Politique Internationale - La Revue n°157 - AUTOMNE - 2017

sommaire du n° 157
Le Qatar, Un état schizophrène ?
Article de Emmanuel RAZAVI
Grand reporter. Emmanuel Razavi a sillonné le Moyen-Orient pour le compte de chaînes de télévision (
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Qatar, the financial nexus of the Persian Gulf, is quite different from the image most people in Europe have of the country. Behind the policy of unbridled investments - including in France - and a handful of front-page events like the Doha Forum or the organization of the Football World Cup in 2022, lies a less flattering reality. The world's leading exporter of liquefied natural gas, the emirate remains handicapped by a fragile sociological structure, coupled with deep tribal and political-religious rivalries. Accused by its neighbors - starting with Saudi Arabia - of "supporting terrorism", Qatar has now been subjected to months of diplomatic isolation that might prove very costly. 


Notes :


(1) Le wahhabisme est une doctrine rigoriste de l'islam sunnite, née au XVIIIe siècle dans l'actuelle Arabie saoudite.



(2) Le CCG regroupe six États : l'Arabie saoudite, Bahreïn, les Émirats arabes unis, le Koweït, le sultanat d'Oman et le Qatar.



(3) Voir Wilfried Thesiger, Le Désert des déserts, Plon, 1978.



(4) Boutre qui navigue en mer Rouge, dans les eaux du Golfe ou dans l'océan Indien.



(5) Source : Banque de France.



(6) En 2010, une note diplomatique américaine, dévoilée par WikiLeaks, qualifie le Qatar de « pire dans la région » en ce qui concerne la coopération avec Washington pour tarir le financement des groupes extrémistes (voir Les Échos, 5 juin 2017).



(7) Voir le blog maximechaix.info



(8) Sébastien Bouillé est grand reporter. Ses reportages ont notamment été diffusés sur France 24 et France 2. Il a également collaboré à la chaîne Qatar Television 1, et il est l'auteur du livre Journal d'une esclave du XXIe siècle dont l'action se situe dans une pétromonarchie du golfe Persique.



 



(9) Longtemps dénoncée par des ONG comme Amnesty International, la « kefala » est un système de parrainage des travailleurs étrangers qui permet à un employeur de réglementer presque tous les aspects de la vie de son salarié durant son séjour dans l'émirat. Bien qu'elle ait été officiellement abandonnée, les ouvriers qui triment sur les chantiers doivent toujours obtenir la permission de leur employeur pour quitter leur poste et récupérer un visa de sortie - une règle qui les maintient dans un état de soumission, voire d'asservissement. Leur sécurité et leurs conditions de travail harassantes sont, quant à elles, loin d'être optimales ; et cela, malgré la mise en place par le ministère du Travail qatari de nouvelles normes réglementaires.