Les Grands de ce monde s'expriment dans

Trump face aux midterms

Politique Internationale — Les Républicains contrôlent actuellement la Chambre des Représentants et le Sénat, mais de très peu : 218 sièges contre 212 aux Démocrates à la Chambre (et 5 vacants) ; et 53 sièges à 45 au Sénat (2 indépendants). À votre avis, vont-ils conserver ces légères majorités aux élections du 3 novembre prochain ?

Nicole Bacharan — À ce stade, les sondeurs et les analystes estiment que les Démocrates devraient obtenir une courte majorité à la Chambre ; le sort du Sénat, lui, est très indécis. L’élection se jouera à très peu de choses. Par exemple, le candidat démocrate à l’un des deux sièges de sénateur de l’État du Michigan est Abdul El-Sayed, qui a gagné les primaires de son parti. C’est une personnalité classée à la gauche de la gauche du Parti démocrate, qui a été beaucoup médiatisée au niveau national ces dernières semaines. Son émergence est à rapprocher d’autres représentants de ce courant politique, à commencer par Zohran Mamdani, élu maire de New York l’année dernière. Le profil très radical de certains candidats ou têtes d’affiche démocrates pourrait inciter des électeurs, partout dans le pays, à voter contre les candidats de cette formation…

P. I. — Certes, mais la médiatisation de ces personnalités d’extrême gauche n’est-elle pas aussi, dans le même temps, de nature à mobiliser en faveur des Démocrates une partie des électeurs qui se seraient abstenus si ceux-ci avaient présenté, partout, des profils modérés ?

N. B. — Ce n’est pas impossible : les sondages indiquent que, dans les deux camps, la participation sera forte, nettement supérieure à celle des élections de mi-mandat habituelles. Et la poussée de l’extrême gauche est réelle. Mais, comme vous le suggérez, cette poussée peut à la fois motiver des électeurs attirés par ses idées et son style — je pense, en particulier à une partie de la jeunesse — et, dans le même temps, décourager les électeurs démocrates les plus centristes ainsi qu’inciter des républicains et des indépendants à aller voter en masse pour faire barrage à cette frange gauchiste qui les inquiète. Mamdani peut séduire à New York mais dans le Midwest, loin de la côte Est et de la côte Ouest, dans ce qu’on appelle, faute de mieux, l’Amérique profonde, les candidats défendant de telles positions ne font pas beaucoup recette.

P. I. — Comment expliquez-vous l’émergence de ces personnalités de gauche radicale, dont l’un des principes fondamentaux est l’hostilité envers Israël ? Est-ce un simple accident ou le fruit d’une stratégie plus élaborée d’infiltration du Parti démocrate par des extrémistes ?

N. B. — Je crois effectivement que le Parti démocrate fait l’objet d’une « infiltration ». Voilà déjà longtemps que les Frères musulmans et le Qatar mettent en œuvre une stratégie visant à infiltrer les universités, en particulier à travers l’octroi de bourses et le financement de programmes de recherche pseudo-sociologiques, décoloniaux, etc. Cette dynamique est ensuite amplifiée par les réseaux sociaux et par le climat très à gauche …