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Liban-Israël, entre guerre et paix

Situation paradoxale au Liban : les combats n’ont cessé de s’intensifier malgré le cessez-le-feu en vigueur depuis le 23 avril. Et pourtant ! Pour la première fois dans leur histoire Israël et le pays du Cèdre participent à Washington D.C à des négociations directes, visant sinon un « traité de paix » au moins un « accord de stabilité. » Ces négociations résultent en partie d’une évolution en profondeur de l’opinion libanaise. Selon un récent sondage, 48 % des Libanais voudraient la paix, très majoritairement parmi les chrétiens, les druzes et dans une moindre mesure parmi les sunnites (1). C’est dans ce contexte, plein de promesses et de dangers, que Politique Internationale publie un dialogue inédit entre deux personnalités issues des deux rives de cette frontière encore infranchissable. Rita Maalouf, chercheuse en géopolitique du numérique à Paris, est née au Liban. Elle a fui son pays durant la guerre civile. Nitzan Horowitz, ministre de la Santé sous le gouvernement Lapid-Bennett et membre du nouveau parti Les Démocrates (issu de la fusion des Travaillistes et du Meretz) vit tout près de la frontière libanaise. Jeune journaliste, il a suivi Tsahal pendant la première guerre du Liban en 1982. Ministre, en 2021-2022, il a participé aux négociations qui ont abouti à l’accord historique entre Israël et le Liban sur la répartition des ressources gazières en Méditerranée. Rita Maalouf et Nitzan Horowitz ont choisi de se parler. Leur dialogue est passionnant.

M. et M. T.

Michel et Matthieu Taubmann — Suite à la récente offensive militaire israélienne, le président libanais Joseph Aoun a durci le ton à l’égard de son voisin du Sud. Mais il n’a pas remis en cause les négociations avec Israël. Alors que s’enchaînent les combats et les trêves, ces négociations ont-elles un avenir ?

Rita Maalouf — Avant toute considération géopolitique, il faut dire la souffrance des populations civiles libanaises qui subissent ces bombardements : elles paient un prix humain lourd, et cela doit être affirmé clairement. On peut également s’interroger sur les limites de la voie militaire : l’histoire récente montre que ces cycles de violence n’ont jamais produit de solution durable pour le Liban, quelle qu’en soit l’origine.

Les négociations en cours à Washington sont à un tournant dont l’issue reste incertaine. Le président Aoun se trouve dans une position délicate mais cruciale. Il a choisi de maintenir la voie diplomatique malgré les pressions – un engagement que Washington a publiquement salué, reconnaissant la difficulté de cette posture dans un contexte aussi tendu. Concrètement, ce choix implique de ne pas subordonner les avancées diplomatiques au feu vert du Hezbollah. Poursuivre les discussions via Washington et permettre le déploiement de l’armée libanaise au Sud sans droit de veto de la part du Hezbollah, c’est affirmer que l’État libanais conduit sa propre politique. Car l’enjeu est bien là : tant que l’Iran, via le Hezbollah, conserve une influence déterminante sur les décisions stratégiques du Liban, le pays reste exposé à des dynamiques qui le dépassent et l’épuisent. Dans ce contexte, la paix négociée reste la voie la plus viable pour les Libanais et aussi pour les habitants du Nord d’Israël qui subissent depuis des mois les tirs de roquettes du Hezbollah : eux aussi méritent de pouvoir vivre tranquillement.

 M. T. et M. T.  — Nitzan Horowitz, vous vivez à Mitzpé Hila, au cœur de cette zone de combat. Quelle est la réalité de votre quotidien ?

Nitzan Horowitz — Officiellement, un cessez-le-feu est en cours. Mais sur le terrain, c’est une fiction. Je vis à quelques kilomètres de la frontière et je peux vous dire que les bombardements sont incessants. Chaque jour ou presque, nous subissons deux ou trois alertes, déclenchées par des drones du Hezbollah. Entre les tirs de milices et les répliques d’artillerie israéliennes, l’idée de paix semble tragiquement déconnectée de ce que nous subissons chaque heure.

 M. T. et M. T.  — Le gouvernement libanais a récemment brisé un tabou en imputant la responsabilité principale de la guerre au Hezbollah et à son protecteur, la République islamique d’Iran, qu’il a accusée dans une lettre au Conseil de sécurité de l’ONU d’« actes illégaux commis en flagrant défi aux décisions du gouvernement libanais ». Il l’a également accusée d’avoir « entraîné le pays dans une guerre dévastatrice ». Ce tournant historique impulsé par les nouvelles autorités libanaises, en place depuis janvier 2025, a incité la diplomatie américaine à proposer d’approfondir les discussions dans les prochaines semaines afin d’aboutir à un accord durable aux plans sécuritaire et politique. Avez-vous été agréablement surpris par les rencontres qui se poursuivent à Washington D.C ?

N. H. — Oui, c’est sans aucun doute un développement positif. Bien que ces discussions se déroulent sous une forte pression américaine, avec l’implication directe du président Trump, et sans grand enthousiasme de la part des parties, il s’agit tout de même d’une démarche importante : pour la première fois depuis des décennies, des contacts directs ont lieu entre Israël et le Liban dans le but déclaré de parvenir à la paix. Israéliens comme Libanais le disent explicitement. Le point-clé sera la négociation sécuritaire et militaire. C’est sur elle que tout reposera : il faudra qu’elle aboutisse au désarmement du Hezbollah et à la mise en place d’arrangements de sécurité fiables. Je me suis profondément réjoui pendant quelques semaines d’entendre parler d’accords et de paix, et non plus seulement de guerre et de destruction. Toutefois, l’optimisme ici est toujours éphémère. Il est bien difficile de prédire l’avenir même à très court terme. D’un jour à l’autre on alterne entre une trêve, décrétée par les Américains, et l’intensification des combats, voulue à la fois par Israël et le Hezbollah.

R. M. — Mon analyse est que ces pourparlers, en réalité, restent subordonnés aux négociations entre l’Iran et les États-Unis, même si, en principe, les dossiers iranien et libanais sont séparés. Ce découplage est très difficile à tenir car le Hezbollah, comme on le sait, est le bras armé de Téhéran. L’Iran a une stratégie : la multiplication des fronts autour d’Israël. Aujourd’hui, la Syrie a basculé, l’Irak est en partie neutralisé, Gaza aussi. Il ne reste que le Liban. Téhéran va s’en servir jusqu’au bout. C’est pourquoi le découplage entre les deux dossiers – Liban/Israël d’un côté, Iran/États-Unis de l’autre – est si compliqué à mettre en œuvre dans les faits. Et c’est précisément sur la question du désarmement de la milice chiite que les échanges entre Israël et le Liban achoppent.

Maintenir le dialogue, obtenir des avancées, même partielles : c’est le seul chemin qui mène vers la paix. Encore faut-il que les deux parties aient la volonté politique d’avancer. Du côté libanais, les signaux sont encourageants. Du côté israélien, tant que l’extrême droite messianique pèse sur les décisions de Netanyahou, cette volonté reste fragile – et soumise à la pression américaine plutôt qu’adossée à une vision stratégique de long terme.

M. T. et M. T. — La récente offensive israélienne risque-t-elle de revaloriser le Hezbollah en lui attribuant le rôle de « résistant à l’invasion » et, par la même, de faire reculer dans l’opinion libanaise l’idée d’une paix avec Israël ?

R. M. — La stratégie de provocation du Hezbollah, menée pour le compte de l’Iran, a atteint ses limites. Face aux bombardements et aux destructions qui frappent principalement les populations civiles chiites, on observe une lassitude croissante – qui isole davantage le Hezbollah comme fauteur de guerre. Ce sentiment ne signifie pas nécessairement un soutien à Israël, mais un soutien à l’idée de paix. Pour éviter un retournement de situation en faveur du Hezbollah, il faut une vraie négociation qui prévoirait simultanément le déploiement d’une force internationale chargée du désarmement de la milice et le retrait de l’armée israélienne du Sud-Liban. Ces deux conditions ne peuvent être dissociées si l’on veut que l’accord soit perçu comme équitable et donc durable.

M. T. et M. T. — Malgré ce décalage que vous évoquez entre les négociations à Washington D.C et les combats sur le terrain, les Libanais restent-ils confiants ?

R. M. — Pour les Libanais, ce n’est pas seulement un décalage entre la guerre et la diplomatie. C’est un décalage plus ancien, plus douloureux : celui entre une guerre qu’ils endurent dans leur chair et une guerre dont les décisions sont prises par d’autres : Iran, Hezbollah, Israël, grandes puissances.

Une phrase revient systématiquement, quelle que soit la communauté, quel que soit le milieu social : « Ce n’est pas notre guerre. »

Les Libanais aspirent avant tout à une paix juste et durable. Ils ne veulent plus vivre sous la menace permanente d’une guerre avec Israël, ni voir leur pays transformé en un terrain de confrontation régionale par procuration. Le sentiment d’être pris « entre le marteau et l’enclume » est omniprésent : ils refusent que le Liban serve de base avancée à la stratégie iranienne, tout comme ils refusent que la sécurité d’Israël se paie par la destruction de leurs infrastructures et le déplacement massif de leur population — on compte aujourd’hui plus d’un million et demi de déplacés.

Historiquement, le Liban n’est pas un pays « ontologiquement » anti-israélien ; il est surtout extrêmement vulnérable. Les Libanais gardent en mémoire qu’Israël, en faisant la paix avec l’Égypte et la Jordanie, a rendu les terres conquises en échange de garanties sécuritaires. Pour 70 à 80 % d’entre eux, cette équation « terre contre sécurité » reste une base de confiance possible.

 M. T. et M. T.  — Nitzan Horowitz, comment le Liban est-il perçu en Israël aujourd’hui ? L’opinion fait-elle la distinction entre l’État libanais et le Hezbollah ?

N. H. — Absolument. En Israël, nous ne considérons pas le peuple libanais, ni même la République libanaise, comme l’ennemi. Le combat est dirigé contre le Hezbollah. Dans les médias israéliens on relaie d’ailleurs de nombreuses voix venant du Liban qui expriment un désir de paix avec Israël et attaquent vivement le Hezbollah. Nous estimons que le gouvernement libanais actuel, et peut-être aussi la majorité des Libanais, ne veulent pas de la guerre, et qu’il existe donc un intérêt commun pour les deux parties face à la menace du Hezbollah. Or la seule voie pour désarmer durablement cette milice passe par une coopération étroite avec un gouvernement libanais souverain. Pour la première fois depuis des décennies, il existe à Beyrouth une volonté ouverte de négocier. Israël ne pourra pas éradiquer le Hezbollah seulement par les armes. L’armée l’a d’ailleurs dit explicitement : pour éliminer totalement le Hezbollah, il faudrait occuper tout le Liban, ce qui est évidemment hors de question. C’est pourquoi il faut une solution politique régionale et internationale.

 M. T. et M. T.  — Rita Maalouf, l’État libanais est structurellement faible. Quelles garanties pourrait-il réellement offrir pour maîtriser le Hezbollah sur son territoire ?

R. M. — Soyons lucides : malgré sa bonne volonté, le gouvernement libanais ne dispose pas, seul, des moyens de désarmer le Hezbollah. L’armée nationale est sous-équipée, sous-financée et traversée par des logiques communautaires complexes. Le Hezbollah possède un arsenal qui surpasse celui de l’État. Le désarmement ne se fera pas par simple décret. La résolution 1701 (2), adoptée en 2006, était censée régler exactement cette question. Elle n’a jamais été appliquée. C’est pourquoi je préconise l’intervention d’une coalition internationale, sous l’égide de l’ONU, pour accompagner militairement et politiquement ce processus.

À cet égard, le rôle de la France devrait être majeur, compte tenu de ses liens historiques avec le Liban. Pourtant, je déplore une certaine complaisance, à droite comme à gauche de l’échiquier politique français, envers le Hezbollah. Cette prudence confine parfois à l’ambiguïté, alors même que cette organisation a assassiné des soldats français et perpétré des attentats sur notre sol. Aujourd’hui, une fenêtre historique s’ouvre avec le président Joseph Aoun et le premier ministre Nawaf Salam. S’ils acceptaient de répondre à la médiation américaine et de rencontrer les dirigeants israéliens à Washington, une telle attitude leur donnerait une légitimité internationale que le Hezbollah ne pourrait plus contester aussi facilement. Mais cela demande un immense courage politique.

 M. T. et M. T.  — Et du côté israélien, Benyamin Netanyahou a-t-il la volonté politique de conclure un tel accord ?

N. H. — C’est là que le bât blesse. Je vous l’ai dit : si la conduite des affaires ne tenait qu’aux éléments les plus radicaux du gouvernement israélien, comme le ministre des Finances Bezalel Smotrich ou le ministre de la Sécurité intérieure Itamar Ben Gvir, il n’y aurait aucun accord. Ces gens-là s’inscrivent dans une logique de guerre perpétuelle. Pour cette extrême droite messianique, le mot « paix » est devenu une insulte, un synonyme de capitulation. Le traumatisme du 7 Octobre a d’ailleurs poussé une partie de l’opinion vers cette ligne dure qui, en tout cas pour l’instant, refuse tout dialogue. Si Netanyahou négocie aujourd’hui, c’est uniquement sous la pression de Donald Trump, qui veut mettre fin à ce conflit pour des raisons de stabilité régionale et de politique intérieure.

Malgré tout, un accord de paix pourrait devenir populaire en Israël, car le pays est épuisé par trois ans de guerre. Les Israéliens aspirent à une vie normale, avec des frontières ouvertes et des relations commerciales, comme nous en avons avec l’Égypte depuis 1979 ou la Jordanie depuis 1994. En Israël, en fait, la campagne électorale a déjà commencé. De ce point de vue, Netanyahou pourrait penser qu’un accord de paix lui serait bénéfique. Le mécontentement grandit, y compris parmi les partisans du premier ministre, face au fait que les guerres qu’il mène – à Gaza, en Iran, au Liban – ne s’achèvent pas, et qu’Israël subit des pertes chaque jour. Il faut rappeler que les accords d’Abraham avec les pays du Golfe ont été très populaires en Israël. Il est donc possible qu’un accord avec le Liban, perçu de surcroit comme étant ferme face au Hezbollah, finisse par recueillir une large approbation.

 M. T. et M. T.  — Rita Maalouf, une question cruciale demeure : peut-on imaginer un Hezbollah se muant en une force purement politique, à l’image de ce qui est parfois suggéré pour le Hamas ?

R. M. — Je n’y crois pas une seconde ! Le Hezbollah est une organisation dont l’histoire est jalonnée de catastrophes, de l’assassinat du premier ministre Rafic Hariri en 2005 à l’explosion du port de Beyrouth en 2020. Sa branche politique et sa branche militaire ne sont qu’une seule et même entité vouée à l’exportation de la révolution islamique iranienne. Le Hezbollah est, à mon sens, plus dangereux encore que le Hamas : il compte des élus au Parlement, infiltre l’administration, contrôle des pans entiers de l’économie – tout en disposant d’une armée plus puissante que l’armée nationale. C’est cette dualité qui le rend si difficile à neutraliser.

Cependant, le Hezbollah a perdu quelque chose d’essentiel : sa légitimité populaire. Une partie croissante de la communauté chiite s’en distancie en lui reprochant d’avoir déclenché une guerre sans protéger sa propre base. C’est dans cette faille que la diplomatie doit s’engouffrer pour restaurer la souveraineté du Liban. La question fondamentale est celle de l’intégration, au sein du dialogue national, des forces chiites qui refusent la tutelle du Hezbollah. Certes, quand on interroge les Libanais, les réponses des chiites tranchent totalement avec celles des autres composantes de la population. Ils ne sont que 8 % à souhaiter la paix avec Israël et 92 % à la refuser ! Mais il est difficile de savoir ce que pèsent réellement ceux qui adhèrent à l’idéologie du Hezbollah et ceux dont les réponses sont guidées par la peur.

Le gouvernement libanais doit trouver les mécanismes institutionnels permettant d’associer pleinement cette composante à la vie politique du pays. Car si le Hezbollah, lui, persiste à rejeter toute perspective de désarmement, il est impératif de nouer le dialogue avec ceux qui, au sein de la communauté chiite, choisissent la voie politique.

Cette démarche n’est pas sans risques. Le Hezbollah exerce une pression considérable – pour ne pas dire une forme de terreur – sur ceux qui osent s’opposer à ses diktats. La dissidence chiite paie un prix élevé pour son courage. Mais un simple geste d’ouverture du gouvernement envers ces forces représenterait un point d’appui décisif : il briserait le monopole du Hezbollah sur la représentation chiite et ouvrirait une brèche dans laquelle la politique, enfin, pourrait s’infiltrer.

 M. T. et M. T.  — En conclusion, malgré les bombes que vous entendez en ce moment même, l’espoir est-il de mise ?

N. H. — Oui, j’espère de tout mon cœur la paix avec le Liban, ainsi qu’avec tous nos voisins, à commencer par les Palestiniens. Le désir et le besoin de paix ne sont pas des abstractions. C’est un enjeu central dans ma vie, dans celle de ma famille et de ma communauté. Nous vivons à l’ombre de la guerre, et notre pays est en train de perdre son âme. Nous ne voulons pas devenir une « Sparte » vivant par l’épée, comme le souhaite Netanyahou. Cette guerre incessante nous épuise et affaiblit Israël. Même d’un point de vue purement sécuritaire, le seul moyen d’obtenir la stabilité passe par des accords de paix et une lutte commune contre les ennemis de la paix. J’ajoute que nous avons déjà essayé par le passé la voie de l’occupation et de la destruction au Liban – Israël a maintenu une « zone de sécurité » dans le sud du Liban pendant de nombreuses années, et cela a été un échec total. Il est temps d’agir sérieusement et de normaliser nos relations avec tous nos voisins. C’est précisément cette réalité, marquée par l’absence d’accords globaux à Gaza et au Liban, qui a provoqué les guerres actuelles. Dans cet esprit, il faut également progresser vers un accord avec les Palestiniens ; en fin de compte, c’est la question la plus cruciale, celle qui est au cœur même de l’existence israélienne. La seule issue est la solution à deux États. Selon tous les sondages, aux prochaines élections, Netanyahou n’aura pas de majorité. J’espère que le gouvernement changera, et qu’un autre, plus raisonnable, aura une véritable vision de l’avenir et une véritable stratégie vers la paix.

R. M. — Oui, même depuis Paris, même à distance de ces bombes que j’entends à travers vos mots, Nitzan, il existe un espoir, fondé sur des faits, non sur des sentiments.

Pour la première fois depuis des décennies, le gouvernement libanais accuse publiquement l’Iran d’avoir entraîné son pays dans une guerre dévastatrice. Pour la première fois, des négociations directes ont lieu entre Israël et le Liban. Pour la première fois, le rejet du Hezbollah traverse toutes les communautés – y compris, comme vous l’avez indiqué, une partie croissante de la communauté chiite, qui était sa base traditionnelle. Ce sont des faits nouveaux. Ils comptent.

Je suis lucide sur les obstacles : le Hezbollah n’a pas désarmé, la question iranienne reste entière, et la fenêtre diplomatique est étroite. Mais quelque chose a changé en profondeur. Le Liban a une chance historique de redevenir un pays souverain – et pour la première fois depuis longtemps, les conditions politiques pour y parvenir sont réunies. Agissons !

 

 

(1) Sondage conduit par International Information Company au Liban, publié le 19 mai 2026 par la chaîne libanaise Al-Jadeed. Enquête menée auprès de 2 000 personnes de toutes communautés et régions.

(2) La résolution 1701 a été adoptée le 11 août 2006 par le conseil de sécurité de l’ONU afin de mettre un terme à une guerre meurtrière de 33 jours entre Israël et le Hezbollah. Cette résolution prévoyait la présence d’une force internationale d’interposition de 10 000 hommes qui n’a cependant jamais réussi à obtenir une cessation durable des combats entre belligérants.