UN SYSTEME FINANCIER OPAQUE PEUT EN CACHER UN AUTRE...

n° 126 - Hiver 2010

Quelle que soit sa configuration, un système financier a pour fonction de mettre en relation des agents économiques dotés de ressources excédentaires (notamment les ménages) avec ceux qui en manquent, facilitant ainsi l'allocation des ressources et du risque, à la fois dans le temps et dans l'espace. Il réunit des « marchés » et des « intermédiaires » afin d'assurer un certain nombre de tâches essentielles : les paiements et la compensation ; la mise en commun des fonds (pour financer les projets de grande taille) et la subdivision du capital des entreprises (pour permettre aux investisseurs de diversifier leurs placements) ; le transfert des ressources dans le temps et dans l'espace ; la gestion et le contrôle des risques ; la transmission d'une multitude d'informations ; le tout prenant en compte les problèmes d'incitation.La crise de 2007-2009 a fait apparaître au grand jour l'existence d'un système financier avec des structures opaques, parallèle au système financier « officiel ».
Rendre plus transparent ce système financier parallèle (shadow financial system) est devenu une préoccupation majeure des travaux du G20. Mais, alors même qu'il était décidé de rendre plus transparentes ces structures, au même moment s'est développé, en particulier en Europe, un système boursier parallèle : un shadow market system.
Un système financier opaque
Le système financier contemporain est marqué par une interpénétration étroite entre les banques et les marchés. Naguère séparées, leurs activités se sont irrémédiablement mélangées. D'où la spécificité, l'ampleur et la complexité de la crise financière de 2007-2009 : c'est la première crise des banques dans les marchés.
Si les fonctions que remplit le système financier sont permanentes et universelles, il n'en va pas de même pour les institutions financières. Aux côtés des banques, des mutuelles, des organismes de crédit spécialisé, des compagnies d'assurances ou encore des SICAV, d'autres organisations ont fait récemment leur apparition. Elles constituent le shadow financial system ou « système financier fantôme » qui inclut les hedge funds, le private equity et surtout les véhicules de titrisation. Ces derniers sont le réceptacle des produits dérivés de la « seconde génération », dont le sous-jacent est constitué de toutes sortes de crédits (crédits hypothécaires, crédits à la consommation et cartes bancaires, crédits automobiles, etc.). Connues le plus souvent à travers leur acronyme, les ABS, CDO's, MBS et autres appellations exotiques de langue anglaise ont fait les délices du shadow financial system.
Innovation financière majeure, la titrisation a fini par gangrener le système financier mondial. La titrisation consiste à transformer des crédits bancaires en titres financiers. La technique, développée depuis le début des années 1980 par les banques d'investissement, permet de rendre échangeables et donc plus liquides des actifs qui, sans cela, resteraient « illiquides » jusqu'à leur échéance. En général, les crédits sont titrisés à travers des fonds et donnent lieu à notation par des agences. Pour subir cette transformation, les crédits doivent réunir plusieurs qualités : ils doivent, d'une part, constituer un portefeuille homogène, avec des caractéristiques communes et une certaine indépendance statistique entre leurs …

Sommaire

LE TIBET SURVIVRA-T-IL ?

Entretien avec Dalai lama par Chen Yan

CHINE : LE MARTYRE DES OUIGHOURS

Entretien avec Rebiya Kadeer par Laure Mandeville

TCHETCHENIE : UNE NORMALISATION EN TROMPE-L'OEIL

Entretien avec Akhmed Zakaev par Nathalie Ouvaroff

ARMEE RUSSE : LE TEMPS DE LA REFORME

Entretien avec Pavel Felgengauer par Galia Ackerman

JUST DO IT !

Entretien avec Pierre Lellouche par Baudouin Bollaert

L'EUROPE VUE DE PRAGUE

Entretien avec Karel Schwarzenberg par Luc Rosenzweig

LETTONIE : UNE CRISE REDEMPTRICE ?

par Céline Bayou

LA « DAME DE FER » DE VILNIUS

Entretien avec Dalia Grybauskaite par Antoine Jacob

ISRAEL : L'INDISPENSABLE DEFENSE ANTIMISSILE

par Uzi Rubin

COUP DE TABAC SUR LES RELATIONS ISRAELO-TURQUES

par Frédéric Encel

TURQUIE, UNION EUROPEENNE, ETATS-UNIS : UN SUBTIL JEU A TROIS

par Alexandre Del Valle

DROITS DE L'HOMME : UNE CAUSE PERDUE ?

Entretien avec Souhayr Belhassen par Natalia Rutkevich

POUR UNE FINANCE DURABLE

par Yves Messarovitch

STABILITE MONETAIRE ET DEVELOPPEMENT DURABLE : LES CONDITIONS D'UNE CROISSANCE PERENNE

par Christian Noyer

L'AVENEMENT D'UN NOUVEAU TYPE DE CROISSANCE ?

Entretien avec Henri Guaino par Jean-Pierre Robin

L'ITALIE ET LA REFORME PUBLIQUE

Entretien avec Franco Bassanini par Yves Messarovitch

LES PAYS EMERGENTS ET L'INVESTISSEMENT DE LONG TERME

par Javier Santiso

INVESTISSEURS DE LONG TERME ET ECONOMIE MONDIALISEE

par Laurent Vigier

LES ENJEUX DU MARCHE DE L'ENERGIE

par Yves Messarovitch

ETATS-UNIS : LE GRAND RETOUR DU CAPITALISME INDUSTRIEL ?

Entretien avec Edmund Phelps par Jean-Pierre Robin

TRANSFORMER L'EPARGNE COURTE EN FINANCEMENT A LONG TERME

Entretien avec Patrick Artus par Henri Lepage

UN SYSTEME FINANCIER OPAQUE PEUT EN CACHER UN AUTRE...

par Bertrand Jacquillat

LE RETOUR DE LA MENACE PROTECTIONNISTE

par Henri Lepage

L'EUROPE ENTRE PUISSANCE MONDIALE ET PUISSANCE REGIONALE

Entretien avec Jean françois Poncet par la Rédaction de Politique Internationale

SAVOIR MAITRISER UNE URBANISATION EXPLOSIVE

par Antoine Grumbach

UNE CRISE POST-MODERNE

par André Glucksmann