Politique Internationale - La Revue n°156 - ÉTÉ -

sommaire du n° 156
L'ALLIANCE ATLANTIQUE EN QUESTION
Article de Guillaume LAGANE
Professeur de relations internationales à Sciences Po
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Nunca antes, probablemente, los países occidentales se habían interrogado tanto sobre el interés del proyecto transatlántico. Sin embargo, sobran las razones para hacer frente solidariamente a los retos del momento: la amenaza de la retirada estadounidense, que Donald Trump agitó cierto tiempo, las gesticulaciones del Kremlin en Europa Oriental, pasando por el espectro de una región sur del Mediterráneo en plena inestabilidad... Pero, tal como existe hoy en día, ¿es capaz la OTAN de hacerles frente? Su excesiva burocracia y su relativa eficacia militar (en particular en Afganistán y Libia) son los principales reproches que se hacen a la organización. Pero hay algo peor: con la ampliación progresiva de su ámbito geográfico, la Alianza Atlántica ha perdido poco a poco su coherencia ideológica. Hasta el punto que algunos de sus miembros están alejándose del ideal democrático del inicio y dejándose arrastrar por una deriva autoritaria con ciertos tintes de inquietante rusofilia... 


Notes :




(1) Pierre Haski, « Emmanuel Macron sera-t-il un président gaullo-mitterrandien ? », L'Obs, 9 mai 2017.

(2) Charles Zorgbibe, Histoire de l'Otan, Complexe, 2002.

(3) « Les parties conviennent qu'une attaque armée contre l'une ou plusieurs d'entre elles survenant en Europe ou en Amérique du Nord sera considérée comme une attaque dirigée contre toutes les parties et, en conséquence, elles conviennent que, si une telle attaque se produit, chacune d'elles, dans l'exercice du droit de légitime défense, individuelle ou collective, reconnu par l'article 51 de la charte des Nations unies, assistera la partie ou les parties ainsi attaquées en prenant aussitôt, individuellement et d'accord avec les autres parties, telle action qu'elle jugera nécessaire, y compris l'emploi de la force armée, pour rétablir et assurer la sécurité dans la région de l'Atlantique Nord. »

(4) Olivier Kempf, L'Otan au XXIesiècle, Artège, 2010.

(5) On se souvient qu'en 2005 déjà, dans un discours à la Douma, Vladimir Poutine considérait la fin de l'URSS comme la plus grande « catastrophe géopolitique du XXe siècle ».

(6) Il faut noter que l'annonce par l'Allemagne du renforcement de son effort de défense pourrait, paradoxalement, contrevenir au dernier objectif. Avec 2 % d'un PIB d'environ 3 000 milliards d'euros, Berlin consacrerait à son armée près de 60 milliards d'euros, soit le double de l'actuel budget français.

(7) Jean-Sylvestre Mongrenier, « Le parapluie américain, c'est fini ? », Atlantico, 1er juin 2017.

(8) Région proche de l'Allemagne de l'Est, considérée comme un axe probable d'attaque des blindés du Pacte de Varsovie en cas d'invasion de la RFA.

(9) Ivo Daalder et James Goldgeier, « Global Nato », Foreign Affairs, octobre 2006.

(10) Et à la construction d'une Europe de la défense. Notons, de ce point de vue, que le débat fut assez largement tranché par les accords de « Berlin plus » en 2002 : en cas de crise, l'Otan intervient si elle le veut (elle a le droit de premier refus). Dans le cas inverse, l'UE intervient avec les moyens de l'Otan ou seule (hors Berlin plus).

(11) « NATO is sharing the defense burden », The Washington Post, 9 décembre 2016.

(12) « Encouraging NATO burden sharing : what works? », The Cato Institute, 8 février 2017.

(13) « The Trouble With NATO Burden Sharing », The American Interest, 27 avril 2017.

(14) Mécanisme permettant, comme dernière étape avant l'adhésion, un examen régulier de la candidature par le Conseil de l'Atlantique Nord.

(15) Ces accords, comme celui signé avec Oulan-Bator en 2012, prévoient de renforcer la coopération militaire (la formation notamment) entre l'Otan et les pays signataires.

(16) Homme fort du pays, soupçonné de crimes mafieux, il est sous le coup d'un mandat d'arrêt italien.

(17) Ces accords, qui ont mis fin au conflit en Bosnie-Herzégovine, ont divisé le pays en deux grandes régions autonomes : la « république serbe » et une fédération croato-musulmane. La profusion de gouvernements locaux et fédéraux (plus de 180 ministres au total) est une source majeure d'inefficacité de l'État bosnien.

(18) Possession britannique, Chypre est devenue indépendante en 1960 mais la cohabitation entre les Grecs (80 % de la population) et la minorité turcophone a déstabilisé le jeune État. L'Enosis (« unité ») est le projet d'union gréco-chypriote porté par les nationalistes hellènes au nom de la « Grande Idée » (la réunion de toutes les régions peuplées de Grecs). Au pouvoir à Athènes (régime des colonels), ceux-ci organisent, en 1974, un coup d'État à Nicosie contre le régime modéré de Mgr Makarios.

(19) Membres du Partenariat pour la paix, la Finlande et la Suède ont signé en 2014 un accord permettant d'organiser des exercices communs avec l'Otan sur leurs territoires respectifs. Les deux pays ont participé à des opérations militaires sous commandement otanien, par exemple en Afghanistan ou en Libye (Suède).

(20) « Who's afraid of NATO enlargement », Carnegie Europe, 5 août 2015.