Politique Internationale - La Revue n°161 - AUTOMNE - 2018

sommaire du n° 161
Donald Trump est-il « gérable » ?
Article de Laure Mandeville
Grand reporter au Figaro
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Hasta hoy, se ha escuchado de todo a propósito de la política exterior de Donald Trump. Según sus numerosos detractores, el Presidente de Estados Unidos es un incapaz, un loco, un imbécil, una marioneta del Kremlin... Un personaje imprevisible e incontrolable que toma impulsivamente sus decisiones sobre temas de importancia capital, improvisando permanentemente e ignorando los análisis de los mejores expertos y la opinión de sus aliados. Hasta tal punto que representa una grave amenaza para el mundo entero. Esta visión apocalíptica merece ser matizada. Sin lugar a dudas, Trump habla con un tono y con palabras que le son muy propios; pero si analizamos su acción sin dejarnos distraer por la forma, podemos percatarnos de que actúa con una gran coherencia. En línea con sus promesas de campaña, intenta en todos los casos promover los intereses de su país aunque para lograrlo tenga que cuestionar el orden establecido y los acuerdos internacionales que considera desfavorables para Estados Unidos. Como dicen en EE.UU., ¡"there is a method to his madness"! 

Notes :


(1) Une tribune intitulée « I am part of the Resistance inside the Trump administration » a été publiée en septembre dans le New York Times par un auteur anonyme qui est présenté comme un membre de haut rang de l'équipe Trump. Il y affirme que le président n'est pas apte à gouverner et que ses collaborateurs mettent en oeuvre une ligne gouvernementale souvent opposée à ses demandes, au nom de l'intérêt supérieur de la nation. « Nous croyons qu'il est de notre devoir envers ce pays » de le faire, explique-t-il, ajoutant : « Le président continue d'agir d'une manière qui porte préjudice à la santé de notre république... C'est pourquoi de nombreux membres nommés par Trump ont promis de faire tout ce qu'ils peuvent pour préserver nos institutions démocratiques tout en bloquant les impulsions les plus erronées de M. Trump tant qu'il n'aura pas quitté le pouvoir. La racine du problème est son amoralité. »



(2) Steve Bannon représentait l'aile nationaliste, « America first », de l'équipe Trump ainsi que son idéologie de « populisme économique ». Initialement nommé conseiller stratégique à la Maison-Blanche en janvier 2017, il a été sacrifié par Trump en août 2017 pendant le bras de fer sur la Corée du Nord et les événements de Charlottesville. 



(3) Interview donnée à l'auteur en juin 2017.



(4) Un consensus de politique étrangère interventionniste a rassemblé démocrates et républicains depuis la fin de la guerre froide. Il a commencé à être combattu par Obama, avant que Trump le remette également en cause.



(5) Sur ce thème, voir l'intéressant papier publié par Benjamin Haddad et Alina Polyakov, « Europe in the era of great power competition », Foreign Affairs, 17 juillet 2018.