Politique Internationale - La Revue n°156 - ÉTÉ -

sommaire du n° 156
LA VOIX DE LA RUSSIE
Entretien avec Margarita SIMONYAN
Rédactrice en chef des médias russes RT et Sputnik. La
conduit par
Natalia RUTKEVICH
Journaliste indépendante, spécialiste de l'espace post-soviétique.
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Le 29 mai dernier, la conférence de presse commune tenue par Vladimir Poutine et Emmanuel Macron à l'issue de leur entrevue au château de Versailles a donné lieu à une scène peu commune. Interrogé par une journaliste de la chaîne d'informations RT (nom officiel, depuis 2009, de l'ancienne Russia Today) sur les raisons pour lesquelles il avait interdit à ce média d'accéder à son QG tout au long de la campagne électorale qui s'est achevée trois semaines plus tôt, le chef de l'État français réplique sèchement : « J'ai toujours eu des relations exemplaires avec les journalistes étrangers - encore faut-il qu'ils soient journalistes. » Avant de poursuivre : « Quand des organes de presse répandent des contre-vérités infamantes, ce ne sont plus des journalistes, ce sont des organes d'influence. Russia Today et Sputnik ont été des organes d'influence durant cette campagne qui ont, à plusieurs reprises, produit des contre-vérités sur ma personne et ma campagne, et j'ai considéré qu'ils n'avaient pas leur place, je vous le confirme, à mon quartier général. » Et d'ajouter, cinglant : « Russia Today et Sputnik ne se sont pas comportés comme des organes de presse et des journalistes mais comme des organes de propagande mensongère, ni plus ni moins. »

La salve du nouveau locataire de l'Élysée vient s'ajouter à de nombreuses critiques semblables ayant visé RT et son organisation soeur, le site Internet Sputnik. Des formules similaires à celles d'Emmanuel Macron ont, notamment, été employées par les secrétaires d'État américains John Kerry et Hillary Clinton, le président ukrainien Petro Porochenko ou encore le ministre allemand des Finances Wolfgang Schaüble. La majeure partie des grands journaux occidentaux ont, eux aussi, publié à maintes reprises des articles dénonçant la « propagande », la « désinformation » et le « conspirationnisme » de ces médias jugés « aux ordres du Kremlin » et colporteurs de « fake news ». Pourtant, toutes ces attaques n'entravent nullement leur montée en puissance. Au contraire, même : il semble que plus l'« establishment » médiatico-politique de l'Ouest vitupère RT et Sputnik, plus leurs audiences en Europe et sur le continent américain progressent. Les explications sont multiples : défiance envers les médias occidentaux traditionnels ; curiosité suscitée par une « vision du monde alternative » ; intérêt sincère pour la Russie ; fascination pour Vladimir Poutine ; volonté de confronter diverses opinions, RT et Sputnik apparaissant, de ce point de vue, comme un contrepoint utile à CNN, à la BBC ou encore à France 24... Sans oublier l'accessibilité : RT est visible, via le câble, dans de très nombreux pays et, surtout, est la première chaîne d'information en continu au monde en termes de visionnages sur YouTube. Quant à Sputnik, décliné en une trentaine de langues, il est, comme tous les portails Internet, consultable par quiconque dispose d'une connexion.

À l'époque de sa création en 2005 par l'agence de presse officielle RIA Novosti, RT est conçue comme une chaîne anglophone qui s'inspire sur la forme de la BBC, de CNN et d'Euronews et se donne pour objectif, d'après les termes du communiqué de presse annonçant son apparition, de « refléter la position russe sur les principaux événements de la vie internationale ». Dotée de moyens importants (elle a notamment ouvert des studios à Washington et à Londres d'où émettent ses filiales américaine et britannique, RT America et RT UK), elle a lancé en 2007 une version en arabe et, en 2009, une autre en espagnol. L'année 2011 a vu la naissance de RT Doc (chaîne en anglais et en russe consacrée aux documentaires). Et ce n'est pas terminé puisque RT France devrait voir le jour dans les prochains mois - en attendant, son site « RT en français », créé en 2015, est déjà très actif. C'est également en 2015 qu'a vu le jour Sputnik, site d'informations et station radio multilangues lancé par l'agence de presse publique Rossia Segodnya.

À la tête de cette machine colossale et controversée - qui emploie quelque 2 500 personnes et possède une vingtaine de bureaux dans le monde entier - se trouve depuis le départ une jeune femme âgée aujourd'hui de 37 ans, Margarita Simonyan. Celle qui est la rédactrice en chef à la fois de RT et de Sputnik s'est fait connaître en tant que correspondante dans le Caucase du Nord où elle couvrit la seconde guerre de Tchétchénie (1999-2000) et le terrible siège de Beslan (Ossétie du Nord), dans les premiers jours de septembre 2004, qui se solda par la mort de 334 personnes dont 186 enfants. Un an plus tard, elle est choisie (sans doute en partie parce qu'elle parle un excellent anglais depuis un séjour d'études d'un an aux États-Unis effectué en 1996, dans le cadre du fameux programme russo-américain « Future Leaders Exchange ») pour diriger la rédaction de RT, un poste qu'elle ne quittera plus, pilotant l'expansion ininterrompue de la chaîne tout en animant, au fil des années, plusieurs émissions. Dans cet entretien exclusif, elle répond à toutes les critiques et n'hésite pas à contre-attaquer sans prendre de gants, attribuant avec virulence aux médias occidentaux des tares que l'on reproche généralement à RT et à Sputnik.

N. R.

Natalia Rutkevich - Les deux médias dont vous avez la charge, RT et Sputnik, connaissent un succès spectaculaire aussi bien en Europe qu'aux États-Unis, en Amérique du Sud et au Moyen-Orient. L'audience de RT et la fréquentation des sites de Sputnik (qui existent aujourd'hui en 29 langues) ne cessent de croître. Comment expliquez-vous ce phénomène ?



Margarita Simonyan - En fait, Sputnik existe désormais en plus de 30 langues ! Le succès de RT et de Sputnik s'explique par le fait qu'ils sont venus combler un grand vide qui existait dans l'espace médiatique. Longtemps, nous avons vécu dans un univers où un petit nombre d'organes de presse, toujours les mêmes, imposaient la même interprétation des événements pratiquement sur toute la planète. Les mêmes personnes racontaient les mêmes histoires, négligeant souvent des informations et des voix importantes. Mais le monde est plus divers et plus compliqué que cela : c'est quelque chose que nos équipes, mais aussi nos téléspectateurs, comprennent très bien. RT a trouvé sa place en rapportant des informations que les médias mainstream ignorent : beaucoup de gens, dans de nombreux pays, souhaitaient depuis longtemps qu'un média comme le nôtre fasse son apparition.

Il n'en demeure pas moins que nous ne nous attendions pas à connaître un tel succès. 70 millions de personnes regardent chaque semaine nos programmes à la télévision. Nous sommes aussi la première chaîne d'information sur YouTube, avec plus de 4,5 milliards de vues. Indéniablement, la volonté du grand public de voir une image du monde plus complète, combinée à la défiance sans cesse croissante envers les médias traditionnels, était supérieure à ce que nous avions imaginé.



N. R. - Quels sont vos projets concernant l'avenir ? Doit-on s'attendre à la création de RT et de Sputnik dans d'autres langues encore ? Lesquelles ? Dans quels délais ?



M. S. - En ce moment, nous sommes emballés par la mise en place de notre nouvelle chaîne, RT France. Nous espérons la lancer d'ici à la fin de l'année.



N. R. - Quelles sont les sources de financement de vos médias ?



M. S. - RT et Sputnik sont financés par le budget fédéral de la Fédération de Russie, qui doit être approuvé par la Douma d'État, c'est-à-dire par le Parlement russe, élu par le peuple russe. C'est un système de financement qui ne diffère guère de celui d'autres médias internationaux financés sur fonds publics comme France 24 ou la Deutsche Welle.



N. R. - Vous dites souvent qu'il n'existe pas de médias neutres, que chaque média possède sa propre ligne politique et que ceux d'entre eux qui prétendent à l'objectivité sont hypocrites. Comment résumeriez-vous la ligne de RT et de Sputnik ? S'agit-il uniquement de répéter sans la moindre distance les positions du moment du Kremlin ?



M. S. - RT et Sputnik sont absolument indépendants pour ce qui concerne la ligne éditoriale. Celle-ci est parfaitement résumée par notre slogan : « Question More » (Interrogez-vous davantage). Notre objectif est d'offrir un tableau complet de ce qui se passe dans le monde et de présenter, sur chaque sujet donné, autant de perspectives et d'opinions que possible - tout spécialement des opinions et des informations que les médias mainstream négligent. J'ajoute que la plupart de ces sujets n'ont rien à voir avec le Kremlin ou avec la Russie au sens large. Il en va de même pour Sputnik dont le slogan est « Telling the untold » (Raconter ce que les autres ne racontent pas).

Cela dit, je pense effectivement que, si nobles puissent être les intentions de tel ou tel journaliste, un journalisme parfaitement neutre est impossible. Pour une raison simple : le journalisme est fait par des gens ! Et on ne peut pas dissocier à 100 % le travail qu'effectue une personne de ses origines, de ses expériences, de ses caractéristiques - que celles-ci soient géographiques, socio-économiques, religieuses, de genre ou autres. Tout cela a un effet sur la vision du monde de chaque individu et, partant, sur son approche des événements.

Mais cette spécificité dans l'approche n'est absolument pas un problème. Au contraire, même : c'est cette diversité des expériences, des perspectives, des opinions qui fait que les informations sont traitées de façon plus riche et, aussi, plus équilibrée et plus véridique. J'estime que RT et Sputnik contribuent à une représentation plus objective et plus juste des événements précisément parce qu'ils sont différents, parce qu'ils apportent un regard frais dans un monde médiatique qui, auparavant, n'était qu'une chambre d'écho répétant sans cesse en boucle les mêmes discours.



N. R. - L'un des objectifs officiels de RT et de Sputnik consiste à « réduire l'interprétation occidentale des événements survenant dans le monde ». Mais, même au sein des médias occidentaux mainstream, on constate que des interprétations très contrastées de divers événements sont souvent diffusées. Contestez-vous l'existence d'un vrai pluralisme de l'information en Occident ? La presse et les médias occidentaux ne sont-ils pas nettement plus libres que leurs homologues russes ?



M. S. - Tout d'abord, je voudrais clarifier quelque chose : notre objectif n'a jamais été de « réduire » quoi que ce soit mais de fournir, dans le traitement des nouvelles, une plus grande diversité que le discours uniforme qui nous est offert par cette chambre d'écho que sont les grands médias. Et je persiste à dire que ces grands médias constituent bel et bien une chambre d'écho : quels que puissent être les désaccords sur les questions politiques internes entre des médias dans un pays donné, la plupart d'entre eux chantent à l'unisson en ce qui concerne les principaux enjeux internationaux. Il y a des bons et des méchants prédéterminés - si bien que, dans une certaine mesure, tous les journaux et toutes les chaînes de télévision présentent les choses de la même façon. En quoi serait-ce « plus libre » que ce que nous avons en Russie?

En Russie, il existe de nombreux médias qui soutiennent ouvertement les États-Unis et l'Occident dans leur décision d'appliquer des sanctions à l'encontre de la Russie. De nombreux journalistes vont librement à la télévision russe pour y exprimer leur soutien à des actions ou à des restrictions anti-russes. Il y a même des organisations médiatiques qui s'opposent intégralement et ouvertement à la politique étrangère du Kremlin. A contrario, est-il imaginable que de nombreux médias américains puissent soutenir la décision d'un pays étranger de sanctionner les États-Unis, ou soutenir un ennemi des États-Unis en cas de guerre ou de confrontation ? Eh bien, en Russie, cela se passe tout le temps !

Je vais vous donner un exemple très récent. En France, lors de la campagne électorale pour la présidentielle, certains médias (je dirais même la plupart d'entre eux) donnaient clairement la préférence à Emmanuel Macron, mais d'autres favorisaient plutôt François Fillon ou Jean-Luc Mélenchon. Peut-être certaines critiques ont-elles été formulées à l'égard de M. Macron au moment des débats, avant le premier tour. Mais quand son équipe, chaque jour ou presque, a multiplié les déclarations absolument infondées accusant RT de diffuser des « fake news » le concernant, y a-t-il eu un seul grand journal français, ou une seule grande chaîne de télévision française, qui ait dit : « Fournissez-nous un exemple » ? Ces grands médias sont-ils allés vérifier les contenus de RT pour dénicher ces prétendues « fake news » ? Non - et s'ils l'avaient fait, ils n'auraient rien trouvé. Ils se sont contentés de publier ces déclarations calomnieuses sans le moindre questionnement, sans aucune approche critique. Personne n'a remis en cause le récit servi par l'équipe d'Emmanuel Macron. Et la plupart des journalistes n'ont même pas pris la peine de nous contacter pour obtenir notre réaction à ces accusations totalement infondées.



N. R. - Lors d'une émission à laquelle vous avez participé, « Le Droit de savoir », vous avez répondu à un journaliste américain qui dénonçait les atteintes aux droits de l'homme en Russie : « Chacun choisit qui il souhaite croire. Vous avez choisi de croire Amnesty International ; moi, j'ai choisi de croire ma patrie. » Une telle prise de position signifie-t-elle que vous préférez prendre pour argent comptant toute information officielle plutôt que chercher à établir la vérité en dénichant, vérifiant et comparant les faits ?



M. S. - Si vous avez regardé cette émission dans son intégralité, comme vous l'avez probablement fait, vous avez sans doute vu, et devez donc reconnaître, qu'en réalité je mettais au défi ce journaliste qui avait choisi de croire Amnesty International aveuglément et inconditionnellement, qui avait décidé de croire toutes ses déclarations sans chercher à vérifier les faits, sans essayer de trouver la vérité...

Choisir qui et quoi croire, c'est quelque chose que chaque personne, dans la vraie vie, fait chaque jour. RT prend en considération et cite toutes les sources intéressantes, y compris cette fameuse Amnesty International. Mais nous ne considérerons aucune déclaration comme une vérité intangible aussi longtemps qu'elle n'aura pas été corroborée par des faits.

C'est là une autre différence qui existe entre RT et les médias mainstream : nous ne passons pas nos journées à crier que CNN, la BBC, France 24, etc. sont des organes de propagande et que les gens ne devraient pas les écouter. Pourtant, c'est ce que des centaines de médias disent à propos de RT, tout en demandant à leurs spectateurs et lecteurs de croire aveuglément à tout ce qu'ils racontent. RT ne dit pas à ses spectateurs qui il faut croire. Nous donnons aux gens des faits, et ce sont eux qui décident ensuite comment ils veulent les interpréter.



N. R. - La devise de RT, vous l'avez rappelé, est « Question more » - une formule que l'on peut interpréter comme un appel à une approche critique de l'information, à douter des faits assénés par le pouvoir, à croiser les sources, etc. N'est-ce pas contradictoire avec la position qui consiste à systématiquement prendre le parti du Kremlin ?



M. S. - Encore une fois, c'est précisément le fait d'accepter aveuglément une déclaration sans avoir de preuves, sans s'appuyer sur des faits concrets, que je reprochais au journaliste que nous avons évoqué tout à l'heure. « Question more », c'est l'inverse d'une telle approche. C'est un appel à réfléchir de façon critique. L'option alternative, c'est l'allégeance à un dogme, la volonté de prendre pour parole d'Évangile n'importe quel point de vue provenant d'une organisation « correcte », même si cette organisation nous a si souvent menés en bateau par le passé, avec des résultats désastreux comme la guerre en Irak ou le chaos en Libye. Y a-t-il quoi que ce soit de plus dangereux pour les sociétés modernes qu'un tel assaut lancé à l'encontre de la liberté de pensée ?



N. R. - Quel public « ciblez »-vous tout particulièrement en France ? Quels sont vos objectifs chiffrés, en termes d'audience ?



M. S. - Notre public en France est le même que dans n'importe quel autre pays : des téléspectateurs curieux du monde qui apprécient la possibilité d'avoir une perspective différente. Quand nous aurons lancé RT France, nous nous adresserons plus directement au public francophone et nous aborderons les questions qui l'intéressent tout particulièrement.



N. R. - En parcourant le site de RT en français, on est surpris par deux aspects, qui sont d'ailleurs complémentaires. Premièrement, vous relayez énormément d'informations relatives à diverses manifestations de mécontentement en France - affrontements entre manifestants et policiers, voitures incendiées, scènes de violence... Deuxièmement, on constate que vous donnez la parole à de nombreuses personnalités plutôt marginales - il s'agit souvent de représentants du FN, mais aussi d'essayistes controversés comme Alain Soral ou de politiciens relativement obscurs comme Jacques Cheminade. Pourquoi invitez-vous ces personnages, dont le discours est assez apocalyptique ? En combinant leurs interventions et les reportages anxiogènes, votre but n'est-il pas de présenter la France comme un pays en proie au chaos ?



M. S. - C'est une présentation totalement erronée de ce que nous faisons. Tout d'abord, les représentants du Front national n'apparaissent pas plus souvent sur RT que ceux des autres partis et mouvements français. Nous avons réalisé des entretiens avec des intervenants du Parti socialiste, de Debout la France, des Républicains, du Parti de gauche, du Parti communiste français, du Mouvement républicain et citoyen, du Parti démocrate-chrétien, de l'Union des démocrates et des indépendants, du Mouvement pour la France, de Solidarité et Progrès et de bien d'autres : vous pouvez facilement trouver tous ces entretiens sur le site RT France. Et RT France n'a jamais interviewé Soral (1) !

Votre question constitue une illustration parfaite de la façon dont sont diffusés les mensonges et les falsifications concernant RT. Des journalistes ne prennent même pas la peine de vérifier une information mensongère, la publient en la présentant comme un fait indiscutable et n'en sont jamais tenus responsables. Avez-vous vraiment vérifié qu'il y a eu une interview de Soral sur RT France, ou avez-vous juste décidé que c'était le cas, alors même que vous prétendez avoir parcouru le site de RT en français ? En réalité, si vous aviez attentivement examiné notre fil d'informations, vous auriez vu que votre question est un modèle de désinformation car, comme je viens de le dire, RT France n'a jamais interviewé Soral.

Quant à M. Cheminade - l'un des candidats à la présidentielle qui vient de se tenir -, oui, nous l'avons interviewé. Et alors ? En quoi est-ce un problème si - au lieu de mettre en avant toujours les mêmes vainqueurs et perdants et d'inviter les mêmes experts médiatiques pour qu'ils régurgitent les mêmes discours comme ils le font ad nauseam sur toutes les autres chaînes - nous donnons la parole à des personnalités variées qui représentent la diversité du pays ? Je pense, pour ma part, que c'est tout à notre honneur.

Deuxièmement, pour ce qui est des manifestations de mécontentement, ne s'agit-il pas d'informations ? Faudrait-il les ignorer ? Est-ce que l'establishment des médias en France aimerait que nous ne mentionnions pas les problèmes qui affectent les Français ? C'est exactement pour cela que de plus en plus de gens se tournent vers RT et vers d'autres sources d'information alternatives : parce que celles-ci leur fournissent un reflet beaucoup plus conforme à la réalité qu'ils constatent chaque jour que les médias classiques.

Tout cela m'incite à poser une question beaucoup plus intéressante : pourquoi les médias français se montrent-ils aussi déterminés à ne parler que de ceux de nos invités et de nos reportages qui correspondent aux stéréotypes qu'ils véhiculent à propos de RT et de la Russie ? Et à quel point cette prétendue pluralité des médias « en Occident » que vous avez évoquée tout à l'heure est-elle réelle, si le simple fait de donner la parole à des « outsiders » et de parler d'événements peu flatteurs provoque un tel dédain ?

Soit dit en passant, en mars 2017 il y a eu des actions de protestation à la fois en France et en Russie. À Moscou, il y eut une manifestation organisée par Alexeï Navalny. À Paris, un rassemblement assez violent pour dénoncer les brutalités policières. RT a couvert ces deux événements. CNN, la BBC et la plupart des grands médias étrangers, eux, ont à peine évoqué ce qui se passait à Paris ; en revanche, ils ont couvert et analysé la manifestation moscovite pratiquement non-stop ! Comment l'expliquer ? Les événements en Russie sont-ils couverts de la même façon que ceux survenant ailleurs ? Estimez-vous que l'on puisse parler, en la matière, d'approche impartiale ?



N. R. - Vous qualifiez vos médias d'« anti-système » et ne cachez pas votre admiration pour les journalistes, experts et lanceurs d'alerte occidentaux qui s'élèvent contre le « système occidental » - on pense, notamment, à Edward Snowden et Julian Assange. Dans le même temps, pour ce qui concerne la Russie, vous montrez beaucoup d'hostilité envers tous ceux de vos compatriotes qui remettent en cause le régime de Vladimir Poutine (comme Alexeï Navalny, Mikhaïl Khodorkovski et bien d'autres). Pour quelle raison ? Les causes qu'ils défendent - la lutte contre la corruption, la démocratisation, la possibilité d'une alternance au pouvoir - vous semblent-elles dangereuses pour la Russie ?



M. S. - Je n'ai jamais dit de mal des personnes qui oeuvrent vraiment pour une société plus démocratique, qui luttent réellement contre la corruption et qui aspirent au progrès dans notre pays. Ces gens-là sont suffisamment nombreux mais, malheureusement, je ne m'attends pas à des questions les concernant de votre part. Pour une raison obscure, les médias occidentaux préfèrent faire des héros de quelques individus d'une espèce tout à fait différente.

Vous citez Navalny. En effet, j'ai de nombreux griefs à son égard. Je doute que vous soyez au courant - bien que vous le seriez si vous aviez fait un minimum de recherches journalistiques ! - que cet homme a posté des vidéos qu'on ne peut interpréter que comme des appels à la violence contre des minorités ethniques, particulièrement contre les ressortissants du Caucase, et qu'il a participé à des manifestations de groupuscules soutenant l'idéologie nazie. Il a également mis en ligne des posts agressifs évoquant mes origines ethniques (je suis arménienne). Comment pouvez-vous qualifier une telle personne de « défenseur de la démocratie » ? C'est un populiste tout ce qu'il y a de plus ordinaire, qui joue sur les instincts les plus bas de la foule. Il a répandu des mensonges à mon égard sur Twitter, prétendant que j'allais accoucher aux États-Unis - or je ne l'ai jamais fait et n'en ai jamais eu l'intention. Ces mensonges se sont traduits par des années de harcèlement sur des réseaux sociaux contre moi et mes enfants. La facilité avec laquelle il a répandu ces « fake news » me pousse à croire qu'il ment dans toutes ses autres « enquêtes ».

Quant à Khodorkovski, il est accusé d'être impliqué dans le meurtre du maire de Nefteïougansk Vladimir Petoukhov (2). Ses « frères d'armes » ont déjà été condamnés pour meurtre (3). Dites-vous sérieusement que je devrais apporter mon soutien à ces personnes simplement parce que la presse occidentale mainstream leur a apposé une étiquette de « défenseurs de la liberté » ? Je vous en prie...



N. R. - Vous avez souvent déploré la « russophobie » qui domine en Occident et qui est, selon vous, attisée par les grands médias. Pensez-vous que les Occidentaux soient hostiles à la Russie en tant que telle, quel que soit son régime ? Ne croyez-vous pas que cette « russophobie » que vous dénoncez est, en réalité, liée à la politique menée, à l'intérieur comme à l'extérieur du pays, par Vladimir Poutine ?



M. S. - Je pense que l'Occident, dans son rapport envers la Russie, n'a jamais perdu la mentalité de la guerre froide. Soit la Russie est faible et inefficace - et alors elle peut être réduite à des stéréotypes, ignorée ou même ridiculisée ; soit la Russie est forte - et alors elle est diabolisée chaque fois qu'elle ose être en désaccord avec la politique ou les actions de nos amis occidentaux et trace son propre chemin. Je n'ai jamais constaté, dans les médias mainstream occidentaux, une volonté de vraiment comprendre la Russie, ses objectifs, ses préoccupations et sa culture (au-delà des clichés).



N. R. - Vos journalistes sont, dans leur grande majorité, originaires des États dans lesquels vous émettez. D'où viennent-ils, en règle générale ? Travailler pour RT et Sputnik n'est-il pas mal vu dans la plupart de ces pays ? Avez-vous du mal à recruter ?



M. S. - RT attire d'excellents journalistes, issus de 40 pays, qui comprennent l'importance de notre travail. Ils accordent une grande importance à la pensée critique et au fait que des voix variées puissent se faire entendre dans le paysage médiatique. Un certain nombre de nos journalistes travaillaient, avant de nous rejoindre, à CNN, à MSNBC ou encore à Sky News ; d'autres, qui nous ont quittés en excellents termes, sont ensuite allés exercer leurs talents - malgré les campagnes de dénigrement dont ils faisaient l'objet - à CNN, à la BBC, à Al Jazeera ou ailleurs.



N. R. - Dans quels pays est-il particulièrement compliqué de travailler en tant que journaliste de RT ou de Sputnik ? Les autorités de certains États vous mettent-elles des bâtons dans les roues en termes d'accès aux événements, de diffusion, de publicité, etc. ?



M. S. - Pendant la campagne électorale présidentielle française, les journalistes de RT et de Sputnik se sont vu refuser une accréditation pour suivre la campagne d'Emmanuel Macron, sans recevoir la moindre justification. Quand nous avons demandé des explications à l'équipe de campagne de Macron, personne n'a été capable de nous fournir une réponse. L'affirmation selon laquelle nous aurions diffusé des « fake news » est apparue beaucoup plus tard - et, comme je vous l'ai dit, cette accusation, qu'aucun exemple concret n'a jamais étayée, était totalement infondée.

Les législateurs américains essaient constamment de nous mettre des bâtons dans les roues. Les principaux médias eux-mêmes, aux États-Unis comme au Royaume-Uni, tentent de leur côté d'effrayer non seulement le public, mais aussi nos partenaires - qu'il s'agisse des distributeurs de télévision câblée, des plates-formes numériques ou des annonceurs. L'année dernière, au Royaume-Uni, une banque publique, NatWest, avec laquelle nous avons travaillé pendant dix ans, a fermé tous nos comptes. Aucune explication ne nous a été fournie ; nous avons simplement reçu une lettre indiquant que la mesure était définitive et ne pouvait faire l'objet d'un appel. Ce n'est qu'après une expression massive de soutien public en faveur de RT que la banque a fini par revenir sur sa décision.

Dans les trois pays baltes, les employés de Sputnik et les journalistes indépendants travaillant avec Sputnik sont régulièrement convoqués par les services de renseignement locaux pour des « entretiens préventifs d'information ». Au cours de ces conversations, les services de renseignement cherchent à obtenir des informations sur la structure de l'agence, sur ses responsables, sur sa politique éditoriale, sur son processus de travail, sur les sujets que la rédaction veut voir traités... Ils demandent si le bureau moscovite porte atteinte à la « liberté d'expression » des journalistes locaux ou les oblige à promouvoir certains points de vue. Traditionnellement, ces séances se terminent par le « souhait » du journaliste de cesser de travailler avec Sputnik, afin d'éviter d'éventuels problèmes professionnels. D'ailleurs, Sputnik a été carrément interdit en Lettonie. Et plusieurs de nos contrats ont été annulés en Slovaquie.

Il est vraiment ridicule d'entendre constamment des sermons sur la « liberté d'expression » de la part d'instances qui s'empressent d'oublier leurs prétendus beaux principes dès l'instant qu'elles sont confrontées à un point de vue vraiment indépendant !



N. R. - Qu'est-ce qu'un bon journaliste, selon vous ? Y a-t-il des modèles que vous citez en exemple auprès des équipes qui travaillent pour vous ?



M. S. - Je pense que Julian Assange, que nous avons eu la chance de compter dans nos rangs à RT (4), est l'un des meilleurs journalistes contemporains. Pour rendre la vérité accessible à tous ceux qui voulaient la connaître, il s'est mis en grand danger et s'est exposé à de fortes critiques relayées dans le monde entier. C'est un comportement très courageux. Et tout ce qu'il a fait, il l'a fait de façon désintéressée en sachant parfaitement qu'il risquait sa vie et sa liberté, pour la seule raison qu'il déteste qu'on lui mente. Si la société était bien faite, il serait pratiquement considéré comme un saint ; au lieu de cela, il a été étiqueté violeur et est devenu un paria.



N. R. - La journaliste russe la plus connue à l'étranger est sans doute Anna Politkovskaïa, assassinée en 2006. Que pensez-vous d'elle ?



M. S. - Anna Politkovskaïa était indiscutablement une femme courageuse, et ses assassins méritent d'être sévèrement et explicitement condamnés.



N. R. - On a souvent reproché à RT et à Sputnik, qui possèdent une audience sans cesse croissante aux États-Unis, d'avoir favorisé la victoire à la présidentielle de Donald Trump. Qu'en est-il ? Quelles instructions avez-vous données à vos bureaux américains pendant la campagne américaine ?



M. S. - RT et Sputnik n'ont pas d'agenda politique et n'ont aucune préférence concernant le résultats des élections aux États-Unis ou ailleurs. Notre couverture de la campagne américaine a été nettement plus équilibrée que celle des médias occidentaux, qui ont massivement attaqué Trump et soutenu Hillary Clinton. Certains, comme le Guardian, ont affiché leur préférence ! RT n'a rien fait de tel. Nous avons traité les deux candidats d'une façon saine et critique. Pour vous en convaincre, je vous invite, par exemple, à visionner nos vidéos intitulées « Hellarious Trump ! Voting for lesser of 2 evils ? » (5) et « Hellarious Clinton ! Voting for lesser of 2 evils ? » (6).

Même le tristement célèbre rapport du Bureau du directeur national du renseignement (ODNI) (7) n'a pas réussi à apporter la preuve que RT aurait soutenu Trump. Tout ce que ce rapport a trouvé à dire à ce sujet, c'est que RT avait fait état, de façon critique, du bilan de Mme Clinton - mais en quoi cela ne relèverait-il pas du journalisme ?



N. R. - RT émet en langue arabe sur l'ensemble du Moyen-Orient. Comment y est-elle perçue ? Son soutien à Bachar el-Assad dans le conflit syrien, par exemple, ne lui vaut-elle pas l'hostilité des populations sunnites, largement majoritaires ?



M. S. - RT Arabic vient de célébrer ses dix ans. Au cours de cette période, la chaîne a été très bien accueillie par de nombreux pays à travers le Moyen-Orient, s'attirant les compliments de nombreux leaders et organisations médiatiques. Son audience hebdomadaire s'élève à 10 millions de personnes au Moyen-Orient et en Afrique du Nord selon Ipsos, et une étude effectuée par Nielsen l'a classée parmi les trois chaînes les plus populaires de six pays arabes. En outre, ses échanges sur Facebook avec ses téléspectateurs sont significativement plus dynamiques que ceux de chaînes « locales » comme Al Jazeera et Al Arabiya (ces données ont été observées par les outils de mesure des interactions de Facebook). Tout cela illustre la capacité de la chaîne à fournir des analyses équilibrées, factuelles et instructives sur la région.



N. R. - La présentation de Sputnik, sur le site officiel de l'agence, affirme : « Sputnik dévoile ce dont les autres ne parlent pas. » En France, quelles sont les informations que les médias français dissimulent et que vous révélez ? Qu'est-ce qu'un spectateur français découvrira en consultant vos médias qu'il ne verra pas sur les chaînes françaises ?



M. S. - Des protestations des jeunes contre la réforme du code du travail à la crise des réfugiés à Calais, RT et Sputnik offrent un regard beaucoup plus profond sur la France que celui des médias mainstream. Nous ne dissimulons pas les vérités gênantes. Nous avons fait état de la montée de l'euroscepticisme des années avant que cette question ne joue un rôle déterminant dans de nombreuses élections en Europe - alors que la plupart des médias mainstream ne croyaient absolument pas que cette tendance était appelée à s'amplifier. Même aujourd'hui, il apparaît que la presse de l'establishment est bien plus préoccupée par la recherche d'une « implication russe » totalement fantasmée dans n'importe quel domaine plutôt que par le contenu des sujets dont il est question. Mais les gens, en France comme ailleurs, en ont assez. C'est pourquoi ils sont de plus en plus nombreux à s'informer via nos médias.



N. R. - Est-il excessif de dire - comme on le fait quasi systématiquement en France - que RT et Sputnik ont cherché à faire tout leur possible pour que Marine Le Pen soit élue en mai 2017 ?



M. S. - Cette affirmation est absolument infondée. RT et Sputnik ne prennent pas parti en politique. En cela, nous nous distinguons de certains médias français qui prennent très ouvertement parti sur la Russie. Je pense, par exemple, à France Inter qui a diffusé une émission littéralement intitulée « Russie : pourquoi il faut soutenir les opposants russes » (8). Mais j'imagine que, pour certains représentants de l'establishment politique, il est plus facile de tenir RT et Sputnik pour responsables de divers développements politiques qu'ils n'ont pas souhaités plutôt que d'analyser objectivement les raisons réelles pour lesquelles ils surviennent. Les causes qui ont permis à Mme Le Pen d'obtenir des scores aussi élevés lors de ces élections seraient toujours les mêmes si RT et Sputnik n'existaient pas.

Nous jugeons qu'il est totalement légitime et conforme à la réalité d'affirmer que les principaux médias français ont fait tout leur possible pour que M. Macron soit élu président. Seul un aveugle, un idiot ou un menteur pourrait le contester. Pourtant, les médias et les politiciens français refusent de l'admettre.



N. R. - À quelques jours du second tour de la présidentielle française, les « MacronLeaks » - des documents volés sur les serveurs personnels du candidat d'En Marche ! et de son équipe - ont été publiés sur Internet et amplement relayés par RT et Sputnik. Le site WikiLeaks, notamment, affirme que ce sont des hackers russes, liés au Kremlin, qui ont volé ces pages et y ont incorporé des faux documents compromettants...



M. S. - Vous dites que nous aurions amplement relayé les MacronLeaks : là encore, c'est complètement faux. RT n'a pas couvert le contenu de ces fuites, seulement les débats politiques qu'elles ont engendrés, à commencer par la réaction de l'équipe de campagne de Macron - et c'est un sujet qui a également été couvert par l'ensemble des médias français. Une recherche rapide sur le site de RT vous aurait permis de vous en rendre compte. Mais, une fois de plus, vous semblez préférer croire à des hypothèses infondées plutôt qu'à des faits. Je ne peux que le déplorer.



N. R. - Deux jours avant l'élection d'Emmanuel Macron à la présidence, vous avez annoncé sur Twitter votre intention de porter plainte contre lui, après que lui-même et divers membres de son entourage eurent affirmé à de multiples reprises que vos médias avaient diffusé, tout au long de la campagne, d'innombrables « fake news » le concernant. À présent qu'il a été élu, avez-vous toujours l'intention de déposer plainte ? Ce conflit opposant les plus puissants médias russes au président français ne va-t-il pas détériorer encore davantage les relations entre les deux pays - d'autant plus que, dans cette affaire, vous avez reçu un soutien appuyé du ministère russe des Affaires étrangères ?



M. S. - Notre action en justice visera son équipe de campagne, pas lui personnellement. Son entourage s'est, en effet, livré à des calomnies systématiques et répétées à l'encontre de RT et de Sputnik tout au long de la campagne. Pour le bien d'une relation forte et empreinte de respect mutuel entre nos deux pays, il ne faut pas que ces diffamations puissent être considérées comme des faits.



N. R. - Les relations franco-russes se sont nettement détériorées en raison de la crise ukrainienne et des sanctions promulguées dans la foulée. Quel rôle les médias et les autres instruments de soft power peuvent-ils jouer dans un éventuel réchauffement de ces relations ?



M. S. - Les médias de masse sont un outil essentiel pour comprendre le point de vue de l'autre. Et une telle compréhension est fondamentale pour tout débat public informé. Je veux croire que, lorsque nous aurons atteint cette compréhension mutuelle, nous pourrons enfin résoudre les défis auxquels nous sommes confrontés aujourd'hui, vous et nous.



(1) En effet, c'est par RT International qu'Alain Soral a été interviewé. L'interview, datant du 24 janvier 2014, est disponible sur YouTube : https://www.youtube.com/watch?v=bMSaCVuNifE

(2) Sur cette accusation, se référer, par exemple, à : Matthew Bodner, « Putin critic and oil tycoon Mikhail Khodorkovsky charged with murder of town mayor », The Daily Telegraph, 11 décembre 2015. Les faits en question remontent à 1998. Vladimir Petoukhov était le maire de la ville de Nefteïougansk, où était installée à l'époque une filiale de Ioukos, la compagnie de M. Khodorkovski.

(3) En août 2006, le procès de l'affaire de l'assassinat de Vladimir Petoukhov a abouti à la condamnation à 24 ans de prison d'un ancien chef de la sécurité de Ioukos, Alexeï Pitchouguine, considéré comme le commanditaire du crime. Trois exécutants présumés ont été condamnés à des peines de 18 et 19 ans d'emprisonnement. L'année suivante, des faits nouveaux portés au dossier ont incité la justice à accroître la peine de Pitchouguine, désormais condamné à la réclusion criminelle à perpétuité. Elle a également condamné à la même peine, par contumace, l'ancien haut dirigeant de Ioukos Léonid Nevzline, qui réside en Israël.

(4) Julian Assange, le fondateur de WikiLeaks, a animé sur RT l'émission « World of Tomorrow », diffusée du 17 avril au 3 juillet 2012. Il y recevait des invités qu'il interviewait longuement, parmi lesquels le chef du Hezbollah Hassan Nasrallah, le président tunisien Moncef Marzouki, son homologue équatorien Rafael Correa ou encore l'intellectuel américain Noam Chomsky.

(5) https://www.youtube.com/watch?v=AmGEO1lF3gw

(6) https://www.youtube.com/watch?v=xjLVf54zkEA

(7) Ce rapport, intitulé « Assessing Russian Activities and Intentions in Recent US Elections » et publié début janvier 2017, est disponible à l'adresse https://www.dni.gov/files/documents/ICA_2017_01.pdf

(8) https://www.franceinter.fr/emissions/l-edito/l-edito-27-mars-2017

 


Notes :




(1) En effet, c'est par RT International qu'Alain Soral a été interviewé. L'interview, datant du 24 janvier 2014, est disponible sur YouTube : https://www.youtube.com/watch?v=bMSaCVuNifE

(2) Sur cette accusation, se référer, par exemple, à : Matthew Bodner, « Putin critic and oil tycoon Mikhail Khodorkovsky charged with murder of town mayor », The Daily Telegraph, 11 décembre 2015. Les faits en question remontent à 1998. Vladimir Petoukhov était le maire de la ville de Nefteïougansk, où était installée à l'époque une filiale de Ioukos, la compagnie de M. Khodorkovski.

(3) En août 2006, le procès de l'affaire de l'assassinat de Vladimir Petoukhov a abouti à la condamnation à 24 ans de prison d'un ancien chef de la sécurité de Ioukos, Alexeï Pitchouguine, considéré comme le commanditaire du crime. Trois exécutants présumés ont été condamnés à des peines de 18 et 19 ans d'emprisonnement. L'année suivante, des faits nouveaux portés au dossier ont incité la justice à accroître la peine de Pitchouguine, désormais condamné à la réclusion criminelle à perpétuité. Elle a également condamné à la même peine, par contumace, l'ancien haut dirigeant de Ioukos Léonid Nevzline, qui réside en Israël.

(4) Julian Assange, le fondateur de WikiLeaks, a animé sur RT l'émission « World of Tomorrow », diffusée du 17 avril au 3 juillet 2012. Il y recevait des invités qu'il interviewait longuement, parmi lesquels le chef du Hezbollah Hassan Nasrallah, le président tunisien Moncef Marzouki, son homologue équatorien Rafael Correa ou encore l'intellectuel américain Noam Chomsky.

(5) https://www.youtube.com/watch?v=AmGEO1lF3gw

(6) https://www.youtube.com/watch?v=xjLVf54zkEA

(7) Ce rapport, intitulé « Assessing Russian Activities and Intentions in Recent US Elections » et publié début janvier 2017, est disponible à l'adresse https://www.dni.gov/files/documents/ICA_2017_01.pdf

(8) https://www.franceinter.fr/emissions/l-edito/l-edito-27-mars-2017