Politique Internationale - La Revue n°142 - HIVER - 2014

sommaire du n° 142
CE N'EST Q'UN AU REVOIR
Entretien avec Mikhaïl Saakachvili
Président de la Géorgie de 2004 à 2013.
conduit par
Isabelle Lasserre
Chef adjointe du service Étranger du Figaro
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After serving two terms as president of Georgia, the man who spearheaded the "Rose Revolution" heeded the lessons of his recent losses at the polls and last October relinquished the reins of a country he had utterly transformed. In the space of ten years, Mikheil Saakashvili anchored democracy in Georgia, leading the country out of the Soviet era and towards NATO and the European Union. On the domestic scene, he restored security by cracking down on local mafias and halted corruption through a "zero tolerance" policy towards organized crime. But he also lost the war against Russia over control of the breakaway region of South Ossetia in 2008. At 45, the former president is too young to retire. He now lives and teaches in the United States and regularly returns to the region to throw his weight behind any pro-European movement that stands up against Moscow's domination. He's gone... but he'll be back.
Notes :
(1) En octobre 2012, les élections législatives ont été remportées par le parti de Bidzina Ivanichvili, le Rêve géorgien. Nommé premier ministre, ce milliardaire que l'on dit proche des cercles du pouvoir à Moscou a fait de la normalisation des relations avec la Russie - qui occupe près d'un tiers du territoire géorgien - une priorité stratégique. En octobre 2013, c'est également le candidat du Rêve géorgien, Guiorgui Margvelachvili, qui a remporté l'élection présidentielle.
(2) Le Partenariat oriental de l'UE est un accord d'association instauré à Prague en 2009 pour dialoguer avec les anciennes républiques soviétiques faisant géographiquement partie de l'Europe : Arménie, Azerbaïdjan, Géorgie, Moldavie, Biélorussie et Ukraine. Ce projet, qui entre dans le cadre de la politique de voisinage de l'UE, se heurte à la résistance de la Russie, qui cherche elle aussi à fédérer ces républiques dans une union douanière eurasiatique. À ce jour, seules la Géorgie et la Moldavie ont signé le Partenariat oriental. Les négociations avec les autres républiques ont été abandonnées ou retardées sous la pression de Moscou.
(3) En août 2008, les chars russes ont envahi la Géorgie, qui avait tenté de récupérer par la force l'Ossétie du Sud, une république séparatiste soutenue par Moscou. Un tiers du territoire (Abkhazie, Ossétie du Sud) est toujours occupé par les Russes. Pour forcer les anciennes républiques soviétiques à rentrer dans le giron russe et à s'éloigner de l'Occident, le Kremlin utilise aussi l'énergie, l'une de ses armes les plus puissantes. À plusieurs reprises, Moscou a interrompu ses livraisons de gaz à l'Ukraine et fermé les vannes de l'oléoduc qui traverse la Biélorussie.
(4) L'Union eurasienne a été proposée par Vladimir Poutine en octobre 2011. Calquée sur le modèle de l'intégration européenne, elle vise à rassembler les anciennes républiques soviétiques et à freiner l'avancée de l'UE et de l'Otan à l'Est.
(5) Depuis le 21 novembre, l'opposition pro-européenne manifeste quotidiennement sur la place de l'Indépendance à Kiev. Elle proteste contre le refus des autorités de signer un accord d'association avec l'Union européenne, en préparation depuis trois ans.
(6) Comme le différend territorial opposant l'Arménie et l'Azerbaïdjan sur le Haut-Karabagh, qui a donné lieu à une guerre en 1994. Les deux pays n'ont toujours pas de relations diplomatiques.