Donald Trump sera-t-il réélu ?

n° 165 - Automne 2019

Quatre ans presque jour pour jour après avoir lancé sa première campagne présidentielle, Donald Trump est officiellement reparti au combat le 18 juin 2019 (1). À plus d'un an du scrutin, il est évidemment difficile de prédire l'issue de la prochaine bataille électorale. N'oublions pas que, en 2016, l'immense majorité des observateurs avaient annoncé avec beaucoup d'assurance la victoire d'Hillary Clinton. Tous ceux-là en ont été pour leurs frais et ne souhaitent pas se retrouver dans la même position ! À l'époque, l'annonce des résultats avait retenti comme un coup de tonnerre. L'ancien homme d'affaires peut-il réaliser le même exploit pour la deuxième fois consécutive ? Même s'ils ont été échaudés par la surprise colossale de 2016 et se montrent désormais plus prudents dans leurs pronostics, la plupart des spécialistes estiment aujourd'hui que le milliardaire new-yorkais est le favori à sa propre succession. Il est vrai que ses atouts sont nombreux ; mais quand on y regarde de plus près, on constate que les éléments susceptibles de causer sa défaite risquent fort de faire pencher la balance en sa défaveur...

Pourquoi M. Trump peut gagner...
Un Parti républicain uni face à des démocrates divisés

Cette fois-ci - et c'est la différence la plus notable -, M. Trump est le président sortant, un titre qui pose et en impose. Le Parti républicain, longtemps réticent à l'idée de serrer les rangs autour de ce personnage, s'est finalement rallié à sa bannière et a voté à l'unanimité le 25 janvier 2019 un soutien qui sera sans faille et empêchera l'émergence de toute contestation interne. Le contraste avec la situation qui prévaut au sein du camp adverse est saisissant : au total, 26 candidats ont déclaré vouloir porter les couleurs du parti de l'âne en 2020 ! Naturellement, ces prétendants doivent, dans un premier temps, s'affronter afin de se départager ; or on a compris, dès le premier débat, que la primaire serait extrêmement dure jusqu'à la fin. Cet affrontement interne pourrait faire de gros dégâts au sein du camp démocrate. Chacun des très nombreux postulants, s'il souhaite émerger de ce trop-plein, n'a d'autre choix que d'insister lourdement sur ce qui le distingue des autres. Dès lors, la confrontation s'impose. La campagne, côté démocrate, est émaillée d'empoignades, d'échanges parfois très rudes, de dénonciations ou de mises en cause réciproques. Comment en rester à des arguments politiques policés et emplis de civilité, comme le souhaitait Elizabeth Warren lors du deuxième débat le 30 juillet 2019, à Détroit (Michigan), et capter en même temps l'attention d'un public qui n'est guère friand de politique et encore moins de guéguerres politiciennes ? Les sympathisants démocrates ont vite jugé qu'il était trop compliqué d'entrer dans les détails des programmes de tous ces challengers (2) et ont très tôt concentré leur attention sur les quatre ou cinq d'entre eux qui possédaient déjà une certaine aura (Joe Biden, Bernie Sanders, Elizabeth Warren...) ou se sont révélés dans les premiers mois de la campagne (comme Kamala Harris ou Pete Buttigieg, mais dans …