Alinsky - l'auteur, en 1971, d'un livre qui demeure à ce jour le classique de référence de l'extrême gauche américaine : Rules for Radicals (4). C'est à travers cet ouvrage qu'Obama a découvert la profession à laquelle il a consacré l'essentiel de sa vie jusqu'au moment où il s'est pleinement engagé en politique : celle d'« organisateur de communauté ». Selon Alinsky, l'« organisateur de communauté » doit « mener la guerre sociale » et, pour cela, « pénétrer les institutions », « gagner de l'influence », « parvenir au niveau où se prennent les décisions » (5), en se fixant un seul objectif : faire passer « la société et le monde de la jungle du capitalisme à ce qui est digne du nom de civilisation ». Dans un texte rédigé en 1990, Obama précise que « l'objectif ne peut être atteint » que si l'on se donne « les moyens d'élaborer des stratégies de prise du pouvoir » (6).
Barack Obama a aussi passé vingt ans auprès d'un pasteur adepte de la « théologie noire de la libération » (7), Jeremiah Wright, le fondateur de la Trinity United Church of Christ. Dans ses textes, Jeremiah Wright ne cesse de décrire les États-Unis comme « le pays de la rapacité » ; le monde pauvre comme victime de l'« injustice américaine » ; l'impérialisme américain comme responsable de « toute la misère sur la planète » ; l'islam comme la « religion des opprimés » du monde arabe ; et Israël comme un pays « raciste » (8).
Dans Les Rêves de mon père (9), Barack Obama dit avoir été « inspiré » par les propos de Jeremiah Wright et définit ce dernier comme « un homme qui représente ce que la religion peut offrir de meilleur ». Le titre du deuxième livre de Barack Obama, L'Audace de l'espoir (10), est tiré d'un sermon de Jeremiah Wright, et l'auteur s'y présente comme « imprégné » de ce sermon.
Barack Obama s'est lié d'amitié pendant plusieurs années avec Rashid Khalidi. Cet ancien responsable de l'Organisation de libération de la Palestine à Beyrouth était professeur d'histoire des civilisations du Proche-Orient à l'Université de Chicago à l'époque où le futur président y a brièvement enseigné. Il est le fondateur du mouvement pro-palestinien Arab American Action Network (11). En 2003, lors d'un dîner en l'honneur de Khalidi, Barack Obama a exprimé sa gratitude envers ce dernier qui lui a « beaucoup appris » et « ouvert les yeux » sur ses propres « points aveugles » (12).
Huit jours après les attentats du 11 Septembre, Barack Obama publie dans le Hyde Park Herald, un journal local de Chicago, un article dans lequel il affirme que « ces actes (s'enracinent) dans la pauvreté et le désespoir » et qu'ils trouveront leur « réponse dans les remèdes apportés à la pauvreté et au désespoir » (13). Lors d'une manifestation pacifiste en octobre 2002, il exprime son « hostilité résolue » au risque d'une « guerre stupide » contre Saddam Hussein, ajoutant que les guerres à mener doivent l'être seulement « contre l'ignorance et l'intolérance » (14).
Dans un discours prononcé en juin 2007, il accusait l'« Amérique blanche » d'« exploiter l'Amérique noire » et de « refuser de redistribuer les richesses » (15). En janvier 2008, il déclarait, cette fois, qu'il fallait trouver « le courage de refaire le monde » pour qu'il soit « enfin ce qu'il devrait être » (16).
En 2008 - et ce sont là des mots tirés de ses discours de campagne -, il affirme, en une continuité clairement assumée, que « la puissance américaine telle qu'elle fonctionne est un problème majeur » (17), que les États-Unis sont « un pays fondamentalement injuste », souvent « arrogant », fréquemment gouverné par des « gens prêts à user gratuitement de la violence » et à s'engager dans des « actions enragées  » (18). Il précisera que le pays doit « changer radicalement » (19), aller vers des « rapports plus équitables avec les pays les plus pauvres » et se mettre « à l'écoute du monde islamique » (20).
2009 : Obama plante le décor
À peine installé à la Maison-Blanche, son premier coup de téléphone est pour Mahmoud Abbas, le président de l'Autorité palestinienne (21). Le 20 janvier 2009, il confirme dans son discours d'investiture sa volonté de « changement radical ».
Le tout premier entretien qu'il accordera à une chaîne de télévision quatre jours plus tard, le 25 janvier, est destiné à la chaîne saoudienne al-Arabiya et lui permet d'évoquer plus concrètement les grandes lignes de son action : « Trop souvent dans le passé les États-Unis ont commencé par dicter (...) ; nous allons désormais écouter. » « L'Iran doit desserrer le poing et nous l'invitons à saisir la main que nous lui tendons, sans conditions préalables. » « Nous devons être humbles (...) et fonder avec l'islam un nouveau partenariat basé sur le respect » (22).
Par un autre communiqué officiel de la présidence, début mars, conformément aux lignes tracées, il fait savoir qu'il est « ouvert à des négociations » avec des « talibans modérés » en Afghanistan afin de « mettre fin à la guerre » (23).
Devant le Parlement turc, le 6 avril, il dit que les États-Unis ont encore à « surmonter les pages les plus sombres de leur histoire » et à « remédier à leur passé d'esclavage et de ségrégation », ajoutant que la Turquie a « le droit de choisir sa propre voie » (24) - une formule qui, dans le contexte politique turc dominé par la montée de l'islamisme, n'a rien d'anodin.
Le 4 juin 2009, il prononce au Caire un discours qui aura un grand retentissement à travers le monde musulman. Après avoir rappelé tous les « apports de l'islam à l'humanité » et aux États-Unis eux-mêmes, il affirme que, sous sa présidence, « les États-Unis ne seront jamais en guerre avec l'islam ». Le fait que certains pays possèdent des armes de destruction massive et d'autres pas, ajoute-t-il, est « injuste ». Il trace aussi un parallèle remarqué entre « les persécutions des Juifs qui ont conduit à l'Holocauste » et la « souffrance du peuple palestinien » résultant de la guerre de 1948 - un peuple « en quête d'une patrie » (25). Le lieu choisi ne doit rien au hasard : ce discours est, en effet, prononcé à l'université Al Azhar, principal centre de formation de l'islam sunnite. Barack Obama a tenu à y inviter des représentants des Frères musulmans, contre la volonté explicite d'Hosni Moubarak (26).
Dès le 18 avril de la même année, afin de montrer que le changement ne concerne pas seulement le monde musulman, il déclare, lors d'un Sommet des Amériques, devant un auditoire qui compte dans ses rangs Hugo Chavez et Daniel Ortega, que « trop souvent les États-Unis ont cherché à dicter une politique à l'Amérique latine » (27) et que « ce comportement appartient au passé ».
De son côté, la secrétaire d'État Hillary Clinton se rend en Chine le 20 février. Marquant une rupture nette avec la ligne suivie sous l'administration de George W. Bush, elle déclare que la Chine n'est pas un adversaire et que les droits de l'homme ne seront « plus un obstacle » retardant le traitement de questions « plus pressantes ». Ses propos sont immédiatement interprétés par des organisations non gouvernementales telles que HRIC (Human Rights in China) et Human Rights Watch, qui avaient demandé que la question des droits de l'homme en Chine reste une priorité américaine, comme un camouflet (28).
Le 17 juin 2009, soit moins de deux semaines après le discours du Caire, Barack Obama présente un budget de la défense en nette diminution. Il affirme que les États-Unis entrent dans une « nouvelle ère » et qu'ils vont désormais « se tourner essentiellement vers leurs problèmes intérieurs » (29). Au même moment, la rue iranienne se soulève contre la réélection, très contestée, de Mahmoud Ahmadinejad : le président américain se contente de faire savoir, après huit jours de violence, et par le biais d'un simple communiqué lu par le porte-parole de la Maison-Blanche, qu'il « réprouve les actes de répression », mais qu'il ne veut « pas interférer dans les affaires intérieures de l'Iran » (30).
Le 17 septembre suivant, il annonce l'abandon du déploiement de missiles de défense balistiques en Pologne et en République tchèque envisagé sous la présidence Bush (31) : ce projet était considéré comme une marque d'hostilité par Poutine et par les dirigeants iraniens (32), qui l'avaient exprimé très ouvertement. Poutine voit dans la décision d'Obama un geste « correct et courageux » (33). Quant à Ahmadinejad, moins sensible que Poutine au souci d'« apaisement » du numéro un américain, il parle d'« hypocrisie » et souligne que le programme nucléaire iranien n'est pas négociable (34).
Un rapport du général Stanley McChrystal, responsable des opérations en Afghanistan, censé rester confidentiel, et comportant une demande urgente de « 40 000 hommes de troupes supplémentaires, sans lesquels la défaite est un risque sérieux » (35), est alors rendu public. Obama ne donne pas suite, et c'est seulement trois mois plus tard, le 1er décembre, qu'il finit par accorder 30 000 soldats supplémentaires. Mais il assortit sa décision de nombreuses restrictions : le retrait des troupes est fixé à 2014 et les militaires américains se voient imposer des « règles d'engagement » très restrictives (36). Ces atermoiements ne font sans doute pas de Barack Obama un dangereux pacifiste. Mais ils n'en confirment pas moins un certain état d'esprit...
Le 23 septembre, le même Obama avait prononcé devant l'Assemblée générale des Nations unies un discours qui s'adressait à la planète entière : dans le passé, les États-Unis avaient agi « unilatéralement, sans prendre en compte les intérêts des autres », mais, assura-t-il, ce ne serait plus le cas désormais. Il annonçait sa volonté d'avancer vers le désarmement nucléaire et de conclure un « accord sans précédent de réduction des armes nucléaires stratégiques avec la Russie », ainsi que son intention de « relancer au plus vite des négociations sans conditions préalables entre Israël et les Palestiniens », afin que voie rapidement le jour « un État palestinien viable et indépendant » et que prenne fin « l'occupation commencée en 1967 » (37). Une approche qui, c'est le moins qu'on puisse dire, ne privilégiait pas le souci de sécurité d'un État hébreu dont le Hamas nie toujours l'existence !
2010 : l'année des concrétisations
Barack Obama et Dmitri Medvedev signent, le 8 avril, un traité de réduction des armes stratégiques (START) qui comporte des concessions majeures de la part des États-Unis. Le texte prévoit une diminution de 50 % du nombre de lanceurs et de 30 % du nombre d'armes nucléaires stratégiques de chaque pays, mais il ne concerne pas les armes nucléaires tactiques - secteur dans lequel la Russie possède un avantage de un à dix, qui se trouve ainsi préservé (38). Le traité est entré en application le 5 février 2011 et le calendrier d'actions concrètes, qui court jusqu'en 2021, a commencé à être mis en oeuvre dès cette date.
Mois après mois, l'équipe d'Obama ou Obama lui-même distillent des propos très critiques vis-à-vis d'Israël. Les incidents violents qui opposeront soldats israéliens et militants armés présents à bord du Mavi Marmara, navire affrété par une organisation humanitaire turque pour forcer le blocus de la bande de Gaza, conduiront à la condamnation de l'intervention israélienne par le Conseil de sécurité des Nations unies - condamnation à laquelle se joignent les États-Unis (39). De son côté, le Département d'État exige un « assouplissement rapide » du blocus, défini comme « inacceptable et ne pouvant plus durer ». Pas un mot, en revanche, sur les motifs de ce blocus et sur les attaques incessantes du Hamas contre Israël (40).
Le 1er juillet, le Congrès américain vote, sur proposition de la Maison-Blanche, une série de sanctions économiques et financières contre Téhéran (41) qui entraîneront un renchérissement des prix des biens de consommation en Iran mais n'auront strictement aucun effet sur le programme nucléaire du régime (42). En tout cas, jamais Obama n'ira jusqu'à dénoncer la poursuite des échanges stratégiques Iran-Russie.
2011 : le réveil du monde arabe
Ce qu'on a appelé les « printemps arabes » allait fournir à l'administration Obama l'occasion d'exercer son influence dans une zone sensible.
Tout a commencé par le Liban. Saad Hariri est évincé de son poste de premier ministre par le Hezbollah le 12 janvier, alors qu'il se trouve à Washington pour y rencontrer Barack Obama. Celui-ci, adoptant une attitude similaire à celle qui avait été la sienne lors des événements de Téhéran en juin 2009, reste silencieux. Saad Hariri rentre au Liban en simple citoyen (43). Gebran Bassil, ministre de l'Énergie du gouvernement Hariri jusqu'à cette date, déclarera : « Le gouvernement auquel j'appartenais a succombé à des pressions internationales venues de divers pays, y compris des États-Unis » (44)...
Les émeutes en Tunisie, qui font rage depuis décembre 2010, aboutissent au départ de Zine el-Abidine Ben Ali le 14 janvier : Barack Obama avait, une semaine avant l'éviction de Saad Hariri, exigé à voix haute le départ du président tunisien (45).
De la même manière, dès le début du soulèvement en Égypte, fin janvier, Barack Obama appelle avec insistance Hosni Moubarak à faire ses bagages (46). Le jour de la démission du raïs, le président américain déclare : « Les Égyptiens, comme les Américains, veulent le changement et souhaitent avancer dans une direction positive » (47).
Lorsque Rached Ghannouchi, président du mouvement islamiste Ennahda revient en Tunisie le 30 janvier 2011, son retour est « salué » par le porte-parole de la Maison-Blanche ; son parti remportera les élections à l'Assemblée constituante tunisienne du 23 octobre 2011 et obtiendra 40 % des sièges (48).
À peine de retour au Caire le 18 février, Youssouf Al Qaradawi, principal prêcheur des Frères musulmans, savoure sa victoire : « La révolution n'est pas finie ; elle ne fait que commencer. » Le porte-parole de la Maison-Blanche se contentera de ce commentaire laconique : en Égypte, « la liberté avance ». Rien de plus (49).
Pour mémoire : le résultat des élections législatives égyptiennes est proclamé le 21 janvier 2012 : le Parti de la liberté et de la justice (PLJ) issu des Frères musulmans l'emporte et obtient 47 % des sièges, suivi par le mouvement salafiste Al Nour, avec 24 % des sièges. Mohammed Morsi sera déclaré vainqueur de l'élection présidentielle le 24 juin 2012 (50).
Dès le début du mois de février 2011, le Département d'État, dans un communiqué entériné par le porte-parole de la Maison-Blanche, avait déclaré qu'Ennahda était un « parti démocratique pleinement légitime » à même de « participer au processus de libération en cours » en Tunisie (51). Quand le Parti de la liberté et de la justice sera formé en Égypte, le 30 avril 2011, le même Département d'État publiera une déclaration le décrivant en des termes identiques. Selon le président, les Frères musulmans représentent « une voix constructive et modérée » (52).
Afin d'accompagner les mouvements d'une manière plus concrète, Barack Obama demande, en mars 2011, la création d'un service spécial au sein du Département d'État : baptisé Bureau des transitions au Moyen-Orient, ce service est dirigé par William B. Taylor Jr, un diplomate qui fut auparavant représentant des États-Unis au sein du Quartet, chargé de la supervision du désengagement israélien de Gaza (53). Le Bureau s'occupe, à partir de septembre 2011, de la formation politique des dirigeants islamistes, d'Ennahda et du Parti de la liberté (54). N'était-il pas plus urgent de contribuer à la formation politique des démocrates opposés à Morsi ?
L'année 2011 est aussi celle de la chute du régime libyen. Sans y participer directement, l'administration Obama surveille les opérations d'un oeil bienveillant (55) : la chute du régime sera officialisée le 23 octobre 2011, après la mort de Mouammar Kadhafi. Le pays est censé passer aux mains d'un Conseil national de transition. Il glisse, en fait, sous la coupe de factions islamistes armées. Les arsenaux sont pillés : missiles, mitraillettes, fusils et explosifs prennent la route du Sinaï, de Gaza et du Sahel, où ils seront utilisés par les groupes qui s'emparent du Nord-Mali en 2012. Une assemblée nationale est élue le 7 juillet 2012. Le Parti de la justice et de la construction, constitué par les Frères musulmans, n'arrive qu'en deuxième position derrière l'Alliance des forces nationales - un conglomérat émietté de soixante petits partis et groupes tribaux (56) -, mais c'est lui qui exerce la réalité du pouvoir. Parce que les opérations militaires contre Kadhafi ont été menées uniquement par des moyens aériens, sans recours à des troupes au sol, aucune transition n'a pu être organisée de manière efficace. À une dictature a succédé une situation de chaos où les tenants de l'islam radical dominent.
Répétons-le : il ne saurait être question d'imputer à l'Amérique les insuffisances dont elle n'est pas responsable au premier chef. Mais la placidité avec laquelle Barack Obama semble s'accommoder de cette évolution périlleuse donne, là encore, à réfléchir...
Le mois de mars marque le début de l'insurrection en Syrie. Après avoir adopté une attitude attentiste et demandé à Bachar al-Assad de conduire des « réformes » alors que les morts jonchaient déjà les rues depuis plusieurs semaines (Hillary Clinton et le porte-parole de la Maison-Blanche décriront encore Assad, à la fin du mois de mars, comme un « réformiste » (57)), Barack Obama laisse les Nations unies s'occuper du dossier. Repoussant toute idée d'intervention directe, il décide finalement d'apporter son soutien au Conseil national syrien puis, à partir de décembre 2012, à la Coalition nationale des forces de la révolution. Mais il le fait trop tard : ces structures, dont les modérés ont été progressivement éliminés (58), sont désormais aux mains de la branche syrienne des Frères musulmans (59)...
Autre événement marquant : l'élimination d'Oussama Ben Laden. Réfutant toute idée de guerre globale contre l'islamisme, Barack Obama n'a cessé de répéter que les États-Unis étaient en lutte contre Al-Qaïda, et uniquement contre Al-Qaïda, qu'il qualifie simplement d'« organisation criminelle ». Puis il a présenté la mort d'Oussama Ben Laden comme un « coup fatal » porté à l'organisation (60), ce qui lui a permis par la suite de ne plus décrire cette structure terroriste toujours très active comme un enjeu vital.
C'est aussi en 2011 que Barack Obama précise sa vision d'un futur État palestinien : non seulement celui-ci devrait être basé sur un retour aux frontières de 1967 (avant la guerre des Six-Jours), mais il devrait être « contigu » (61). En Israël, on en a aussitôt déduit que l'État palestinien envisagé établirait une continuité territoriale entre la bande de Gaza et la Cisjordanie, ce qui supposerait que l'État juif soit coupé en deux (62).
Comme promis, le dernier soldat des forces combattantes américaines quitte le sol irakien le 31 décembre 2011. L'état-major américain demandait le maintien dans le pays de 16 000 à 20 000 hommes. Obama, lui, proposait un chiffre compris entre 3 000 et 5 000. Le premier ministre Nouri al-Maliki a perçu dans la proposition d'Obama une posture de faiblesse. Il a refusé le maintien d'une présence militaire américaine et, désireux de renforcer une emprise chiite sur le pays, a procédé à un renversement d'alliance en faisant allégeance à Téhéran. Une « bonne décision » saluée par Amil Akbar Salehi, le ministre des Affaires étrangères iranien (63). Ce même 31 décembre 2011, la Maison-Blanche révèle que, pour aider les États-Unis à gérer le retrait du contingent d'Afghanistan et parvenir à un accord avec les talibans, Obama a fait appel à un intermédiaire hautement recommandable : Youssouf Al Qaradawi (le prêcheur des Frères musulmans) en personne (64) !
Autre « bonne » nouvelle : des coupes supplémentaires dans les budgets militaires sont annoncées : 490 milliards de dollars, qui viennent s'ajouter aux 500 milliards de dollars supprimés depuis 2009 (65). Avec de telles réductions, fait valoir l'état-major, l'armée américaine ne sera plus capable de mener deux guerres à la fois (66). Obama n'en a cure : pour lui, les États-Unis doivent se consacrer « pleinement à la reconstruction nationale » et approfondir le « changement mis en oeuvre » sur le sol américain (67).
Ce n'est pas tout : outre son soutien appuyé aux insurrections arabes, Barack Obama ne tarit pas d'éloges sur la Chine, n'hésitant pas à déclarer que celle-ci « montre la voie qui doit être suivie » (68) par les États-Unis. Dans son traditionnel discours sur l'état de l'Union du 25 janvier, il évoque avec admiration les réalisations chinoises en matière d'infrastructures, ajoutant qu'en la matière les États-Unis, eux, méritaient « une note nettement au-dessous de la moyenne » (69). Le discours avait été précédé d'une visite d'État de Hu Jintao pendant laquelle l'administration Obama tout entière s'était montrée déférente jusqu'à l'obséquiosité (70).
2012 : Obama persiste et signe
En février, Barack Obama demande au ministère de la Défense de préparer un plan de réduction globale des stocks d'armes nucléaires américaines. Il fixe comme objectif le chiffre de 300 têtes nucléaires opérationnelles, soit cinq fois moins qu'aujourd'hui. Si ce projet voyait le jour, il s'agirait d'un geste de désarmement sans précédent, mais conforme au discours tenu aux Nations unies en septembre 2009 (71).
En mars, dans un entretien qui n'était pas destiné à être enregistré, Obama déclare à Dmitri Medvedev qu'après sa réélection il sera plus « flexible » en matière de « négociations portant sur la défense » (72).
Des aides financières massives sont accordées à l'Égypte en septembre, sans contrepartie, au moment même où Mohammed Morsi nomme des membres des Frères musulmans à tous les postes stratégiques de l'armée. Afin de court-circuiter l'opposition républicaine à la Chambre des représentants, qui voit ces aides d'un mauvais oeil, Obama recourt à des décrets présidentiels (executive orders) (73).
Lorsque Mahmoud Abbas demande à l'Assemblée générale des Nations unies d'accorder à l'Autorité palestinienne le statut d'« État associé », le 29 novembre 2012, Obama donne pour consigne à Susan Rice de voter contre. Mais, comme l'a révélé la presse américaine, entre-temps, il incite les pays européens à voter pour (74).
Une visite officielle de Mohamed Morsi à Washington a été un temps programmée et maintenue malgré les émeutes visant l'ambassade américaine au Caire le 11 septembre 2012 et l'absence de condamnation de celles-ci par les autorités égyptiennes. La visite a été reportée au dernier moment en raison de l'intensification des troubles en Égypte ; mais des représentants de Morsi se sont néanmoins rendus à Washington et y ont obtenu d'Obama des promesses d'aides financières et militaires qui se sont, depuis, concrétisées : 250 millions de dollars. Sans oublier la livraison de quatre des vingt avions de chasse F-16 promis en « cadeau » à Morsi au mois de décembre par Obama lui-même (75).
L'objectif d'Obama en 2012 était d'être réélu. Malgré un bilan économique désastreux (chômage record, stagnation du niveau de vie, croissance en berne, augmentation de 35 % du nombre de pauvres, explosion de la dette qui a crû de 60 % en quarante-deux mois (76)), il l'a été. L'attentat terroriste contre le consulat américain de Benghazi en septembre, et l'assassinat de l'ambassadeur J. Christopher Stevens, n'ont pas eu d'impact sur le vote. Pas plus que la dégradation de la situation internationale à laquelle a pourtant grandement contribué la politique américaine. Les multiples signes de coopération entre l'administration Obama et les Frères musulmans (77) ainsi que la poursuite du programme nucléaire iranien n'ont apparemment guère ému les électeurs.
Obama entend désormais parachever ce qu'il a entrepris depuis 2009 afin, si possible, de laisser une trace dans l'Histoire.
À cet égard, la composition de la nouvelle administration est significative. John Kerry succède à Hillary Clinton au secrétariat d'État : jusqu'en 2011, Kerry a oeuvré pour un rapprochement entre les États-Unis et le régime d'Assad en Syrie et n'a cessé, au cours des années récentes, de se déclarer partisan d'une « solution diplomatique négociée » avec l'Iran. Il est allé jusqu'à soutenir que le « réchauffement global » constituait une menace bien plus grave que le terrorisme (78) ! À la défense, Chuck Hagel remplace Leon Panetta : c'est un républicain, mais un homme situé en marge de son parti. Il défend l'idée de réductions très profondes du budget militaire des États-Unis et estime que le pays doit « s'occuper de lui-même » au lieu de se mêler des affaires du monde. Du temps où il était sénateur, jusqu'en 2009, il a été l'un des seuls membres du Congrès à s'être systématiquement opposé à la moindre sanction contre l'Iran. Il a, en mars 2009, demandé explicitement que l'administration Obama négocie avec le Hamas. Diverses remarques sur le poids du « lobby juif » aux États-Unis lui ont valu une réputation d'antisémite dont il tente aujourd'hui de se défaire (79).
John Brennan prend la tête de la CIA au sein de laquelle il a passé plus de vingt ans avant de rejoindre l'administration Obama il y a quatre ans : il a déclaré, entre autres remarques, que les terroristes sont des « victimes de forces économiques, politiques et sociales qui les dépassent » et que l'administration Obama doit dialoguer avec les « membres modérés du Hezbollah et du Hamas » (80). On peut, certes, dialoguer avec tout le monde. Et même diner avec le diable. Mais est-il sûr que M. Obama s'est doté, pour ces agapes, d'une assez longue cuillère ?
Jack Lew, lui, devient secrétaire au Trésor en remplacement de Timothy Geithner. En tant que directeur du Bureau de la gestion et du budget de l'administration Obama depuis juillet 2010, il a poursuivi la politique laxiste en matière de dépenses menée avant lui par Peter Orszag. Il est, comme Chuck Hagel, partisan de réductions supplémentaires du budget militaire et a déclaré que l'endettement des États-Unis n'était « pas du tout un problème » (81).
Que peut-on attendre, dans ces conditions, du second mandat d'Obama ? Vraisemblablement une accentuation des lignes dessinées au cours des quatre années précédentes : un affaiblissement des États-Unis sur le plan militaire qui s'accompagnera nécessairement d'un recul de la puissance américaine sur la scène mondiale au profit d'autres acteurs. Très probablement, aussi, un glissement du monde sunnite vers l'islam radical, sous le regard bienveillant de Washington. Sans doute l'accession de l'Iran à l'arme nucléaire, qui permettra au régime de se sanctuariser ; et des pressions redoublées sur le gouvernement israélien pour le contraindre à des concessions sans réelles contreparties et, notamment, sans que les leaders palestiniens soient priés de reconnaître explicitement la légitimité de l'existence d'un État juif en Palestine. Le voyage effectué en Israël par Barack Obama les 20 et 21 mars 2013, sous des apparences de rapprochement entre l'administration américaine et Benyamin Netanyahou n'a fait, en réalité, que confirmer les orientations de fond choisies par la Maison-Blanche (82).
Et l'Europe dans tout ça ? Il y a fort à parier qu'elle continuera à occuper la place qui a été la sienne durant les quatre dernières années : celle d'un sous-traitant des décisions américaines, comme ce fut le cas en Libye, constamment marginalisée par un président qui ne fait pas mystère de sa fascination pour l'Asie. Un exemple symbolique de ce désintérêt, qui fut mal vécu par Londres : l'un des premiers gestes de Barack Obama, lorsqu'il est arrivé à la Maison-Blanche, a été de renvoyer à l'ambassade du Royaume-Uni le buste de Winston Churchill prêté par le gouvernement britannique au gouvernement américain en signe de solidarité après le 11 septembre 2001 - et qui, plutôt qu'un prêt, constituait en réalité une forme de don censé marquer l'amitié indissoluble entre les deux pays...
Plus globalement, Obama s'efforcera de remplacer l'ordre du monde mis en place après la Seconde Guerre mondiale, et décrit par Robert Kagan dans The World America Made (83), par un autre ordre qui pourrait être celui qu'esquisse Fareed Zakaria dans son livre The Post-American World (84). Un monde dans lequel les États-Unis deviendront un « pays différent », « laisseront le pouvoir de décision à des institutions internationales » et s'efforceront d'« entretenir de bonnes relations avec tout le monde ». Un monde où la puissance américaine ne constituerait plus, pour reprendre les mots d'Obama en 2008, un « problème majeur ». Un monde où les États-Unis ne seraient plus « arrogants », renonceraient à « user de la violence » et se montreraient « à l'écoute de l'islam »... Bref, un monde « post-américain ». Mais ce monde serait-il aussi paisible et aussi idyllique que Zakaria le prévoit ? Ne risque-t-il pas plutôt de ressembler au cauchemar évoqué par Robert Kagan : « Le retour de la guerre, le recul de la démocratie, l'affaissement et l'émiettement de l'économie de marché mondiale » ?
On peut craindre, hélas, en observant l'histoire du XXe siècle et les événements les plus récents, que Robert Kagan n'ait raison. « Chaque fois que les États-Unis ont été faibles au cours des dernières décennies », écrit-il, « des tensions en ont résulté, parfois des catastrophes ». L'analyse est-elle, une fois de plus, sur le point de se vérifier ?
Pour l'heure, aucune catastrophe majeure n'est survenue. Mais la déstabilisation du Proche-Orient fait redouter le pire. Presque partout, la démocratie marque le pas et ceux qui ont initié des révoltes populaires au nom de la liberté en sont le plus souvent frustrés par des forces obscurantistes et anti-occidentales. Quant à l'économie de marché, le moins que l'on puisse dire est qu'elle ne se porte pas très bien et que rien ne permet d'espérer la moindre amélioration dans un futur proche. Mais Barack Obama dirait sans doute que le pire n'est jamais sûr...
Notes :
(1) Edward Klein, The Amateur, Regnery Publishing, 2012.
(2) Sur Samantha Power, cf. Noah Pollak, « Samantha Power : the Salon Interview », commentarymagazine.com, 19 février 2008 ; Stanley Kurtz, « Samantha Power's Power », National Review, 5 avril 2011. Sur Susan Rice, cf. Joseph Klein, « Bad Rice After Good », frontpagemag.com, 18 décembre 2008. Sur John Brennan, cf. Michelle Malkin, « John Brennan and the Politics of Capitulation », frontpagemag.com, 18 février 2010 ; « John Brennan : Islam helped to shape my worldview », examiner.com, 10 janvier 2010. Sur Valerie Jarrett, cf. Ben Johnson, « Valerie Jarrett's Ministry of Culture », frontpagemag.com, 5 octobre 2009.
(3) Sur ces points, cf. Aaron Klein, Brenda Elliott, The Manchurian President : Barack Obama's Ties to Communists, Socialists and Other Anti-American Extremists, WND Books, 2010 ; Stanley Kurtz, Radical-in-Chief : Barack Obama and the Untold Story of American Socialism, Threshold Editions, 2010.
(4) Saul Alinsky, Rules for Radicals, Vintage, rééd. 1989.
(5) Saul Alinsky, op. cit.
(6) Barack Obama, « Why Organize ? », in Peg Knoepfle, After Alinsky : Community Organizing in Illinois, Illinois Issues, 1990.
(7) Sur la théologie noire de la libération, cf. James Hal Cone, Black Theology and Black Power, Orbis Books, rééd. 1997.
(8) Citations extraites de Jeremiah A. Wright Jr., What Makes You So Strong ? : Sermons of Joy and Strength from Jeremiah A. Wright, Jr., Judson Press, 1993 ; Good News !: Sermons of Hope for Today's Families, Judson Press, 1995.
(9) Barack Obama, Les Rêves de mon père, Points, 2008. Cf. William A. Levinson, « Powered by Hate : Racist Content from Dreams from My Father », americanthinker.com, 28 juin 2012.
(10) Barack Obama, L'Audace d'espérer. Un nouveau rêve américain, Points, 2009. Pour une analyse détaillée de ce livre, cf. Brad O'Leary, The Audacity of Deceit: Barack Obama's War on American Values, WND Books, 2008.
(11) Sur Rashid Khalidi et ses liens à Obama, cf. Gerald A. Honigman, « Tales from the Inside : The Real Problem with Obama's Khalidi », campus-watch.org, 12 novembre 2008 ; Martin Kramer, « Sweeping Khalidi Under Obama's Rug », sandbox.blog-city.com, 13 juin 2009.
(12) Cf. Peter Wallsten, « Allies of Palestinians See a Friend in Obama », Los Angeles Times, 10 avril 2008 ; Daniel Pipes, « Obama Praised Rashid Khalidi in 2003 », danielpipes.org, 28 octobre 2008.
(13) Barack Obama, « The essence of this tragedy », Hyde Park Herald, 18 septembre 2001.
(14) Barack Obama, « War Speech », barackobama.com, 2 octobre 2002.
(15) Tucker Carlson, « In heated '07 speech, Obama Lavishes Praise on Wright », dailycaller.com, 2 octobre 2012. L'enregistrement vidéo du discours figure sur le lien.
(16) Barack Obama, « Iowa Victory Speech », westtnliving.wordpress.com, 8 janvier 2008.
(17) « Barack Obama : I am a Pragmatic Progressive », chicagotribune.com, 12 février 2008.
(18) « Obama Notes Tragic US Past », starbulletin.com, 28 juillet 2008.
(19) « Obama : We are Days Away from Fundamentally Transforming America », swordattheready.wordpress.com, 31 octobre 2008.
(20) « Obama : A World of Justice », chicagotribune.com, 16 août 2008.
(21) Tous les communiqués officiels de la présidence sont sur le site whitehouse.gov, rubrique briefing room. Sur cet appel téléphonique, cf. « Obama's First Call to a Foreign Leader : the PA's Mahmoud Abbas », jihadwatch.org, 22 janvier 2009.
(22) « Obama Al Arabiya Interview : Full Text », huffingtonpost.com, 26 janvier 2009.
(23) « A New Strategy for Afghanistan and Pakistan », whitehouse.gov, 27 mars 2009.
(24) « Remarks by President Obama to the Turkish Parliament », whitehouse.gov, 6 avril 2009.
(25) « The President's Speech in Cairo : A New Beginning », whitehouse.gov, 6 juin 2009.
(26) « U.S. invites Muslim Brotherhood to Obama Speech », jihadwatch.org, 6 juin 2009.
(27) « Obama Extends Hands to Chavez, Ortega at Summit », denverpost.com, 19 avril 2009.
(28) Cf. Richard Spencer, « Hillary Clinton : Chinese Human Rights Secondary to Economic Survival », telegraph.co.uk, 20 février 2009. Voir aussi « Hillary Clinton's Silence on Chinese Human Rights », Washington Post, 24 février 2009. Sur la position de Human Rights in China concernant le voyage d'Hillary Clinton en Chine, cf. « In Joint Letter, HRIC Urges Secretary of State Clinton to Make Human Rights Concerns a Priority in Trip to China », hrichina.org, 13 février 2009. Sur le camouflet constitué par les déclarations d'Hillary Clinton, voir Sophie Richardson,« Hillary Clinton's Beijing Gaffe », foreignpolicy.com, février 2009.
(29) « Obama proposes budget cuts », money.cnn.com, 13 juin 2009.
(30) « Statement from the President on Iran », whitehouse.gov, 20 juin 2009.
(31) « Remarks from the President on Missile Defense in Europe », whitehouse.gov, 17 septembre 2009.
(32) Le projet était destiné à répondre au développement par l'Iran de missiles de longue portée susceptibles d'atteindre l'Europe et les États-Unis. Selon le National Intelligence Estimate, publié en 2007, les missiles iraniens de type Shahab-6 d'une portée de plus de 10 000 kilomètres devaient être opérationnels en 2015. Cf. National Intelligence Estimate-Iran : Nuclear Intentions and Capabilities, dni.gov/press_releases/20071203_release.pdf.
(33) « Russia's Putin says U.S. shield decision positive », reuters.com, 18 septembre 2009. 
(34) « Iran hits out at Western 'terror' », aljazeera.com, 24 septembre 2009. 
(35) Bob Woodward, « McChrystal : More Forces or 'Mission Failure' », Washington Post, 20 septembre 2009.
(36) « The Way Forward in Afghanistan », whitehouse.gov, 1er décembre 2009.
(37) « Remarks by the President to the United Nations », whitehouse.gov, 23 septembre 2009. Sur ce discours, cf. Stephen F. Hayes, « Obama at the UN », The Weekly Standard, 23 septembre 2009 ; David Horowitz, « Obama Attacks U.S. at U.N », frontpagemag.com, 23 septembre 2009 ; Ted Belman, « Obama Aims to Impose a Solution on Israel », americanthinker.com, 7 décembre 2009.
(38) « The New START Treaty and Protocol », whitehouse.gov, 8 avril 2010. Sur ce sujet, cf. Robert Joseph et Eric Edelman, « New START : Weakening Our Security », nationalreview.com, 10 mai 2010 ; Rick Moran, « No Chance for a New START », frontpagemag.com, 19 novembre 2010.
(39) Cf. « US don't use the veto on Resolution condemning Israel », jpost.com, 31 mai 2010.
(40) Cf. Aluf Benn et Natasha Mozgovaya, « Under U.S. Pressure, Netanyahu may ease Gaza blockade », haaretz.com, 3 juin 2010. 
(41) Peter Baker, « Obama Signs into Law Tighter Sanctions on Iran », New York Times, 1er juillet 2010.
(42) Cf. Louis René Beres, « A Nuclear Iran and the Futility of Sanctions », frontpagemag.com, 20 juillet 2010.
(43) Cf. Anthony Shahid, « Saad Hariri Forced to Hand Over Lebanon to Hezbollah », nytimes.com, 13 janvier 2011.
(44) Cf. Rita Daou, « Hezbollah Forces Lebanon Government Collapses », afp-direct.com, 12 janvier 2011.
(45) « Statement by the President on Events in Tunisia », whitehouse.gov, 7 janvier 2011. Voir aussi Frank Crimi, « Tunisia Falling », frontpagemag.com, 12 juillet 2011.
(46) Jesse Lee, « President Obama on the Situation in Egypt : 'All Governments Must Maintain Power through Consent, Not Coercion' », whitehouse.gov, 28 janvier 2011.
(47) « Remarks of the President on Egypt », whitehouse.gov, 11 février 2011.
(48) Cf. Jacob Laskin, « Islamists Triumph in Tunisia », frontpagemag.com, 25 octobre 2011.
(49) Cf. David Kirkpatrick, « After Long Exile, Sunni Cleric Takes Role in Egypt », New York Times, 18 février 2011.
(50) Sur l'évolution de l'Égypte, cf. Fouad Ajami, « What to Expect From the Muslim Brotherhood », Wall Street Journal, 26 juin 2011 ; Michael Widlanski, « Losing Egypt, Losing the Mid-East », americanthinker.com, 20 mai 2012.
(51) Sur ce point et, plus largement, sur la coopération du Département d'État avec Ennahda, cf. Abha Shankar, « State Department's Continued Outreach to Radicals », investigativeproject.org, 18 décembre 2012.
(52) « Press Briefing by Press Secretary Jay Carney », whitehouse.gov, 4 avril 2012.
(53) « Special Briefing on U.S. Support for the Democratic Transitions Underway in Tunisia, Egypt and Libya », state.gov, 3 novembre 2011.
(54) Sur ce point, cf. Josh Rogin, « State Department training Islamic Political Parties in Egypt », foreignpolicy.com, 3 novembre 2011. Les formations se poursuivent jusqu'à ce jour. 
(55) « President Obama's Speech on Libya », whitehouse.gov, 28 mars 2011.
(56) Rick Moran, « Muslim Brotherhood to Run Libya », americanthinker.com, 6 juillet 2012.
(57) Cf. Charles Krauthammer, « Syria's "Reformer" », Washington Post, 31 mars 2011 ; Patrick Goodenough, « Syrian President Assad Regarded As a "Reformer", Clinton Says », cnsnews.com, 28 mars 2011. 
(58) Cf. sur ce sujet et sur la persistance de cette politique : Michael Allen, « US won't use aid to bolster Syrian opposition moderates », Democracy Digest, 6 février 2013. 
(59) Cf. Benjamin Weinthal, « How Obama is Letting Iran Win in Syria », nationalreview.com, 3 août 2012 ; Joseph Klein, « Syrian Jihadists Get Obama's Blessing », frontpagemag.com, 13 décembre 2012.
(60) « Obama : US Defeat al Qaeda », middle-east-online.com, 9 mai 2011.
(61) « Remarks by the President on the Middle East and North Africa », whitehouse.gov, 19 mai 2011.
(62) Gil Hoffman, Rebecca Anna Stoil, « Obama adopting Arafat's staged plan for Israel's end », jpost.com, 19 mai 2011.
(63) Sur ces points, cf. Frederick W. Kagan et Kimberly Kagan, « Losing Iraq », nationalreview.com, 15 octobre 2012 ; Joseph Puder, « Obama's Failure in Iraq », frontpagemag.com, 30 octobre 2012.
(64) « Genocidal Sheikh Qaradawi mediator in secret U.S.-Taliban talks », jihadwatch.org, 29 décembre 2011 ; Andrew C. McCarthy, « Obama Recruits Qaradawi », nationalreview.com, 31 décembre 2011.
(65) Daniel Halper, « Obama's Military Budget Cuts Now Official », weeklystandard.com,14 avril 2011.
(66) Alex Spillius, « Pentagon abandons two-war doctrine », telegraph.co.uk, 2 février 2010.
(67) Cf. Adam Sorensen, « Nation Building Here at Home », time.com, 22 juillet 2011.
(68) Cf. Daniel Greenfield, « How China's Phony Economy has Fooled Obama », frontpagemag.com, 31 aout 2012.
(69) « State of the Union 2011 », whitehouse.gov, 25 janvier 2011.
(70) Cf. Daniel Foster, « What I Saw at Hu Jintao's State Visit », nationalreview.com, 18 janvier 2011.
(71) Julian Barnes, « U.S. Weights Sharp Cuts to Nuclear Stockpiles », Wall Street Journal, 15 février 2012 ; « Obama's Radical Option for America Nuclear Future », theatlantic.com, 20 février 2012. Comme l'écrit Julian Barnes, « Barack Obama a promis en 2009 d'avancer vers l'élimination des armes nucléaires, et ses propositions de coupes drastiques sont pleinement conformes à ses promesses ».
(72) J. David Goodman, « Microphone Catches Candid Obama », nytimes.com, 26 mars 2012 ; « Obama Tells Russia's Medvedev more Flexibility after the Election », reuters.com, 26 mars 2012.
(73) David Goldman, « Obama Legitimizes Morsi's Protection Racket », frontpagemag.com, 22 novembre 2012.
(74) Cf. Leo Rennert, « Palestinian 'Statehood' : The Good, the Bad, and the Ugly », americanthinker.com, 2 décembre 2012 ; Joseph Klein, « Palestinian Statehood : An Ominous Vote at the U.N. », frontpagemag.com, 28 novembre 2012. L'article de Joseph Klein donne tous les détails des manoeuvres menées par la délégation américaine aux Nations unies avant le vote. 
(75) Sur le voyage de Morsi à New York, cf. « Egyptian Leader Mohamed Morsi Spells Out Terms for U.S. Arab Ties », New York Times, 22 septembre 2012. Sur la visite des représentants de Morsi à Washington, cf. Jonathan S. Tobin, « Obama's Bad Brotherhood Bet », commentarymagazine.com, 21 février 2013. Sur l'aide financière supplémentaire accordée à l'Égypte, cf. Charles Krauthammer, « Why We Give Foreign Aid », Washington Post, 7 mars 2013. Sur le « cadeau » de vingt F16 à Morsi, cf. « Obama Defies Congressional Leaders, OKs Delivery of F-16 to Egypt », worldtribune.com, 12 décembre 2012. Le mot « cadeau » figure dans la déclaration faite à cette occasion par le porte-parole de la Maison-Blanche, cité dans l'article.
(76) Cf. Irwin M. Stelzer, « The Obama Bankrupcy », weeklystandard.com, 17 aout 2012 ; Amy Paine, « Obama's Dismal Jobs Record », heritage.org, 7 septembre 2012 ; Don Keko, « The Obama Economic Record : Worst in modern history », examiner.com, 18 octobre 2012 ; Jeffrey H. Anderson, « Obama's Deficit Spending Dwarfs WWII's », weeklystandard.com, 1er novembre 2012 ; Kevin Glass, « Obama Playing Chicken with Economic Disaster », townhall.com, 24 décembre 2012.
(77) Cf. Ed Lasky, « Obama's Role in Empowering the Muslim Brotherhood », americanthinker.com, 7 février 2011 ; Frank Gaffney, « The Muslim Brotherhood in the Obama Administration », frontpagemag.com, 14 septembre 2012.
(78) Cf. Jennifer Rubin, « Kerry discovers Assad is no reformer », Washington Post, 29 mars 2011 ; « Kerry to Make Global Warming Priority as Secretary of State », current.com, 23 décembre 2012 ; Daniel Greenfield, « John Kerry : Still Wrong After All These Years », frontpagemag.com, 24 décembre 2011.
(79) Cf. Roger Wicker, « Why Chuck Hagel is the wrong choice to lead the Pentagon », politico.com, 14 janvier 2013 ; Daniel Halper, « Who Is Chuck Hagel ? President Obama's Anti-Israel Nominee for Secretary of Defense », weeklystandard.com, 15 janvier 2013 ; « The Wrong Man to be Defense Secretary », washingtonpost.com, 26 janvier 2013.
(80) Cf. Nonie Darwish, « Brennan's Lessons on Jihad », Frontpagemag.com.com, 1er juin 2010 ; Bridget Johnson, « Brennan on Jihad Legitimate Holy Struggle »,pjmedia.com, 7 janvier 2013.
(81) Cf. Jennifer Rubin, « Jack Lew's Truth Problem », washingtonpost.com, 11 janvier 2013 ; Jeff Madrick, « Does America Need Jack Lew ? », harpers.org, 15 janvier 2013 ; J.D. Foster, « The Curious World of Jack Lew », heritage.org, 25 janvier 2013.
(82) Pour une analyse détaillée des positions énoncées par Barck Obama à Jérusalem puis à Ramallah, cf. P. David Hornik, « Regional Threats Loom Large over Obama's Israel Trip », frontpagemag.com, 21 mars 2013 ; Barry Rubin, « Obama's Israel visit : A Parable », pjmedia.com, 22 mars 2013 ; Jerry Sobol, « Obama : Peacemaker or Trojan Horse ? », israelnationalnews.com, 28 mars 2013 ; Charles Krauthammer, « What Really Happened in Jerusalem », washingtonpost.com, 29 mars 2013.
(83) Robert Kagan, The World America Made, Vintage, 2012.
(84) Fareed Zakaria, The Post-American World, rééd.W.W. Norton & Company, 2012.