Politique Internationale - La Revue n°141 - AUTOMNE - 2014

sommaire du n° 141
L'EUROPE QUI REDEMARRE
Entretien avec Michel Barnier
Commissaire européen chargé du marché intérieur et des services depuis le 9 février 2010
conduit par
Baudouin BOLLAERT
Ancien rédacteur en chef au Figaro. Maître de conférences à l'Institut catholique de Paris.
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Michel Barnier aime souligner ses origines savoyardes pour rappeler que, en tant que montagnard, il appartient à la catégorie des « tenaces ». Avec ses airs d'éternel jeune premier ou de gendre idéal, l'ancien co-organisateur des Jeux olympiques d'hiver d'Albertville en 1992, avec Jean-Claude Killy, poursuit inlassablement une carrière politique que bon nombre de ses collègues de droite comme de gauche lui envieraient.
Quatre fois ministre, deux fois commissaire européen, il a également été plus jeune député de France, président du Conseil général de Savoie, sénateur et, dans le privé, vice-président du groupe Mérieux.
À 62 ans, ce diplômé de l'École supérieure de commerce de Paris qui s'est toujours défini comme « gaulliste et européen » compte bien ne pas s'arrêter là. Et les élections européennes qui se tiendront au printemps 2014 décideront grandement de la suite de sa carrière.
Michel Barnier, dit-on dans les chancelleries, a acquis non seulement de l'expérience mais, aussi, de l'« épaisseur » à Bruxelles où sa réussite au poste de commissaire en charge du marché intérieur et des services financiers est incontestable. Conséquence : beaucoup voient en lui le possible successeur de José Manuel Barroso à la présidence de la Commission européenne en 2015 si le Parti populaire européen (PPE), qui regroupe les partis de centre droit des 28 pays de l'UE, obtient la majorité au Parlement de Strasbourg.
Dans la course à ce poste prestigieux, il pourrait devenir le principal rival de l'actuel président du Parlement européen, le social-démocrate allemand Martin Schulz, qui briguerait certainement le poste de José Manuel Barroso dans l'hypothèse où le Parti socialiste européen (PSE) l'emporterait aux élections européennes.
Bien sûr, le jeu reste très ouvert et Michel Barnier se montre d'une prudence extrême quand on l'interroge sur ses intentions. Même s'il ménage le chef de l'État dans l'entretien exclusif qu'il a accordé à Politique Internationale, il est douteux que François Hollande le soutienne le moment venu... Mais si Angela Merkel et la CDU en font leur champion, alors tout sera possible !
B. B.
Notes :