Politique Internationale - La Revue n°101 - AUTOMNE - 2003

sommaire du n° 101
LIBERTÉ, J'ÉCRIS TON NOM ...
Entretien avec Mario Vargas Llosa
Écrivain et journaliste péruvien de réputation mondiale
conduit par
Michel FAURE
Grand reporter à L'Express
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Inlassable défenseur de la démocratie et de la liberté dans le monde, l'écrivain péruvien Mario Vargas Llosa livre dans cet entretien exceptionnel accordé à Michel Faure sa vision de l'état de la planète en 2003. Celui qui a poussé l'engagement politique jusqu'à se présenter à l'élection présidentielle au Pérou, en 1990, met les choses au clair : la cause des déboires actuels de son continent est la corruption et non pas la libéralisation économique. Il fonde cependant de grands espoirs en la nouvelle génération de dirigeants sud-américains. Par ailleurs, il met les Occidentaux en garde contre les divers périls qui pèsent sur la démocratie et notamment, il dénonce le renouveau d'un nationalisme qui revêt désormais les oripeaux de l'alter-mondialisation. Enfin, il explique comment, après un séjour en Irak, il a changé d'avis sur l'intervention qui a renversé Saddam Hussein : le régime de Bagdad était d'une telle férocité que tous les moyens qui ont permis de le jeter bas étaient justifiés.
Notes :

(1) Manuel Antonio Noriega, homme fort du Panama, qui s'était autoproclamé chef de l'État le 16 décembre 1989 (après avoir été le véritable maître du pays depuis la mort du général Torrijos en 1981) a été renversé par une invasion militaire américaine commencée le 20 décembre 1989, puis conduit aux États-Unis et condamné, en 1992, à quarante ans de prison pour trafic de drogue par un tribunal de Floride.
(2) " Queremos ser pobres ", El País, 7 juillet 2002. En juin 2002, le président péruvien Alejandro Toledo décidait de privatiser deux entreprises d'électricité de la ville d'Arequipa, " Egasa " et " Egesur ". Une entreprise belge, Tractebel, filiale de la société française Suez-Lyonnaise des Eaux, s'est déclarée prête à les acquérir pour 167 millions de dollars au total. Des émeutes firent deux cents blessés et de nombreux dégâts et la privatisation fut finalement suspendue.
(3) Alberto Fujimori a été président du Pérou de 1990 à 2000. Il est actuellement réfugié au Japon, la terre de ses ancêtres.
(4) Vladimiro Lenin Montesinos Torres, éminence grise de Fujimori, chef des services secrets de la présidence, le " service d'intelligence nationale ", est actuellement jugé au Pérou pour corruption et atteintes aux droits de l'homme.
(5) Luiz Inacio Lula da Silva, ancien syndicaliste et leader du Parti des travailleurs, a été élu le 6 novembre 2002 à la présidence du Brésil.
(6) Nestor Kirchner, ancien militant de la gauche péroniste et ancien gouverneur de la province de Santa Cruz, a été élu président de la République argentine le 25 mai 2003.
(7) Alejandro Toledo, premier amérindien à conquérir la présidence d'un pays d'Amérique latine, a été élu président du Pérou en juin 2001.
(8) Hugo Chavez, ancien putschiste, a été élu triomphalement en juillet 1998 à la présidence du Venezuela. Mais, depuis cette date, il a dramatiquement divisé l'opinion publique de son pays et dû faire face à un coup d'État manqué et à une tentative, toujours d'actualité, d'abréger son mandat par voie référendaire.
(9) La dette extérieure du Brésil s'élevait, en 2002, à 222,4 milliards de dollars.
(10) Vicente Fox, membre du parti conservateur PAN (Parti d'action nationale), ancien dirigeant de la filiale de Coca-Cola au Mexique et gouverneur de l'État de Guanajuato, a été élu président du Mexique le 2 juillet 2000, mettant ainsi fin à sept décennies de domination du PRI (Parti révolutionnaire institutionnel) sur la vie politique mexicaine.
(11) Alvaro Uribe Velez, ancien gouverneur de la province d'Antioquia, a été élu en mai 2002, dès le premier tour, président de la Colombie sur un programme de fermeté à l'égard des groupes armés illégaux.
(12) Felipe Gonzalez Marquez, ancien dirigeant du PSOE (Parti socialiste ouvrier espagnol), a été chef du gouvernement espagnol pendant quatorze ans, de 1982 à 1996.
(13) José Maria Aznar, chef du PP (Parti populaire), a été élu président du gouvernement espagnol en 1996 et réélu en 2000. Il a annoncé qu'il ne se représenterait pas lors des prochaines élections, en 2004.
(14) En 2002, le PIB par habitant était de 4 700 dollars et la croissance, de 1,9 %.
(15) Parus, en août 2003, dans El País en Espagne et dans Le Monde en France.