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OBAMA-NETANYAHOU : UN COUPLE IMPOSSIBLE ?

À la mi-mars 2010, l'ambassadeur d'Israël à Washington, Michael Oren, déclarait aux diplomates de son pays que les relations israélo-américaines traversaient leur crise la plus sérieuse depuis 35 ans. Cette remarque faisait suite à l'incident diplomatique survenu au cours de la tournée du vice-président américain Joe Biden au Proche-Orient. Alors que ce dernier était venu pour parrainer la reprise des négociations entre Israéliens et Palestiniens, au point mort depuis 18 mois, le ministère israélien de l'Intérieur choisit précisément ce moment-là pour lancer un projet de construction de 1 600 logements à Jérusalem-Est. L'administration américaine, qui n'avait pas ménagé ses efforts pour relancer le processus de négociation, ne pouvait percevoir cette annonce que comme une provocation. Ce camouflet essuyé par le vice-président n'était que le dernier indice en date de la détérioration sensible des relations américano-israéliennes depuis l'arrivée quasiment concomitante de Barack Obama et de Benyamin Nétanyahou au pouvoir au début de l'année 2009. À bien des égards, le « clash » était inévitable tant les deux hommes incarnent des positions différentes.Deux gouvernements en froid
Les hommes du président
Dès sa prise de fonctions, Barack Obama affirma haut et fort que la politique étrangère américaine au Moyen-Orient allait changer de cap. Le nouveau président se déclara, notamment, décidé à tout faire pour que la perspective des deux États se concrétise et donc qu'un État palestinien émerge aux côtés d'Israël. Afin d'atteindre ce but, il s'entoura de plusieurs personnalités d'expérience. D'abord, l'envoyé spécial du président au Moyen-Orient, George Mitchell, nommé dès la fin janvier 2009. Cet ancien leader démocrate au Sénat a joué un rôle de médiateur dans l'élaboration de l'accord du Vendredi Saint qui mit fin au conflit nord-irlandais (1998) et a dirigé la « mission internationale d'établissement des faits » destinée à déterminer les causes de la seconde Intifada (2001). Ensuite, la secrétaire d'État Hillary Clinton. En plus de l'expérience indirecte qu'elle a accumulée en tant que First Lady d'un président Clinton très investi dans le dossier proche-oriental pendant ses deux mandats (1993-2000), Mme Clinton peut s'appuyer sur les conseils avisés de William Burns, diplomate de carrière, sous-secrétaire aux Affaires politiques et anciennement adjoint aux affaires moyen-orientales au sein du département d'État. Enfin, le conseiller à la sécurité nationale du président, le général James Jones, possède lui aussi une grande pratique de la région : il était depuis 2007 chargé de la mise en oeuvre de la « feuille de route » (1) (en particulier dans sa dimension sécuritaire). Il est secondé par Dan Shapiro, responsable de l'Afrique du Nord et du Moyen-Orient. Ajoutons que deux « Chicago Boys » (2) ont l'oreille du président sur la question israélo-palestinienne : Rahm Emanuel, le secrétaire général de la Maison-Blanche, dont le père est israélien ; et le conseiller David Axelrod, issu d'un milieu juif de gauche, stratège de la campagne présidentielle d'Obama.
Toute cette équipe est mobilisée autour d'un but essentiel : faire en sorte que la solution des deux États voie le jour. Cet engagement va de pair avec une …