Politique Internationale - La Revue n°108 - ÉTÉ - 2005

sommaire du n° 108
Dans les mains de Dieu
Entretien avec Nasrallah Sfeir
Chef de l'Église maronite (principale Église orientale d'obédience romaine) depuis 1986
conduit par
Guyonne de Montjou
Journaliste
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Guyonne de Montjou - Le retrait des troupes et des services de renseignement syriens signifie-t-il que les Libanais sont enfin libres ?

Nasrallah Sfeir - Presque : on ne peut pas rompre d'un coup tous les liens qui structurent le jeu politique libanais depuis plus de trente ans. Les services secrets syriens ont changé de costume, mais ils n'ont pas changé d'habitudes (1). Et puis on ne peut pas empêcher les Libanais et les Syriens de se rencontrer. Il y a encore des politiciens libanais qui se rendent en Syrie pour y prendre des conseils et des Syriens qui viennent au Liban pour y donner des instructions.

G. de M. - La " révolution du Cèdre " n'a donc pas apporté le changement espéré ?

N. S. - La lutte pour la liberté n'a pas encore abouti. Le pouvoir n'a pas changé de mains. Ce sont les mêmes formations politiques et les mêmes vieilles idées qui sont aux commandes. Il faudra attendre quelque temps avant qu'un vrai changement intervienne.

G. de M. - Quelque temps et une nouvelle loi électorale...

N. S. - Vous avez raison, ce qui s'est produit est déplorable. Nous avons été pris de court : d'un côté, nous avons subi d'intenses pressions de la part des Nations unies, de Washington, de Paris et de Bruxelles pour que nous respections le calendrier des élections et, de l'autre, nous avons tergiversé, si bien qu'il ne nous a pas été possible de revoir les règles du jeu à temps. Résultat : la loi actuelle, votée en 2000 sous la tutelle syrienne, qui maintient les grandes circonscriptions, ne satisfait personne. Dans ce système, lorsqu'on dresse une liste d'une vingtaine de personnes, la majorité des candidats qui la composent sont nécessairement musulmans. Comme on l'a constaté, les voix des chrétiens se retrouvent noyées parmi celles des musulmans. C'est pourquoi je suis favorable à un redécoupage en petites circonscriptions afin d'assurer une meilleure représentation et de rendre le Parlement proche du peuple.

G. de M. - Comment utilisez-vous, en tant que chef spirituel, la tribune politique qui vous est offerte ?

N. S. - Les patriarches d'Orient, qu'ils soient maronites ou d'une autre communauté, sont à la fois des chefs spirituels et des chefs temporels. Cette situation s'explique par notre histoire. Pendant les quatre siècles de tutelle ottomane, les fidèles se tournaient vers leur patriarche pour exprimer leurs doléances. Lorsque, après la Première Guerre mondiale, le mandat français a doté le Liban d'institutions étatiques en y créant une République et un Parlement, les gens ont conservé le même réflexe. Je suis l'héritier de cette tradition.

G. de M. - Vous considérez-vous comme un chef politique ?

N. S. - Je ne fais pas de politique à proprement parler. Mon rôle consiste à servir d'intermédiaire entre les croyants et ceux qui détiennent le pouvoir. Vous savez, les chefs religieux chrétiens d'Orient aimeraient bien ne s'occuper que de spiritualité ! Mais l'héritage historique et les événements récents en ont décidé autrement. C'est le propre de la chrétienté orientale.

G. de M. - Dans les mosquées libanaises, les imams prononcent tous les vendredis des prêches très politiques...

N. S. - Oui, parce que, chez les musulmans, la politique et la religion sont entremêlées !

G. de M. - N'êtes-vous pas tenté d'en faire autant ?

N. S. - Nos approches ne sont pas comparables : dans mes interventions publiques, je défends des valeurs qui sont prônées par les hommes de religion du monde entier. Lorsqu'en France il est porté atteinte à la liberté, à l'égalité ou aux droits de l'homme, les évêques condamnent publiquement ces exactions. Eh bien, j'agis de même.

G. de M. - Défendez-vous également les valeurs de l'islam ?

N. S. - Pas toutes, car les musulmans n'ont pas la même conception de la liberté que nous : il leur est notamment interdit de se convertir à une autre confession. Or la spécificité de l'État libanais par rapport à ses voisins, c'est d'abord de respecter toutes les religions. Au Liban, il n'y a pas de religion d'État.

G. de M. - Il n'empêche que ceux qui ne veulent croire en rien au Liban se trouvent un peu perdus...

N. S. - L'État respecte toutes les croyances. Ce n'est pas rien dans un pays qui compte dix-sept communautés de confessions différentes !

G. de M. - À ce propos, bien que les autorités refusent de publier les statistiques, pensez-vous que la communauté chrétienne soit devenue minoritaire ?

N. S. - Effectivement, une série de facteurs fait pencher la balance du côté musulman. D'abord, l'exil des jeunes chrétiens qui, une fois leur diplôme universitaire en poche, quittent le pays dans l'espoir de trouver un emploi à l'étranger. Certains partent pour des pays lointains, comme l'Australie ou le Canada, et perdent peu à peu leurs attaches avec le Liban. Les musulmans s'exilent également, mais dans de moindres proportions. Le second facteur de déséquilibre communautaire est lié au fait que les familles musulmanes n'ont pas encore adopté le mode de vie occidental et qu'elles comptent beaucoup plus d'enfants que les familles chrétiennes.

G. de M. - Croyez-vous qu'il serait souhaitable d'instaurer un État laïque ?

N. S. - Les musulmans ne l'accepteraient jamais. Dernièrement, il a été question d'instaurer le mariage civil. Résultat : ils se sont élevés vigoureusement contre cette proposition. Afin de ne pas créer de scission entre chrétiens et musulmans, j'ai décidé de m'y opposer également.

G. de M. - Même un mariage civil facultatif ?

N. S. - Même facultatif : pour les musulmans, le mariage est par nature un acte religieux. Or, comme je l'ai dit, ils ne peuvent pas changer de religion, à moins de se résigner à encourir la peine capitale. Ils n'ont pas le choix : ils se marient dans l'islam...

G. de M. - Pensez-vous que les musulmans défendent la souveraineté libanaise avec la même intensité que les chrétiens ?

N. S. - Au début, les musulmans ont voulu marginaliser les chrétiens. Mais, avec le temps, ils ont découvert que le maintien d'une forte communauté chrétienne garantissait mieux leurs libertés que n'importe quel voisin. Chrétiens et musulmans ont toujours vécu ensemble dans les même villes et les mêmes villages. Bien sûr, cela ne signifie pas que le dialogue islamo-chrétien a toujours été idyllique : l'Histoire est parsemée de massacres et de vendettas. Mais nous savons que nous sommes condamnés, pour ainsi dire, à vivre côte à côte.

G. de M. - Où est passée l'union sacrée qui a suivi l'assassinat de Rafic Hariri ?

N. S. - Je ne sais pas. Les politiciens ont dilapidé le capital de la grande manifestation du 14 mars qui avait rassemblé les Libanais de tous bords, chrétiens et musulmans (2). Ils se comportent aujourd'hui comme si cet événement n'avait jamais eu lieu.

G. de M. - Cette manifestation a pourtant montré que les chrétiens et les musulmans étaient capables de défendre d'un même élan leur patrie commune. Le moment n'est-il pas venu d'abolir le confessionnalisme politique ?

N. S. - Le problème est qu'il ne suffit pas d'abolir le confessionnalisme dans la Constitution ou dans les lois : il faut aussi l'abolir dans la tête des gens. Or je crois que les esprits ne sont pas encore mûrs pour accepter la laïcité. Les Libanais sont profondément attachés à leur religion. Et chaque communauté tient à ses privilèges.

G. de M. - Par exemple...

N. S. - Chez les musulmans du Liban, en matière de succession, la loi avantage les garçons : elle accorde une part d'héritage au fils tandis que la fille n'en reçoit qu'une demi-part. C'est l'un des points qu'il faudra réformer avant de toucher au confessionnalisme politique.

G. de M. - Comment éduquer les gens à penser " libanais " et non plus " communauté " ?

N. S. - Il faut prendre en main les enfants dès le plus jeune âge et leur apprendre à se traiter mutuellement en tant que Libanais. Il faudra deux, trois, voire quatre générations avant d'y parvenir.

G. de M. - Depuis l'assassinat de Rafic Hariri, la communauté chrétienne a été la cible de plusieurs attentats qui la visaient directement. Que faut-il en penser ?

N. S. - Ces attentats à la bombe ont été perpétrés par des gens qui veulent semer la zizanie. Ils s'imaginent pouvoir prendre le pouvoir par la violence...

G. de M. - Les barrages judiciaires qui empêchaient le retour du général Michel Aoun ont sauté. Quant à Samir Geagea (3), il n'a jamais été aussi proche de sa libération. Les pro-syriens espèrent qu'en les remettant en selle ils contribueront à diviser l'opposition. Partagez-vous cette analyse ?

N. S. - Samir Geagea et le général Aoun ont tort de jouer leur partition chacun dans un coin différent. Je leur ai conseillé de constituer un comité pour examiner les questions qui les opposent. Dès lors qu'ils défendent tous deux la cause chrétienne, ils doivent se mettre d'accord pour la défendre convenablement. C'est dans leur intérêt, à l'un comme à l'autre.

G. de M. -Émile Lahoud (4), l'actuel président de la République, chrétien maronite lui aussi comme l'impose la Constitution, ne fait pas l'unanimité...

N. S. - En effet, beaucoup réclament sa démission.

G. de M. - Quel candidat verriez-vous au poste de président de la République ?

N. S. - Au Liban, le choix d'un président a toujours été un exercice délicat ! Chaque groupe parlementaire cherche à placer son poulain, sans compter les influences extérieures. Les uns sont tellement ambitieux qu'ils préféreraient une marionnette facile à manœuvrer ; les autres, plus honnêtes, proposent un président qui s'acquittera de sa tâche de son mieux. De toute façon, l'enjeu est moins important que par le passé depuis que les accords de Taëf ont retiré au président de la République certaines prérogatives.

G. de M. - Lesquelles ?

N. S. - Celle-ci, par exemple : tout projet de loi, même s'il est désapprouvé par le président de la République, est exécutoire au bout de quinze jours. Autrement dit, quel que soit l'avis du président, la loi est adoptée. Il ne faut pas oublier, par surcroît, que n'importe quel ministre peut laisser dormir un texte au fond de son tiroir pendant un ou deux ans sans être sanctionné...

G. de M. - Parmi les députés élus en juin dernier, on trouve très peu de représentants de la nouvelle génération. À quoi est-ce dû ?

N. S. - Des jeunes qui soient motivés pour se lancer en politique, il en existe. Des gens compétents, intègres, désireux de servir leur pays, il y en a. Encore faut-il les dénicher. Le problème, c'est qu'on les rencontre plus souvent en dehors du Liban qu'au Liban même. Ils ont été obligés de quitter le pays pour trouver du travail. Il faut leur permettre de revenir ou de sortir de l'ombre.

G. de M. - Ces derniers mois, la diaspora libanaise a joué un rôle important auprès des autorités américaines. Le Liban doit-il se résoudre à être gouverné de l'extérieur ?

N. S. - Je crois, en effet, que la diaspora a bien travaillé pour libérer le Liban de la tutelle syrienne.

G. de M. - Lorsque vous avez été reçu à la Maison-Blanche, en mars dernier, avez-vous perçu des arrière-pensées de la part de l'administration Bush ?

N. S. - N'attendez pas de moi que je me livre à une analyse psychologique de George W. Bush et de son équipe ! Les grandes puissances voient d'abord leur propre intérêt et ensuite seulement l'intérêt de ceux qu'elles prétendent protéger. C'est normal, il faut être pragmatique.

G. de M. - Mais encore ?

N. S. - George W. Bush a bien compris la situation. Il m'a paru déterminé à rendre au Liban sa liberté. Même imparfaite, la démocratie libanaise est un modèle pour la région.

G. de M. - Qu'est-ce qui caractérise la démocratie libanaise par rapport aux systèmes voisins ?

N. S. - Voyez vous-même : toute la région est gouvernée par des dynasties. En Syrie, Bachar el-Assad a succédé à son père ; les royaumes hachémite et wahhabite se pérennisent ; même l'Égypte de Hosni Moubarak fonctionne comme une monarchie. À l'exception de l'Irak où Saddam Hussein a été renversé par la force, nous sommes le seul pays à changer de président tous les six ans.

G. de M. - De l'autre côté de la frontière, on dit que le peuple syrien manifeste de manière croissante ses velléités démocratiques. Pourrait-on imaginer qu'il devienne un allié de la cause libanaise ?

N. S. - Ce scénario serait idéal ! Mais il rencontre beaucoup trop d'obstacles pour être réaliste, en tout cas dans l'immédiat.

G. de M. - Les néoconservateurs semblent vouloir orienter la région vers plus de fédéralisme... Ne craignez-vous pas que, d'une manière ou d'une autre, le Liban pâtisse du projet de " Grand Moyen-Orient " ?

N. S. - Regardez ce qui se passe en Irak. Croyez-vous que ce soit un grand succès ? Le pays est-il tellement paisible ?

G. de M. - Les États-Unis considèrent le Hezbollah comme un mouvement terroriste. Qu'en pensez-vous ?

N. S. - À l'origine, l'objectif du Hezbollah était de libérer le sud du Liban de l'occupation israélienne. Parce qu'il s'était assigné cette mission, il a refusé de se plier au plan de désarmement général prévu par les accords de Taëf. Jusqu'à présent, il refuse de rendre les armes. Le gouvernement libanais ferme les yeux. Il s'accommodera probablement de cette situation tant que le différend sur le secteur des hameaux de Chebaa (5), à la frontière israélienne, ne sera pas réglé. Ce petit territoire à la souveraineté mal définie n'est, en réalité, qu'un alibi pour justifier le maintien d'une présence armée...

G. de M. - Le Hezbollah représente-t-il une menace pour les chrétiens ?

N. S. - Je ne le pense pas. Au début, on l'entendait dire qu'il voulait créer une république islamique parce que, à l'époque, nous étions une majorité. Mais, aujourd'hui, son discours a évolué...

G. de M. - Quelle carte le Hezbollah peut-il jouer face aux grandes puissances ?

N. S. - Le Hezbollah détient un vrai poids politique. Il est composé de Libanais, des jeunes pour la plupart. Ils sont devenus très populaires après avoir libéré le Sud-Liban de l'emprise israélienne. Et ils sont armés... Lorsqu'on lit la résolution 1559 (6) qui réclame le désarmement de toutes les milices, on comprend que la situation ne pourra pas durer.

G. de M. - Alors, qui va désarmer le Hezbollah ?

N. S. - Certainement pas les Libanais car une telle initiative pourrait avoir de graves conséquences intérieures. Il faut s'efforcer, par un dialogue raisonnable, d'aider le Hezbollah à y voir clair... Mais, avant toute chose, il faut régler le litige des fermes de Chebaa.

G. de M. - En allant un peu plus loin, pourriez-vous être partisan d'une alliance formelle avec Israël ?

N. S. - Le Liban ne sera certainement pas le premier pays de la région à conclure une alliance avec Israël ! Compte tenu de sa taille, il suivra les autres pays arabes si ceux-ci font la paix avec l'État hébreu. La Jordanie et l'Égypte ont déjà signé des traités... La Syrie n'en est pas encore là, mais peut-être y viendra-t-elle.

G. de M. - Vous avez manifesté votre opposition à tout projet d'intégration des Palestiniens présents au Liban. Comment envisagez-vous l'évolution du statut des 400 000 personnes vivant actuellement dans les douze camps de réfugiés que l'on dénombre sur le territoire libanais ?

N. S. - Nous sommes un petit pays de 10 000 kilomètres carrés, peuplé de quatre millions d'habitants. C'est la plus forte densité de la région. Le Liban ne peut pas accueillir tout le monde. Il a déjà hébergé ces réfugiés pendant un demi-siècle. Si ceux-ci devaient s'installer définitivement, cela constituerait un poids très lourd pour le Liban. Je ne sais pas si certains ont intérêt à pousser à cette solution, mais il est clair que les chrétiens ne peuvent pas l'accepter.

G. de M. - Que peuvent devenir ces réfugiés palestiniens ?

N. S. - Les pays arabes sont très grands, ils ont des territoires, ils peuvent les accueillir là où ils veulent... En Syrie, en Irak, ils ont le choix.

G. de M. - On attend les résultats de la commission d'enquête sur l'assassinat de Rafic Hariri (7). Serait-il préférable pour le Liban que les responsables soient du côté d'Israël ou de la Syrie ?

N. S. - Dans des affaires pareilles, il faut chercher la vérité. Le coupable doit être dénoncé, quel qu'il soit. Il n'y a que la vérité qui sauve, qui rend libre. C'est écrit dans l'Évangile.

G. de M. - En attendant, la vox populi rend la Syrie responsable de l'attentat. Peut-on faire la paix, travailler ensemble, échanger des ambassadeurs, dans un climat aussi dégradé ?

N. S. - N'allons pas trop vite en besogne. Moi-même, j'ai toujours réclamé une normalisation des relations diplomatiques entre Beyrouth et Damas. Mais, si l'ambassade de Syrie au Liban doit ressembler aux ambassades staliniennes qui servaient à l'URSS de cheval de Troie pour intervenir dans les affaires intérieures des pays hôtes, alors je ne suis pas d'accord !

G. de M. - Sur quels alliés politiques les chrétiens peuvent-ils compter ? Les sunnites anti-syriens ? Les chiites nationalistes ?

N. S. - On ne peut jamais compter sur une relation stable. Les renversements d'alliances sont toujours possibles...

G. de M. - Comment envisagez-vous l'avenir de votre mission ?

N. S. - Nous sommes entre les mains de Dieu. C'est lui qui nous a placés dans cette partie du monde. Nos problèmes actuels ne sont que peu de chose par rapport aux malheurs bien plus grands que nous avons subis, dans l'Histoire, en tant qu'Église. Si le Tout-Puissant décide que toute présence chrétienne doit disparaître de cette région, qu'il en soit ainsi !
Notes :

(1) Les Moukhabarats, agents des services secrets syriens, sont présents au Liban depuis 1976. Ils ont quitté le pays en 1982 mais y sont revenus en 1987. En avril 2005, on dénombrait 3 500 agents actifs sur le territoire libanais. Selon nos sources, ils continueraient à transcrire et à envoyer à Damas toutes les communications électroniques ou téléphoniques " sensibles " des Libanais.
(2) Le 14 mars 2005, 1,2 million de Libanais ont manifesté à Beyrouth, sur la place des Martyrs, pour réclamer la verité sur l'assassinat de Rafic Hariri et la restauration de la souveraineté libanaise.
(3) Seigneur de guerre anti-syrien pendant la guerre du Liban (1975-1990). Il est arrêté et condamné à la peine de mort en 1994, en dépit de l'amnistie décrétée trois ans auparavant au profit des anciens chefs de milice. Sa sentence a finalement été commuée en prison à vie. Depuis, Samir Geagea, 53 ans, encore très populaire auprès des chrétiens, croupit dans une cellule du ministère de la Défense.
(4) Président de la République depuis le 24 novembre 1998, reconduit à ce poste par Damas en septembre 2004 pour trois années supplémentaires, en dépit de la Constitution libanaise qui limite à deux le nombre des mandats présidentiels.
(5) Les hameaux de Chebaa se situent aux confins de la Syrie, du Liban et d'Israël. Ils ont été conquis par Israël sur la Syrie en 1967, mais c'est Beyrouth qui les réclame, avec l'appui de Damas. En attendant d'obtenir gain de cause, l'État libanais refuse de déployer son armée à la frontière, laissant la milice du Hezbollah surveiller cette zone.
(6) La résolution 1559 a été adoptée par le Conseil de sécurité en septembre 2004 sur proposition de Paris et de Washington. Elle prévoit le retrait de toutes les troupes étrangères du Liban ainsi que le démantèlement des milices libanaises et non libanaises.
(7) Le 8 avril 2005, le Conseil de sécurité de l'ONU adopte la résolution 1595 qui met en place une commission d'enquête internationale chargée d'" assister les autorités libanaises dans leur enquête sur tous les aspects de cet acte terroriste, y compris aider à identifier ses auteurs, commanditaires, organisateurs et complices ".