Entretien avec Ekrem Imamoglu par Marie Jégo
Cet entretien a été publié dans le n° 165 quelques semaines après l'élection d'Ekrem Imamoglu à la mairie d'Istanbul en juin 2019.
Marie Jégo - Monsieur Imamoglu, vous dénoncez avec virulence la corruption, le gaspillage et le népotisme de vos prédécesseurs à la mairie d'Istanbul. Ces fléaux existent-ils à l'échelle de tout le pays ?
Ekrem Imamoglu - Malheureusement, oui. Il existe actuellement en Turquie un vrai problème de transparence et de mauvaise gouvernance. Pendant toute la campagne municipale, je n'ai cessé de pointer ces problèmes du doigt. Je sais à quel point ils préoccupent la population. Le gaspillage et le népotisme affectent la vie quotidienne de tous les citoyens. Dans un État de droit, la famille et les amis du personnel politique n'ont rien à faire au sein des institutions ! La loi est très précise à ce sujet, des lignes rouges ont été fixées... et pourtant, cette pratique perdure. Aucun responsable politique ne devrait se permettre ce type d'abus. Pour être crédible auprès de la population, il faut un minimum d'éthique. Pour ma part, je crois en l'exemplarité. En tant qu'élus, nous devons nous montrer exemplaires. Mon premier objectif en tant que nouveau maire d'Istanbul est de rétablir la justice et de redonner de la transparence au fonctionnement des institutions de la ville. La demande de justice et de transparence est gigantesque. Voilà pourquoi l'opposition a bâti sa campagne pour les municipales autour de ces thèmes-là.
M. J. - Peu après votre élection, vous avez décidé de couper les aides que vos prédécesseurs accordaient aux fondations religieuses proches du pouvoir (4). Estimez-vous que cet argent a été gaspillé?
E. I. - Bien sûr ! Je l'ai constaté de façon très précise et je dispose d'ailleurs de toutes les preuves de ce que j'avance. Ces fonds, qui auraient dû être consacrés à l'amélioration du bien-être des 16 millions de Stambouliotes, ont été indûment versés à quelques fondations dans le cadre de procédures opaques : pas d'appels d'offres, aucun mécanisme de contrôle quant à leur utilisation... De toute façon, selon moi, il n'est absolument pas normal que des fondations religieuses aient pu recevoir des aides financières de la part de la municipalité. Cette façon de faire n'est pas défendable. Si ces fondations veulent réaliser quelque chose de positif pour Istanbul ou pour la Turquie, elles n'ont qu'à le faire sur leurs propres deniers, pas sur le budget de la municipalité !
M. J. - La Turquie, musulmane à 98 %, a-t-elle besoin d'une « génération pieuse », comme le souhaite le président Erdogan ? Quelle place faut-il accorder à la religion ?
E. I. - De mon point de vue, la foi peut avoir des effets bénéfiques en tant que philosophie qui permet à l'individu de s'élever. Mais cela relève du domaine strictement privé et ne regarde aucunement l'État. Créer une génération pieuse n'est pas son affaire ! Sa mission est de favoriser l'accès de ses citoyens aux progrès technologiques et scientifiques, d'améliorer leur bien-être et leur niveau de vie. La religion, j'insiste, doit rester strictement cantonnée à la sphère privée. Elle est l'affaire intime de chacun, une forme de contrat entre la personne et Dieu dans lequel l'État n'a pas à intervenir, sinon pour veiller à ce que tous les individus puissent exercer librement la religion de leur choix, sans discrimination aucune. Pour ma part, je suis très attaché au maintien de la laïcité de l'État turc, dans le respect de toutes les religions, de leurs pratiques, de leurs représentants, de leurs adeptes et de leurs lieux de culte.
M. J. - Serait-il possible de révoquer Ekrem Imamoglu, maire d'Istanbul, comme ont été révoqués en août dernier les maires de Mardin, de Van et de Diyarbakir, trois grandes villes kurdes situées au sud-est de la Turquie (5) ?
E. I. - La révocation de ces trois maires élus démocratiquement est une faute majeure qu'il faudra réparer. Ces révocations, annoncées à l'emporte-pièce par le ministère de l'Intérieur près de trois mois après la tenue des élections municipales, sont d'autant plus inacceptables qu'elles ont été prises sans preuve et sans que la justice intervienne.
Cette décision me blesse profondément. Depuis, je ne cesse de m'interroger. Pourquoi avoir agi de cette façon vis-à-vis de ces maires ? J'en viens à me demander si d'autres élus ne pourraient pas subir le même sort. Et moi qui suis maire d'Istanbul, est-il envisageable que je sois brutalement destitué demain ? Je ne sais pas. Parfois, je pense que oui ; l'instant d'après, je me dis que c'est impossible. Au final, je préfère ne pas m'appesantir sur cette éventualité. Je la garde simplement dans un coin de ma tête, comme un lointain avertissement. Et puis, quand je pense à toutes les manifestations de soutien que j'ai reçues de la part de mes administrés, je me dis que jamais le gouvernement n'osera me révoquer !
M. J. - En Turquie, des journalistes, des avocats et des universitaires sont actuellement emprisonnés, de même que plusieurs députés du Parti de la démocratie des peuples (HDP, prokurde), y compris son chef de file, Selahattin Demirtas. Trouvez-vous cette situation normale ?
E. I. - Bien sûr que non. Ces emprisonnements injustes représentent une honte pour la Turquie. Le système judiciaire est comme une pendule déréglée : elle donne parfois l'heure précise, comme récemment quand une Cour d'appel a exigé la libération de cinq anciens journalistes du quotidien Cumhuriyet (6) ; mais, le plus souvent, elle retarde.
Envoyer en prison des journalistes, des universitaires, des intellectuels n'apporte rien au pays. Bien au contraire, même, car c'est mauvais pour son image. D'autant que les autorités se révèlent incapables d'expliquer à quiconque - que ce soit à leurs interlocuteurs internationaux ou à leurs propres ressortissants - pourquoi elles agissent de cette façon. Ces pratiques ne sont pas apparues il y a seulement deux ou trois ans ; voilà déjà longtemps que le pouvoir en use et en abuse. Les dégâts sont lourds, les gens souffrent. Les blessures infligées à la vie de milliers de familles et, au-delà, au fonctionnement de la société sont profondes. La guérison prendra du temps.
M. J. - Comment se fait-il que Selahattin Demirtas soit en prison alors qu'il pourrait jouer un rôle important pour la résolution de la question kurde ?
E. I. - Sans être d'accord sur tout avec Selahattin Demirtas, j'apprécie sa démarche. Sa défense de la démocratie, de la paix et du « bien vivre ensemble » sont des éléments positifs, des valeurs que je partage. Pour ma part, je considère que M. Demirtas est une figure politique importante et que la Turquie a besoin de lui pour régler certains de ses problèmes. Personnellement, je comprends le traumatisme de nos citoyens kurdes, confrontés dans leur quotidien à des agissements antidémocratiques. Mais, à mon sens, aborder la question du comportement antidémocratique du gouvernement sous le seul angle de l'ethnicité est contre-productif : le pouvoir se conduit de cette façon à l'égard de l'ensemble des citoyens, pas seulement envers les Kurdes.
Loin de moi l'idée de nier qu'il existe des thématiques spécifiques à ces régions. Il reste que, à mes yeux, il faut considérer ce problème à travers un prisme plus global, à l'échelle du pays. Si nous voulons trouver une solution durable, mieux vaut poser la question en termes d'acquis démocratiques et culturels, de développement économique et régional.
M. J. - Avec l'annulation de l'élection du 31 mars, la municipalité d'Istanbul a pris une dimension nationale et vous êtes devenu l'espoir d'une large partie de l'électorat. Allez-vous vous présenter à la prochaine présidentielle ?
E. I. - Pour le moment, je me consacre entièrement à mon mandat de maire d'Istanbul. Avant toute chose, je tiens à concrétiser les espoirs que les stambouliotes ont placés en moi. Grâce à ma nouvelle gouvernance, dont les maîtres mots sont prospérité, justice et transparence, je compte bien répondre à leurs attentes. Si c'est le cas, les électeurs me le feront savoir...
M. J. - Selon un récent sondage, 60 % des Turcs désapprouvent le nouveau système présidentiel mis en place depuis juin 2018 par M. Erdogan (7). Des ministres et des parlementaires se plaignent régulièrement de son inefficacité. À votre avis, la Turquie doit-elle revenir à l'ancien système parlementaire ?
E. I. - Je ne suis pas sûr qu'il faille nécessairement revenir à l'ancien système - même si un parlementarisme renforcé me semble préférable au régime présidentiel actuel. Si ce régime présidentiel est inadéquat, c'est d'abord parce que M. Erdogan a supprimé les contre-pouvoirs et les mécanismes de contrôle. Des systèmes présidentiels existent ailleurs dans le monde et ils fonctionnent correctement... mais seulement là où les checks and balances sont respectés. Je le répète : en soi, un système présidentiel est concevable mais à la condition que le chef de l'État soit contrôlé, qu'il respecte la loi et qu'il rende des comptes à la population. Or, actuellement, ces critères ne sont pas remplis. Il n'est pas sain, en particulier, que le président Erdogan soit, en même temps, le chef de son parti, l'AKP. Savez-vous que, lors de ses déplacements en province le président réserve systématiquement sa première visite au représentant de son parti sur place, avant même de rencontrer le préfet qui est pourtant le représentant de l'État ? Ce type de comportement engendre le malaise, c'est le moins que l'on puisse dire...
M. J. - Quel regard portez-vous sur la politique étrangère que l'AKP a mise en oeuvre au cours de ces dernières années ?
E. I. - Servir le pays et sa population est un exercice difficile qui requiert un grand sens des responsabilités. Si en politique intérieure un dirigeant doit penser cent fois et parler une fois, en politique étrangère il doit penser mille fois et parler une fois ! Ce que je veux dire par là, c'est que la diplomatie est un domaine extrêmement sensible. Pour être respecté sur la scène internationale, il faut faire preuve d'une grande cohérence. Ce n'est pas en changeant d'alliés à tout bout de champ, comme le fait le gouvernement actuel, que l'on s'impose dans le concert des nations (8) ! J'ajoute que, pour être efficace, la politique étrangère d'un État doit, autant que possible, privilégier les solutions pacifiques. Ce n'est pas en achetant des armes que la Turquie deviendra plus forte, au contraire. À mon sens, elle a plus de chances d'y parvenir en plaçant au premier rang de ses priorités l'éducation, les avancées technologiques, le développement économique, la productivité...
Chacun peut constater à quel point notre politique de voisinage, par exemple vis-à-vis de la Syrie, est instable (9). Changer de politique tous les six mois ne fait que renforcer le chaos sur le terrain. Un chaos qui, évidemment, n'est pas sans conséquence sur la Turquie qui partage plus de 800 kilomètres de frontières avec la Syrie !
M. J. - Le président Erdogan est souvent critiqué pour la politique d'accueil à bras ouverts qu'il applique aux réfugiés syriens. Istanbul héberge actuellement un demi-million de Syriens. Pour votre part, êtes-vous favorable à leur intégration dans la société turque ou pensez-vous qu'il faut les renvoyer chez eux ?
E. I. - La Turquie a accueilli 4 millions de réfugiés, ce qui représente 5 % de sa population totale. Le long de la frontière turco-syrienne, une dizaine de villes ont vu leur population changer du tout au tout : elles sont désormais majoritairement peuplées de Syriens. C'est une situation très difficile à gérer. À Istanbul, on dénombre officiellement 585 000 réfugiés syriens mais, en réalité, ils sont près d'un million. Bien sûr, je souhaite que ceux d'entre eux qui en expriment le désir aient la possibilité de s'intégrer correctement chez nous ; mais il est absolument primordial de trouver une solution politique en Syrie pour que ceux qui le souhaitent puissent rentrer dans leur pays. Je profite de cet entretien pour m'adresser aux puissances mondiales, aux États-Unis et à la Russie en particulier. Je les appelle à mettre leurs différends de côté et à se concerter pour échafauder au plus vite une solution acceptable pour toutes les parties.
M. J. - Quelle place pour la Turquie sur l'échiquier géopolitique ? Doit-elle se rallier au « pôle eurasien » - celui de la Chine, de la Russie et de l'Iran - ou, plutôt, à l'axe européen ?
E. I. - Géographiquement, nous avons la chance d'être situés entre trois continents (Europe, Asie et Afrique) et de servir de pont reliant ces trois univers. Nous sommes par définition ouverts au reste du monde, ouverts à l'Europe, aux Balkans, à la Russie, à l'Asie centrale, au Moyen-Orient... Mais la Turquie a ses alliés traditionnels, elle ne doit pas l'oublier. Depuis sa fondation, la République turque est résolument tournée vers l'Europe. La Turquie est membre de longue date de plusieurs institutions de premier plan - Conseil de l'Europe, OTAN, OSCE, OCDE - et demeure candidate à l'adhésion à l'Union européenne. Et je m'en félicite.
D'un point de vue économique, les États européens sont nos meilleurs partenaires commerciaux. Surtout, nous partageons avec l'Europe des valeurs communes. Si nous lui tournons le dos, il nous sera difficile de progresser. Or, je vous l'ai dit, ces dernières années la politique étrangère de la Turquie a manqué de cohérence. Dans ses rapports avec l'UE, avec la Russie, avec les États-Unis, le gouvernement de M. Erdogan ne cesse de souffler le chaud et le froid. Cette atmosphère de tension permanente ne peut rien donner de bon. D'ailleurs, si vous me demandiez à brûle-pourpoint avec quel pays nous avons aujourd'hui de bonnes relations, je serais bien incapable de vous répondre !
(1) Saisi par l'AKP, le Haut Conseil électoral (YSK) a invalidé partiellement le scrutin municipal du 31 mars pour « fraudes ». Mais seule l'élection du maire d'Istanbul, remportée par l'opposition, a été annulée. Les autres responsables municipaux élus ce jour-là - conseillers municipaux, maires d'arrondissement, maires de quartier - n'ont pas vu leurs mandats remis en jeu, les résultats de ces votes ayant été favorables à l'AKP. Un second scrutin a lieu le 23 juin. Ekrem Imamoglu est alors élu avec plus de 54 % des suffrages, un bien meilleur score que celui jadis de Recep Tayyip Erdogan, élu maire de la ville en 1994 avec 25,19 % des voix lors d'un scrutin à un tour.
(2) La nouvelle génération comprend notamment, pour le CHP, Ekrem Imamoglu, 49 ans, et Canan Kaftancioglu, 47 ans, la cheffe du CHP pour Istanbul. Charismatique, cette médecin légiste de formation a été l'architecte de la campagne d'Imamoglu à Istanbul. Le 6 septembre, un tribunal l'a condamnée en première instance à neuf ans et huit mois de prison pour des tweets qu'elle avait postés en 2012, considérés comme des insultes au président et au pays. Autre membre éminent de la nouvelle génération : Selahattin Demirtas, 46 ans, fondateur du Parti de la démocratie des peuples (HDP, prokurde). Emprisonné depuis 2016 à la prison de haute sécurité d'Edirne (Thrace orientale), il est accusé de diriger une « organisation terroriste », de « propagande terroriste » et d'« incitation à commettre des crimes ». Il risque plus de cent ans de prison.
(3) 1998-2004 : Ali Müfit Gürtuna (Parti de la Prospérité, islam politique) ; 2004-2017 : Kadir Topbas (AKP) ; 2017-2019 : Mevlüt Uysal (AKP).
(4) Le 27 août 2019, Ekrem Imamoglu a décidé de supprimer les subsides versés jusqu'ici par la municipalité d'Istanbul à plusieurs fondations religieuses, en particulier Ensar, Turgev et Tugva. Au sein de ces deux dernières, deux des enfants du président Erdogan, son fils cadet Bilal et sa fille aînée Esra, occupent des fonctions de direction.
(5) Le 19 août 2019, un communiqué du ministère de l'Intérieur annonçait l'éviction soudaine des maires de trois grandes villes kurdes du sud-est de la Turquie élus démocratiquement lors des municipales du 31 mars. Les maires Adnan Selçuk Mizrakli à Diyarbakir, Bedia Özgökçe à Van et Ahmet Türk à Mardin, élus sous la bannière du HDP, ont été remplacés séance tenante par des administrateurs qu'avait nommés le gouvernement. Soupçonnés d'entretenir des liens avec les rebelles kurdes du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), ils sont accusés d'avoir transformé les municipalités kurdes en centres de « soutien au terrorisme » et d'avoir utilisé les ressources municipales pour financer la rébellion menée par le PKK. Ces soupçons ont, semble-t-il, échappé à la vigilance du Haut Conseil électoral, chargé d'examiner les dossiers des candidats aux municipales, qui les avait autorisés à entrer dans la course. Parmi les reproches avancés par le ministère figure l'affirmation que le système de parité homme-femme mis en place par le HDP dans ses mairies - un maire homme et une maire femme se partageant la fonction - est contraire à la « notion turque de gouvernance ».
(6) Le 12 septembre 2019, une cour d'appel turque a ordonné la libération de cinq anciens journalistes du quotidien d'opposition Cumhuriyet qui avaient été condamnés à des peines de prison à l'issue d'une procédure judiciaire considérée comme une entrave à la liberté d'expression. En 2018, ces quatorze journalistes et employés de Cumhuriyet avaient été condamnés pour avoir soutenu, par leurs écrits uniquement, trois organisations considérées par Ankara comme terroristes, dont le PKK, ainsi que le mouvement du prédicateur Fethullah Gülen, que les autorités turques soupçonnent d'avoir ourdi le putsch manqué du 15 juillet 2016.
(7) Selon les résultats d'un sondage publié en août 2019 par l'institut Metropoll, 60 % des personnes interrogées désapprouvent le système présidentiel mis en place en 2018 par le président Erdogan, dont les pouvoirs ont été considérablement renforcés. Selon le nouveau système, le président est aussi Premier ministre. Il nomme les ministres, le haut commandement militaire, le chef du service de renseignement, les recteurs d'université, certains hauts fonctionnaires et magistrats. Il dirige le parti présidentiel AKP, au mépris de la neutralité qui était jusqu'ici exigée du chef de l'État en Turquie. Le Parlement n'est plus qu'une chambre d'enregistrement.
(8) Pilier oriental de l'OTAN depuis 1952, la Turquie a semé le malaise parmi ses alliés en signant, en 2017, un contrat de 2,5 milliards de dollars (2,2 milliards d'euros) avec la Russie pour la fourniture de missiles russes antiaériens S-400, incompatibles avec les systèmes de défense aérienne de l'Alliance. Ce geste a été perçu comme une preuve supplémentaire de la volonté du président turc de s'éloigner de ses alliés traditionnels. La Turquie apparaît aujourd'hui isolée. Doutant de la fiabilité de ses alliés occidentaux, elle manque d'amis au Moyen-Orient - hormis le Qatar - et cherche à se rapprocher de la Russie et de l'Iran, notamment en Syrie.
(9) L'AKP envisage désormais de tolérer le maintien au pouvoir de Bachar al-Assad à condition que ce dernier remporte démocratiquement des élections, ce qui représente un revirement complet. Des contacts ont été établis entre les deux pays au niveau des services de renseignement.