Politique Internationale - La Revue n°92 - ÉTÉ - 2001

sommaire du n° 92
LE RICHELIEU DE TONY BLAIR
Entretien avec Peter Mandelson
Commissaire européen au Commerce depuis novembre 2004
conduit par
Brigitte Adès
Directrice du site
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Brigitte Adès - On vous dit l'artisan de la victoire de Tony Blair en 1997…

Peter Mandelson - « Artisan » : le mot me plaît, car il évoque le travail soigné, l'attachement au détail, la dextérité, le dévouement. C'est ainsi, en effet, que je vois ma collaboration avec Tony Blair. Mais, comme vous le savez, dans toutes les grandes entreprises, il y a beaucoup de cerveaux et beaucoup de bras. Je ne suis que l'un d'entre eux.

B. A. - Certains prétendent pourtant que vous avez « fabriqué » Tony Blair…

P. M. - Je pense que le principal artisan de Tony Blair… c'est Tony Blair lui-même ! Par l'originalité de son raisonnement et son sens aigu des valeurs, il se démarquait des autres. Il possédait un talent politique et une compétence naturelle étonnants. Je n'ai fait que lui révéler ses propres vertus.

B. A. - On se demande souvent si l'excellente image du premier ministre et ses talents de communicateur ne dissimulent pas un manque de substance et de conviction…

P. M. - Si Tony Blair n'était qu'un pur produit de marketing, dépourvu de valeurs et de racines, il n'aurait jamais eu un tel impact sur le public. A l'inverse, s'il n'avait été qu'un homme animé par de fortes convictions mais incapable de les faire passer et de susciter l'enthousiasme, il n'aurait jamais obtenu un tel succès politique.

B. A. - Qu'est-ce qui vous a le plus frappé chez lui lorsque vous l'avez rencontré ?

P. M. - Sa franchise et son entrain. Il ne se dérobait pas aux questions et tenait un langage clair, aux antipodes de la langue de bois. Mais, surtout, il manifestait une humanité et une honnêteté peu communes chez les hommes politiques. Étant, à l'époque, directeur de la communication du Parti travailliste, j'ai décidé, malgré sa relative inexpérience, de l'envoyer représenter le parti dans des émissions de télévision. Ancien collaborateur de la London Weekend Television, c'est moi qui l'ai formé aux media. Sans doute me suis-je fait de nombreux ennemis au passage, puisque j'ai contribué à lui donner un avantage sur bien des notables du parti. Mais je le regrette d'autant moins que Tony Blair était, précisément, l'homme providentiel dont le Labour avait tant besoin, et depuis si longtemps.

B. A. - A-t-il su, selon vous, conserver ses qualités une fois au pouvoir ?

P. M. - Oui. L'un des éléments fondamentaux de sa personnalité, c'est qu'il est toujours aussi difficile de faire la distinction entre le Blair « homme politique » et le Blair « être humain ». Il n'est pas obsédé par la vie politique. Chacun sent qu'il aurait pu être tout aussi heureux s'il avait choisi une autre voie. Il n'oublie pas d'être un père de famille, un mari et un ami de cœur. Bref, c'est un homme complet, et je pense que les électeurs le sentent. Dans le travail, il suscite toujours la plus grande loyauté de ses collaborateurs. Il a, certes, ses idées et il aime convaincre ; mais jamais il ne cherchera à diviser son équipe pour marquer un point ou pour tirer son épingle du jeu. Jamais il ne laissera l'un des siens en queue de peloton, isolé et rejeté. En ce sens, également, on peut dire qu'il est un véritable leader.

B. A. - N'a-t-il pas, tout de même, quelques défauts ?

P. M. - Très franchement, et au risque de passer pour un fanatique inconditionnel, je dirai que Tony Blair est, parmi toutes les personnes que j'ai pu rencontrer, celle qui se rapproche le plus de la perfection et de l'idéal politiques. Et croyez-moi, j'ai côtoyé de très nombreux hommes politiques depuis ma plus tendre enfance (1) ! Le seul « défaut » que je puisse lui trouver, c'est qu'il exerce une telle séduction sur les gens que ceux-ci s'attendent à le voir accomplir des miracles. Or, comme vous le savez, on doit tenir compte de multiples contraintes lorsqu'on gouverne un pays. Nous disposions d'une majorité si large, en 1997, que nous pensions : « tout est possible. » En quatre ans, nous avons tenu toutes nos promesses. Mais notre enthousiasme et notre rhétorique ont suscité des attentes excessives de la part du public. Résultat : les déceptions étaient inévitables. Notamment du côté de ceux qui s'attendaient à une transformation radicale du pays du jour au lendemain.

B. A. - Quels seront les défis majeurs du second cabinet Blair ?

P. M. - La priorité sera, sans aucun doute, de faire profondément évoluer nos services publics. Les contribuables veulent qu'ils fonctionnent correctement, et on ne saurait les en blâmer. Pour commencer, il y a le problème des transports. Les usagers ont le droit d'exiger que les trains soient ponctuels. Ils sont également fondés à demander des explications franches en cas d'accident ou de panne. Deuxième défi : la sécurité sociale, et donc la question de l'endettement public — puisque nous consacrons des sommes considérables au remboursement de la dette contractée, en grande partie, par les Conservateurs pour éponger les déficits sociaux. Je remarque toutefois que le désendettement est, d'ores et déjà, bien engagé. Enfin, notre système éducatif doit être radicalement réformé. Il est temps de donner un coup d'arrêt au creusement des inégalités dans ce domaine (2).

B. A. - Le « nouveau travaillisme » se veut très éloigné du socialisme traditionnel. En quoi se distinguent-ils exactement ?

P. M. - Notre action repose sur une simple constatation : l'alternative ne se situe pas entre un thatchérisme efficace, mais cruel, et un socialisme humain, mais incompétent. Performance économique et justice sociale peuvent et doivent aller de pair. Nous nous inscrivons dans une lignée sociale-démocrate de centre gauche. Nous défendons les droits et les libertés individuels tout en étant attachés à l'idée d'égalité. Mais pas à une égalité de condition ou de revenu comme certains, à gauche, le souhaiteraient. Nous pensons, nous, qu'il faut tendre à une égalité des chances fondée sur le mérite. La distinction fondamentale qui nous sépare des socialistes traditionnels, c'est que nous poursuivons ces objectifs sans aucun dogmatisme ni préjugé défavorable au secteur privé. Nous estimons que les ressources et les actions du secteur privé peuvent servir l'intérêt commun et l'État. Et nous n'hésitons pas à faire appel au privé si c'est utile ou plus efficace. Dans une économie moderne, décentralisée et axée sur les industries de la connaissance, les nationalisations et la planification centralisée sont dépassées. De même, ceux qui pensent qu'une économie moderne peut fonctionner en se coupant du commerce européen et mondial se trompent sur toute la ligne. Au total, le socialisme doit être constamment actualisé pour répondre aux défis du présent. A quoi bon s'accrocher au passé ?

B. A. - Tony Blair a annoncé qu'il resterait jusqu'à la fin de son deuxième mandat, alors que les partisans du chancelier de l'Échiquier, Gordon Brown, pensaient qu'il laisserait la place à ce dernier à mi-parcours. Est-ce un scénario judicieux ?

P. M. - Tony Blair devrait, effectivement, accomplir deux mandats complets, et je suis persuadé que c'est une très bonne chose. Il veut mettre l'accent sur des changements radicaux et il s'y tiendra. Nous avons toujours dit qu'il faudrait au moins dix ans pour mener à bien les profondes réformes envisagées. Madame Thatcher, elle aussi, a eu besoin de temps pour modifier le cadre juridique du syndicalisme ou pour restructurer les industries. Elle n'a pas pu tout faire en un mandat.

B. A. - Vous êtes l'un des théoriciens de la Troisième voie, entre capitalisme et socialisme. Vos détracteurs n'y voient qu'un artifice rhétorique et considèrent le blairisme comme l'enfant naturel du thatchérisme. Que leur répondez-vous ?

P. M. - Nous avons conservé les acquis du thatchérisme, et nous ne nous en cachons pas. Nous avons intégré dans notre philosophie la nécessité de créer des richesses et d'assurer la stabilité économique. Cependant, nos choix politiques sont toujours inspirés par un souci de justice sociale. Madame Thatcher pensait qu'on pouvait impulser des changements économiques tout en ignorant les besoins de la société. Nous sommes intimement persuadés, au contraire, que les individus donnent le meilleur d'eux-mêmes lorsqu'ils font partie d'une société forte et soudée. C'est en cela que nous sommes des « nouveaux Travaillistes ». Si nous sommes si attachés à la stabilité économique, c'est parce que les premières victimes de l'inflation et de l'instabilité sont toujours les familles défavorisées. Si nous souhaitons réformer l'éducation, c'est parce que la différence de niveau entre écoles publiques et privées est criante, et qu'elle constitue une cruelle injustice pour les enfants. Si nous voulons moderniser la sécurité sociale, c'est parce que les patients doivent actuellement attendre plusieurs mois avant de pouvoir être opérés dans les hôpitaux publics. Quant à la décentralisation, elle est souhaitable parce que la centralisation, elle, profite surtout aux plus puissants. Voilà pourquoi nous continuons à revendiquer notre appartenance au travaillisme.

B. A. - Tous les chefs de gouvernement européens, de droite comme de gauche, se recommandent ou s'inspirent de la Troisième voie. L'idéal d'une économie de marché à visage humain est-il devenu, selon vous, le modèle consensuel, le juste gouvernement auquel chacun aspire en ce début du XXIe siècle ?

P. M. - La Troisième voie est bel et bien la philosophie qui prévaut dans les milieux dirigeants européens, y compris au sein des gouvernements de centre droit. Aznar et même Berlusconi savent que, pour être élus, ils doivent adopter nombre de nos principes et de nos politiques. Car les électeurs se comportent de manière de plus en plus pragmatique et de moins en moins idéologique. En ce sens, on peut dire, sans fausse modestie, que nous avons montré la voie.

B. A. - Y compris aux socialistes français ?

P. M. - Monsieur Jospin a beau user d'une rhétorique plus classique, son mode de gouvernement s'inscrit tout à fait dans la ligne de la Troisième voie et du New Labour. J'admire Lionel Jospin, pour lequel j'ai beaucoup de sympathie. J'apprécie sa détermination, sa modestie et son sens de l'humour. J'ai également eu l'occasion de le voir défendre les intérêts français, lors de chaque Conseil européen. Je le conçois, d'ailleurs, fort bien. Mais, alors, pourquoi s'étonner que d'autres gouvernements défendent, eux aussi, leur intérêt national ?

B. A. - Comment expliquez-vous le sévère recul des Conservateurs britanniques depuis quatre ans ?

P. M. - Les Tories sont de plus en plus éloignés des aspirations des électeurs. La vérité, c'est qu'ils doivent faire face au même problème que les Travaillistes au début des années 80. A l'époque, peut-être vous en souvenez-vous, des groupuscules d'extrême gauche avaient pris le Labour en otage. De la même manière, une poignée d'extrémistes de droite font aujourd'hui la loi chez les Conservateurs, qui préfèrent débattre de leurs divergences plutôt que de communiquer avec les électeurs. Ce qui m'inquiète, c'est que ces activistes en font un parti xénophobe, indifférent aux aspirations européennes et insensible aux préoccupations des couches sociales défavorisées. Ces orientations ne reflètent en rien la sensibilité des électeurs britanniques de droite.

B. A. - Certaines personnalités conservatrices ne s'inscrivent pas dans cette mouvance europhobe et radicalisée…

P. M. - Il existe, il est vrai, des dirigeants conservateurs lucides, tel Michael Portillo. Mais celui-ci souffre d'un double handicap : il n'a pas la confiance de son parti, et il n'est pas aimé du public. Il est considéré par certains Conservateurs comme un traître, qui s'éloigne du thatchérisme et veut ramener le parti vers le centre droit. Sauf sur la question de l'Europe, car il est très isolationniste. Ayant vu, il y a vingt ans, les mêmes rivalités et les mêmes contradictions déchirer mon propre parti, je peux vous dire qu'il faudra sans doute plus d'une législature pour que les choses évoluent.

B. A. - Quelles réflexions la montée du sentiment anti-européen au Royaume-Uni vous inspire-t-elle ?

P. M. - La relation entre la Grande-Bretagne et l'Europe a toujours été difficile. Les Britanniques se résolvent, certes, à faire partie de l'Union européenne parce qu'ils reconnaissent que leur propre marché est trop étroit. Ils savent bien que l'essentiel de notre commerce et de nos investissements à l'étranger a pour cadre l'Union. Mais en dépit de cette prise de conscience, ils sont profondément attachés à leur identité nationale. Et leur hantise, c'est que l'Europe soit contrôlée par une poignée de bureaucrates qui ne rendraient pas compte de leurs décisions et de leurs dépenses. Cela dit, il me semble que tous les pays de l'Union partagent, peu ou prou, les mêmes réserves et préoccupations.

B. A. - Que faire pour rassurer les Britanniques ?

P. M. - Il faut continuer à faire valoir les arguments dont nous parlions tout à l'heure : mettre l'accent sur les bénéfices économiques qu'apporte l'Union. L'objectif ultime de l'Europe unie n'est pas, comme le redoutent les Britanniques, la destruction de l'État-nation. Ce qui n'empêche pas les anti-Européens d'exploiter cette crainte et de marteler, sans relâche, ce message.

B. A. - Que pensez-vous du rôle croissant des media et, surtout, des tabloïds dans votre pays ?

P. M. - La presse — et je ne parle pas seulement de la presse à scandale — se comporte actuellement, en Grande-Bretagne, comme les syndicats il y a vingt ans. Elle agit comme si elle était au-dessus des critiques, sans aucun sens de ses responsabilités envers ceux qu'elle est censée servir, c'est-à-dire le public. Inutile de dire que la vérité est, le plus souvent, sacrifiée au sensationnalisme. Alors, que faire pour limiter les dégâts ? Une démocratie doit veiller à toujours préserver un équilibre, même précaire, entre la nécessité d'une presse forte et indépendante et l'obligation de se prémunir contre une trop grande irresponsabilité des media.

B. A. - Avec le recul, que préférez-vous : être un homme d'influence dans l'ombre du premier ministre, ou exercer directement le pouvoir dans un domaine particulier — ce qui, semble-t-il, ne vous a pas trop réussi jusque-là ?

P. M. - Je n'aime pas tant le pouvoir que la possibilité d'influer sur le cours des événements, et de mettre en application les décisions que j'ai contribué à formuler. Les récents événements (3) m'ont contraint à démissionner, mais je vous défie de trouver une seule ligne m'accusant d'avoir été un mauvais ministre du Commerce ou un mauvais ministre en charge de l'Irlande du Nord. Or, de toute évidence, s'il y avait eu le moindre doute quant à mes capacités, je n'aurais pas été épargné, croyez-moi !

B. A. - Avez-vous beaucoup d'ennemis ?

P. M. - Il existe une division très nette entre ceux qui m'aiment et m'apportent leur soutien, et ceux qui semblent vouloir me détruire. On ne me pardonne pas d'avoir initié la refonte idéologique et philosophique du parti. C'est de bonne guerre, au demeurant, et je ne vais pas me lamenter parce que j'ai dû, à deux reprises, démissionner au nom de l'intérêt général. Tout cela n'est rien en comparaison de la satisfaction que j'éprouve à l'idée d'avoir changé le Parti travailliste et réussi à le porter au pouvoir.

B. A. - A quel moment de votre vie avez-vous été le plus heureux, et pourquoi ?

P. M. - Lorsque le Parti travailliste est revenu aux affaires, en 1997. C'était un sentiment extraordinaire, une sensation d'accomplissement total. Après un effort si rude, qui avait duré dix-huit ans, nous étions enfin parvenus au sommet. Depuis, j'ai eu d'autres motifs de satisfaction. En tant que ministre de l'Industrie et du Commerce, j'ai pu mettre en pratique notre vision économique et démontrer l'efficacité d'un partenariat moderne entre le monde des affaires et l'État. Et en tant que ministre pour l'Irlande du Nord, j'ai vu les Unionistes et les Loyalistes siéger côte à côte, dans une assemblée où même les sensibilités les plus infimes étaient représentées. Mieux encore : alors que les négociations avaient échoué, j'ai été heureux de parvenir à rassembler de nouveau les parties concernées.

B. A. - Pensez-vous que les deux camps nord-irlandais partagent vraiment le même désir de paix ?

P. M. - Sans aucun doute, mais ils divergent quant aux moyens et, surtout, quant à l'agenda du processus de paix.

B. A. - Que répondez-vous à ceux qui voient en vous le « Richelieu » de Tony Blair ?

P. M. - Je réponds, simplement, que j'ai été très content de participer à la grande aventure du New Labour. J'ai choisi de mettre en avant un jeune leader talentueux, ce qui ne s'est pas fait sans heurts ni sans froissements d'orgueil. Lorsque l'on a été à l'origine de changements idéologiques aussi radicaux au sein d'un parti politique, et lorsque l'on s'est battu pendant quinze ans pour promouvoir un jeune militant capable de ramener les Travaillistes au pouvoir, on se fait inévitablement des ennemis. Il n'en demeure pas moins que, pour la première fois en cinquante ans, les Travaillistes vont pouvoir accomplir deux mandats complets. C'est une bonne nouvelle car il reste encore tellement à faire !

Notes :

(1) Le jeune Peter Mandelson a grandi dans une banlieue du Nord de Londres où résidaient nombre d'hommes politiques de premier plan (dont le futur premier ministre, Harold Wilson). Il leur rendait fréquemment visite avec sa famille. Son grand-père, Herbert Morrison, était l'une des grandes figures du Parti travailliste dans les années 50. Il fut ministre de l'Intérieur, puis des Affaires étrangères, avant de devenir vice-premier ministre jusqu'en 1956. Cependant, Attlee, même malade, refusa avec constance de lui céder la direction du parti.
(2) Ainsi, seuls 17 % des jeunes issus des catégories socio-professionnelles les moins favorisées accèdent à l'enseignement supérieur, alors que les élèves des écoles privées constituent 39 % des étudiants admis dans les 13 meilleures universités du pays.
(3) Peter Mandelson a dû démissionner du gouvernement à deux reprises, en 1998 puis en 2001. En 1996, en effet, il avait emprunté 375 000 livres auprès d'un député travailliste, Geoffrey Robinson, afin de pouvoir acquérir sa maison de Notting Hill Gate. Devenu ministre de l'Industrie et du Commerce, on lui reprocha d'avoir omis de déclarer cet emprunt au premier ministre et au « registre des intérêts » du Parlement. En 2001, alors qu'il était ministre en charge de l'Irlande du Nord, il fut de nouveau acculé à la démission pour être intervenu, auprès du ministre de l'Intérieur, Jack Straw, en faveur de deux hommes d'affaires indiens, les frères Hinduja, qui souhaitaient obtenir la nationalité britannique. On fit le lien entre cette intervention et le don important fait, quelques années auparavant, par les Hinduja, pour la construction du Dôme du Millénaire.