Politique Internationale - La Revue n°141 - AUTOMNE - 2014

sommaire du n° 141
LE JAPON VA-T-IL REBONDIR ?
Article de Jean-Marie BOUISSOU
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Depuis bientôt un quart de siècle, le Japon est en proie à une crise multiforme qui affecte aussi bien son économie que son système politique, sa cohésion sociale et son système de valeurs. Face au grand retour de la puissance chinoise, il hésite entre crispation nationaliste et pessimisme désabusé. Faut-il, pour autant, le compter comme facteur de plus en plus négligeable sur la scène mondiale, ou peut-on parier qu'il saura, comme après sa réouverture forcée au monde en 1853 et sa défaite de 1945, se réinventer pour rebondir ?
Le Japon semble avoir perdu tous les atouts qui avaient permis son rebond après 1945
Une croissance économique très soutenue pendant quatre décennies avait fait du petit archipel excentré la deuxième puissance économique du monde. Mais l'économie languit depuis plus de vingt ans - deux décennies pendant lesquelles son taux de croissance annuel moyen n'a pas dépassé 0,6 %, quand la Chine réalisait 10 %, la Corée 5,3 % et la France elle-même 1,3% (1). De tous les grands pays développés, le Japon est celui dont la part relative dans le PIB mondial a le plus reculé depuis son apogée : entre 1993 et 2010, elle est tombée de 17,6 % à 5,8 %, soit deux tiers de moins (2).
Une démographie vigoureuse avait dopé la croissance en dotant l'Archipel d'une population double de celle de la France sur un territoire qui ne représente que les deux tiers du nôtre. Aujourd'hui, cette population diminue et vieillit massivement. En 2012, il s'est vendu dans l'Archipel plus de couches pour les personnes âgées que pour les bébés... Avec un taux de fécondité autour de 1,3 enfant par femme, le Japon devrait avoir perdu une dizaine de millions d'habitants en 2025. Il n'en compterait alors plus que 118 millions, dont presque un tiers aura plus de 65 ans, alors que les moins de 15 ans ne pèseront qu'à peine 10 %. Les actifs devraient représenter moins de 60 % de la population, et 45 % d'entre eux auront plus de 50 ans (3).
Une réputation d'excellence auréolait aussi bien les entreprises japonaises que la haute administration qui assurait la gouvernance économique. Mais la confiance dont jouissaient ces institutions a été ruinée par leur incapacité à juguler la crise, puis par la catastrophe de Fukushima, qui a mis crûment en lumière la collusion entre les très puissantes compagnies d'électricité et le METI (4), leur tutelle, dont il ne serait pas exagéré de dire que le laxisme - s'agissant de nucléaire - a été « criminel ».
La stabilité politique prévalait sous l'égide du Parti libéral démocrate (PLD), au pouvoir depuis 1955. Depuis 1989, en revanche, le Japon a connu quinze premiers ministres, dix coalitions majoritaires différentes et six années de « Diète distordue » (5) - « quasi paralysée » serait plus exact. Le PLD a fini par perdre le pouvoir en 2009 au profit du Parti démocrate (PDJ), mais l'alternance tant attendue a cruellement déçu. Résultat : le vieux parti gouvernemental est revenu aux affaires en décembre 2012.
La cohésion et le dynamisme de la communauté nationale étaient légendaires, favorisés par un compromis social qui avait fait du Japon le grand pays développé où la pauvreté et les inégalités étaient les plus faibles. La crise a durement ébranlé ces vertus. Si le taux officiel de chômage n'a jamais dépassé 5,5 %, un tiers des emplois ne sont plus que de l'intérim ou des contrats de quelques mois (France : 24 %) (6), avec un salaire horaire inférieur en moyenne de 60 % à celui des CDI et presque aucune couverture sociale. Le taux de pauvreté dépasse 16 %, contre moins de 11 % en moyenne pour les pays de l'OCDE - un chiffre qui relègue le Japon en bas du tableau avec le Mexique et la Turquie. Les inégalités se sont formidablement creusées : le coefficient de Gini est passé de 24,9 au début des années 1990 à 37,6 en 2008 (7). La nation qui « faisait corps » mieux qu'aucune autre ressemble désormais à une société « à l'occidentale », brutale et divisée.
L'Archipel jouissait d'une sécurité parfaite et aux moindres frais sous la protection américaine, pendant que l'Asie était en proie à de multiples conflits. Aujourd'hui, il doit faire face au grand retour de la puissance militaire chinoise dans son environnement immédiat, alors que l'aura de son protecteur américain pâlit et que de vives dissensions ont opposé Tokyo et Washington lors du passage du PDJ au pouvoir. Les heurts autour des îlots Senkaku ne sont qu'un aspect d'une compétition globale pour le leadership en Asie entre la démocratie japonaise, menacée par moments d'instabilité et de divisions, et un régime chinois beaucoup plus compact et assuré.
Cinq contraintes très lourdes pèsent sur l'avenir du pays
La dette publique est colossale, au point que les observateurs peinent à la chiffrer : plus de 200 % du PIB ? 220 % ? 245 % (8) ? Elle croît de manière exponentielle : depuis trois ans, plus de la moitié du budget est financée par l'emprunt. L'État peut encore se financer sur le marché intérieur à des taux inférieurs à 1 % sur dix ans, quitte à stériliser l'épargne nationale en la rémunérant à peine. Dès son retour au pouvoir, le PLD a enjoint à la Banque du Japon d'accroître massivement ses achats de bons du Trésor, avec une maturité pouvant aller jusqu'à quarante ans. Tokyo a ainsi écarté le spectre d'un recours forcé aux marchés ; mais s'il devait un jour s'y résoudre, il se retrouverait dans une situation intenable, pris entre des taux d'intérêt accrus et le risque de voir la Chine acheter en masse les titres d'État japonais.
Les conséquences de la double catastrophe du 11 mars 2011 vont peser longtemps. L'arrêt quasi total du parc nucléaire qui fournissait près de 30 % de l'électricité du Japon l'oblige à importer des hydrocarbures, ce qui a mis la balance commerciale dans le rouge et pousse les prix de l'énergie à la hausse. À Fukushima, la contamination des eaux, et probablement du sol, se poursuit (9). De l'aveu des autorités, le démantèlement de la centrale et la remise en état des zones contaminées dureront au-delà de 2050. Le réajustement des plaques tectoniques bousculées par le séisme prendra, lui aussi, des décennies et fait craindre de nouvelles secousses majeures. Même si les Japonais se refusent à en faire une obsession, ces deux menaces latentes pèsent sur l'avenir de l'Archipel, notamment en incitant aux délocalisations.
La dégradation de la confiance dans toutes les formes d'autorité n'est pas moindre au Japon que dans les autres pays frappés par les crises liées à la mondialisation. Comme ailleurs, il en découle cynisme et volatilité de l'opinion, désengagement et aliénation de secteurs entiers de la population. Trois signes parmi bien d'autres : pour la première fois depuis la guerre, l'abstention a dépassé 40 % aux législatives de 2012 ; plus d'un tiers de ceux qui doivent cotiser au kokumin nenkin (10) ne le font plus ou sont en retard de paiement, sans que les autorités n'y puissent rien ; et, dans les sondages comparatifs internationaux, la jeunesse du Japon apparaît comme la plus pessimiste et la plus désengagée du monde (11) .
Un nationalisme à fleur de peau travaille l'opinion, autre réaction classique à la mondialisation. Ce sentiment a été capté par une nouvelle formation, le Parti du redressement (Ishin no kai, PR), créé à la veille des législatives de 2012 et devenu d'un coup la deuxième force politique de l'Archipel avec 20,5 % des voix (12). Dirigé par deux maîtres démagogues (13), le PR constitue dans le paysage politique japonais une nouveauté qui rappelle mutatis mutandis notre Front national. Impuissant au plan parlementaire, il est très capable de mettre le PLD en difficulté en l'accusant de trahir le pays, que ce soit face à la Chine dans le conflit des îlots Senkaku ou - et peut-être plus encore - face aux États-Unis dans les négociations du Partenariat TransPacifique, cruciales pour l'avenir de l'Archipel. On sait que le premier ministre Shinzô Abe ne fait pas mystère de ses opinions frisant le négationnisme sur les crimes de l'armée japonaise pendant ses guerres d'agression en Asie. Le risque existe que, pour contrer le PR, il se laisse aller à des déclarations qui porteraient à l'incandescence les relations avec la Chine, compromettraient la politique de rapprochement de Tokyo avec la Corée du Sud, l'Asie du Sud-Est et l'Australie, et lui nuiraient dans l'opinion américaine.
Les contraintes institutionnelles entravent la capacité d'action du gouvernement. Comme aux États-Unis, où les élections de mi-mandat menacent le pouvoir présidentiel à peine installé, le premier ministre japonais affronte en moyenne tous les deux ans une élection qui peut lui faire perdre la Chambre basse ou le Sénat. Au mieux, il a sans cesse « le nez dans le guidon ». Au pire, la perte d'une des deux chambres le paralyse car celles-ci ont presque les mêmes pouvoirs (cela a été le cas de 2007 à 2013, sauf pendant neuf mois). Cette frénésie électorale, combinée aujourd'hui avec la volatilité d'une opinion toujours prête au vote sanction, est largement responsable de l'instabilité politique extrême qui affecte la démocratie japonaise depuis bientôt un quart de siècle.
Une fenêtre d'opportunité
Le PLD dispose d'une base solide pour gouverner. Avec son fidèle partenaire, le petit parti bouddhiste Kômeitô, il contrôle plus des deux tiers de la Chambre basse ainsi que le Sénat. Ensemble, ils ont obtenu 39,7 % des voix aux législatives et 48,9 % aux sénatoriales (encore qu'une abstention massive conduise à relativiser ces chiffres). Le PDJ est en plein désarroi, et l'opposition atomisée. Il n'y a pas d'échéance électorale avant 2016, où le gouvernement aura la possibilité, en principe très favorable pour lui, d'organiser les élections sénatoriales et législatives le même jour (14).
Instruit par ses déboires depuis vingt ans (divisions, scissions, perte du pouvoir...), le parti majoritaire semble fermement rassemblé derrière Shinzô Abe. Le nouveau premier ministre est un homme d'expérience, de caractère et, pour le meilleur ou pour le pire, de convictions. Issu d'une longue dynastie de politiciens conservateurs, il a déjà dirigé le gouvernement en 2006-2007 - une rude expérience avortée prématurément - puis surmonté une grave maladie. Son attachement passionné à la grandeur du Japon (15) ne fait pas de doute, tout comme sa volonté d'agir et de laisser sa marque dans l'Histoire. Il l'a montré sitôt arrivé au pouvoir en obligeant la Banque du Japon, théoriquement indépendante, à s'engager à doubler la base monétaire en deux ans afin de juguler la déflation qui mine le pays et de relancer les exportations en faisant chuter le yen. Ce volontarisme a été applaudi par l'opinion. Les « Abenomics » ont réussi, en trois mois, à faire remonter la Bourse de 40 %, baisser le yen de 25 % face au dollar, et relancer provisoirement la croissance sur un rythme annuel de 4 %.
M. Abe incarne l'idée - aujourd'hui démodée aux yeux de beaucoup - que l'État n'est pas impuissant et que le politique doit imposer sa volonté à l'économique. Cela n'en fait pas, pour autant, un adversaire systématique du néolibéralisme, que son mentor Junichirô Koizumi, premier ministre de 2001 à 2006, a tenté obstinément d'acclimater dans l'Archipel. Mais il semble que le nouveau leader du Japon n'est pas prêt à ouvrir tout grand son « beau pays plein de dignité » aux jeux des marchés financiers et des multinationales. Sur ce point, il a l'assurance d'être soutenu par une nation quasi unanime.
Pour rebondir, le Japon doit relever cinq défis majeurs
Juguler la dette publique. Pour ce faire, le Japon dispose de marges de manoeuvre plus grandes que la plupart des autres pays. Le Japon est le pays développé où les prélèvements obligatoires sont les plus faibles (31,6 % du PIB, contre 52,9 % en France) (16). Ce qui explique sans doute qu'il soit prévu d'y porter le taux de TVA de 5 % à 10 % d'ici à 2015. Ce remède de cheval diminuerait de moitié le déficit primaire (17). Il reste aussi beaucoup à accomplir, tant pour améliorer la productivité de la bureaucratie que pour couper les subventions massives aux chemins de fer (pourtant censés avoir été privatisés) ou pour diminuer le coût des travaux publics (qui dévorent quelque 4 % du PIB et dont tous les appels d'offres sont notoirement « arrangés ») (18). L'État et les collectivités locales disposent également d'actifs dont la valeur représente plus de 100 % du PIB, à commencer par la banque postale, dont la privatisation a été interrompue par le PDJ. Mais si trois années sans élections réduisent le risque politique considérable de toute ponction massive sur les ménages, elles pourraient entraîner une contraction de la consommation qui casserait la reprise attendue des fameux « Abenomics ».
Faire repartir durablement la croissance. C'est un casse-tête dans la mesure où la combinaison de facteurs qui entretient la langueur de l'économie japonaise est si complexe que tout remède apporté sur un point risque d'avoir des conséquences négatives sur d'autres.
Les réformes visant à adapter le Japon à la mondialisation restent inachevées, car elles divisent à la fois la société, le PLD et la haute administration. Ce qui explique que le patronat ne cesse de dénoncer une réglementation qu'il juge paralysante en matière d'emploi, de commerce ou d'environnement. De même, l'Archipel hésite toujours entre ouverture et insularité. La part de la capitalisation de la Bourse de Tokyo détenue par des étrangers (27 %) a triplé depuis 1990, mais elle se situe en France autour de 43 % (19). Toyota a délocalisé 60 % de sa production (20), mais Renault 80 %. De 2008 à 2012, le Japon a représenté 10 % des investissements directs à l'étranger effectués par les pays du G20, mais il n'en a accueilli que moins de 1 % (21).
Sa modernisation étant incomplète, l'économie japonaise reste surchargée d'acteurs trop nombreux et trop peu productifs. Il en résulte une productivité globale très inférieure à celle des États-Unis (22). Les secteurs sous-productifs pèsent sur le budget de l'État (subventions) et sur la consommation (prix élevés), mais les livrer brutalement à la concurrence provoquerait un cataclysme social qui se répercuterait sur la stabilité politique et sur le moral de la nation.
Dans une économie qui consomme près de 90 % de ce qu'elle produit (23), toute reprise durable est rendue difficile par le tassement du pouvoir d'achat. D'après la Deutsche Bank, le revenu moyen des ménages japonais est tombé de 6,6 à 5,5 millions de yens depuis 1995 (24) et, en 2013, les bonus d'été ont atteint leur niveau le plus bas depuis 1990 (25). Dans ce contexte, une flexibilité accrue du travail et une hausse massive de la TVA détérioreraient encore la situation, tout comme la baisse du yen qui renchérit les produits importés.
Les deux premières mesures des « Abenomics » - un plan de relance à base de travaux publics pour 100 milliards de dollars et le doublement de la base monétaire - étaient les plus faciles à prendre. Qui n'y trouverait son compte ? La troisième, qui comprendra les réformes structurelles et l'augmentation de la TVA, risque de mobiliser contre elle, outre l'opinion, un grand nombre de lobbies. Et, au Japon, ces derniers sont d'une puissance redoutable.
Diminuer la vulnérabilité du processus de décision aux pressions des intérêts particuliers. C'est le talon d'Achille traditionnel du système politique nippon. Ce problème, commun à toutes les démocraties, est aggravé au Japon par de multiples facteurs. Traditionnellement, la faiblesse des chefs de gouvernement face à la Diète laisse aux parlementaires et à la haute administration un rôle essentiel dans la définition des politiques. Les processus de décision sont opaques et fondés sur le compromis. L'argent joue un rôle démesuré dans les élections. Chaque lobby a forgé avec une fraction du PLD des liens renforcés par la présence quasi continue de ce dernier au pouvoir, et il est lié par une véritable consanguinité à « son » ministère, qui le défend bec et ongles. L'incapacité à prendre les mesures douloureuses indispensables pour sortir le Japon de la crise s'explique par l'absence d'un acteur assez puissant pour définir l'intérêt national et, a fortiori, le faire prévaloir.
Stopper le déclin démographique. Même si les économistes en discutent, il semble augurer le pire pour l'économie : recul de l'épargne et de la consommation, baisse de la productivité et de la créativité, pénurie de main-d'oeuvre... Au plan politique, un pays où les plus de 65 ans représenteront près de 40 % du corps électoral et pas loin de la majorité des votants (26) d'ici une quinzaine d'années risque fort d'être frileux, replié sur lui-même et rétif à tout changement. Mais le Japon tend à considérer peu ou prou la démographie comme un phénomène naturel, et ne croit pas vraiment à l'efficacité des mesures d'encouragement à la natalité. Face au déclin de la population active, les dirigeants invoquent le mantra « femmes, seniors, robots » (27), alors que l'immigration reste un sujet presque tabou pour une nation à laquelle on a souvent répété que sa force réside dans le fait de ne s'être « jamais mélangée ». Tout au plus les autorités rêvent-elles de travailleurs étrangers sélectionnés en fonction des besoins, admis sur une base contractuelle et temporaire. Cela n'empêche pas les supermarchés d'employer force caissières nommées Lee, Kim, Hang ou Zhou. Immigrées ? Non pas : stagiaires en formation !
Faire face aux ambitions de la Chine. C'est en Asie que se jouent les rapports de forces internationaux de demain. Abandonnant les velléités du PDJ de « rééquilibrer » la relation avec Washington, le Japon entend clairement maintenir ses liens privilégiés avec les États-Unis et les aider à contrer une Chine qui veut s'affirmer comme la puissance régionale dominante, notamment sur le théâtre maritime. En matière diplomatique, Tokyo courtise les pays que la Chine inquiète - depuis la Corée du Sud jusqu'à la Birmanie en passant par le Vietnam, les Philippines et la Malaisie, ainsi que l'Inde et l'Australie - afin de conclure avec eux des accords de sécurité plus ou moins étroits. Dans le domaine militaire, le Japon renforce et reprofile ses Forces d'autodéfense (28) pour en faire le partenaire incontournable des forces américaines dans leur vaste redéploiement vers la zone Asie-Pacifique. L'objectif du PLD, poursuivi depuis les années 1980, est de rendre les FAD capables de repousser seules toute entreprise de la Chine contre les frontières maritimes qu'elle conteste au Japon, mais aussi d'affirmer le statut de l'Archipel sur la scène mondiale en participant à de grandes opérations militaires internationales, comme la lutte contre la piraterie au large de l'Afrique. Mais si les FAD disposent aujourd'hui de tous les armements nécessaires, elles sont encore entravées par l'article 9 de la Constitution, qui limite étroitement leurs missions.
Réviser la Constitution de 1947. Outre l'élargissement des possibilités d'action des forces armées, cette révision pourrait remédier à certains défauts du système politique (faiblesse de l'exécutif, rythme des élections, possibilité pour le Sénat de paralyser la Diète). Plus encore, la refonte de ce texte dicté par une puissance occupante effacerait le dernier stigmate de la défaite de 1945. Là est l'enjeu ultime pour le très nationaliste M. Abe, qui a fait de la révision l'oeuvre de sa vie.
Le Japon dispose aujourd'hui de quatre cartes maîtresses
Pour relever ces défis majeurs, le Japon dispose de quatre atouts qui peuvent lui permettre de rebondir comme il a déjà su le faire après 1853 et 1945.
Une formidable puissance économique et financière. Le déclin statistique de la part de l'Archipel dans le PIB ou le commerce mondial est indûment accentué par la délocalisation croissante de ses entreprises. Avec une population onze fois moins nombreuse que la Chine, il produit presque autant de richesse qu'elle. Le Japon consomme, à production égale, deux fois moins d'énergie que l'Europe ou les États-Unis, et huit fois moins que la Chine. Il possède 39 % des robots industriels de la planète et représente 20 % de l'investissement mondial en recherche-développement. Les revenus de son énorme patrimoine net à l'étranger (environ 3 750 milliards de dollars) (29) permettent à ses comptes courants d'afficher des excédents considérables bien que sa balance commerciale soit devenue déficitaire. Il détient également les deuxièmes réserves de change du monde après la Chine (1,24 milliard de dollars en juillet 2013) et le premier stock de bons du Trésor américains (plus de 1 000 milliards de dollars en novembre 2012). Cette puissance financière repose sur l'énorme épargne accumulée par les ménages, généralement estimée à près de deux années de son PIB, et par les entreprises.
Une vie politique rénovée. L'incapacité prolongée de son système politique à imposer les réformes a englué le Japon dans la crise. Mais, depuis quelques années, ce système a su se régénérer et donner aux leaders politiques les moyens de mettre la bride aux intérêts particuliers.
Une réforme radicale du mode de scrutin et du financement des partis (1993) a permis aux chefs de ces derniers d'affermir leur emprise sur leurs parlementaires. Désignée comme bouc émissaire de tous les maux du Japon, l'administration centrale a été profondément restructurée en 2001, ce qui a contribué à briser certaines féodalités, notamment celle du ministère des Finances. En 2009, le PDJ a officiellement réservé la responsabilité de définir l'intérêt national à un ministère de la Stratégie nationale, et multiplié les mesures pour empêcher la haute administration, qui lui était notoirement hostile, de s'ériger en contre-pouvoir. Le retour du PLD a décrispé la situation, mais la manière dont M. Abe a imposé sa politique à la Banque du Japon est typique d'un nouveau rapport des forces entre l'exécutif et la technocratie.
Un nouveau type de leaders a émergé, proche du modèle incarné en Europe par Tony Blair et Nicolas Sarkozy : experts au jeu médiatique, populistes par leur discours volontariste et clivant, et qui conquièrent à la hussarde de vieux partis auxquels ils imposent leur agenda. Au tournant du XXIe siècle, Junichirô Koizumi a fasciné les médias et l'opinion en promettant aux Japonais « la souffrance avant la croissance » et de « se jeter dans le feu pour les réformes ». Sa popularité l'a imposé à la tête d'un PLD dont il a piétiné les pratiques sclérosantes. De 2001 à 2006, il a donné une impulsion décisive aux réformes néolibérales, quitte à expulser du parti les élus qui s'y opposaient. Les Japonais se sont enthousiasmés pour cette capacité à faire bouger les choses, au point que Koizumi a vu sa popularité dépasser 70 % à son apogée.
Ses successeurs ont tenté de l'imiter sans jamais l'égaler ; mais le fait que certains d'entre eux aient brièvement enregistré une popularité égale à la sienne (30) montre que les Japonais veulent désormais croire à l'efficacité de leurs leaders et en attendent une action résolue, voire brutale. Ces changements permettent, au moins par moments, à des leaders forts de captiver l'opinion et le choeur médiatique pour faire avancer leur agenda en dépit des résistances au sein même du PLD.
Le Japon reste par excellence une « société du lien » malgré l'impact très dur de la crise. La proximité, la densité des contacts et des formes de collaboration entre les individus, ainsi que le respect (ou du moins la politesse) qui préside à leurs rapports font toujours de l'Archipel une terre à part parmi les grands pays développés. Ce n'est pas un hasard si le mot choisi par les Japonais pour caractériser la terrible année 2011 n'a été ni « tsunami » ni « nucléaire », mais kizuna : le lien - à commencer par ceux du quotidien.
À ce « lien » les transports contribuent grandement. La place réduite laissée à la voiture en ville (31) préserve la qualité de la vie, mais plus encore l'idée que nul ne peut s'approprier l'espace public à sa convenance et que les règles sont faites pour être respectées. D'où la densité exceptionnelle des transports en commun où chaque usager fait quotidiennement l'expérience du bien public : ponctualité, propreté méticuleuse et incivilités rarissimes. Le Japon a peu de ghettos : ses mégapoles apparaissent comme une juxtaposition de quartiers distincts, dont chacun « fait communauté » tout en étant bien relié aux autres.
L'omniprésence des réseaux de services contribue aussi à la cohésion territoriale et sociale. Réseau virtuel : les trois quarts des Japonais utilisent le site Rakuten.com, où se pressent des milliers de boutiques situées aux quatre coins du pays. Réseau des quelque 45 000 convini (32), des supérettes multiservices ouvertes 24h sur 24h, qui maillent densément l'espace urbain et y maintiennent en permanence une présence humaine aimable et sécurisante. Maillage des 140 000 sanctuaires shintô et temples bouddhistes dont chacun - à la différence de nos églises - est pourvu d'un desservant, petit notable qui y fait commerce des rites ancestraux liant les Japonais entre eux et à leur histoire ; autour d'eux s'organisent aussi les matsuri (33) où la communauté locale retrempe chaque année son identité.
Le lien est créé, en outre, par les organisations communautaires de quartier et de village. Tout Japonais est en principe membre d'une chônaikai, les associations de voisinage héritées de l'époque d'Edo. Elles transmettent de multiples informations et consignes, assurent plus ou moins activement la surveillance et le nettoyage des petites rues, un peu de solidarité en sus des services sociaux... La quasi-totalité des mères d'élèves participe aussi aux PTA (Parents Teachers Associations), qui encadrent les activités périscolaires, préparent les multiples fêtes de l'école, nettoient parfois les locaux, règlent la circulation à la sortie des classes et « patrouillent » (34) dans le quartier. Les autorités s'y entendent aussi pour inciter à la création de nouveaux réseaux, notamment pour gérer au niveau du quartier la complexité byzantine du tri des ordures.
Il peut sembler étrange d'évoquer la circulation, les supérettes, les temples et le tri des ordures comme autant de facteurs de la puissance du Japon. Ces « liens » n'empêchent d'ailleurs pas que des SDF soient tabassés à mort par des voyous, que la vie scolaire soit un martyre pour les têtes de turc, que les réfugiés de Fukushima aient été mal accueillis ici et là, et que le taux de suicide (27 pour 100 000 habitants) soit le plus élevé des grands pays développés. Les « liens » ne protègent pas les Japonais de la crise, ni du pessimisme. Mais ils sont pour beaucoup dans le fait que ce pessimisme est sans doute moins amer et moins destructeur qu'ailleurs.
Le Japon est le pays le plus développé d'Asie, nouveau pôle de la croissance mondiale. En théorie, sa complémentarité avec la Chine toute proche est idéale. Celle-ci offre aux entreprises nippones un énorme marché et une main-d'oeuvre à bas coût, alors que l'Archipel possède une expertise hors pair en matière de technologie et de processus industriels complexes, dont la croissance chinoise a aujourd'hui un besoin crucial. Rien d'étonnant si, depuis 2004, le géant a détrôné les États-Unis comme premier partenaire commercial du Japon.
Plus de la moitié des exportations japonaises sont désormais destinées à l'Asie (Inde comprise). L'Archipel ne lui consacre encore que le quart de ses investissements directs à l'étranger (IDE), mais cette proportion ne peut que croître si l'Asie poursuit sa croissance alors que l'Europe reste à la peine. Surtout, les entreprises nippones occupent la meilleure place dans le « circuit intégré de production asiatique » (35), où elles assurent les activités les plus profitables : conception et design ; fabrication dans l'Archipel des pièces les plus sophistiquées - lesquelles rejoignent en Chine, pour y être assemblées, d'autres pièces sorties des usines délocalisées que Tokyo a implantées en Asie du Sud-Est ; puis commercialisation des produits finis.
Le patronat japonais rêve de voir Tokyo donner un élan supplémentaire à cette division du travail et au commerce intra-régional en s'efforçant de promouvoir en Asie les « cinq libertés » (libre circulation des biens, des capitaux, des hommes, des services et de l'information) (36). Mais ce beau dessein se heurte à tous les lobbies protectionnistes : l'agriculture, les PME, le BTP et nombre de services. Leur résistance a déjà empêché le Japon de conclure un accord de libre-échange avec l'ASEAN, alors que la Chine et la Corée l'ont fait. Elle promet aussi de rendre très compliquée l'adhésion de Tokyo au Partenariat TransPacifique (TPP).
L'avenir de la puissance japonaise se joue sur deux échéances cruciales et un rendez-vous hautement symbolique
Le Partenariat TransPacifique ne saurait être analysé ici en détail. Pour l'essentiel, il s'agit d'imposer aux signataires des normes communes - dont les États-Unis entendent bien qu'elles soient largement inspirées des principes néolibéraux - pour tout ce qui touche à la production, aux échanges, à la finance, à la consommation, au travail, à la santé, à la propriété intellectuelle, etc., tout en ôtant si possible aux États le droit de juger dans ces matières. Autant dire que la Chine n'est pas invitée, ce qui confère au projet une dimension véritablement stratégique.
Le néolibéralisme est contraire aux gènes mêmes du système économique nippon d'après-guerre et promet un carnage dans tous les secteurs sous-productifs, à commencer par la paysannerie. D'un autre côté, un bouleversement aussi radical que le TPP est sans doute le seul moyen de sortir l'Archipel d'une crise aux allures de noeud gordien, trop complexe pour être jamais dénoué, et de le contraindre à des réformes impossibles à faire passer par le système politique. Toutes les mutations décisives du Japon moderne lui ont d'ailleurs été imposées par le gaiatsu (pression étrangère). En outre, si l'affaire se conclut sans lui, le Japon se retrouvera dans un isolement intenable face à la Chine. Il a donc décidé d'entrer dans la négociation.
Celle-ci s'annonce épineuse : même les auteurs de mangas se mobilisent contre le TPP, au prétexte que le renforcement du copyright menacerait la pratique du cosplay (37) ! Le Japon peut néanmoins en sortir par le haut. Face aux États-Unis, il pèse infiniment plus lourd qu'aucun des autres acteurs du processus, dont la plupart partagent peu ou prou ses réticences face à la doctrine néolibérale. S'il parvenait à en brider les excès au cours de la négociation, comme la France a su le faire avec l'exception culturelle, peut-être obtiendrait-il ce statut de puissance après lequel il court en vain depuis les années 1980. Mais il faudrait, pour cela, que le gouvernement de M. Abe inscrive les négociations du TPP tout en haut de son agenda.
La révision constitutionnelle, dont le premier ministre entend faire son Grand OEuvre, risque de voler la place au TPP. Opérée dans un climat de consensus, elle constituerait un sujet de fierté nationale et ouvrirait symboliquement une nouvelle ère pour le Japon. Toutefois, la Constitution a l'immense mérite, aux yeux de tous les Japonais, d'avoir enraciné la démocratie et les principes pacifistes dans l'Archipel. Sa révision comporte donc des risques de déchirements si elle est dévoyée par une frange ultra-nationaliste qui considère la démocratie et le pacifisme avec méfiance, et dont M. Abe n'est pas extrêmement éloigné. Le risque est grand de voir le débat dévier vers la question empoisonnée des guerres du Japon et des crimes qui les ont accompagnées - une question qui divise toujours douloureusement la nation, ruine les relations avec la Corée du Sud, exaspère les États-Unis, et dont la Chine sait jouer habilement. La vie politique japonaise pourrait alors sombrer dans la confusion jusqu'à ce que se referme la fenêtre d'opportunité et que le pays se transforme lentement en une « île des Vieillards » vivant frileusement de ses rentes.
Tout dépendra, en définitive, de la capacité de M. Abe, et plus généralement du PLD, à prendre conscience du fait que le Japon est aujourd'hui à la croisée des chemins, et à se montrer à la hauteur du rôle historique qui est le leur.
Faisons un rêve... Le 24 juillet 2020, le Japon offre à plusieurs milliards de téléspectateurs une ouverture grandiose des XXXIIe Jeux Olympiques de l'ère moderne. La plus haute technologie se mêle à l'exotisme d'une tradition préservée, entre fantasmagories 3D en plein ciel et grondement des énormes tambours taiko. Le spectacle fait une large place à la renaissance quasi miraculeuse de la région de Fukushima, dont les enfants pleins de joie et de santé - comme il se doit - tiennent une place de choix dans les cérémonies. Les journalistes du monde entier ont droit à la visite des zones jadis contaminées, ressuscitées par des techniques innovantes qui font l'admiration des experts. La centrale elle-même, artistiquement confinée sous un sarcophage, n'a plus du tout l'air menaçante. Admirables aussi, les nouveaux quartiers du front de mer de Tokyo, avec leurs immeubles au bilan énergétique positif et leurs façades où alternent miroir, aluminium et cascades de plantes cultivées sur de nouveaux matériaux spécialement conçus. Les médias et les VIP ont même été conviés à tester le Maglev, le train révolutionnaire à lévitation magnétique qui, à 500 km/h, mettra un jour Osaka à guère plus d'une heure de Tokyo. Le Japon donne ce spectacle au monde, et plus encore à la nation, rassemblée et enthousiasmée comme elle l'avait été, durant la décennie formidable du « miracle économique », par les JO de Tokyo (1964) et l'Exposition universelle d'Osaka (1970). Pour la génération que les médias qualifient aujourd'hui de « perdue » (rosu gene, contraction de l'anglais lost generation), et qui se trouvera alors au milieu de la trentaine, les JO resteront le moment où elle aura repris, en elle-même et dans le Japon, une confiance qu'elle pourra transmettre aux enfants de la génération suivante.
Un rêve ? Probablement pas. Le défi de 2020, en tout cas, est l'exemple même de ceux que le Japon a déjà relevés, et qui l'ont chaque fois ressoudé et fait rebondir plus haut.
Notes :
(1) Source : CIA World Factbook.
(2) Contre moitié moins pour l'Allemagne, -45 % pour la France et environ un quart de moins pour les États-Unis et la Grande-Bretagne. Sources : A. Faujas et N. Nougayrède, « Grignoté par les émergents, le G8 résiste », Le Monde, 26 mai 2011.
(3) Japan National Institute of Population and Social Security Research, Population Projections for Japan : 2001-2050, 2002.
(4) Ministère de l'Économie, du Commerce et de l'Industrie.
(5) Nejire Kokkai : quand le gouvernement ne contrôle pas le Sénat.
(6) Si l'on compte comme « précaires » tous les salariés qui ne sont pas en CDI, mais seulement 12,3 % si l'on ne compte que « les salariés les plus soumis aux aléas économiques ». Observatoire des inégalités, L'état de la précarité de l'emploi en France, 27 novembre 2012.
(7) Alors que celui de la France est resté stable à 32,7, et que celui de l'Allemagne s'est réduit de 30 à 27. Source : CIA World Factbook.
(8) On trouvait ces trois chiffres le même jour (14 août 2013) dans le Financial Times et The International Herald Tribune. Le plus élevé est donné par le FMI.
(9) Pour les eaux, toute la presse en a rendu compte au long du mois d'août. Pour le sol, on ignore absolument si le magma en fusion a ou non percé le fond des réacteurs sinistrés.
(10) Le système minimal obligatoire de retraite. Tout Japonais ne disposant pas d'une autre caisse doit y cotiser l'équivalent de 90 euros par mois.
(11) Voir, notamment, le sondage de la Fondation pour l'innovation politique intitulé 2011, la jeunesse du monde (http://www.fondapol.org/etude/2011-la-jeunesse-du-monde/).
(12) Dans la partie proportionnelle du scrutin (180 sièges sur 480), la seule qui permette de comparer exactement la force des différents partis à l'échelle nationale.
(13) Le vieux Shintarô Ishihara (alors gouverneur de Tokyo) et le jeune Tôru Hashimoto (maire d'Osaka).
(14) Des sénatoriales auront obligatoirement lieu en juillet 2016, et le gouvernement peut dissoudre à son gré la Chambre, dont le mandat expirera en décembre.
(15) Il le glorifie comme utsukushii kuni : un pays beau, plein de dignité, qui suscite le respect.
(16) Source : FMI, avril 2013 (http://economiepolitique.org/prelevements-obligatoires-la-france-14eme-pays-du-monde/).
(17) The Economist, 4 mai 2013.
(18) Voir Brian Woodall, Japan Under Construction : Corruption, Politics and Public Works, University of California Press, 1996.
(19) http://blogs.wsj.com/marketbeat/2011/06/21/foreign-ownership-of-japanese-shares-up-financial-institutions-holdings-down/
(20) http://www.marketwatch.com/story/toyota-to-outsource-more-production-report-says-2012-06-19Market Source
(21) http://www.oecd.org/daf/inv/FDIinfigures.pdf
(22) En parité de pouvoir d'achat, elle ne serait que de 76 % mesurée en PIB/habitant et de 71 % en PIB/heure travaillée, selon Martin Wolfe, « Japan's unfinished révolution », The Financial Times, 10 mai 2013.
(23) http://www.tradingeconomics.com/japan/exports-of-goods-and-services-percent-of-gdp-wb-data.html
(24) Deutsche Bank Research, Japan 2020. The decline in trend growth is home-made, 26 septembre 2006.
(25) The Economist, 6 avril 2013.
(26) Au Japon, la participation est fonction inverse de l'âge.
(27) Favoriser le travail des femmes et des seniors, automatiser la production.
(28) Appellation « constitutionnellement correcte » des forces armées nippones.
(29) « Japan's "wall of money" proves elusive for global markets », The Telegraph, 25 avril 2013.
(30) Yukio Hatoyama (PDJ) en 2009 et Shinzô Abe.
(31) Nul ne peut en acheter une sans justifier d'une place de parking privée, et il est interdit de stationner dans la quasi-totalité des rues.
(32) Supérettes irréprochables sur la qualité et la fraîcheur des produits, et multiservices (on peut y retirer de l'argent, payer ses factures, déposer ou retirer des colis...).
(33) Les fêtes locales du village, du quartier ou de la ville, toujours extrêmement vivantes.
(34) À pied ou à bicyclette, les patororu visent surtout à repérer les élèves qui font l'école buissonnière ou tardent trop à rentrer chez eux.
(35) L'expression est de Claude Meyer dans Chine ou Japon, quel leader pour l'Asie ?, Presses de Sciences Po, 2010.
(36) Nippon Keidanren, Japan 2025.
(37) L'activité chère aux fans qui consiste à se déguiser en personnage de BD ou de jeu vidéo.