
Le retour de Donald Trump au pouvoir a mis les négociations de paix comme moyen de terminer le conflit ukrainien au centre des discussions.
Jusqu’à présent, rares étaient les observateurs (1) qui persistaient dans l’idée que la négociation était le meilleur moyen, voire le seul, d’arrêter le conflit, dans l’intérêt des parties prenantes, et de limiter le cortège de morts et de désolation qui accompagne toute guerre.
Malgré un soutien inconditionnel des Occidentaux à l’Ukraine, la situation militaire s’enlisa dans un statu quo qui dura deux ans jusqu’au printemps 2024, avant de basculer lentement puis de manière accélérée en faveur des Russes. Les gains restent certes très limités et ne valent pas en tant que tels ; mais leur croissance, elle, est significative, s’inscrit dans la durée et témoigne d’un potentiel de conquête grandissant.
Non contente de ce grignotage, l’armée russe, sacrifiant la vitesse à la prudence, fortifie systématiquement les zones conquises.
Le message est clair, l’occupation est faite pour durer.
L’invasion du 6 août 2024 de la région russe de Koursk est quant à elle un échec. L’effet de diversion n’a pas fonctionné et des 1 300 km2 conquis alors, il ne reste plus fin février qu’un tiers.
Cette opération, qui fut une tentative désespérée d’inverser le cours de la guerre, a valeur de symbole. Elle caractérise bien la situation actuelle où il apparaît que plus le conflit dure, plus les portes ouvertes pour le régler militairement à l’avantage de l’Ukraine se ferment. C’est pourquoi l’initiative de paix que le président Trump souhaite mener au pas de charge vient à propos.
Dès le 12 février, Trump appela Poutine et lui proposa de lancer un processus de paix s’appuyant sur des concessions majeures (cession de territoires ukrainiens, rejet de toute adhésion à l’OTAN), en rupture avec la politique conduite auparavant par le président Biden. Il exprima également l’intention de tenir les Européens à l’écart du processus.
Les discussions ne font que commencer, et il est aujourd’hui difficile de prévoir leur issue. Trump est connu pour ses effets d’annonce, et nul ne peut savoir quelle sera la politique finalement appliquée au regard des obstacles qu’elle ne manquera pas de soulever.
Au-delà des discours officiels qui souvent trahissent la réalité, les contours de l’accord de paix résulteront d’abord du rapport de force entre les belligérants, de leurs capacités et de leurs intérêts respectifs à voir le conflit se poursuivre.
Quel est l’état des belligérants à l’aube des négociations ?
L’Ukraine en mauvaise posture
L’Ukraine ne peut que s’opposer à un dénouement qui risquerait de lui faire perdre une partie de son territoire et la liberté de décider de son destin. Comment s’y résoudre alors que près de 500 000 personnes ont déjà payé dans leur chair, jusqu’à souvent y laisser leur vie, le courage de défendre leur pays ? Peut-être en veillant à ne pas y ajouter inutilement des victimes supplémentaires.
L’Ukraine n’est pas en position de force. Elle perd du terrain de manière continue et croissante depuis un an maintenant et les fondamentaux de son système …
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