Les Grands de ce monde s'expriment dans

Pour un Moyen-Orient pacifié

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En avant-première d'un très prochain Dossier spécial sur le Moyen-Orient

Michel TaubmannDepuis la création de la République islamique, vous vous êtes toujours opposé à toute forme d’intervention militaire étrangère contre l’Iran. En 1980, encore jeune homme, vous aviez même écrit à l’ayatollah Khomeini pour lui proposer de combattre l’invasion irakienne dans les rangs de l’armée iranienne. Avez-vous changé de position ? Et si oui, pourquoi ?

Reza Pahlavi — Lorsque l’Iran a été attaqué par l’Irak de Saddam Hussein en 1980, je voulais accomplir mon devoir d’Iranien et défendre mon pays, malgré mon aversion pour la dictature islamique qui était en place depuis un an. Contrairement aux Moudjahidines du peuple, qui avaient alors choisi de combattre aux côtés de l’Irak, j’ai toujours placé l’amour de ma patrie au-dessus de tout conflit politique dès lors que mon pays était agressé. La situation aujourd’hui est très différente.

La confrontation avec les États-Unis et Israël est la conséquence du bellicisme d’un régime illégitime, qui mène cette guerre depuis son avènement il y a quarante-sept ans.

Les Perses et les Juifs partagent une longue histoire commune. Au VIe siècle avant notre ère, notre roi Cyrus le Grand a libéré les Juifs de l’exil et leur a permis de retourner sur leur terre, en Judée. Nous n’avons évidemment aucun différend territorial avec Israël. Quant à la tragédie palestinienne, la République islamique d’Iran a tout fait pour l’enflammer, dans l’idée de la rendre insoluble. Farouchement opposée aux accords d’Oslo en 1993, elle demeure hostile à toute idée d’un État palestinien vivant en paix aux côtés d’Israël — un pays qu’elle continue de désigner comme « l’entité sioniste ».

S’agissant des États-Unis, même si des griefs anciens peuvent exister, la République islamique aurait dû, au minimum, être reconnaissante envers Washington d’avoir facilité son arrivée au pouvoir en 1979, en abandonnant non seulement mon père, le Chah d’Iran, mais aussi le nouveau premier ministre, Chapour Bakhtiar, un opposant libéral qui cherchait à instaurer la démocratie. Depuis quarante-sept ans, je suis pleinement engagé dans le combat pour la démocratie, indépendamment des fluctuations des relations entre la République islamique, Israël ou les États-Unis. J’ai toujours cru que le changement en Iran viendrait du peuple iranien. Je reste fidèle à cette conviction. Lorsqu’une dictature se maintient par la guerre et le terrorisme, elle en subit tôt ou tard les conséquences. Et c’est ce qui s’est produit.

M. T.La responsabilité de la tournure militaire du conflit depuis juin 2025 revient donc selon vous uniquement à l’Iran ?

R. P. — Non — pas à l’Iran mais au Régime criminel ! Notre peuple n’est pas belliciste et n’a jamais voulu la guerre. La responsabilité incombe à la République islamique, qui s’est imposée et se maintient au pouvoir par la terreur, comme une armée étrangère dans un pays occupé. Depuis 1979, le régime de Téhéran a fait de la destruction d’Israël une doctrine stratégique et a mené une guerre indirecte ininterrompue à travers le Hamas, le Hezbollah, le Djihad islamique …