Politique Internationale - La Revue n°161 - AUTOMNE - 2018

sommaire du n° 161
L'Europe face à la crise du système d'alliances américain
Article de François Heisbourg
Président de l'International Institute for Strategic Studies (IISS) basé à Londres et du Centre de p
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Desde hace siete décadas, la seguridad de Europa reposa totalmente en un sistema de alianzas centrado en los Estados Unidos. Este sistema, que ha resistido a numerosos desacuerdos entre los aliados y al final de la guerra fría, está atravesando una crisis existencial, desde la instalación en la Casa Blanca de un presidente para quien un compromiso permanente de defensa que podría poner en peligro la existencia misma de Estados Unidos es inconcebible. Por su parte, Europa se interroga. Para hacer frente a potencias como China y Rusia, Europa tiene obviamente interés en perpetuar el Pacto Atlántico y, sólo si esta opción resulta imposible, tendría que reflexionar seriamente en crear un sistema de defensa europeo independiente de la alianza americana. De hecho, cuenta con los medios materiales para implementarlo, pero ¿dispone de la cultura estratégica para llevar a cabo esta transformación? En todo caso, de algo podemos estar seguros: para hacer frente a las convulsiones estratégicas, la fuerza de inercia no basta.

Notes :


(1) Les principaux jalons en ont été : 1) la loi prêt-bail américaine promulguée le 11 mars 1941 qui soutiendra l'effort de guerre du Royaume-Uni et de ses alliés européens ainsi que de la Chine, puis de l'URSS après la rupture du Pacte germano-soviétique ; 2) la charte de l'Atlantique proposée par le président Roosevelt et le premier ministre Churchill à bord de l'USS Augusta le 9 août 1941 et adoptée par leurs partenaires (dont l'URSS) le 24 septembre 1941. 



(2) CENTO : créé en 1955 et dissous en 1979. 



(3) Jean Davidson, « UCI Scientists Told Moscow's Aim is to Deprive U.S. of Foe », Los Angeles Times, 12 décembre 1988.



(4) L'article V du traité de Washington du 4 avril 1949 formalise la garantie de défense de l'Alliance atlantique : il stipule notamment qu'« une attaque armée contre l'une ou plusieurs [des parties] survenant en Europe ou en Amérique du Nord sera considérée comme une attaque contre toutes les parties (...) ; chacune d'elles (...) assistera la partie ou les parties ainsi attaquées en prenant (...) telle action qu'elle jugera nécessaire, y compris l'emploi de la force pour rétablir et assurer la sécurité dans la région de l'Atlantique Nord ».



(5) À la fin des années 1980, les progrès technologiques du Japon et ses investissements très symboliques aux États-Unis (achat du Rockefeller Center, des studios Columbia, des semi-conducteurs de Fairchild) nourrissent les craintes américaines d'une domination économique et technologique nippone. 



(6) Cf. le discours du président Xi Jinping le 19 octobre 2017 devant le 19e congrès du Parti communiste chinois.



(7) Conférence de presse du secrétaire d'État américain Dean Acheson, le 12 janvier 1950, au National Press Club à Washington.



(8) Donald J. Trump (avec Tony Schwartz), Trump : The Art of the Deal, Random House, New York, 1987. 



(9) Christopher Fettweis, « Restraining Rome : Lessons in Grand Strategy from Emperor Hadrian », Survival, vol. 60, n. 4, IISS, Londres, août-septembre 2018.



(10) Les principales contraintes parlementaires que sont le War Powers Act et le financement des opérations extérieures au plan budgétaire n'entrent en jeu que passé un délai de plusieurs mois après le début d'une intervention militaire.



(11) Quelque 200 bombes nucléaires américaines B-61 sont stockées en Allemagne, en Belgique, en Italie, en Turquie et aux Pays-Bas. Une partie de ces armes sont destinées à être larguées par des avions militaires de ces pays remplissant des missions dans le cadre de l'Otan. Elles ne peuvent être utilisées qu'avec l'accord simultané des États-Unis et du pays concerné. L'ensemble des membres de l'Alliance atlantique, sauf la France, participent au Groupe des plans nucléaires de l'Otan.



(12) Sean Gallagher, « Germany's Typhoon problem : Only four fighters can be made combat ready », Ars Tecnica, 15 mai 2018.



(13) Dans son discours sur l'Europe à la Sorbonne le 26 septembre 2017, le président français s'est appesanti sur la question des cultures stratégiques.



(14) Sur la base du PIB actuel. En extrapolant à 2024 (la date à laquelle les pays de l'Otan se sont engagés à consacrer 2 % de leur PIB aux dépenses militaires) le rythme de l'augmentation du PIB allemand depuis 2014, soit 2 % par an, le chiffre des dépenses militaires s'approcherait de 80 milliards d'euros par an.



(15) Soit 25 pays au total ; en vertu des traités, le Danemark ne s'est pas associé à la Politique commune de sécurité et de défense (PCSD) de l'Union. 



(16) L'Initiative européenne d'intervention a été lancée par le président Macron dans son discours du 26 septembre 2017. Visant à développer une culture stratégique partagée, l'Initiative réunit neuf pays (Allemagne, Belgique, Danemark, Espagne, Estonie, France, Pays-Bas, Portugal, Royaume-Uni) qui ont signé une lettre d'intention le 25 juin 2018. Il ne s'agit pas d'un projet s'inscrivant dans le cadre de l'Union européenne et de sa politique de défense, comme en atteste la participation du Royaume-Uni et du Danemark.