Politique Internationale - La Revue n°100 - ÉTÉ - 2003

sommaire du n° 100
LE PATRIARCHE DE MALAISIE
Entretien avec Mahathir Mohamad
Premier ministre de Malaisie depuis 1981
conduit par
Amir Taheri
Écrivain et éditorialiste
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Amir Taheri - Avant le déclenchement des hostilités en Irak, vous aviez tenu des propos très alarmistes : cette guerre allait, selon vous, ouvrir une boîte de Pandore d'où surgiraient toutes sortes de catastrophes. Finalement, les choses se sont-elles passées mieux que vous ne le pensiez ? Moins bien ? Ou exactement comme vous l'aviez prévu ?
Mahathir Mohamad - Cela a été pire, bien pire que je ne l'imaginais. Cette guerre a été menée en violation du droit international et contre l'opinion publique mondiale. Elle a plongé un grand nombre d'institutions internationales - au premier rang desquelles les Nations unies - dans le désarroi. L'un des résultats de cette guerre, c'est que les États les plus faibles, qui sont les plus nombreux, ne peuvent plus compter sur la protection de l'ONU. Quant aux régimes forts, ils en ont tiré la conclusion qu'ils pouvaient agir à leur guise. Personnellement, cette évolution m'inquiète dans la mesure où les pays musulmans, qui peuvent tous être considérés comme faibles et vulnérables, sont désormais à la merci des nations les plus puissantes.
A. T. - Les Irakiens semblent pourtant satisfaits de s'être débarrassés de Saddam Hussein. Même Jacques Chirac, qui avait pris la tête du camp anti-guerre, s'est déclaré heureux du départ du dictateur irakien. N'êtes-vous pas heureux vous aussi ?
M. M. - Les Irakiens éprouvent sans doute du soulagement. Ils se réjouissent d'avoir été libérés de l'oppression. Mais je voudrais souligner deux points. Le premier, c'est que la fin ne justifie pas les moyens. Sans doute le renversement du régime de Saddam était-il un objectif parfaitement estimable. Mais la méthode utilisée, l'invasion illégale de l'Irak, ne l'était pas. Le second point, c'est que le peuple irakien ne va pas tarder à comprendre qu'il ne peut pas choisir librement ses dirigeants. Il devra accepter un gouvernement qui soit acceptable aux yeux des États-Unis. Ce sont les Américains, pas les Irakiens, qui ont renversé Saddam. Ce sont donc les Américains, pas les Irakiens, qui commandent. Il serait extrêmement naïf de croire que les Américains, après avoir pris les risques qu'ils ont pris pour gagner cette guerre, vont purement et simplement remettre les clés du pays aux Irakiens et plier bagage. Les États-Unis sont en Irak pour longtemps et ont, à l'évidence, l'intention de faire de ce pays leur principale base dans le monde arabe. Leur but est de remodeler le Moyen-Orient en fonction de leurs intérêts stratégiques. Si le peuple irakien s'était lui-même libéré de la dictature, la situation serait tout autre.
A. T. - Les Irakiens essayaient de se débarrasser de leur tyran depuis des années. Mais chaque fois qu'ils se sont soulevés, ils ont été écrasés - y compris au moyen d'armes chimiques. Et les pays musulmans n'ont pas levé le petit doigt...
M. M. - Les choses ne sont pas aussi simples qu'elles en ont l'air. Qui a aidé le Baas à prendre le pouvoir à Bagdad ? Qui a soutenu Saddam Hussein pendant des années ? Et qui a maintenu un système de sanctions dont le seul effet aura été d'affamer le peuple irakien et de renforcer le pouvoir de Saddam ? Quoi qu'il en soit, si la guerre doit devenir une méthode systématique pour renverser les régimes en place, alors il y a du pain sur la planche, notamment en Afrique !
A. T. - En tout cas, Saddam a été chassé et ne reviendra plus. Que faut-il faire maintenant ?
M. M. - Il faut restaurer l'autorité des Nations unies en leur confiant la responsabilité d'organiser la transition en Irak. Cela permettrait aux Irakiens de choisir le type de régime qu'ils préfèrent au lieu que les Américains le fassent à leur place. Les États-Unis parlent d'instaurer la démocratie. Et si les Irakiens n'en voulaient pas ? La démocratie est un processus qui se déploie sur des décennies, voire des siècles, et qui prend appui sur une expérience sociale, culturelle et politique. Elle ne peut pas être imposée de l'extérieur. Or les Irakiens n'ont jamais eu la moindre expérience démocratique. Pourquoi seraient-ils obligés de choisir un mode de gouvernement qu'ils ne seraient pas capables de gérer ?
A. T. - Je doute que beaucoup d'Irakiens soient d'accord avec vous ! L'Irak a connu un début de démocratie entre les années 1930 et 1958. C'était alors la société la plus ouverte du monde arabe. Ce pays dispose d'une classe moyenne urbaine éduquée et d'une élite intellectuelle et culturelle de qualité. Pourquoi ces gens voudraient-ils vivre sous la férule d'un despote ? Seraient-ils génétiquement inaptes à se gouverner eux-mêmes ?
M. M. - Pas du tout. Aucun peuple n'est génétiquement prédéterminé. Ce que je dis, c'est que la démocratie ne doit pas être considérée comme une panacée. Elle revêt différentes formes selon les sociétés dans lesquelles elle s'enracine. Les femmes malaisiennes, par exemple, ont obtenu le droit de vote et le droit d'être élues au Parlement bien avant les femmes suisses ! La démocratie ne s'est pas développée en Allemagne de la même manière qu'en Grande-Bretagne... L'histoire offre maints exemples de régimes non démocratiques, voire féodaux, qui ont agi pour le bien de leur peuple. Ce sont les barons et les rois qui ont bâti la civilisation européenne. La notion de " despote bienveillant " joue un rôle fondamental dans la théorie et la pratique politiques islamiques. Une tyrannie qui respecte les intérêts de la société n'est-elle pas finalement préférable à l'anarchie ou à un gouvernement pseudo-démocratique aux mains d'une majorité qui opprime les minorités ? Les Américains nous étouffent sous leurs belles paroles. Mais les démocraties ne sont pas infaillibles. La démocratie allemande s'est fourvoyée avec la République de Weimar. Et la démocratie argentine ne risque-t-elle pas de sombrer sous nos yeux ? Dans certains pays, et à certains moments de l'Histoire, un régime autoritaire doté de bonnes intentions peut faire bien plus pour son peuple qu'un régime démocratique qui affaiblit la nation en rendant le gouvernement impuissant. Pour en revenir à votre question, une société aussi divisée que l'Irak aura beaucoup de mal à adopter le type de démocratie que les Américains voudraient lui imposer.
A. T. - La Malaisie n'est-elle pas un bon contre-exemple ? Votre pays est, en effet, composé d'une mosaïque de communautés : Malais, Chinois, Indiens, musulmans, hindous, bouddhistes, etc. La clé de votre réussite ne réside-t-elle pas, précisément, dans cette diversité ?
M. M. - Peut-être. Il reste que nous avons surtout eu la chance d'être gouvernés par des pouvoirs forts. Nous avons traversé des épreuves, commis des erreurs, mais nous avons toujours été maîtres de notre destin. Personne n'a écrit le scénario à notre place. Sera-ce le cas en Irak ? J'en doute...
A. T. - Au début de l'année, vous mettiez en garde les membres du Forum économique mondial de Davos contre les risques d'un " choc des civilisations ". Le danger est-il passé ?
M. M. - Le choc des civilisations que j'annonçais à Davos, nous sommes en train de le vivre. Les nations les plus puissantes d'Occident ont clairement pris pour cible le monde musulman. Elles entendent le réorganiser à leur façon. Pour la majorité des musulmans, cette perspective n'est pas acceptable. Nous sommes attachés à nos valeurs et à nos traditions et nous ne voulons pas être dépouillés de notre identité. Nous voulons rester nous-mêmes. " Qui sera le prochain sur la liste ? " : cette question vise avant tout les pays musulmans. Ils savent qu'ils peuvent être envahis sous n'importe quel prétexte.
A. T. - Vous avez souvent parlé des " valeurs asiatiques " et des " valeurs musulmanes ". Mais, au-dessus d'elles, n'y a-t-il pas des valeurs universelles ? L'égalité des droits entre les hommes et les femmes, par exemple ?
M. M. - Derrière les termes " valeurs universelles " se cache, en réalité, un ensemble de normes qu'une petite élite internationale libérale veut imposer au monde entier. Je ne suis pas sûr qu'un tel système bénéficie du soutien du plus grand nombre, y compris en Occident. Prenons l'exemple que vous avez cité : celui de l'égalité des droits pour les femmes. Au Danemark, par exemple, la loi autorise les lesbiennes, comme tous les homosexuels d'ailleurs, à se marier et même à adopter des enfants. Il est évident que nous ne pouvons pas permettre une chose pareille. Autre exemple : les hommes ont le droit d'aller voir des prostituées pour satisfaire leurs besoins. Devons-nous, pour autant, autoriser les femmes à fréquenter des prostitués hommes au nom de l'égalité ? Dans de tels cas, nous disons : non aux valeurs universelles ! Ce qui ne veut pas dire que nous soyons contre l'émancipation des femmes : en Malaisie, elles ont accès à tous les postes y compris ministres ou pilotes d'avion de chasse. Il n'est pas question, pour nous, de suivre les prétendus porte-parole de l'islam qui veulent exclure les femmes de la vie publique.
A. T. - Lors d'une réunion des ministres des Affaires étrangères à Kuala-Lumpur l'an dernier, vous avez proposé d'inclure dans la définition du terrorisme les attentats-suicides. Les ministres ont poliment rejeté votre suggestion. Pensez-vous toujours que les kamikazes qui se font sauter au milieu de la foule soient des terroristes ?
M. M. - Oui. Le suicide est expressément interdit par l'islam. C'est un grave péché. Et l'assassinat délibéré de civils innocents est soit un meurtre soit un acte terroriste. Il ne faut pas se voiler la face. On peut, bien sûr, expliquer, voire tenter de comprendre les raisons qui poussent ces malheureux à commettre de tels actes. En ce qui concerne les Palestiniens, ce n'est pas difficile. Leur cause est légitime : ils se battent depuis plus d'un demi-siècle pour leur auto-détermination. Ils ont tenté d'y parvenir par la guerre, avec l'appui des États arabes, et ils ont échoué. Ils ont alors essayé la désobéissance civile et la guerre des pierres, là encore sans résultat. Pendant des années, ils ont exploré la voie de la diplomatie et des négociations. Après avoir tout tenté et accumulé d'immenses frustrations, ils ont le sentiment de ne pas avoir d'autre choix que les attentats-suicides. Les Israéliens, eux, ont le choix. Ils peuvent se retirer des territoires occupés. Ils peuvent cesser d'utiliser massivement la force contre des civils. Ils peuvent arrêter leurs prétendus " meurtres ciblés ". Les attentats-suicides doivent être condamnés sans réserve. Mais cette condamnation ne doit pas faire oublier qu'Israël a le choix de ne pas opprimer le peuple palestinien.
A. T. - Vous dites que nous vivons un choc des civilisations et que toutes les nations musulmanes sont susceptibles d'être envahies. Que devraient-elles faire pour se protéger ?
M. M. - Plus que jamais les nations musulmanes ont besoin d'unité. Elles doivent coordonner leur action politique et diplomatique, notamment aux Nations unies. Elles doivent aussi utiliser leurs ressources naturelles et leurs marchés comme autant de moyens de défense. Sur les onze membres de l'Opep, tous sont musulmans sauf un. Et pourtant, ils n'arrivent pas à se mettre d'accord sur les quotas et les politiques de prix. Si l'Opep fixait un prix du brut réaliste, elle pourrait contribuer au développement des pays musulmans en leur procurant du pétrole bon marché. Il faudrait aussi accroître les échanges entre les pays musulmans qui, pour l'instant, sont très peu développés. Si nous étions unis, tous ceux qui voudraient imposer des sanctions à l'un d'entre nous, ou même nous menacer d'invasion, réfléchiraient à deux fois avant de se lancer dans l'aventure. Nous serions capables de riposter à leurs sanctions et de nous défendre avec plus d'efficacité.
A. T. - La manière dont le régime de Saddam Hussein s'est effondré, en peu de jours et sans opposer de résistance, ne devrait-elle pas inciter les dirigeants musulmans à s'interroger sur leurs politiques et sur leurs méthodes de gouvernement ?
M. M. - Absolument. La facilité avec laquelle Saddam a été balayé devrait leur servir de leçon : ils devraient mieux respecter leur peuple, se conformer aux lois qu'ils ont eux-mêmes promulguées et s'occuper des pauvres et des nécessiteux.
A. T. - Et peut-être aussi s'abstenir d'assassiner leurs opposants, de jeter en prison ceux qui les critiquent et de piller les finances publiques...
M. M. - Tout à fait. Je n'ai jamais prétendu que tous les gouvernements musulmans étaient parfaits. À l'évidence, ils ne le sont pas. S'ils veulent faire face aux nouveaux dangers qui les menacent, la plupart doivent gagner la confiance de leur population. C'est leur devoir en tant que musulmans de se conduire dignement. L'exemple de l'Irak doit être médité par tous : un régime qui n'est pas soutenu par son peuple peut s'écrouler comme un château de cartes.
A. T. - L'un de vos prédécesseurs au poste de premier ministre, Tunku Abdul-Rahman, qui devint par la suite le premier secrétaire général de l'Organisation de la conférence islamique, avait conçu, dans les années 1970, un ambitieux programme de réformes pour le monde musulman. Il voulait que les gouvernements adoptent une sorte de code de conduite contraignant. L'État qui aurait contrevenu à ce code se serait placé de lui-même au ban du monde musulman. Ne pensez-vous pas qu'il serait judicieux de remettre cette idée au goût du jour ? Les pays islamiques ne devraient-ils pas se débarrasser de leurs mauvais éléments avant que le reste du monde ne s'en charge ?
M. M. - Tunku Abdul-Rahman était très impressionné par le Commonwealth et rêvait de doter le monde musulman d'une organisation calquée sur ce modèle. Mais il n'a pas tardé à s'apercevoir que son rêve ne pourrait se réaliser de son vivant ni même après sa mort. L'islam est accablé par les divisions. Les gens ne parviennent même pas à se mettre d'accord sur le début du ramadan au sein d'un même pays ! Édicter un code de conduite qui serait aussitôt violé ne ferait qu'ajouter à ces divisions. Pour le moment, mieux vaut nous en tenir à la diplomatie classique, aux conseils et à la persuasion amicale.
A. T. - Récemment, vous vous décriviez comme un fondamentaliste musulman. Pourtant, la Malaisie est devenue un partenaire actif des États-Unis dans leur croisade contre le terrorisme...
M. M. - Où est la contradiction ? Les terroristes qui se servent de la religion comme d'une idéologie ne sont pas des fondamentalistes mais des " innovateurs ". Ceux qui disent que le terrorisme n'a pas sa place dans l'islam : voilà les véritables fondamentalistes ! À travers les siècles, l'islam a souffert d'innombrables erreurs d'interprétation. C'est la raison pour laquelle je souhaite revenir en arrière, aux principes essentiels de la religion. L'islam vise à rendre la vie des hommes plus heureuse et plus facile. Les dignitaires religieux, eux, ceux qui s'expriment prétendument au nom des musulmans, ne cherchent qu'à compliquer les choses et à rendre la vie plus difficile. Par exemple, l'islam enjoint aux femmes de se vêtir avec modestie. Rien de bien méchant. Les islamistes, eux, veulent leur imposer le port du hidjab - un voile particulier qu'ils ont spécialement conçu à cet effet. C'est pour eux le symbole de leur influence politique. Aujourd'hui, vous voyez ce genre de voile partout, en Malaisie et même à Londres. La plupart des femmes qui le portent ignorent que cela n'a rien à voir avec l'islam. Quant à la guerre mondiale contre le terrorisme, nous y avons pris part à la fois parce que nous condamnons le terrorisme et parce que le terrorisme nous menace. La Malaisie a défendu toutes les causes islamiques lorsqu'elles étaient légitimes. Mais beaucoup, en Occident, ignorent que les premières victimes du terrorisme sont les musulmans eux-mêmes.
A. T. - Est-il vrai que l'Asie du Sud - en particulier l'Indonésie, les Philippines et la Malaisie - est en train de devenir l'épicentre du terrorisme islamique ?
M. M. - Je ne crois pas que cela soit le cas. En Indonésie et en Malaisie, l'islam est un islam ouvert, tourné vers l'avenir, libéral en quelque sorte. Certaines idées extrémistes ont été importées du Moyen-Orient, mais elles ne rencontrent qu'un faible écho. La plupart des violences qui ensanglantent l'Indonésie ou les Philippines trouvent leur origine dans des conflits locaux, ethniques et territoriaux, plus que religieux.
A. T. - Il y a cinq ans, vous avez rétabli le contrôle des changes afin de prévenir un désastre économique. Beaucoup d'observateurs avaient prédit votre échec. Qu'est-il arrivé ?
M. M. - Nous n'avons pas échoué. Et comme vous le savez, mon parti a remporté les dernières élections législatives. Encore une fois, la Malaisie s'en est bien sortie. En fait, je me suis contenté d'écouter les thèses des experts et, ensuite, j'ai obéi à mon seul bon sens. Un homme politique ne devrait jamais s'en remettre aveuglément à l'avis des experts.
A. T. - Vous avez déclaré que les Juifs " complotaient " pour déstabiliser votre gouvernement. " Complotent "-ils tou- jours ?
M. M. - Il y a bel et bien eu une conspiration contre la Malaisie. Beaucoup voyaient d'un mauvais œil notre volonté d'indépendance. Les Juifs ont toujours comploté au Moyen-Orient et ils continuent de le faire. Ils s'arrêteront le jour où ils auront compris que leurs manigances ne mènent à rien.
A. T. - Vos propos n'apportent-ils pas de l'eau au moulin des extrémistes ? Comment peut-on affirmer que tous les Juifs sont des comploteurs ?
M. M. - Je n'ai jamais dit cela. Certains dirigeants religieux en Malaisie le disent, mais pas moi. Ma remarque d'il y a quatre ans a été sortie de son contexte et exagérément déformée de manière à me faire passer pour un antisémite.
A. T. - Vous avez annoncé votre intention de vous retirer prochainement du pouvoir. D'après vos amis, vous voudriez vous lancer dans une carrière de porte-parole du monde musulman et jeter les bases d'un dialogue entre les civilisations...
M. M. - Ce dialogue est nécessaire et le monde ne va pas tarder à s'en rendre compte. J'ai bien l'intention, après mon départ, de conserver ma liberté de parole. Vous me connaissez : je ne peux pas tenir tranquille même quand ma voix est isolée, ce qui a souvent été le cas. Mais je n'ai pas l'intention de m'adresser, au nom de l'islam, aux seuls Occidentaux. Je parlerai aussi aux musulmans des problèmes qui les touchent. Je leur dirai ce que nous devons faire pour préserver nos valeurs tout en profitant au maximum de la globalisation en termes de développement économique et d'amélioration de nos conditions de vie.

Notes :